Lénine est-il le précurseur de Staline ?

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Carte des arguments

POUR
CONTRE

Comme Staline, Lénine a mené la terreur contre ses opposants
Lénine a créé les instruments de la terreur stalinienne
Lénine a théorisé et revendiqué la terreur de masse
La guerre était au coeur du projet de Lénine
Lénine est le concepteur d'un parti totalitaire
Lénine était un ennemi de la démocratie
Lénine était un être cynique, paranoïaque et avide de pouvoir

La terreur bolchévik a été dictée par les circonstances
Staline est l'auteur d'une contre-révolution
Staline est un héritier calomnié de Lénine
Staline n'a pas fait assassiner Kirov

Arguments POUR [ modifier ]

Comme Staline, Lénine a mené la terreur contre ses opposants

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Lénine a mené la terreur contre ses opposants
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Lénine a violemment réprimé les paysans

« Désormais privé du grenier à blé de l’Ukraine, occupée par les Allemands, n’ayant rien à proposer aux paysans en échange de leurs récoltes puisque les « nationalisations » avaient désorganisé l’industrie, Lénine se trouva confronté au problème du ravitaillement des villes, îlots de pouvoir bolchevik au milieu de l’océan des campagnes hostiles. En mai 1918, il accusa donc les paysans « riches » de stocker leur blé, lança le cri de « Mort aux koulaks ! » – était stigmatisé comme koulak tout paysan qui résistait au pillage – et instaura le « communisme de guerre ». Ainsi débuta une guerre entre la paysannerie – les « verts » –, qui représentait 85 % de la population et le pouvoir ; les paysans, qui n’avaient que leur récolte pour survivre, se défendirent avec l’énergie du désespoir et des révoltes éclatèrent un peu partout à l’été 1918. La riposte de Lénine fut terrible. Le 10 août, il envoyait un télégramme au comité bolchevik de Penza, dans la région de la Volga :

« Camarades ! Le soulèvement koulak […] doit être écrasé sans pitié. Les intérêts de la révolution tout entière l’exigent, car partout la « lutte finale » avec les koulaks est désormais engagée. Il faut faire un exemple : 1. Pendre (et je dis pendre de façon que les gens le voient) pas moins de 100 koulaks, richards, buveurs de sang connus. 2. Publier leurs noms. 3. S’emparer de tout leur grain. 4. Identifier les otages […] Faites cela de façon qu’à des centaines de lieues alentour les gens voient, tremblent, sachent et s’écrient : ils tuent et continueront de tuer les koulaks assoiffés de sang […]. Vôtre Lénine. PS : Trouvez des gens plus durs. »

Et encore le 1er février 1920, dans une lettre à Trotski, Lénine exigeait que soit réduite la ration de pain des ouvriers ne travaillant pas pour les transports : « Que des milliers de gens périssent si nécessaire, mais le pays doit être sauvé. » Dans son délire idéologique, Lénine assimilait le pays au pouvoir bolchevik qui, au même moment, par sa folle politique, détruisait le pays réel. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« La lutte contre les paysans refusant les réquisitions et la conscription – les Verts – mobilisaient toutes les énergies. Les rapports, aujourd’hui disponibles, des départements spéciaux de la Tcheka et des Troupes de défense interne de la République, chargés de lutter contre les mutineries, les désertions et les émeutes paysannes, révèlent dans toute son horreur l’extraordinaire violence de cette « sale guerre » de pacification menée en marge des combats entre Rouges et Blancs. C’est dans cet affrontement crucial entre le pouvoir bolchevique et la paysannerie que se forgea définitivement une pratique politique terroriste fondée sur une vision radicalement pessimiste des masses « à ce point obscures et ignorantes, écrivait DzeIjinski, qu’elles ne sont même pas capables de voir où est leur propre intérêt ». Ces masses bestiales ne pouvaient être matées que par la force, par ce « balai de fer » qu’évoquait Trotski pour caractériser de manière imagée la répression qu’il convenait de mener afin de « nettoyer » l’Ukraine des « bandes de bandits » dirigées par Nestor Makhno et d’autres chefs paysans. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine a violemment réprimé les ouvriers

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
En 1918
Au printemps 1919
En 1920 suite aux mesures de militarisation du travail
En 1921 à Petrograd
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« Alors qu’il se proclamait le chef du pouvoir du prolétariat, Lénine mena une politique tout aussi violente contre les ouvriers, au point que les ouvriers des grandes usines de Petrograd, dont ceux de l’usine Poutilov qui avaient été à la pointe de la révolution en 1917-1918, se mirent en grève au printemps 1919. Lénine vint de Moscou pour leur parler, mais sans succès. Il ordonna alors la prise d’assaut des usines par les troupes de la tcheka, qui arrêtèrent 900 grévistes et en fusillèrent 200. Des massacres identiques d’ouvriers en grève se multiplièrent, en particulier à Toula et à Astrakhan. Le 29 janvier 1920, face aux grèves des ouvriers dans l’Oural, Lénine télégraphiait aux communistes locaux : « Il y a du sabotage manifeste des cheminots […] Je suis étonné que vous vous en accomodiez et que ne procédiez pas à des exécutions massives pour sabotage. » »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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« De tous les épisodes de répression, l’un des plus soigneusement occultés par le nouveau régime fut la violence exercée contre le monde ouvrier, au nom duquel les bolcheviks avaient pris le pouvoir. Commencée dès 1918, cette répression se développa en 1919-1920 pour culminer au printemps 1921, avec l’épisode, bien connu, de Kronstadt. Le monde ouvrier de Petrograd avait manifesté, dès le début de 1918, sa défiance vis-à-vis des bolcheviks. Après l’échec de la grève générale du 2 juillet 1918, le second temps fort des troubles ouvriers dans l’ancienne capitale éclata en mars 1919, après que les bolcheviks eurent arrêté un certain nombre de dirigeants socialistes-révolutionnaires, dont Maria Spiridonova qui venait d’effectuer une tournée mémorable des principales usines de Petrograd où elle avait été partout acclamée. Ces arrestations déclenchèrent, dans une conjoncture déjà très tendue à cause des difficultés de ravitaillement, un vaste mouvement de protestation et de grèves. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine a violemment réprimé les socialistes

« Alliés des bolcheviks jusqu’à l’été 1918, les socialistes-révolutionnaires de gauche bénéficièrent, jusqu’en février 1919, d’une relative clémence. Leur dirigeante historique, Maria Spiridonova, présida, en décembre 1918, un congrès de son parti, toléré par les bolcheviks. Ayant vigoureusement condamné la terreur pratiquée quotidiennement par la Tcheka, elle fut arrêtée, en même temps que deux cent dix autres militants, le 10 février 1919, et condamnée par le Tribunal révolutionnaire à « la détention en sanatorium étant donné son état hystérique » ; il s’agit là du premier exemple, sous le régime soviétique, d’enfermement d’un opposant politique dans un établissement psychiatrique ; Maria Spiridonova parvint à s’évader et à diriger, dans la clandestinité, le Parti socialiste-révolutionnaire de gauche interdit par les bolcheviks. Selon des sources tchékistes, 58 organisations socialistes-révolutionnaires de gauche auraient été démantelées en 1919, et 45 en 1920. Au cours de ces deux années, 1 875 militants auraient été emprisonnés en qualité d’otages, conformément aux directives de DzeIjinski, qui avait déclaré, le 18 mars 1919 : « Dorénavant, la Tcheka ne fera plus de distinction entre les Gardes blancs du type Krasnov et les Gardes blancs du camp socialiste. […] Les SR et les mencheviks arrêtés seront considérés comme des otages et leur sort dépendra du comportement politique de leur parti. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine a violemment réprimé les anarchistes

