Les bolchéviks se sont appuyés sur des couches peu formées souhaitant passer à l'action

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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Le parti bolchévik n'avait pas d’enracinement dans la société civile
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Le parti bolchévik n'avait pas un caractère de classe
Le parti bolchévik était composé d'individus déclassés ou déracinés
Les bolchéviks se sont appuyés sur des couches peu formées souhaitant passer à l'action
Les nouvelles recrues bolchéviks avaient un désir de revanche et de promotion sociale
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Présentation de l'argument

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Citations

« Rentré en Russie le 3 avril 1917, Lénine continua à défendre des positions extrêmes. Dans ses célèbres Thèses d’avril, il répéta son hostilité inconditionnelle à la république parlementaire et au processus démocratique. Accueillies avec stupéfaction et hostilité par la majorité des dirigeants bolcheviques de Petrograd, les idées de Lénine progressèrent rapidement, notamment parmi les nouvelles recrues du Parti, ceux que Staline appelait, à juste titre, les praktiki (les « praticiens ») par opposition aux « théoriciens ». En quelques mois, les éléments plébéiens, parmi lesquels les soldats-paysans occupaient une place centrale, submergèrent les éléments urbanisés et intellectuels, vieux routiers des luttes sociales institutionnalisées. Porteurs d’une grande violence enracinée dans la culture paysanne et exacerbée par trois années de guerre, moins prisonniers du dogme marxiste qu’ils ne connaissaient guère, ces militants d’origine populaire, peu formés politiquement, représentants typiques d’un bolchevisme plébéien qui allait bientôt fortement déteindre sur le bolchevisme théorisant et intellectuel des bolcheviks d’origine, ne se posaient guère la question : une « étape bourgeoise » était-elle nécessaire ou pas pour « passer au socialisme » ? Partisans de l’action directe, du coup de force, ils étaient les plus fervents activistes d’un bolchevisme où les débats théoriques laissaient place à la seule question désormais à l’ordre du jour, celle de la prise du pouvoir. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
« L’une des questions les plus complexes lorsqu’on aborde le problème des pratiques bolcheviques de construction de l’État, c’est la dimension sociale du politique, la question des acteurs et des participants. Moshe Lewin caractérise ainsi le processus : « Une entreprise frénétique de construction de l’État, à partir d’une base sociale large, où se mêlent élites et éléments plébéiens ». A la différence de leurs adversaires, les bolcheviks sont, en effet, parvenus à « ratisser large ». Ils ont « bricolé » des appareils avec des fonctionnaires et des cadres, civils et militaires, de l’Ancien Régime, ralliés – mais toujours suspects – et des éléments plébéiens qui compensaient la faiblesse de leur formation politique par un indéniable activisme fait de dévotion à la cause du nouvel ordre bolchevique et d’une grande violence. Les bolcheviks se sont assuré la neutralité bienveillante, voire l’appui, d’un certain nombre de cadres militaires et civils – les spetzy, « spécialistes » dits « bourgeois » –, qui ont vu dans l’entreprise bolchevique de restauration de l’ordre, de l’État – et de la Nation, face à l’intervention étrangère soutenant les « Blancs » – un rempart contre l’anarchie, contre le « déferlement asiatique » des « masses sombres » de la paysannerie. Dans le même temps, les bolcheviks ont largement recruté parmi les éléments plébéiens des villes, parmi un certain nombre de paysans-soldats, notamment chez les plus jeunes, pour lesquels les années de guerre et de révolution marquèrent aussi une rupture avec la famille patriarcale traditionnelle, enfin dans une couche disparate, qu’un observateur perspicace qualifiait de « semi-intellectuels ». »
Nicolas Werth, « Les Bolcheviks et la restauration du « principe de l’État » », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

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