La gauche doit-elle défendre le port du voile islamique ?

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher

Sommaire

Pour comprendre le débat

Carte des arguments

POUR
CONTRE

Les femmes doivent être libres de s'habiller comme elles le souhaitent
Porter le voile relève de la liberté religieuse
La question du voile est utilisée à des fins de division et de diversion
Les femmes voilées sont déjà bien assez stigmatisées

Le voile est la marque concrète de l'oppression des hommes sur les femmes
On doit être solidaire des femmes qui se battent pour ne pas porter le voile

Arguments POUR

Les femmes doivent être libres de s'habiller comme elles le souhaitent

Le voile n'est qu'un vêtement comme un autre

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

La majorité des femmes choisissent librement de le porter

« Il n’existe aucune enquête quantitative qui aurait interrogé un échantillon représentatif de femmes voilées sur leurs motivations. De nombreuses études qualitatives de chercheurs, portant sur des dizaines ou des centaines de femmes, dessinent néanmoins une réponse bien plus nuancée que ce que laissent sous-entendre les discours politiques : en France, s’il y a bien des cas de femmes sur lesquelles on a exercé des pressions verbales ou physiques très fortes, ils sont tout à fait minoritaires. Nous avons interrogé une quinzaine de chercheurs spécialistes du voile, des femmes musulmanes ou des quartiers populaires, et leur avons demandé si, au cours de leurs recherches ou en dehors, ils avaient rencontré des femmes voilées affichant, de manière explicite ou non, des signes de coercition. Tous nous ont affirmé n’avoir soit jamais rencontré une telle situation, soit l’avoir rencontrée de manière très exceptionnelle. »
« Documentariste et chercheuse en sciences sociales, Agnès De Feo a interviewé près de 150 femmes portant le niqab (dont le port est interdit en France au nom de la loi contre « les pratiques de dissimulation du visage dans l'espace public »), 50 femmes portant le djilbeb (une robe longue de couleur sombre, qui couvre l'intégralité du corps mais pas le visage) et des centaines de femmes voilées : « Toutes les femmes que j’ai rencontrées n’avaient pas été forcées, je n’ai jamais rencontré de ma vie une femme forcée à porter le voile. » »
« Idem pour Emmanuel Jovelin, maître de conférences de sociologie à l'Université catholique de Lille, qui a interrogé « une bonne vingtaine » de porteuses de hijab à Stains, en 2009, et en a rencontré beaucoup d'autres au cours de ses activités : « Je n’ai pas trouvé de femmes qui ont subi des pressions pour porter le voile. Je pense que c’est minoritaire. » Idem aussi pour Claire Donnet, chercheuse associée à l'Université de Strasbourg, qui a observé des rencontres qui réunissaient environ 70 femmes voilées et non-voilées et n’a « jamais observé de pressions ». Idem pour Fatiha Ajbli, sociologue spécialisée dans l'étude des discriminations professionnelles subies par les musulmanes, qui entre son mémoire de DEA (équivalent à l'époque du master 2) et sa thèse, a rencontré des « centaines de femmes musulmanes » de 20 à 40 ans. Idem aussi pour Ouisa Kies, chercheuse rattachée à l'École des hautes études en sciences sociales, qui a suivi une quinzaine de personnes de 2003 à 2014. »

Les femmes doivent pouvoir disposer librement de leur corps

« En tant que féministe, ma priorité a toujours été de placer la volonté des femmes au cœur de la lutte. « Mon corps m’appartient » était le slogan des féministes durant les années 1970, et il me semble aujourd’hui plus pertinent que jamais. Je définis ma position comme « pro choix », je milite pour que chaque femme puisse disposer librement de son corps. En ce sens, je soutiens de la même manière les femmes qui aujourd’hui luttent – en Iran et partout dans le monde – contre le port du voile obligatoire que celles qui en France ou ailleurs souhaitent le porter. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Lutter afin qu’aucune femme ne soit contrainte de se voiler ou de se dévoiler, c’est la philosophie qui devrait animer toutes et tous les féministes. La régression ne réside pas dans le fait de porter le voile mais dans celui d’imposer aux femmes une norme vestimentaire en leur interdisant de choisir quels habits elles peuvent revêtir. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Je regrette que, lorsqu’il s’agit du voile, la parole des femmes qui le portent ne soient jamais placée au centre du débat. Je déplore le fait de voir tous ces hommes, féministes de circonstances, parler à leur place sans jamais prendre la peine de les solliciter. On n’interroge jamais les femmes françaises voilées sur leur choix (car oui, elles le portent volontairement dans leur majorité). Pourtant, tout le monde semble mieux savoir qu’elles pourquoi elles portent le voile et comment elles devraient présenter leurs corps, comme si elles étaient dénuées de volonté propre et de capacité à articuler une explication quant à leur choix. Or, nier la volonté propre des femmes, c’est participer à leur oppression. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.