« Un des premiers faits d’armes de celle-ci [la Tcheka] avait été l’assaut, lancé le 11 avril 1918, contre les anarchistes de Moscou, dont plusieurs dizaines avaient été exécutés sur-le-champ. La lutte contre les anarchistes ne se relâcha pas au cours des années suivantes, bien qu’un certain nombre d’entre eux eussent rejoint les rangs des bolcheviks, occupant même des postes importants à la Tcheka, comme Alexandre Goldberg, Mikhail Brener ou Timofei Samsonov. Le dilemme de la majorité des anarchistes, qui refusaient à la fois la dictature bolchevique et le retour des partisans de l’Ancien Régime, est illustré par les volte-face du grand leader anarchiste paysan Makhno, qui dut à la fois faire cause commune avec l’Armée rouge contre les Blancs, puis, une fois la menace blanche écartée, combattre les Rouges pour tenter de sauvegarder ses idéaux. Des milliers de militants anarchistes anonymes furent exécutés en tant que « bandits » lors de la répression menée contre les armées paysannes de Makhno et de ses partisans. Ces paysans constituèrent, semble-t-il, l’immense majorité des victimes anarchistes, si l’on en croit le bilan, incomplet sans doute mais seul disponible, de la répression bolchevique présenté par les anarchistes russes en exil à Berlin en 1922. Ce bilan faisait état de 138 militants anarchistes exécutés durant les années 1919-1921, 281 exilés et 608 toujours emprisonnés au 1er janvier 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine a fiché et expulsé les intellectuels

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Lénine a fiché et expulsé les intellectuels
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
L'expulsion des intellectuels
Le fichage des intellectuels
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« Depuis le début 1922, Lénine était entré en guerre contre l’intelligentsia, faisant fermer revues, journaux et départements universitaires. Mais c’est le 19 mai qu’il demanda à Dzerjinski de préparer « la déportation à l’étranger des écrivains et des professeurs qui aident la contre-révolution ». Une commission spéciale du Bureau politique fut formée à cet effet et, pour que les choses se fassent « dans la légalité », Lénine mit en chantier un nouveau Code pénal et ajouta à l’article 57 une clause de « clémence » : l’expulsion administrative – sans jugement – à l’étranger. Le 25 mai, Lénine eut sa première attaque cérébrale ; mais à peine remis, sa préoccupation fut de demander à Staline, secrétaire général du parti communiste, des comptes sur les intellectuels à expulser ; indiquant que la Tcheka devait « dresser des listes », il ajoutait : « plusieurs centaines de ces gentlemen doivent être expulsés dehors sans pitié. Nous allons nettoyer la Russie une fois pour toutes. […] Ils doivent tous être virés de Russie » ; et il n’hésitait pas à dénoncer nommément ses futures victimes. Il inaugurait ainsi la pratique des quotas de répression établis à l’avance, dont Staline allait faire un si large usage lors de la Grande Terreur. Lénine ordonna que la Tcheka fabriquât un dossier d’accusation pour chacun des futurs expulsés, ce qui n’était pas facile tant on ne pouvait leur reprocher que leurs idées. Le 10 août 1922 fut rendu public le nouvel article 57 qui autorisait les expulsions administratives. Comme l’avait déclaré Lénine en mars : « Dans la sphère économique, la retraite continue, dans le domaine politique, l’assaut continue ». Déjà le 6 juin, il avait créé le Glavlit, organe, durant des décennies, de la censure de toutes les publications et de contrôle de la pensée. Et comme le 15 septembre 1922 Gorki, depuis son exil, lui avait écrit pour le mettre en garde contre ces expulsions, Lénine lui répondit avec son élégance coutumière : « […] les intellectuels, les laquais du capital, pensent qu’ils sont le cerveau de la nation. En réalité, ils n’en sont pas le cerveau, ils en sont la merde ». »
Stéphane Courtois, « Lénine et la destruction de l’intelligentsia russe », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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« Parallèlement à ces expulsions, la police politique continuait le fichage de tous les intellectuels suspects de second rang, promis soit à la déportation administrative dans des parties reculées du pays, légalisée par un décret du 10 août 1922, soit au camp de concentration. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine a violemment réprimé les ecclésiastiques

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Lénine a violemment réprimé les ecclésiastiques
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Comme en témoignent les rapports hebdomadaires de la police politique, la campagne de confiscation des biens d’Église atteignit son apogée en mars, avril et mai 1922, provoquant 1414 incidents recensés et l’arrestation de plusieurs milliers de prêtres, de moines et de moniales. Selon des sources ecclésiastiques, 2691 prêtres, 1962 moines et 3447 moniales furent tués en 1922. Le gouvernement organisa plusieurs grands procès publics de membres du clergé, à Moscou, Ivanovo, Chouïa, Smolensk et Petrograd. […] À Petrograd, soixante-seize ecclésiastiques furent condamnés à des peines de camp, et quatre exécutés, dont le métropolite de Petrograd, Benjamin, élu en 1917, très proche du peuple et qui avait pourtant assidûment plaidé pour une Église indépendante de l’État. À Moscou, cent quarante-huit ecclésiastiques et laïcs furent condamnés à des peines de camp, et six à la peine de mort, aussitôt appliquée. Le patriarche Tikhon fut placé en résidence surveillée au monastère Donskoï à Moscou. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« En mars 1922, au cœur de la famine, dans une directive ordonnant de détruire l’Église orthodoxe à laquelle les paysans étaient très attachés, Lénine écrivait avec un cynisme révoltant : « Avec tous ces gens affamés qui se nourrissent de chair humaine, avec les routes jonchées de centaines, de milliers de cadavres, c’est maintenant et seulement maintenant que nous pouvons (et par conséquent devons) confisquer les biens de l’Église avec une énergie farouche, impitoyable. […] Tout indique que nous n’arriverons pas à nos fins à un autre moment, parce que seul le désespoir engendré par la faim peut entraîner une attitude bienveillante, ou du moins neutre, des masses à notre égard. » »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

Lénine a exterminé les Cosaques

« Parmi les divers épisodes de la lutte menée par le pouvoir bolchevique contre la paysannerie, la « décosaquisation » – c’est-à-dire l’élimination des Cosaques du Don et du Kouban en tant que groupe social – occupe une place particulière. Pour la première fois, en effet, le nouveau régime prit un certain nombre de mesures répressives pour éliminer, exterminer, déporter, suivant le principe de la responsabilité collective, l’ensemble de la population d’un territoire que les dirigeants bolcheviques avaient pris l’habitude de qualifier de « Vendée soviétique ». Ces opérations ne furent pas le résultat de mesures de rétorsion militaire prises dans le feu des combats, mais furent planifiées à l’avance, firent l’objet de plusieurs décrets pris au plus haut niveau de l’État, impliquant directement de très nombreux responsables politiques de haut rang (Lénine, Ordjonikidze, Syrtsov, Sokolnikov, Reingold). Mise en échec une première fois, au printemps 1919, à cause des revers militaires des bolcheviks, la décosaquisation reprit, avec une cruauté renouvelée, en 1920, lors de la reconquête bolchevique des terres cosaques du Don et du Kouban. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine a fait massacrer la famille impériale

Archives et témoignages à l'appui, le massacre de la famille de Nicolas II -seule victime incontestée des Bolcheviks- dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dont aucun corps n'a été retrouvé par les nouveaux occupants à Ekaterinbourg, a été solidement contesté par une poignée d'historiens, dont en 1987 la fille du général Denikine, Marina Grey. Ce à partir d'une enquête pionnière de deux journalistes britannique, Anthony Summers et Tom Mangold, parue en France en 1980 sous le titre "Le Dossier Romanov." Ont suivi la voie documentée de Marina Grey, dès 1990 les historiens Marc Ferro, Michel Wartelle, Elie Durel, Marie Stravlo (laquelle découvrit et édita en 2012 les mémoires d'Olga N. fille ainée de Nicolas II, écrites en 1957). Les accusations formulées par Stephane Courtois contre Lénine ne reposent à l'inverse sur aucune source archivée et tournent le dos aux aspirations du personnage à la révolution mondiale qui l'amenaient à demander en échange aux Allemands la libération de spartakistes. Plusieurs points doivent être précisés : la Terreur Rouge n'était pas encore à l'ordre du jour (fin août début septembre 1918) ; comme le reconnaît Nicolas Werth en 1997 dans le livre Noir du communisme p. 112 mais sans référence à l'affaire des Romanov, les décrets sur la frappe d' otages au sein des familles d'officiers tsaristes ne seront votés par Trotsky qu'en 1919 ; c'étaient à l'été 1918 les SR de gauche en guerre contre les Bolcheviks, qui, par haine de l'Allemagne impériale, en voulaient à la vie de la famille germanique de Nicolas Romanov, au moins à celle de la tsarine. Par ailleurs d'après Marc Ferro l'allégation d'un massacre collectif de toute la famille et de sa suite dans la maison d'Ipatief commandé par Jacob Iourovsky arriva vers 1920 et fut précédée pendant une année au moins d'une accusation de cette tuerie collective à la prison d'Ekaterinbourg où ces détenus ne furent pourtant jamais internés ; ce sur témoignage du prince L'vov, qui ne séjourna jamais dans cette maison bourgeoise d'Ipatiev dépourvue de toute cellule de prison.
« L’acte le plus symbolique [de la terreur] fut le massacre de la famille impériale, y compris les enfants et les serviteurs, dans des conditions horribles dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Cette opération fut organisée par Lénine en personne, à l’insu même de la direction bolchevik. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Le 16 juillet 1918, l’assassinat de la famille impériale scelle dans le sang la volonté terroriste de Lénine, qui est l’organisateur secret et personnel de ce carnage. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« The File on the the Tsar (le dossier Romanov), l'ouvrage de deux journalistes de la BBC, Anthony Summers et Tom Mangold, inconnus au bataillon des historiens brevetés, ouvrit en 1976 une piste pleine de promesses pour répondre aux questions posées. Après une quête et enquête de plusieurs années, les deux hommes découvrirent à Harvard l'existence du dossier complet de l'instruction concernant la fin des Romanov, celui-là même d'où le juge Sokolov chargé d'enquêter pour les Blancs avait tiré son ouvrage : ils constatèrent que dans son enquête publiée en 1924, Sokolov avait systématiquement éliminé toutes les pièces qui pouvaient témoigner de la survie des filles du tsar et de l'impératrice. »
Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.117-118, chapitre 6, Tallandier, Paris, 2012.

