Le parti bolchévik n'avait pas d’enracinement dans la société civile

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Citations [ modifier ]

« Hannah Arendt a souligné à juste titre qu’en dépit de leur appellation « parti » – Parti bolchevique, Parti national-socialiste, Parti fasciste –, l’une des caractéristiques des mouvements totalitaires est précisément d’avoir abandonné la formation de classe portant les intérêts d’une catégorie sociale – et donc à vocation parlementaire, voire gouvernementale –, pour se transformer en mouvements formés majoritairement de déracinés des diverses classes – ce qu’elle nomme « la populace ». Et de fait, alors que les grandes social-démocraties d’avant 1914 avaient un caractère ouvrier très marqué, le Parti bolchevique compte peu d’ouvriers mais nombre d’intellectuels déclassés et d’aventuriers qui n’hésitent pas à agir avec des bandits de grand chemin, des maîtres chanteurs ou des escrocs. Là réside dès 1902 l’une des sources ultérieures du totalitarisme communiste. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

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Sous-arguments [ modifier ]

Le parti bolchévik n'avait pas un caractère de classe

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Le parti bolchévik n'avait pas un caractère de classe
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Alors que la social-démocratie a un caractère de classe – ouvrier – très marqué qui correspond à sa fonction tribunicienne – de porte-parole et défenseur des sociétés ouvrières et populaires, en particulier à travers le suffrage universel et le parlement –, le parti léniniste est composé de révolutionnaires professionnels soigneusement sélectionnés et uniquement préoccupés de subversion du pouvoir en place. »
Stéphane Courtois, « Du parti de révolutionnaires professionnels au parti-État totalitaire », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

Le parti bolchévik était composé d'individus déclassés ou déracinés

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Le parti bolchévik était composé d'individus déclassés ou déracinés
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« La logique de constitution d’un tel parti ne répond pas à une logique de classe, comme celle qui préside alors au développement de la plupart des partis socialistes européens, mais à une logique d’articulation d’une idéologie extrémiste sur un mode d’organisation destiné à l’action. Or, Hannah Arendt a souligné à juste titre qu’en dépit de leur appellation « parti » – Parti bolchevique, Parti national-socialiste, Parti fasciste –, l’une des caractéristiques des mouvements totalitaires est précisément d’avoir abandonné la formation de classe portant les intérêts d’une catégorie sociale – et donc à vocation parlementaire, voire gouvernementale –, pour se transformer en mouvements formés majoritairement de déracinés des diverses classes – ce qu’elle nomme « la populace ». Et de fait, alors que les grandes social-démocraties d’avant 1914 avaient un caractère ouvrier très marqué, le Parti bolchevique compte peu d’ouvriers mais nombre d’intellectuels déclassés et d’aventuriers qui n’hésitent pas à agir avec des bandits de grand chemin, des maîtres chanteurs ou des escrocs. Là réside dès 1902 l’une des sources ultérieures du totalitarisme communiste. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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Les bolchéviks se sont appuyés sur des couches peu formées souhaitant passer à l'action

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Les bolchéviks se sont appuyés sur des couches peu formées souhaitant passer à l'action
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Rentré en Russie le 3 avril 1917, Lénine continua à défendre des positions extrêmes. Dans ses célèbres Thèses d’avril, il répéta son hostilité inconditionnelle à la république parlementaire et au processus démocratique. Accueillies avec stupéfaction et hostilité par la majorité des dirigeants bolcheviques de Petrograd, les idées de Lénine progressèrent rapidement, notamment parmi les nouvelles recrues du Parti, ceux que Staline appelait, à juste titre, les praktiki (les « praticiens ») par opposition aux « théoriciens ». En quelques mois, les éléments plébéiens, parmi lesquels les soldats-paysans occupaient une place centrale, submergèrent les éléments urbanisés et intellectuels, vieux routiers des luttes sociales institutionnalisées. Porteurs d’une grande violence enracinée dans la culture paysanne et exacerbée par trois années de guerre, moins prisonniers du dogme marxiste qu’ils ne connaissaient guère, ces militants d’origine populaire, peu formés politiquement, représentants typiques d’un bolchevisme plébéien qui allait bientôt fortement déteindre sur le bolchevisme théorisant et intellectuel des bolcheviks d’origine, ne se posaient guère la question : une « étape bourgeoise » était-elle nécessaire ou pas pour « passer au socialisme » ? Partisans de l’action directe, du coup de force, ils étaient les plus fervents activistes d’un bolchevisme où les débats théoriques laissaient place à la seule question désormais à l’ordre du jour, celle de la prise du pouvoir. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Les nouvelles recrues bolchéviks avaient un désir de revanche et de promotion sociale

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Les nouvelles recrues bolchéviks avaient un désir de revanche et de promotion sociale
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Tous avaient en commun un désir de revanche ou de promotion sociale, d’intégration au nouveau régime. Nombre d’entre eux étaient « entrés en politique » avant octobre 1917 dans l’une des innombrables institutions nées dans le cours des événements révolutionnaires et étaient prêts à tout pour ne pas retomber « dans la vieille ornière de l’usine, de la caserne ou du travail de la terre ». Un certain nombre de monographies sur les comités de paysans pauvres, les activistes du parti dans les campagnes et les villes, les détachements de réquisition, nous permettent d’aborder aujourd’hui cette dimension sociale du politique, longtemps négligée, de mieux cerner le phénomène de « plébéianisation du nouveau pouvoir », de comprendre la manière dont le nouveau pouvoir parvint à instrumentaliser le potentiel de violence d’une société profondément disjointe et très polarisée. »
Nicolas Werth, « Les Bolcheviks et la restauration du « principe de l’État » », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
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« Ces appels au meurtre attisaient le vieux fonds de violence et le désir de revanche sociale présents chez nombre de tchékistes, recrutés souvent, comme le reconnaissaient eux-mêmes nombre de dirigeants bolcheviques, parmi les « éléments criminels et socialement dégénérés de la société ». Dans une lettre adressée le 22 mars 1919 à Lénine, le dirigeant bolchevique Gopner décrivait ainsi les activités de la tcheka d’Ekaterinoslavl : « Dans cette organisation gangrenée de criminalité, de violence et d’arbitraire, dominée par des canailles et des criminels de droit commun, des hommes armés jusqu’aux dents exécutaient toute personne qui ne leur plaisait pas, perquisitionnaient, pillaient, violaient, emprisonnaient, écoulaient des faux billets, exigeaient des pots-de-vin, faisaient ensuite chanter ceux auxquels ils avaient extorqué ces pots-de-vin, puis les libéraient en échange de sommes dix ou vingt fois supérieures. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections

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Références

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Débat parent