On peut être féministe et voilée

« J’ai la conviction que l’on peut être féministe et porter un foulard traditionnel ou religieux. La célèbre avocate iranienne Shirin Ebadi, défenseuse des droits des femmes en Iran, avait effrontément défié les extrémistes de son pays en ne portant pas de voile lors de la remise de son Prix Nobel de la Paix, malgré les menaces. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Je mets au défi quiconque de remettre en question le féminisme de la Pakistanaise Malala Yousafzai qui se bat en faveur des droits scolaires des filles ou de la Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix, fondatrice du groupe « Femmes journalistes sans chaînes ». Toutes deux portent un vêtement masquant leurs cheveux, ce qui ne constitue aucunement un obstacle à leur engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes, qu’elles promeuvent au péril de leur vie. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Pour être voilée aujourd’hui il faut donc avoir le cœur bien accroché, et faire preuve d’un certain caractère. C’est ce que montrent les recherches d’Agnès De Feo sur les femmes en niqab, qui témoignent selon elle d’une véritable indépendance envers les hommes. Leur voile est souvent conçu comme une « castration du regard masculin », explique la chercheuse, qui parle du « féminisme » de ces femmes, même si c'est un mot qu'elles n'assument pas toutes. C'est aussi ce qu'observe Julien Beaugé, qui pense que le voile, quand il est revendiqué, permet paradoxalement une « inversion des rapports hommes-femmes » et « une certaine subversion des rapports sociaux de genre » : « Certaines femmes incarnent (localement) la bonne pratique religieuse, parfois même ont accès au savoir religieux et sont devenues de véritables sujets religieux (les prédicateurs s'adressent à elles, essaient de les convaincre, certaines prennent des cours de religion, enseignent ou transmettent ce qu'elles savent de l'islam...), alors que, pendant longtemps, elles étaient absentes des mosquées et étaient fondamentalement des objets religieux. » »

On ne peut pas simplement penser en termes de liberté individuelle

« Je suis choquée par celles qui stigmatisent les femmes voilées. Mais je suis choquée aussi par celles qui affirment que porter le voile est un libre choix. Penser la liberté individuelle sans penser la globalité d’un système d’oppression (économique, culturel, religieux ou politique), c’est aberrant ! Affirmer que c’est seulement une question de liberté, cela permet de tout justifier. C’est la grande illusion du libéralisme. Cette dérive inquiétante de la pensée anglo-saxonne est un piège pour les féministes. Et donc pour la liberté de toutes les femmes, sans aucune distinction. »
Caroline de Haas, « Le féminisme à l'épreuve du voile », Elle, 29 avril 2016.

Le port du voile n'est pas une question de liberté individuelle mais de libertés collectives

« Mais de quelle liberté parlaient donc les quatre à cinq mille jeunes femmes rassemblées à Paris à l’appel du Parti des musulmans de France ? Si l’on en croit l’énergie qu’elles affichaient, la plupart avaient effectivement décidé d’être là pour revendiquer le droit de se voiler. Qu’elles aient librement choisi de se voiler, ça les regarde mais tant pis pour elles, serait-on tenté de dire. Ces militantes d’organisations islamistes revendiquent les chaînes qui les asserviront demain si elles se maintiennent dans leur choix. Mais elles ne le réclament pas que pour elles. Elles militent pour la servitude de milliers de femmes qui, elles, n’ont pas choisi, à qui on ne demande pas leur avis et qui doivent se battre pour le donner. »
Lutte ouvrière, « Contre l'oppression des femmes, donc contre le port du voile à l'école », Lutte ouvrière, n°1851, 22 janvier 2004.
« Lila et Alma Lévy affirment porter le voile de leur plein gré, que c’est leur choix. Elles soutiennent qu’il ne serait qu’un simple vêtement destiné à préserver leur pudeur, en cachant leurs cheveux, leur cou et leurs oreilles. Certes, ce n’est pas leur père, avocat du MRAP et qui se dit « juif sans dieu », qui le leur impose. Demain, si elles le décident, elles jetteront leur voile à la poubelle. Si bon leur chante, elles embrasseront n’importe quelle autre croyance voire aucune, elles épouseront le garçon de leur choix ou vivront en union libre. Mais ce n’est pas de leur choix personnel dont il est question ! Il est question des libertés de centaines de milliers de jeunes filles d’origine musulmane qui ne jouissent pas de cet environnement culturel et social et de la liberté qui va avec et qui, demain, s’il devient possible d’assister aux cours avec un voile sur la tête, se verront contraintes de le porter par des hommes de leur famille ou de leur cité. »
Sophie Gargan, « Pour les droits et la liberté des femmes, contre le voile à l’école », Lutte ouvrière, n°1838, 24 octobre 2003.
« Contre cette oppression, des dizaines de milliers de femmes se battent, ici comme dans tous les pays où sévit cette pratique, dans un combat dont nous devons avant tout être solidaires. »
Sophie Gargan, « Une femme voilée sur une liste du NPA », Lutte ouvrière, n°2167, 12 février 2010.