Références

  • Marc Ferro, Nicolas II, Payot, Paris, 1990.  
  • Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, Tallandier, Paris, 2012.  
  • Marina Grey, Enquête sur le massacre des Romanov, Perrin, Paris, 1987.  
  • Joseph Lasies, La tragédie sibérienne, le drame d’Ekaterinbourg, la fin de l’amiral Koltchak, L’édition française, Paris, 1921..  
  • Michel Wartelle, L'affaire Romanov ou le mystère de la maison d'Ipatiev tome 1 ; tome 2 nouveaux documents inédits, Louise Courteau, Quebec, 2008 et 2017.  
  • Elie Durel, L'autre fin des Romanov et le prince de l'ombre, Lanore, Paris, 2009.  
  • Essad Bey, Devant la révolution russe Nicolas II, Payot, Paris, 1935.  
  • Lénine, Oeuvres de Lénine : tomes 17, 28, 33, Editions sociales, Paris.  
  • Anthony, Summers, Tom Mangold, Le dossier Romanov, Albin Michel, Paris, 1980 (1976).  
  • Olga Nicolaievna, Marie Stravlo, (ed), Estoy viva : las memorias inéditas de la última Romanov, éditions Martinez Roca, Madrid, 2012.  

    Lénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe

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    Lénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Lénine crée la catégorie d'« ennemis du peuple » dès 1918
    Lénine considère tous les bourgeois comme coupables
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    « Parmi les opérations répressives les plus difficiles à répertorier et à évaluer figurent les massacres de détenus et d’otages incarcérés pour leur seule appartenance à une « classe ennemie » ou « socialement étrangère ». Ces massacres s’inscrivaient dans la continuité et la logique de la Terreur rouge de la seconde moitié de 1918, mais à une échelle encore plus importante. Cette débauche de massacres « sur une base de classe » était en permanence justifiée par le fait qu’un monde nouveau était en train de naître. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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    « Étape logique et ultime de « l’extermination de la bourgeoisie en tant que classe », les exécutions de détenus, suspects et otages incarcérés pour leur seule appartenance aux « classes possédantes », sont attestées dans bien des villes prises par les bolcheviks. A Kharkov, entre 2000 et 3000 exécutions en février-juin 1919 ; entre 1000 et 2000 lors de la seconde reprise de la ville, en décembre 1919. À Rostov-sur-le-Don, environ 1 000 en janvier 1920 ; à Odessa, 2200 entre mai et août 1919, puis 1 500 à 3000 entre février 1920 et février 1921 ; à Kiev, au moins 3000 entre février et août 1919 ; à Ekaterinodar, au moins 3000 entre août 1920 et février 1921 ; à Armavir, petite ville du Kouban, entre 2 000 et 3 000 entre août et octobre 1920. On pourrait prolonger cette liste. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
    « Cette terreur, qui fit en cinq ans des centaines de milliers de victimes, visait en priorité ceux qui étaient des ennemis politiques ou des membres de classes « condamnées par l’histoire » – bourgeois, nobles, commerçants, industriels, intellectuels, officiers, prêtres, mais aussi paysans propriétaires. »
    Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

    Document sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.

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    Document sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    Voici le document intégral. Deux soucis donc :

    a) La citation est ici, en 2003, redatée sans explication par Nicolas Werth du 11 août et non plus du 10 comme en 1997 dans le Livre Noir... Cette date du 11 août est anticipée ou reprise par la plupart des biographes de Lénine (Hélène Carrère d'Encausse, Robert Service, Dominique Colas, Jean-Jacques Marie, Lars T Lih, Luc Mary). Mais celle du 10 août est reprise, à partir du Livre Noir, succcesivement en 2013 par un article de Jean-Baptiste Noe, puis en 2017 par la biographie primée de Stephane Courtois. Aucune date d'ailleurs ne figure sur le document censé avoir été envoyé au Soviet exécutif de Penza : elle a donc pu être seulement induite.

    b) Il est enfin question dans le document d' "Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier." Mais lequel ? En ce qui me concerne, pour ce qu'il en est des pièces destinéees au Soviet exécutif de Penza je n'ai trouvé trace d'un quelconque appel à prise d'otages dans les oeuvres de Lénine (tomes 35, 36 44 de l'éd. française) ni à la date du 9 août, veille du 10 ni à celle du 10 août veille du 11.
    « "Camarades, le soulèvement koulak dans vos cinq districts doit être écrasé sans pitié. Les intérêts de la révolution tout entière l’exigent, car partout la lutte finale avec les koulaks est désormais engagée. Il faut 1°) Pendre ( et je dis pendre de façon que les gens le voient ) pas moins de cent koulaks, richards, vampires connus. 2°) Publier leurs noms. 3°) S’emparer de tout leur grain. 4°) Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier. Faites cela de façon qu’à des centaines de verstes à la ronde, le peuple voie, tremble, sache et s’écrie : ils étranglent et continueront d’étrangler les koulaks-vampires. Télégraphiez que vous avez reçu et mis à exécution ces instructions. Votre Lénine.

    P.S. Trouvez des gens plus durs."

    Ce télégramme de Lénine, daté du 11 août 1918, véritable appel au meurtre, fait partie des quelques milliers de textes du fondateur de l’Union soviétique qui n’ont jamais été inclus dans aucune des cinq éditions canoniques des « Œuvres Complètes » de Lénine, parues entre 1920 et 1965. »
    Werth Nicolas, Académie des Sciences morales et politiques, 20 janvier 2003.

    Lénine a créé les instruments de la terreur stalinienne

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    Lénine a créé les instruments de la terreur stalinienne
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    Lénine a instauré la Terreur rouge dès 1918

    « Le 5 septembre 1918, face à la révolte des « verts » et des « blancs », après un attentat contre Lénine et sur le modèle du Comité de salut public en 1793, le pouvoir décréta la « terreur rouge », provoquant en deux mois de 10 000 à 15 000 exécutions sommaires – alors que de 1825 à 1917, la Russie avait enregistré 6321 condamnations en mort pour raison politique, et dans le cadre de procédures légales et avec de nombreuses commutations de peine. Cette terreur, qui fit en cinq ans des centaines de milliers de victimes, visait en priorité ceux qui étaient des ennemis politiques ou des membres de classes « condamnées par l’histoire » – bourgeois, nobles, commerçants, industriels, intellectuels, officiers, prêtres, mais aussi paysans propriétaires. Dès 1918, des milliers d’otages issus de ces catégories furent fusillés. L’acte le plus symbolique fut le massacre de la famille impériale, y compris les enfants et les serviteurs, dans des conditions horribles dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Cette opération fut organisée par Lénine en personne, à l’insu même de la direction bolchevik. »
    Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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    « C’est ce mouvement révolutionnaire inédit, fondateur du totalitarisme, qui s’empare du pouvoir le 7 novembre 1917, passe à l’acte et inaugure d’emblée, entre 1917 et 1922, un processus génocidaire fondé sur la terreur utilisée comme moyen de gouvernement. Conformément à la description des formes du génocide par Lemkin, on assiste dès la fin 1917 et le printemps 1918 à la désignation de groupes-cibles : aristocrates, bourgeois, propriétaires fonciers, industriels, officiers. Puis, dès le mois de mai 1918, Lénine lance le cri « mort aux koulaks », visant ainsi tous les paysans qui refusent ce que, par euphémisme, les bolcheviks nomment « réquisitions » – pillage pur et simple des biens et des récoltes par les agents du pouvoir. Avec le décret sur la « Terreur rouge », proclamée le 5 septembre 1918, sont visés tous les autres mouvements politiques, y compris les partis révolutionnaires – mencheviks, socialistes révolutionnaires, anarchistes – et tous les groupes qui ne se soumettent pas, y compris les ouvriers en grève. Enfin, au printemps 1922, Lénine donnera des ordres impératifs et précis pour exterminer l’ensemble du clergé et expulser les intellectuels qui ne rallient pas le régime. »
    Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

