On ne peut pas comparer la situation des femmes voilées en France et dans les pays musulmans

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Comparer la situation des femmes algériennes ou iraniennes qui subissent une pression coercitive pour porter le voile à celle des femmes musulmanes en France qui, à l'inverse, sont plutôt encouragées à ne pas le porter, semble ainsi un peu réducteur, sauf à souligner l'effet miroir de dispositifs visant à contrôler les pratiques vestimentaires des femmes. »
Sébastien Tank-Storper, « Au voile et cætera… », Contretemps, 23 février 2010.
« Comment pourrait-on lire le foulard de manière univoque où qu’il soit porté dans le monde ? Peut-on comparer la démarche d’une citoyenne française libre avec celle d’une habitante d’un pays dont la loi opprime explicitement les femmes ? Porter le voile dans une théocratie autoritaire dont l’élite et l’écrasante majorité des personnes sont musulmanes et musulmans ne peut aucunement avoir le même sens que le fait de l’arborer dans un pays démocratique et laïque où ils représentent moins de 10 % de la population et en composent les franges les plus pauvres. Dans un cas, le voile est un outil d’oppression destiné à contrôler et à contraindre l’identité féminine imposé par le pouvoir, tandis que dans l’autre il rend visibles des citoyennes dans un contexte où leur identité religieuse est minoritaire et stigmatisée. On ne peut donc décemment pas juger des pratiques musulmanes en France à l’aune de ce qui se passe à des milliers de kilomètres. Sauf à penser que toutes les musulmanes du monde sont identiques, et à dénier à celles et ceux qui sont des citoyennes et citoyens français leur ancrage dans leur pays. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Je suis choquée de voir à quel point les Françaises portant le hijab sont régulièrement renvoyées à la situation actuelle de femmes dans des pays tels que l’Iran ou l’Arabie saoudite. Comme si l’esprit essentialiste de certaines et certains ne pouvait pas concevoir le fait que ces femmes étaient des Françaises à part entière sans aucun lien avec leurs coreligionnaires vivant dans d’autres pays. Comme si les actes des musulmans et musulmanes de France ne pouvaient être analysés que sous le prisme de pratiques ayant cours à l’étranger. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.

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Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

Dans les deux cas, le voile est la marque de l'oppression sexiste

« Le foulard est une discrimination explicite à l’égard des femmes et qu’il véhicule une conception de la sexualité que nous ne partageons pas. Il manifeste la volonté de soumettre les femmes à un ordre patriarcal et hétérosexiste qui prétend normaliser la sexualité des individus, en particulier celle des femmes, dans le cadre du mariage, et subordonner leurs activités aux devoirs familiaux. »
Josette Trat, Hélène Adam, Ingrid Hayes, Guillaume Liégard, « Tribune : "Une candidate voilée dans le Vaucluse : un choix contesté" », 3 mai 2010.
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« Et c’est bien de cela qu’il s’agit : de l’oppression des femmes par les hommes, de leurs libertés et de leurs droits. Le voile n’est pas un simple bout de tissu, il est non seulement un symbole mais aussi la marque concrète de la situation d’infériorité dans laquelle certains veulent, au nom de la liberté religieuse, maintenir les femmes. »
Sophie Gargan, « Pour les droits et la liberté des femmes, contre le voile à l’école », Lutte ouvrière, n°1838, 24 octobre 2003.

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Références

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Débat parent