Le voile est la marque concrète de l'oppression des hommes sur les femmes

« Le foulard est une discrimination explicite à l’égard des femmes et qu’il véhicule une conception de la sexualité que nous ne partageons pas. Il manifeste la volonté de soumettre les femmes à un ordre patriarcal et hétérosexiste qui prétend normaliser la sexualité des individus, en particulier celle des femmes, dans le cadre du mariage, et subordonner leurs activités aux devoirs familiaux. »
Josette Trat, Hélène Adam, Ingrid Hayes, Guillaume Liégard, « Tribune : "Une candidate voilée dans le Vaucluse : un choix contesté" », 3 mai 2010.
« Et c’est bien de cela qu’il s’agit : de l’oppression des femmes par les hommes, de leurs libertés et de leurs droits. Le voile n’est pas un simple bout de tissu, il est non seulement un symbole mais aussi la marque concrète de la situation d’infériorité dans laquelle certains veulent, au nom de la liberté religieuse, maintenir les femmes. »
Sophie Gargan, « Pour les droits et la liberté des femmes, contre le voile à l’école », Lutte ouvrière, n°1838, 24 octobre 2003.
« Le foulard blanc que porte la jeune femme, et qui enserre sa chevelure de manière à ce qu’aucun cheveu ne s’en échappe, est à lui seul, pas seulement le symbole, mais l’attribut concret de l’oppression que des hommes veulent infliger aux femmes. Pourquoi les femmes devraient-elles dissimuler leur chevelure ? Parce qu’elle ferait naître chez des hommes des pulsions incontrôlables ? Alors, si tel est le cas, qu’ils consultent et se soignent ! Mais le problème n’est bien évidemment pas là. Qu’on l’appelle voile ou foulard, cet attribut n’est pas qu’un carré de tissu, c’est la marque de la soumission que des mâles imbéciles et réactionnaires veulent imposer aux femmes. »
Sophie Gargan, « Une femme voilée sur une liste du NPA », Lutte ouvrière, n°2167, 12 février 2010.

Que des femmes choisissent de se voiler n'est que l'acceptation d'une oppression

« Des femmes, nous dit-on, portent ce voile par choix personnel. Peut-être, mais alors elles acceptent inconsciemment une oppression sociale, car ce qui est bel et bien réel, c’est qu’un grand nombre de femmes et de jeunes filles sont aujourd’hui contraintes, ici et de par le monde, de se voiler. Des maris, des pères, des frères, des petites frappes machistes le leur imposent, dans le but de les priver de liberté, de les réduire au rang de domestiques tout juste nées pour les servir et assouvir leur plaisir, tout juste faites pour être des reproductrices. Et non seulement ils l’imposent, mais ils tiennent à afficher cette oppression devant toute la société en faisant du voile, en quelque sorte, le drapeau bien visible de cette oppression. »
Sophie Gargan, « Une femme voilée sur une liste du NPA », Lutte ouvrière, n°2167, 12 février 2010.
« « Le foulard, quelle que soit la motivation de celle qui le porte a une signification », assène ainsi Galia Trépère. Ingrid Hayes a elle aussi « un problème avec la théorie du libre choix » : « Depuis quand les oppressions, les subordinations ne pèsent-elles plus sur les choix des individus ?», s'étonne-t-elle. »
Louise Fessard, « Le voile déchire un NPA qui veut brasser large », Mediapart, 29 août 2010.
« Il n’est évidemment pas nouveau que des opprimés en arrivent à justifier leur propre oppression, comme il arrive que des prolétaires justifient leur exploitation par le patronat. Il a fallu lutter contre des femmes pour défendre le droit de vote des femmes, et y compris dans le mouvement des années soixante-dix, pour imposer le droit à l’interruption volontaire de grossesse ! Et combien d’instituteurs et d’institutrices ont dû s’opposer pied à pied à des mères pour que leurs filles puissent aller à l’école y apprendre à lire et les arracher à la tutelle des curés ! »
Lutte ouvrière, « Les religions et les femmes », Cercle Léon Trotsky, 04/02/2005.

On doit être solidaire des femmes qui se battent pour ne pas porter le voile islamique

« Dans bien des pays, des femmes qui subissent tout le poids de l’intégrisme musulman tentent de résister, et cela au péril de leur vie. C’est le cas, parmi tant d’autres, de Talisma Nasreen, écrivain née au Bangladesh, traquée par une condamnation à mort pour avoir dénoncé dans ses romans la condition criminelle faite aux femmes musulmanes et aujourd’hui contrainte de vivre dans la clandestinité au risque d’être assassinée. On ne peut pas seulement protester hypocritement contre la situation faite aux femmes en Afghanistan, en Iran et ailleurs dans des manifestations bien tranquilles de la Bastille à la Nation, et laisser faire ici. Le premier des courages est d’abord de se battre à notre porte, là où nous y pouvons immédiatement quelque chose. Bien sûr, certaines jeunes filles affirment que cela représente leur choix personnel. Mais même si cela est vrai, ce choix contribue à l’oppression de celles qui voudraient résister et il est tout aussi inacceptable. »
Sophie Gargan, « Port du voile : une pression réactionnaire », Lutte ouvrière, n°1833, 18 septembre 2003.