    Lénine a créé une police politique : la Tchéka

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    Lénine a créé une police politique : la Tchéka
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Créer une police politique était nécessaire
    La Tchéka devait être temporaire
    Lénine a commis une erreur en créant la Tchéka
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    « Le 20 décembre [1917], Lénine créait la Tcheka – la Commission extraordinaire de lutte contre la contre-révolution, la spéculation et le sabotage –, une police politique qui, de manière arbitraire, commença à arrêter, puis à fusiller. Alors que le bolchevik Boukharine protestait que la Tcheka était « truffée de criminels et de sadiques, d’éléments dégénérés du lumpenprolétariat », Lénine répondit qu’elle était « injustement attaquée pour quelques excès par une intelligence bornée […] incapable de considérer le problème de la terreur dans une perspective plus large ». Et de conclure : « Un bon communiste est aussi un bon tchékiste. » En 1921, la Tcheka compterait déjà 200 000 hommes et cette police politique – devenue GPU, puis NKVD et enfin KBG – serait, avec le Parti bolchevik et l’Armée rouge – armée de guerre civile créée par un décret du 28 janvier 1918 –, l’un des trois piliers du pouvoir totalitaire. »
    Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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    « À partir du 20 décembre 1917, avec la création de sa police politique, la Tcheka, Lénine se donne les moyens d’instaurer la dictature du Parti bolchevique, s’appuyant sur une terreur systématique contre ses « ennemis ». Ce sont d’abord ses ennemis politiques : les « Blancs » – tous les partisans du tsar – et les libéraux (Constitutionnels démocrates, KD), puis les anarchistes, et enfin les socialistes révolutionnaires et les mencheviks. Ce sont ensuite les classes sociales ennemies : aristocrates, bourgeois, officiers, koulaks – paysans refusant les réquisitions et qualifiés de « riches » –, Cosaques, clergé. Ce sont aussi les mauvais éléments de la « bonne » classe : les ouvriers en révolte contre la dictature bolchevique. Et enfin les nations récalcitrantes à la soviétisation : Finlande, Ukraine, puis les peuples du Caucase, en particulier la Géorgie. »
    Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

    Lénine a restauré la peine de mort

    « Deux jours après la fin de cette conférence panrusse des tchekas [de juin 1918], le gouvernement décréta le rétablissement légal de la peine de mort. Celle-ci, abolie après la révolution de février 1917, avait été restaurée par Kerenski en juillet 1917. Néanmoins, elle ne s’appliquait alors que dans les régions du front, sous juridiction militaire. Une des premières mesures prises par le IIe Congrès des soviets, le 26 octobre (8 novembre) 1917, fut de supprimer à nouveau la peine capitale. Cette décision suscita la fureur de Lénine : « C’est une erreur, une faiblesse inadmissible, une illusion pacifiste ! » Lénine et Dzerjinski n’eurent de cesse de rétablir légalement la peine de mort, tout en sachant pertinemment qu’elle pouvait être appliquée, sans aucun « juridisme tatillon », par des organes extralégaux comme les tchekas. La première condamnation à mort légale, prononcée par un tribunal révolutionnaire, eut lieu le 21 juin 1918 : l’amiral Tchastnyi fut le premier « contre-révolutionnaire » fusillé « légalement ». »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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    « "Kautsky montre en détail, écrit Stampler, que les Bolcheviks en arrivent toujours en définitive à prendre le contrepied de ce qui était leur but : ils étaient les adversaires de la peine de mort et ils y vont à coups d'exécutions massives." D’abord c’est un mensonge pur et simple de dire que les bolcheviks étaient les adversaires de la peine de mort en période de révolution. Au IIe congrès de notre parti, en 1903, alors que naissait le bolchevisme, un programme du parti fut établi et les procès verbaux du parti stipulent que la pensée d’introduire l’abolition de la peine de mort n’a provoqué que des exclamations ironiques : « et aussi pour Nicolas II ? » Les mencheviks eux-mêmes n’ont pas osé mettre aux voix la proposition de l’abolition de la peine de mort pour le tsar. Et en 1917, au temps du régime Kerenski, j’écrivais dans la Pravda qu’il n’est pas un seul gouvernement révolutionnaire qui puisse se passer de la peine de mort et que le tout est de savoir contre quelle classe un gouvernement donné dirige l’arme de la peine de mort. »
    Lénine, « Comment la bourgeoisie utilise les rénégats, », Oeuvres de Lénine, tome 30, septembre 1919-avril 1920, p.20, 20 septembre 1919, Éditions sociales, Paris, 1964.

    Lénine a créé des camps de concentration

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    Lénine a pratiqué l'incarcération, la torture et la déportation
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. On sait depuis la chute de l'URSS que le chiffre de 15 millions de morts dans les camps de concentration staliniens est tout-à-fait fantaisiste
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    « Les bolcheviks ont imposé par la violence une ségrégation spatiale qui s’est inscrite d’abord en creux, à travers des vagues massives d’émigration et d’exil, plus d’un million de membres des classes « condamnées par l’Histoire » s’étant enfuies pour sauver leur vie. Mais très vite, cette ségrégation a pris la forme de l’enfermement dans des prisons puis dans des camps de concentration dont Trotski réclamait l’installation dès le 4 juin 1918, suivi en cela le 26 juin par le Conseil des commissaires du peuple qui exigea que ces camps soient utilisés pour mettre hors d’état de nuire les « ennemis intérieurs ». Et le 8 août, Trotski approuva la création des trois premiers camps, appelés à devenir un véritable système concentrationnaire, dès 1921, dans le complexe des îles Solovki, sur la mer Blanche, bien avant que les nazis n’aient ouvert leur premier camp. Le mot « concentration » n’avait pas une connotation seulement administrative, mais visait à terroriser : le décret sur la Terreur rouge précisait que les communistes voulaient ainsi se protéger de leurs ennemis « en les isolant dans des camps de concentration ». Ce système, géré par la police politique, avait un caractère extra-judiciaire reconnu par une loi du 17 février 1919, et dès 1921, on recensait 84 camps qui regroupaient 115 000 internés et qui allaient devenir le laboratoire du travail forcé mais aussi de l’extermination, avant de se transformer en 1930 en « Goulag », par lequel passèrent – ou trépassèrent – plus de 15 millions de Soviétiques. »
    Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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    « Les dirigeants bolcheviques expérimentèrent, en août 1918, un autre instrument de répression apparu dans la Russie en guerre : le camp de concentration. Le 9 août 1918, Lénine télégraphia au Comité exécutif de la province de Penza d’enfermer « les koulaks, les prêtres, les Gardes blancs et autres éléments douteux dans un camp de concentration ». Quelques jours auparavant, Dzerjinski et Trotski avaient également prescrit l’enfermement d’otages dans des « camps de concentration ». Ces « camps de concentration » étaient des camps d’internement où devaient être parqués, par simple mesure administrative et sans le moindre jugement, les « éléments douteux ». De nombreux camps, où avaient été internés des prisonniers de guerre, existaient en Russie, comme dans d’autres pays belligérants. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