Les défenseurs du voile en France encouragent la répression des femmes non voilées dans les dictatures islamiques

« Le débat sur le voile, du fait des débordements idéologiques qu’il autorise et des interprétations intéressées dont il sera l’objet, dans les pays théocratiques, cautionne leur obscurantisme et leur despotisme. Il faudrait que les intellectuels français qui se déclarent hostiles à une école laïque qui ne tolère pas les mineures voilées prennent conscience du fait que leur engagement sera un appui aux dictatures islamiques. Quant aux minauderies des midinettes du voile en France, elles sont un encouragement à la répression de toutes les femmes qui, dans les pays musulmans, essaient d’échapper à l’emprise totalitaire du hijab au risque de leur vie. »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.

Porter le voile relève de la liberté religieuse

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Les femmes voilées sont déjà bien assez stigmatisées

Les femmes, et les femmes voilées en particulier, sont toujours considérées coupables

« Quand on parle des femmes voilées, on déporte toute la culpabilité sur elles. Elles sont à la fois les bourreaux et des victimes à combattre. C'est toujours le même débat, elles sont toujours considérées comme la source du problème. On nous dit « vous vous rendez compte, des femmes se battent en Afghanistan pour ne pas être obligées de porter le voile ». D’où on est responsable du sexisme des talibans ? C'est invraisemblable. La pression est décuplée. On débat tout le temps sur elles mais on ne les laisse jamais s'exprimer. »
Rokhaya Diallo, « On a parlé féminisme avec Rokhaya Diallo », Les Inrockuptibles, 08/01/17.

Les femmes doivent toujours se justifier de leur tenue

« Depuis la nuit des temps, les hommes légifèrent et inscrivent dans les textes civils ou religieux, la manière dont les femmes doivent s’habiller, ce qui est licite de montrer ou non, et la pudeur dont elles doivent faire preuve. Tout est codifié, de la manière de s’asseoir à celle de saluer. Même monter à cheval était indécent il y a moins de deux siècles. En Europe, le droit de porter un pantalon fut un combat. Il fallait rester en jupe, qui devait bien couvrir les chevilles. Puis, après 1914, la nécessité pour les femmes d’aller travailler (on manquait d’hommes valides) a permis que les jupes raccourcissent au-dessus de la cheville et montrent les mollets, et surtout que les gaines et guêpières qui enserraient la taille des femmes se délacent. Les femmes portant des cheveux longs ont toujours dû cacher leur chevelure, natter, attacher les cheveux. Bien sûr, c’était un moyen de lutter contre les vermines (teignes et poux), mais aussi un principe de « pudeur » et de soumission. Impossible d’aller à l’église ou de se promener dans la rue en « cheveux », jusque dans les années 1950. La mode des cheveux courts fut un vent de liberté. Sortir cheveux au vent fut le symbole d’une autre vie pour les femmes dès 1960. L’indécence avançant, des mollets, on est passé aux genoux. Les jupes se sont évasées et ont diminué encore. Les vacances, la plage, le bikini et Brigitte Bardot, et bientôt la minijupe ont montré les cuisses. Et comme toujours, les hommes se sont affrontés sur le droit des femmes à s’habiller : les pères refusant aux filles, les hommes hélant les femmes dans la rue, voire s’invitant à leur table dans les bars s’ils les jugeaient habillées trop « sexy ». »
Véronique Decker, « Tribune : les vêtements des femmes », 28 juillet 2010.

Il n'existe pas de loi contre le port de la djellabah, de la barbe islamique ou de la kamis

« Toute islamophobie dehors, il s’agit de montrer les musulmans comme de mauvais Français, qui refusent de « s’intégrer », mais on ne légifère pas sur le port de la djellabah, de la barbe ou de la kamis : non, c’est toujours la femme, ce qu’elle doit montrer ou non qui est en jeu. »
Véronique Decker, « Tribune : les vêtements des femmes », 28 juillet 2010.

Personne ne se soucie des religieuses catholiques opprimées

« Tout le monde commente le sort des femmes enfermées vivantes derrière la burqa, mais personne ne se soucie pourtant des bonnes sœurs cisterciennes ou dominicaines, cloîtrées dans des couvents, interdites de parler ou de rire, voire de se laver... Et pourtant, il semble qu’elles soient encore bien plus nombreuses que les adeptes du niqab. »
Véronique Decker, « Tribune : les vêtements des femmes », 28 juillet 2010.

Les musulmans font l'objet de racisme et de discriminations

Aucun résumé ni citation n'a été entré.
Il n'y a aucune objection pour le moment.

La question du voile est utilisée à des fins de division et de diversion

La question du voile est une obsession française

« C’est peut-être une autre manière de dire que toute l’attention portée à l’inégalité qui caractériserait le sort des seules femmes musulmanes est un moyen d’évacuer les problèmes concernant les femmes françaises en général — différents bien sûr, mais qui n’ont pas été résolus par la loi (le vote, les modifications du Code civil, la parité) ni par d’autres moyens. Une chose est sûre, si l’inégalité de genre existe également dans le monde anglo-américain, elle n’a pas pris la forme de cette obsession des femmes musulmanes et de leurs voiles dont on peut dire qu’elle est une singularité française. »
Joan W. Scott, « Cette étrange obsession française pour le voile », Orient XXI, 27 avril 2016.

La campagne contre le voile est une campagne raciste et islamophobe

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

La campagne contre le voile sert à nous détourner des problèmes sociaux

« La loi votée ce mardi 13 juillet ne se soucie absolument pas du sort réel des femmes ultra religieuses, elle n’est là que pour faire oublier les soucis immédiats qui vont cloîtrer nos vies : la disparition programmée des services publics, de la retraite socialisée, et qui nous enterrera vivants dans la recherche de l’argent nécessaire pour éduquer et soigner nos enfants et protéger nos parents de la misère et de l’abandon. »
Véronique Decker, « Tribune : les vêtements des femmes », 28 juillet 2010.
Il n'y a aucune objection pour le moment.

[ ± Ajouter ou retirer un argument ]

Arguments CONTRE

Le voile est la marque concrète de l'oppression des hommes sur les femmes

Le voile assigne aux femmes le rôle de reproductrices et de mères au foyer

« En fait, ce n’est pas à la laïcité qu’il faut principalement penser mais à la défense des femmes. Pour elles, le voile islamique est plus qu’une contrainte vestimentaire, c’est la marque d’une oppression et, à ce titre, c’est une infamie. Pour les intégristes qui imposent à leurs femmes, leurs sœurs et leurs filles de le porter, ce voile est un élément et le symbole de l’oppression dans laquelle ils veulent les maintenir, oppression qui veut réserver aux femmes l’unique rôle de reproductrice. C’est au nom de cette idée tout droit sortie de la barbarie moyenâgeuse qu’en Afghanistan, en Iran, et maintenant en Irak, et dans bien d’autres pays, des centaines de milliers de femmes vivent recluses, enfermées non seulement derrière les murs et les barreaux de leurs maisons et derrière le grillage de leur « burka » ou l’épaisseur de vêtements destinés à les masquer toute entière. Mais c’est aussi au nom de cet archaïsme qu’on leur interdit d’exercer une profession, de consulter un médecin et a fortiori de se faire opérer, ou même de conduire une voiture. »
Sophie Gargan, « Port du voile : une pression réactionnaire », Lutte ouvrière, n°1833, 18 septembre 2003.
« Derrière ce fatras moyenâgeux, il y a la place imposée à la femme, l’enfermement à la maison dans son seul rôle d’épouse et de mère, pour un seul homme qu’elle n’a pas choisi ; il y a ces fameuses règles communautaires selon lesquelles les femmes ne devraient pas aller à l’école, même pas l’école coranique ! »
Robert Paris, « C’est le voile qui exclut », Convergences révolutionnaires, n°29, septembre-octobre 2003.

Le voile est le signe visible que les femmes voilées sont la propriété de leur mari

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Le voile fait des femmes des objets sexuels

« Qu’est-ce que cela signifie, voiler les filles ? Cela signifie en faire des objets sexuels : des objets, puisque le voile leur est imposé et que sa matérialité fait désormais partie de leur être, de leur apparence, de leur être social ; et des objets sexuels non seulement parce que la chevelure dérobée est un symbole sexuel et que ce symbole est à double sens (ce que l’on cache, on le montre, l’interdit est l’envers du désir), mais parce que le port du voile met l’enfant ou la jeune adolescente sur le marché du sexe et du mariage, la définit essentiellement par et pour le regard des hommes, par et pour le sexe et le mariage. »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.
« Les femmes voilées en France ou dans d’autres pays démocratiques attirent les regards, attisent les regards. Elles accèdent au statut d’image, au même titre que ces femmes qu’on voit sur la couverture des magazines pour hommes. Être voilée, s’afficher voilée, c’est être constamment et avant tout la femme objet sexuel. Une femme voilée est un objet sur lequel un écriteau invisible se laisse lire : « Interdit de voir. Juste fantasmer. » La femme devient un objet qui, par son existence même, sollicite les fantasmes permanents des hommes. Ces fantasmes qu’on n’ose s’avouer. »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.