    Lénine a pratiqué la prise d'otages

    « Durant tout le mois d’août 1918, c’est-à-dire avant le déclenchement « officiel » de la Terreur rouge le 3 septembre, les dirigeants bolcheviques, Lénine et Dzerjinski en tête, envoyèrent un grand nombre de télégrammes aux responsables locaux de la Tcheka ou du Parti, leur demandant de prendre des « mesures prophylactiques » pour prévenir toute tentative d’insurrection. Parmi ces mesures, expliquait Dzerjinski, « les plus efficaces sont la prise d’otages parmi la bourgeoisie, à partir des listes que vous avez établies pour les contributions exceptionnelles levées sur les bourgeois, […] l’arrestation et l’enfermement de tous les otages et suspects dans des camps de concentration ». Le 8 août, Lénine demanda à Tsourioupa, commissaire du peuple à l’Approvisionnement, de rédiger un décret aux termes duquel, « dans chaque district producteur de céréales, vingt-cinq otages désignés parmi les habitants les plus aisés répondront de leur vie pour la non-réalisation du plan de réquisition ». Tsourioupa ayant fait la sourde oreille, prétextant qu’il était difficile d’organiser cette prise d’otages, Lénine lui envoya une seconde note, encore plus explicite : « Je ne suggère pas que les otages soient pris, mais qu’ils soient nommément désignés dans chaque district. L’objet de cette désignation, c’est que les riches, tout comme ils sont responsables de leur contribution, soient responsables sur leur vie de la réalisation immédiate du plan de réquisition dans leur district. » »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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    Lénine a pratiqué un contrôle social par le travail

    « Dès 1918, les bolcheviks ont pratiqué l’exclusion sociale grâce à un moyen très simple et terriblement efficace, en application du fameux slogan de Lénine « Qui ne travaille pas ne mange pas ! ». Si ce slogan peut sembler raisonnable, il devient terrifiant dès que l’on est dans un système où le pouvoir détient le monopole de l’emploi et du salaire – et peut donc le refuser arbitrairement et condamner quiconque à la mort de faim ou à l’illégalité. Le pouvoir a aussi très tôt créé une catégorie de citoyens privés de leurs droits, les lichentsy. »
    Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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    « D’emblée, ces groupes sont victimes d’une stigmatisation comme « contre-révolutionnaires », « ennemis du peuple », « gardes blancs », etc. ; celle-ci s’accompagne d’une déshumanisation par le biais de l’animalisation, puis d’une ségrégation symbolique et enfin effective par la privation de l’emploi, du logement, du ravitaillement, du chauffage, ce qui peut signifier un arrêt de mort dans un régime qui prétend être seul détenteur de tous les moyens de production et de distribution de tous les biens matériels. »
    Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

    Lénine a militarisé le travail

    « À la fin de 1919 et au début de 1920, les relations entre le pouvoir bolchevique et le monde ouvrier se dégradèrent encore davantage, à la suite de la militarisation de plus de deux mille entreprises. Principal partisan de la militarisation du travail, Léon Trotski développa, lors du IXe Congrès du Parti, en mars 1920, ses conceptions sur la question. L’homme est naturellement porté à la paresse, expliqua Trotski. Sous le capitalisme, les ouvriers doivent chercher du travail pour survivre. C’est le marché capitaliste qui aiguillonne le travailleur. Sous le socialisme, « l’utilisation des ressources de travail remplace le marché ». L’État a donc pour tâche d’orienter, d’affecter, d’encadrer le travailleur, qui doit obéir tel un soldat à l’État ouvrier, défenseur des intérêts du prolétariat. Tels étaient le fondement et le sens de la militarisation du travail, vivement critiquée par une minorité de syndicalistes et de dirigeants bolcheviques ; elle signifiait, en effet, l’interdiction des grèves, assimilées à une désertion en temps de guerre, le renforcement de la discipline et des pouvoirs de la direction, la subordination complète des syndicats et des comités d’usine, dont le rôle se bornait désormais à mettre en œuvre la politique productiviste, l’interdiction pour les ouvriers de quitter leur poste de travail, la sanction de l’absentéisme et des retards, fort nombreux en ces temps où les ouvriers étaient à la recherche, toujours problématique, de nourriture. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

    Lénine a encouragé le pillage des riches

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    Lénine a encouragé le pillage des riches
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Depuis quand est-il criminel de prendre aux riches pour redistribuer aux pauvres ?
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    « Dès ce moment, la terreur se répand. Terreur spontanée provoquée par les slogans léninistes – « Volez les voleurs, pillez les pillards » – qui incitent la lie de la population à s’attaquer impunément aux « riches », multipliant vols, viols et assassinats ; au point que Gorki, pourtant jusque-là un fidèle soutien des bolcheviks, proteste violemment dans son journal, la Novaïa Jizn du 19 décembre 1917 : « Les instincts surexcités de ces foules bornées ont trouvé les porte-parole de leur anarchisme zoologique et nous voyons aujourd’hui ces meneurs de petits-bourgeois en révolte expérimenter de misérables petites idées qui ne sont point de Marx mais de Proudhon, répandre la subversion à la Pougatchev et non le socialisme et prêcher à qui mieux mieux le nivellement général sur une base d’indigence tant morale que matérielle. C’est dur de parler de cela mais il faut en parler car qui donc portera la responsabilité de tous les péchés et abominations commis par une force que désavoue le prolétariat conscient si ce n’est ce prolétariat conscient lui-même ? » »
    Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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    « Si la révolution de février 1917 est relativement peu meurtrière, eu égard à l’ampleur de l’événement, la révolte agraire qui explose à partir de l’été 1917 provoque une terreur ponctuelle et spontanée des foules qui entraîne plus de victimes (assassinats de propriétaires fonciers, de régisseurs, etc.). Avec la révolution d’Octobre, celle-ci est encouragée par les slogans de Lénine qui incitent au pillage des « riches » et au désordre général, et par la dissolution de toutes les forces de l’ordre, ce qui donne libre cours à l’action de la pègre et de la populace. »
    Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

    Lénine a provoqué des famines pour mater des soulèvements

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    Lénine a provoqué des famines pour mater des soulèvements
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « Pour le petit peuple, il était évident, comme en témoignaient les propos rapportés par la police politique, que « le pouvoir soviétique veut faire crever de faim tous les paysans qui osent lui résister ». Bien que parfaitement informé des conséquences inéluctables de sa politique de réquisitions, le gouvernement ne prit aucune mesure. Alors même que la famine gagnait un nombre croissant de régions, Lénine et Molotov envoyèrent, le 30 juillet 1921, un télégramme à tous les dirigeants des comités régionaux et provinciaux du Parti leur demandant de « renforcer les appareils de collecte […], de développer une intense propagande auprès de la population rurale en lui expliquant l’importance économique et politique du paiement ponctuel et total des impôts […], de mettre à la disposition des agences de collecte de l’impôt en nature toute l’autorité du Parti et la totalité du pouvoir de répression de l’appareil d’État » ! »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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    « C’est la grande famine de 1921-1922 qui eut raison des campagnes les plus agitées, celles que les détachements de réquisition avaient le plus ponctionnées et qui s’étaient soulevées pour survivre. La carte de la famine recouvre exactement celle des zones des plus fortes réquisitions au cours des années précédentes et celle des zones des plus fortes révoltes paysannes. Alliée « objective » du régime, arme absolue de pacification, la famine servit, par ailleurs, de prétexte aux bolcheviks pour frapper un coup décisif contre l’Église orthodoxe et l’intelligentsia qui s’étaient mobiiisées pour lutter contre le fléau. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

    Lénine a manipulé les statistiques officielles

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    Lénine a manipulé les statistiques officielles
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Lénine dénonce constamment la tentation de manipuler la réalité sociale
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    « L’importance du travail de statistique ira croissante au cours du XXe siècle, mais Lénine omet un élément fondamental : si en temps de guerre ces données étaient confidentielles, une fois revenu le temps de paix, elles sont à nouveau publiques ; les partis politiques, la presse comme les entrepreneurs y ont accès et conduisent leur action en partie en fonction de cette connaissance statistique qui permet également à la société tout entière d’apprécier le comportement du pouvoir et des acteurs économiques et sociaux. Or Lénine au pouvoir va immédiatement sortir la statistique de ce contexte démocratique. Le signe en sera donné dès novembre 1917 quand la grande majorité de la bureaucratie d’État russe, qui avait accepté de travailler pour le Gouvernement provisoire, refusera de se mettre au service d’un pouvoir illégitime. Dès 1921, le pouvoir soviétique décida de rejeter les données du service de statistique quand elles ne répondaient pas à sa volonté politique. Ainsi la grande famine de 1921-1923 fut-elle en partie provoquée par la décision politique de majorer fortement les estimations de la récolte proposées par les services compétents et de calculer les réquisitions de blé en conséquence. Ayant supprimé la bureaucratie des entreprises privées et refusant de se soumettre aux indications de la bureaucratie d’État, le régime bolchevique était condamné à pratiquer la terreur et le mensonge officiel. »
    Stéphane Courtois, « Le poids de la guerre sur la pensée de Lénine », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