Le voile prône la honte et la culpabilité des femmes

« Porter un voile, c'est dénier leur identité aux femmes, se cacher comme si nous devions avoir honte, comme s'il était de notre responsabilité que les hommes ne sachent pas se tenir. »
Loubna Méliane, « Voile islamique. Quelles solutions face au voile : cinq femmes répondent », L'Humanité, 25 octobre 2003.
« Chez les musulmans, une fille, dès sa naissance est une honte à dissimuler puisqu’elle n’est pas un enfant mâle. Elle est en soi l’insuffisance, l’impuissance, l’infériorité... Elle est l’objet potentiel du délit. Toute tentative d’acte sexuel par l’homme avant le mariage relève de sa faute. Elle est l’objet potentiel du viol, du péché, de l’inceste et même du vol puisque les hommes peuvent lui voler sa pudeur d’un simple regard. Bref, elle est la culpabilité en personne, puisqu’elle crée le désir lui-même coupable, chez l’homme. Une fille est une menace permanente pour les dogmes et la morale islamiques. Elle est l’objet potentiel du crime, égorgée par le père ou les frères pour laver l’honneur taché. »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.
« Ne cache-t-on pas ce dont on a honte ? Nos défauts, nos faiblesses, nos insuffisances, nos carences, nos frustrations, nos anomalies, nos impuissances, nos bassesses, nos défaillances, nos erreurs, nos infériorités, nos médiocrités, nos veuleries, nos vulnérabilités, nos fautes, nos fraudes, nos délits, nos culpabilités, nos vols, nos viols, nos péchés, nos crimes ? »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.

Les hommes ne sont pas soumis à des obligations du même type que le voile

« Après tout, pourquoi ne voile-t-on pas les garçons musulmans ? Leur corps, leur chevelure ne peuvent-ils pas susciter le désir des filles ? Mais les filles ne sont pas faites pour avoir du désir, dans l’islam, seulement pour être l’objet du désir des hommes. »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.
« À la différence d’autres vêtements, le voile entérine une stricte séparation des femmes et des hommes dans une pratique religieuse. Car, si un homme peut porter une jupe (ce n’est pas fréquent mais les Écossais montrent que c’est très possible), un musulman peut-il porter le voile ? Il y a là, à mes yeux, une évidente rupture d’égalité entre hommes et femmes. »
Jean-Marc Proust, « Non, je ne crois pas que le voile soit compatible avec le féminisme », Slate.fr, 23 mars 2018.

Les femmes qui refusent de porter le voile sont brimées et opprimées

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

On ne peut pas être féministe et défendre le voile

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Des femmes sont voilées et épanouies

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Le voile n'est qu'un vêtement comme un autre

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

On peut être féministe et voilée

« J’ai la conviction que l’on peut être féministe et porter un foulard traditionnel ou religieux. La célèbre avocate iranienne Shirin Ebadi, défenseuse des droits des femmes en Iran, avait effrontément défié les extrémistes de son pays en ne portant pas de voile lors de la remise de son Prix Nobel de la Paix, malgré les menaces. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Je mets au défi quiconque de remettre en question le féminisme de la Pakistanaise Malala Yousafzai qui se bat en faveur des droits scolaires des filles ou de la Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix, fondatrice du groupe « Femmes journalistes sans chaînes ». Toutes deux portent un vêtement masquant leurs cheveux, ce qui ne constitue aucunement un obstacle à leur engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes, qu’elles promeuvent au péril de leur vie. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Pour être voilée aujourd’hui il faut donc avoir le cœur bien accroché, et faire preuve d’un certain caractère. C’est ce que montrent les recherches d’Agnès De Feo sur les femmes en niqab, qui témoignent selon elle d’une véritable indépendance envers les hommes. Leur voile est souvent conçu comme une « castration du regard masculin », explique la chercheuse, qui parle du « féminisme » de ces femmes, même si c'est un mot qu'elles n'assument pas toutes. C'est aussi ce qu'observe Julien Beaugé, qui pense que le voile, quand il est revendiqué, permet paradoxalement une « inversion des rapports hommes-femmes » et « une certaine subversion des rapports sociaux de genre » : « Certaines femmes incarnent (localement) la bonne pratique religieuse, parfois même ont accès au savoir religieux et sont devenues de véritables sujets religieux (les prédicateurs s'adressent à elles, essaient de les convaincre, certaines prennent des cours de religion, enseignent ou transmettent ce qu'elles savent de l'islam...), alors que, pendant longtemps, elles étaient absentes des mosquées et étaient fondamentalement des objets religieux. » »