    Lénine a légalisé la violence contre les opposants par la création d'un Code pénal

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    Lénine a légalisé la violence contre les opposants par la création d'un Code pénal
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « À l’occasion du procès des socialistes-révolutionnaires avait été appliqué le nouveau Code pénal, entré en vigueur le 1er juin 1922. Lénine avait tout particulièrement suivi l’élaboration de ce code qui devait légaliser la violence exercée à l’encontre des ennemis politiques, la phase de l’élimination expéditive, justifiée par la guerre civile, étant officiellement close. […] En accord avec les instructions de Lénine, le Code pénal définit le crime contre-révolutionnaire comme tout acte « visant à abattre ou à affaiblir le pouvoir des soviets ouvriers et paysans établi par la révolution prolétarienne », mais aussi tout acte « contribuant à aider la partie de la bourgeoisie internationale qui ne reconnaît pas l’égalité des droits du système communiste de propriété succédant au système capitaliste, et s’efforce de le renverser par la force, l’intervention militaire, le blocus, l’espionnage ou le financement de la presse et autres moyens similaires ». Étaient passibles de la peine de mort non seulement toutes les activités (révolte, émeute, sabotage, espionnage, etc.) susceptibles d’être qualifiées d’« actes contre-révolutionnaires », mais aussi la participation ou le concours prêté à une organisation « dans le sens d’une aide à une partie de la bourgeoisie internationale ». Même la « propagande susceptible d’apporter une aide à une partie de la bourgeoisie internationale » était considérée comme un crime contre-révolutionnaire, passible d’une privation de liberté « qui ne saurait être inférieure à trois ans » ou de bannissement à perpétuité. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

    Lénine a organisé les premiers procès truqués ou expéditifs

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    Lénine a organisé les premiers procès truqués ou expéditifs
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Staline exercait, dans les années 1930 en période de paix, la terreur contre des camarades, souvent anciens compagnons de Lénine
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    « Lénine étendit sa volonté exterminatrice aux autres révolutionnaires et décida d’organiser, en juin 1922, un procès à grand spectacle contre 34 socialistes-révolutionnaires, dont nombre de leaders connus furent condamnés à mort. Ce fut le premier procès truqué, avec accusations fantaisistes, agents provocateurs et verdict arrêté à l’avance. »
    Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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    « Fort de son nouveau code pénal, Lénine inaugure une autre forme de terreur : le procès truqué et à grand spectacle – celui des socialistes révolutionnaires à l’été 1922 – qui sera le prototype des Grands Procès de Moscou sous Staline. »
    Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

    Lénine a forgé les instruments de répression que Staline n’aura plus qu’à reprendre

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    Lénine a forgé les instruments de répression que Staline n’aura plus qu’à reprendre
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. L'instrument de répression-clé du stalinisme Le goulag, nait en 1934, dix ans après la mort de Lénine et six ans après la fin de la NEP que Lénine avait mise en place.
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    « Inutile d’insister sur le fait que toutes les catégories à détruire que visera Staline ont déjà été désignées par Lénine et que tous les instruments de répression ultérieurs ont été forgés par lui. »
    Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
    Il n'y a aucune objection pour le moment.

    Lénine a théorisé et revendiqué la terreur de masse

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    Lénine a théorisé et revendiqué la terreur de masse
    Aucun résumé n'a été entré.

    Références

    • Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine, Éditions sociales les parallèlles 1917 + 100, Paris, 2017.  
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      Lénine a encouragé les actes de terreur

      « Pour convaincre ses partisans peu enthousiastes, Lénine fait feu de tout bois, bombardant son comité central de lettres comminatoires et rédigeant d’août à octobre plusieurs textes – L’Etat et la révolution, « Les bolcheviks garderont-ils le pouvoir ? » – où il tente d’exposer ce que serait un pouvoir socialiste. Il imagine que son pouvoir disposerait de puissants moyens de contrôle sur les capitalistes et les riches :

      « Ce moyen de contrôle, cette obligation du travail sont autrement puissants que les lois de la Convention et que sa guillotine. La guillotine n’était qu’un épouvantail qui brisait la résistance active. Cela ne suffit pas. […] Nous devons briser leur résistance passive [… ] Nous ne devons pas seulement briser toute résistance, quelle qu’elle soit. Nous devons encore obliger les gens à travailler dans le cadre de la nouvelle organisation de l’État. [… ] et nous avons les moyens de le faire. L’État capitaliste en guerre nous a lui-même mis entre les mains les moyens et les armes pour cela. Ces moyens ce sont le monopole des céréales, la carte de pain, l’obligation générale du travail. "Qui ne travaille pas ne mange pas", telle est la règle fondamentale. »

      « Briser la résistance passive », « obliger les gens à travailler » : c’est bien l’ensemble de la société qui est visée par un projet de domination totale prêt à utiliser – et qui utilisera à grande échelle – l’arme de la faim. On reste confondu devant tant de cynisme, mais aussi tant de naïveté et de méconnaissance des modes de fonctionnement d’un État et d’une société. Car, très vite, le problème qui va se poser aux bolcheviks ne sera pas tant celui de la prise du pouvoir et de la désignation d’un gouvernement que celui de gérer cette situation, puis de contraindre toute une société à vivre selon des règles « socialistes » qui, précisément, détruisent les principes de fonctionnement de toute société. »
      Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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      Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
      « De Moscou, Lénine envoya alors une lettre à Zinoviev, président du comité de Petrograd du Parti bolchevique, document révélateur à la fois de la conception léniniste de la terreur et d’une extraordinaire illusion politique. […] « Camarade Zinoviev ! Nous venons juste d’apprendre que les ouvriers de Petrograd souhaitaient répondre par la terreur de masse au meurtre du camarade Volodarski et que vous (pas vous personnellement, mais les membres du comité du Parti de Petrograd) les avez freinés. Je proteste énergiquement ! Nous nous compromettons : nous prônons la terreur de masse dans les résolutions du soviet, mais, quand il s’agit d’agir, nous faisons obstruction à l’initiative absolument correcte des masses. C’est i-nad-mis-sible ! Les terroristes vont nous considérer comme des chiffes molles. L’heure est ultra-martiale. Il est indispensable d’encourager l’énergie et le caractère de masse de la terreur dirigée contre les contre-révolutionnaires, spécialement à Petrograd, dont l’exemple est décisif. Salutations. Lénine. » »
      Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

      Lénine donnait personnellement les ordres

      « Les archives déjà disponibles montrent le degré d’intentionnalité qui a présidé à ces crimes. Les ordres émanaient du Bureau politique, voire de Lénine en personne qui fut le principal promoteur et protecteur des institutions chargées des exterminations : la Tcheka et l’Armée rouge. Le profil des responsables montre bien que ces crimes n’ont pas été le fait de quelques assassins isolés ou de bandes irresponsables, mais des principaux dirigeants du premier parti-État communiste. Il y a donc bien eu dès 1918 « intention de détruire en totalité ou en partie » des « groupes en tant que tels » – pour leur « appartenance de classe » ou leur caractère prétendument « contre-révolutionnaire ». »
      Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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      « Lénine donne personnellement ses ordres, comme dans son télégramme du 9 août 1918 : « […] introduire sur le champ la terreur de masse, fusiller ou déporter les centaines de prostituées qui font boire les soldats, tous les ex-officiers, etc. […] déportation massive des mencheviks et autres éléments suspects ». Ou celui du 10 août : « Le soulèvement koulak doit être écrasé sans pitié. […] Trouvez des gens plus durs ». »
      Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

      Références

      • Lénine, oeuvres de Lénine tome 30-septembre 1919-avril 1920, et tomes 35, 36, 44-Lettres, Editions sociales, Paris, 1964 (tome 30), 1964 (tome 35) , 1959 (tome 36) 1970 ( tome 44 ).  

        Lénine a fait l'éloge de la terreur

        « L’éloge de la terreur par Lénine, qui a toujours revendiqué son jacobinisme et a pris comme un honneur d’être traité de Robespierre et ceci dès l’apparition en 1903 de la fraction bolchevique au sein du Parti ouvrier social démocrate russe, est bien antérieur à 1922, ou même 1917. Et même à 1914 : un des points que je voudrais montrer, et qui répond au texte de Stéphane Courtois, est que l’impact de la guerre mondiale fut négligeable sur la valorisation de la terreur par Lénine et qu’elle ne fut pas une rupture. »
        Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
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        « Je souhaiterais surtout faire apparaître ce qu’est la fonction et le fonctionnement de la « terreur de masse » pour Lénine. La formule mérite des guillemets puisqu’elle appartient en propre au système conceptuel et lexical de Lénine : elle apparaît, au plus tard, pour la première fois dans le contexte de la révolution de 1905, elle est martelée pendant le printemps et l’été 1918. Mais le concept, sinon le terme, est utilisé ultérieurement ; ainsi, en avril 1921, Lénine affirme que les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires veulent « livrer les masses à la terreur des gardes blancs » mais qu’à la « terreur blanche » doit répondre la « terreur rouge ». Et, j’y insiste, dans tous les cas où il y fait référence, la « terreur de masse » conduite par les bolcheviks est valorisée. »
        Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

        Lénine a théorisé la dictature

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        Lénine a théorisé la dictature
        SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
        Aucun sous-argument n'a été entré. le stalinisme c'est : l'état c'est moi
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        « Je ne m’étendrai pas sur la théorie de la construction de l’État chez Lénine. Je me bornerai à rappeler sa formule : « L’État – c’est nous » ; forme ramassée d’une autre équation, énoncée par Lénine en 1920 : « Classe prolétarienne = parti communiste russe = pouvoir soviétique ». Les définitions et les représentations de l’État, telles qu’elles transparaissent à travers les discours des principaux dirigeants bolcheviques au cours des premiers mois du nouveau régime sont remarquablement vagues. Un seul point ressort avec force : l’État sera dictatorial ou ne sera pas – c’est ce que proclamait un Appel du Conseil des commissaires du peuple, le 29 mai 1918. « Seul un État représenté par une Autorité centrale peut venir à bout de la tâche immense de la régulation étatique de l’économie » ; c’est ce que rappelait Lénine le 22 mai 1918 : « Les détachements ouvriers sont les constructeurs de l’État nouveau, l’État du Travail » ; c’est encore ce que disait A. Tsiouroupa, commissaire du peuple au Ravitaillement, le 4 juin 1918 : « La force de la coercition étatique est la mesure de base de notre activité. Tout doit être subordonné à la réimposition de l’autorité de l’État, au principe de l’État ». »
        Nicolas Werth, « Les Bolcheviks et la restauration du « principe de l’État » », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

        Lénine a justifié théoriquement la terreur

        « Chez Lénine, l’idée fondamentale qui mène au génocide est de considérer qu’une force ennemie met en danger de mort la Révolution. Ce sentiment de danger irrémédiable constitue ce que Nolte appelle le « noyau rationnel », le ressort psychologique et idéologique qui, aux yeux du génocidaire, justifie son action. Mettre à jour ce « noyau rationnel » n’implique en rien que l’on approuve ni le ressort, ni l’action qu’il déclenche ; mais ne pas le percevoir, ou refuser de le prendre en compte, c’est s’exposer à ne rien comprendre au génocide. Celui-ci relève incontestablement du délire, mais d’un délire logique, construit sur une idéologie et mis en œuvre à la faveur d’une conjoncture. Chez Lénine, la désignation de la victime est prétendument scientifique, mais elle repose sur la pseudo-science du marxisme-léninisme : sont désignés à l’extermination des groupes sociaux – et donc les hommes qui les constituent – qui représentent la propriété et plus généralement le passé – c’est-à-dire la société existante –, et qui, par nature, sont censés s’opposer au processus et au parti révolutionnaires, ce dernier étant lui-même censé représenter « l’avenir radieux » de l’Humanité. Le même ressort sera à l’œuvre chez Hitler, obsédé par l’idée de la menace qui pèserait sur le peuple allemand, mais chez le nazi la désignation de la victime reposera sur les critères d’une pseudoscience raciale qui définit qui est juif, demi-juif, aryen, etc. »
        Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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        « Pour Lénine la terreur est doublement nécessaire : à la fois inévitable et indispensable, selon une logique fréquente chez Lénine où il faut s’employer à réaliser l’inéluctable. La terreur est un aspect du prix à payer pour donner à l’humanité débarrassée des insectes nuisibles et de tous les mécanismes et institutions de l’exploitation, un bonheur infini. La légitimation de la terreur de masse est, en dernière instance, ancrée dans la vision millénariste de Lénine selon laquelle il vaut mieux en terminer avec le capitalisme dans une fin pleine d’horreurs que de continuer à subir ce que le capitalisme produit, c’est-à-dire une horreur sans fin. »
        Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
        « Exterminer l’« ennemi du peuple » n’était que le prolongement logique d’une révolution à la fois politique et sociale où les uns étaient les « vainqueurs » et les autres les « vaincus ». Cette conception du monde n’était pas brusquement apparue après octobre 1917, mais les prises de position bolcheviques, tout à fait explicites sur la question, l’avaient légitimée. »
        Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

        La terreur est intrinsèque au léninisme

        « La légitimité de la terreur de masse n’est en tout cas nullement reliée par Lénine Iui-même à une sorte de mauvaise rencontre, à des circonstances exceptionnelles, mais il l’inscrit comme un mot d’ordre dans la logique même de la lutte des classes et de l’épuration. On peut sans doute comprendre, à partir de là, pourquoi des partis ou mouvements communistes placés dans des circonstances historiques et sociales très différentes ont, eux aussi, recouru au « terrorisme de masse » qui marque tout le court XXe siècle, qu’on pourrait faire commencer avec le Dimanche rouge de janvier 1905 et se terminer avec le massacre de la place Tienanmen. Le discours et l’appareil léninistes portaient en eux la terreur de masse et le système concentrationnaire, comme les nuées portent l’orage. »
        Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

        La Première Guerre mondiale a brutalisé la pensée de Lénine

        « Si Lénine a, dès 1903-1905, théorisé la nécessité de la violence révolutionnaire sous ses formes les plus larges, la guerre de 1914, en portant la violence militaire à un niveau jusque-là inconnu, le pousse à radicaliser sa conception et à justifier par la guerre des « capitalistes » la généralisation de la violence révolutionnaire ; transposant cette violence militaire sur le terrain de la politique, Lénine considérera bientôt tout opposant à sa volonté comme un « ennemi » voué à la soumission ou à l’extermination. »
        Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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        La guerre était au coeur du projet de Lénine

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        La guerre était au coeur du projet de Lénine
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        La guerre civile est au coeur du projet communiste

        « La notion de guerre civile se trouve au cœur du projet communiste d’obédience marxiste, et cela dès 1848, dans le Manifeste du parti communiste. Évoquant la lutte des classes, Karl Marx y parle de « la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu’au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie ». La conclusion du Manifeste est fort claire : « Les communistes déclarent ouvertement qu’ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en détruisant par la violence l’ancien ordre social. » Confronté à la guerre perdue par la France contre la Prusse de Bismarck et témoin de la Commune de Paris, Marx tire une conclusion décisive : « La guerre nationale est une pure mystification des gouvernants, destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte des classes éclate en guerre civile ». »
        Stéphane Courtois, « Le communisme du XXe siècle ou la guerre civile permanente », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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        Lénine assimilait la politique à la guerre

        « Aveu remarquable, qui touche au cœur même du fonctionnement du système : la nécessité permanente de réactiver la dynamique de la violence, qui avait donné au cours des années 1917-1922, du point de vue des bolcheviks, des résultats remarquables. Cette dynamique de la violence est au centre de la dynamique totalitaire, une dynamique fondée sur l’identification de la politique et de la guerre ou, plus précisément, comme l’écrit Pierre Hassner, « sur l’inversion de la formule clausewitzienne par une formulation commune à Lénine et à Ludendorff selon laquelle la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens ». La trêve, c’est à brève échéance la « dégénérescence ». Dégénérescence des activistes noyés dans « l’océan paysan », dégénérescence du parti infiltré par des « éléments socialement étrangers », dégénérescence de l’État, noyauté par les « spécialistes bourgeois ». »
        Nicolas Werth, « Les Bolcheviks et la restauration du « principe de l’État » », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
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        « Cette idéologisation de la politique s’accompagne d’une forte militarisation de la pensée politique. On n’en finirait pas de relever, dès 1902, les innombrables expressions de type militaires dont use Lénine pour parler du combat politique tant contre le régime tsariste que contre les autres groupes marxistes russes et internationaux. « Guerre », « assaut », « front », « avant-garde », « détachements », « état-major », « mobiliser une troupe permanente », « armée apte à livrer un combat décisif », « opération militaire d’une troupe mobilisée », « l’ennemi », « se mettre en campagne contre l’ennemi », « le siège en règle de la forteresse ennemie » : autant d’expressions qui montrent qu’il n’a pas fallu attendre la guerre de 1914 pour voir le discours léniniste dominé par une vision militaire. La pensée elle-même en est contaminée, qu’il s’agisse de l’action – Lénine fixant comme objectif suprême « l’insurrection armée du peuple » contre le régime – ou de l’organisation. »
        Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