Le voile n'est pas plus oppressif que bien d'autres vêtements

« De nombreux autres vêtements et contraintes (talons, maquillages...) peuvent être en partie considérés comme des symboles de domination des femmes, mais ceux-ci ne sont jamais remis en cause. »
« Personne ne voit dans les jupes des instruments de domination alors qu’elles sont l’apanage des femmes et les désignent comme telles. Selon l'analyse de la sociologue Colette Guillaumin, elles sont « destinées à maintenir les femmes en état d'accessibilité sexuelle permanente, permettent de rendre les chutes […] plus pénibles pour l'amour-propre » et entravent leur « liberté motrice ». Les talons hauts fortement déconseillés par bien des spécialistes de la santé sont de véritables instruments de maltraitance du corps. Sarah Jesssica Parker, la star de Sex and the City connue pour son amour des chaussures de luxe, a d’ailleurs récemment déclaré : « Les talons hauts ont détruit mes pieds. » À travers le monde, de nombreuses femmes choisissent volontairement de porter des prothèses mammaires pour des raisons esthétiques (je n’inclus pas les cas de chirurgie réparatrice qui relèvent d’autres motivations). Le scandale des implants PIP fabriquées en dépit de toutes normes sanitaires qui avait mené plusieurs femmes à la mort, montre à quel point cette pression esthétique peut conduire à des pratiques dangereuses. Dans ce contexte, le voile ne constitue pas une exception. On peut légitiment débattre de son caractère sexiste, mais on ne peut en aucun cas l’isoler d’une réflexion plus globale sur les pratiques normatives corporelles et les codes vestimentaires qui distinguent les femmes et les hommes dans nos sociétés. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Au lieu de nous délivrer ses leçons de laïcité, madame la ministre pourrait […] reconnaître que toutes les femmes qui portent les jupes courtes et les vêtements sexy imposés par la mode (souvent créée par des hommes) ne sont pas non plus spécialement « émancipées ». Nous sommes, nous, femmes, soumises à un diktat, entré profondément dans notre imaginaire, et auquel nous obéissons, le plus souvent inconsciemment, pour plaire aux hommes. Le modèle de séduction imposé reste quasi inaccessible à la majorité d’entre nous. Un modèle d’extrême minceur, plutôt blond, grand, « glamour », contribuant à un « enfermement du corps des femmes » qui n’a rien à envier à celui que Mme Rossignol dénonce quand elle évoque certaines musulmanes. Ne sont-elles pas aliénées dans leur corps même, celles qui sacrifient leur santé par des régimes dangereux, se résolvent à des opérations chirurgicales douloureuses, se condamnent à l’anorexie, et vivent dans la frustration ? Mesurer le niveau d’émancipation des femmes au degré de raccourcissement de leurs jupes, il fallait y penser ! La nudité du corps des femmes comme outil de leur libération ? »
Esther Benbassa, « Le voile, pas plus aliénant que la minijupe », Libération, 5 avril 2016.

Les femmes voilées sont déjà bien assez opprimées et stigmatisées pour qu'on ne leur ajoute pas une autre oppression

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Le voile protège les femmes des pressions exercées par les hommes

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Il y a des usages contestataires et émancipateurs du voile

« Dans un pays où les gouvernants utilisent de plus en plus le racisme pour détourner l’attention des travailleurs, le foulard islamique représente avant tout le symbole de la résistance à l’oppression religieuse et raciste dont sont victimes les jeunes musulmanes »
Socialisme International, novembre 1994.
« Khadija explique que grâce au voile, on peut d’un côté lutter contre le machisme dans les familles traditionnelles – il donne une légitimité de parole suffisamment forte pour « ne plus repasser le pantalon de [ses] frères pendant qu’ils font la grasse matinée » – et de l’autre introduire une autre image de la femme émancipée, différente de celle de la femme occidentale. Le voile devient un moyen d’affirmation de soi en tant que femme musulmane intégrée dans la société, puisqu’il n’est pas associé à un enfermement des femmes au foyer. Il est au contraire partie prenante d’une affirmation par le travail, que ce soit dans le choix personnel d’un métier ou dans la revendication du droit à l’emploi et à l’autonomie financière. Elles insistent toutes les trois constamment sur ce point : l’importance d’avoir un métier qui leur plaît, aucune n’entend sacrifier son travail au reste de sa vie, à son mari ou à sa famille. De ce modèle de femme émancipée, elles ont surtout retenu l’autonomie financière et l’affirmation par le métier, mais sans s’éloigner de leur famille et de leur « culture », auxquelles elles affirment leur attachement par la religion et le port du voile. »
Brigitte Tijou, « Les paradoxes du voile », Vacarme, vol. 2, n°27, 03/10/2014.

On doit être solidaire des femmes qui se battent pour ne pas porter le voile

Des femmes se battent au péril de leur vie dans le monde pour refuser de porter le voile islamique

« Dans bien des pays, des femmes qui subissent tout le poids de l’intégrisme musulman tentent de résister, et cela au péril de leur vie. C’est le cas, parmi tant d’autres, de Talisma Nasreen, écrivain née au Bangladesh, traquée par une condamnation à mort pour avoir dénoncé dans ses romans la condition criminelle faite aux femmes musulmanes et aujourd’hui contrainte de vivre dans la clandestinité au risque d’être assassinée. On ne peut pas seulement protester hypocritement contre la situation faite aux femmes en Afghanistan, en Iran et ailleurs dans des manifestations bien tranquilles de la Bastille à la Nation, et laisser faire ici. Le premier des courages est d’abord de se battre à notre porte, là où nous y pouvons immédiatement quelque chose. Bien sûr, certaines jeunes filles affirment que cela représente leur choix personnel. Mais même si cela est vrai, ce choix contribue à l’oppression de celles qui voudraient résister et il est tout aussi inacceptable. »
Sophie Gargan, « Port du voile : une pression réactionnaire », Lutte ouvrière, n°1833, 18 septembre 2003.

Des femmes se battent en France pour ne pas le porter

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Les défenseurs du voile en France encouragent la répression des femmes non voilées dans les dictatures islamiques

« Le débat sur le voile, du fait des débordements idéologiques qu’il autorise et des interprétations intéressées dont il sera l’objet, dans les pays théocratiques, cautionne leur obscurantisme et leur despotisme. Il faudrait que les intellectuels français qui se déclarent hostiles à une école laïque qui ne tolère pas les mineures voilées prennent conscience du fait que leur engagement sera un appui aux dictatures islamiques. Quant aux minauderies des midinettes du voile en France, elles sont un encouragement à la répression de toutes les femmes qui, dans les pays musulmans, essaient d’échapper à l’emprise totalitaire du hijab au risque de leur vie. »
Chahdortt Djavann, Bas les voiles !, Folio, 2003.

On ne peut pas condamner le port du voile là-bas et le défendre ici

« Dans bien des pays, des femmes qui subissent tout le poids de l’intégrisme musulman tentent de résister, et cela au péril de leur vie. C’est le cas, parmi tant d’autres, de Talisma Nasreen, écrivain née au Bangladesh, traquée par une condamnation à mort pour avoir dénoncé dans ses romans la condition criminelle faite aux femmes musulmanes et aujourd’hui contrainte de vivre dans la clandestinité au risque d’être assassinée. On ne peut pas seulement protester hypocritement contre la situation faite aux femmes en Afghanistan, en Iran et ailleurs dans des manifestations bien tranquilles de la Bastille à la Nation, et laisser faire ici. Le premier des courages est d’abord de se battre à notre porte, là où nous y pouvons immédiatement quelque chose. Bien sûr, certaines jeunes filles affirment que cela représente leur choix personnel. Mais même si cela est vrai, ce choix contribue à l’oppression de celles qui voudraient résister et il est tout aussi inacceptable. »
Sophie Gargan, « Port du voile : une pression réactionnaire », Lutte ouvrière, n°1833, 18 septembre 2003.

De nombreuses féministes dans le monde ont exprimé leur rage face à la complaisance de la gauche française vis-à-vis du voile

« Nous, militants communistes et révolutionnaires, nous pouvons aussi choisir notre camp : dans l’affaire du voile, puis celle du burkini, des dizaines de féministes algériennes, turques, marocaines se sont exprimées pour dire leur rage devant la complaisance de l’extrême gauche française face à ces symboles d’oppression, elles qui risquent tous les jours leur vie à les refuser. C’est à elles que vont notre solidarité et notre respect. »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.

La gauche doit être à la pointe du combat pour l'émancipation des femmes

« S’opposer au voile, à la burqa ou au niqab est un combat social et politique. En ce qui nous concerne, nous choisissons le camp de toutes les femmes qui ne veulent pas être des esclaves, qui se battent pour leur liberté, leur dignité. Des militants communistes ne peuvent qu’être à la pointe de ce combat. Pour le mouvement socialiste et communiste, le combat pour l’émancipation sociale, économique et politique n’a jamais été indépendant du combat contre toutes les oppressions. Au XIXe siècle, un militant socialiste expliquait que le degré de l’émancipation d’une société se mesurait au degré de l’émancipation des femmes. Au XXIe siècle, cette idée garde encore toute son actualité. »
Maud Nathan, « Voile, niqab et burqa : symboles d’oppression des femmes », Lutte ouvrière, n°2134, 27 juin 2009.
Il n'y a aucune objection pour le moment.

[ ± Ajouter ou retirer un argument ]

Pour aller plus loin

Bibliographie

Plutôt POUR

Aucune référence bibliographique POUR n'a été entrée pour le moment.

Plutôt CONTRE

Aucune référence bibliographique CONTRE n'a été entrée pour le moment.

Ni POUR ni CONTRE

Aucune référence bibliographique ni POUR ni CONTRE n'a été entrée pour le moment.

Sitographie

Plutôt POUR

Aucune référence sitographique POUR n'a été entrée pour le moment.

Plutôt CONTRE

Aucune référence sitographique CONTRE n'a été entrée pour le moment.

Ni POUR ni CONTRE

Aucune référence sitographique ni POUR ni CONTRE n'a été entrée pour le moment.

Vidéographie

Plutôt POUR

Aucune référence vidéographique POUR n'a été entrée pour le moment.

Plutôt CONTRE

Aucune référence vidéographique CONTRE n'a été entrée pour le moment.

Ni POUR ni CONTRE

Aucune référence vidéographique ni POUR ni CONTRE n'a été entrée pour le moment.

Débats connexes

    [ + Ajouter un débat connexe ]

    Vos commentaires


    Ajouter votre commentaire
    Wikidébats accueille tous les commentaires. Si vous ne voulez pas être anonyme, enregistrez-vous ou connectez-vous. C’est gratuit.