        Lénine a cherché à créer les conditions de la guerre civile

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        Lénine a cherché à créer les conditions de la guerre civile
        SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
        Aucun sous-argument n'a été entré. La guerre civile était prévue mais pas voulue par Lénine et les bolchéviks
        Lénine et les bolchéviks ne sont pas responsables de la guerre civile
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        « En mars 1917, la Russie est entrée dans une phase de révolution démocratique dont Lénine est bien décidé à profiter pour imposer ses vues. Dès septembre 1917, il n’a de cesse de pousser les bolcheviks à la prise du pouvoir par une insurrection qui ouvrirait la voie à une guerre civile, étape indispensable de la transformation socialiste de la société russe. À partir du coup d’État bolchevique, le 7 novembre 1917, Lénine met systématiquement en place les conditions de la guerre civile, considérant que tous ceux qui résistent à sa volonté doivent être traités en ennemis absolus. Il interdit la presse d’opposition puis les autres partis ; il disperse manu militari, le 18 janvier 1918, l’Assemblée constituante – première et dernière assemblée élue librement en Russie jusqu’en 1991 – et réprime les partisans de celle-ci à la mitrailleuse ; il signe, en mars 1918, le traité de paix de Brest-Litovsk qui abandonne à l’Allemagne la plus grande partie de l’Ukraine et provoque, à gauche comme à droite, un sursaut patriotique contre les bolcheviks ; en mai 1918, il déclare la guerre à la paysannerie qui refuse de se laisser dépouiller de son blé par le pouvoir ; enfin, paradoxe ultime pour le tenant de la « dictature du prolétariat », il écrase férocement les centres ouvriers qui refusent la dictature des bolcheviks. Dès l’été 1918, et de par la volonté exacerbée de Lénine, toute la Russie est entrée dans une guerre civile qui oppose les « Rouges » – et leur Armée rouge, avant tout armée de guerre civile – aux « Blancs » – une poignée d’officiers regroupés dans le sud-ouest de la Russie –, mais aussi aux « Verts » – des groupes très variables, parfois de dizaines de milliers d’hommes organisés en armée, formés de paysans en rébellion ouverte contre la collectivisation des terres, la réquisition des récoltes et la conscription obligatoire dans l’Armée rouge. »
        Stéphane Courtois, « Le communisme du XXe siècle ou la guerre civile permanente », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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        Lénine a cherché à étendre la guerre civile au monde entier

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        Lénine a cherché à étendre la guerre civile au monde entier
        SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
        Aucun sous-argument n'a été entré. En 1921 Lénine prédit une seconde guerre mondiale deux fois plus sanglante que la première
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        « Pour étendre au monde entier cette guerre civile inaugurée en Russie, Lénine va se doter d’un outil : l’Internationale communiste (ou Komintern). À l’été 1920, lors de son IIe congrès, Lénine impose les « 21 conditions » à tout groupe socialiste souhaitant le rejoindre, et qui est dès lors étroitement soumis à l’Internationale et, par là, à la direction bolchevique. Ces « 21 conditions » reprennent la vision léniniste de la révolution comme guerre civile. Elles soulignent que « dans presque tous les pays de l’Europe et de l’Amérique la lutte de classes entre dans la période de la guerre civile » et que le monde vit désormais « dans une époque de guerre civile acharnée ». Le projet est clair : par-delà « le renversement révolutionnaire du capitalisme », « l’Internationale communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois et à tous les vieux partis social-démocrates jaunes ». De fait, le Komintern devient rapidement une vaste entreprise de subversion internationale, disposant des énormes moyens de l’État soviétique – en argent, en hommes (diplomates, officiers de l’Armée rouge, militants communistes formés à l’agit-prop et à la clandestinité mais aussi à l’espionnage, voire au sabotage, dans les écoles ad hoc à Moscou), en logistique (matériel de propagande, armes, faux papiers, réseaux clandestins, et bientôt postes émetteurs-récepteurs) – et dont l’URSS est le sanctuaire. »
        Stéphane Courtois, « Le communisme du XXe siècle ou la guerre civile permanente », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

        Lénine considérait la guerre civile comme une guerre sans limite

        « Pour Lénine, la guerre civile est une guerre sans limite. Elle est sans limite de moyens : torture, prise d’otages, déportation et assassinat en masse de civils et de combattants prisonniers sont généralisés, avec la création d’une police politique et d’une Armée rouge qui seront bientôt – avec le Parti – les piliers de tout pouvoir communiste. Elle est sans limite de temps : contrairement à la guerre nationale qui aboutit à un armistice ou à la paix, la guerre contre « la bourgeoisie » est infinie puisqu’il ne s’agit pas tant d’exterminer les bourgeois que de tuer l’esprit bourgeois, cet esprit d’appropriation qui persiste en chaque homme. Elle est sans limite d’espace : commencée en Russie, elle est censée opposer les riches et les pauvres et doit donc s’étendre au monde entier. »
        Stéphane Courtois, « Le communisme du XXe siècle ou la guerre civile permanente », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
        Il n'y a aucune objection pour le moment.

        Lénine est le concepteur d'un parti totalitaire

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        Lénine est le concepteur d'un parti totalitaire
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        Références

        • Jean Elleinstein, Histoire de l'URSS, 4 volumes - tome 2 1922-1939, Éditions sociales, Paris, 1975.  
        • Lars T Lih, Jean Batou, Lénine une biographie, Les Prairies Ordinaires, Paris, 2015.  
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          Le parti léniniste est inspiré d'organisations proto-totalitaires

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          Le parti léniniste est inspiré d'organisations proto-totalitaires
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          Aucun sous-argument n'a été entré. Le Régime de Nicolas II était un régime proto-fasciste avec ses Cent-Noirs, tueurs d'opposants politiques et massacreurs de juifs
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          « L’une des originalités du Que faire ? porte précisément sur le type d’organisation révolutionnaire préconisé par Lénine, le parti « de type nouveau ». S’opposant à toute structure large et démocratique, il veut imposer une organisation dont le modèle serait Terre et Liberté, premier groupe terroriste russe des années 1870 et successeur de Netchaïev : clandestine, secrète, peu nombreuse, très centralisée, formée de gens rigoureusement choisis, professionnels de la subversion et de la lutte contre la police politique. De fait, le respect strict des règles de la clandestinité interdit les relations horizontales entre les cellules qui forment l’organisation, et donc le libre échange des opinions. Quant à la référence à Netchaïev, elle va jusqu’à réaffirmer que « pour se débarrasser d’un membre indigne, une organisation de révolutionnaires véritables ne reculera devant aucun moyen » – le meurtre à justification politico-idéologique est déjà l’un des principes de base de l’organisation léniniste. »
          Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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          Références

          • Jean Elleinstein, Histoire de l'URSS, 4 volumes - tome 1 1917-1921 la conquête du pouvoir, Éditions sociales, Paris, 1975.  
          • Lidia MIlakova, Nicolas Werth, Le livre des pogroms ; antichambre d'un génocide Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1922, Calman Levy, Paris, 2006.  
          • Lénine, oeuvres de lenine tome 17 decembre 1910-avril 1912, Stolypine et la révolution », 18-31 octobre 1911, Éditions sociales, Paris, 1968.  
          • Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 17 décembre 1910-avril 1912, A propos des mots d'ordre et de la conception du travail social-démocrate à la Douma et en dehors, 8-21 décembre 1911, Editions sociales, Paris, 1968.  

            Le parti léniniste est le parti d'une avant-garde autoproclamée

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            Le parti léniniste est le parti d'une avant-garde autoproclamée
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            « La conclusion générale du Que faire ? est radicale : Lénine y affirme que l’idéologie socialiste, parce qu’elle est « scientifique », ne peut pas émerger du monde ouvrier, mais doit lui être apportée de l’extérieur par les intellectuels révolutionnaires. Il renverse délibérément la conception social-démocrate du parti : ce n’est pas la classe ouvrière qui, au cours de la lutte des classes, crée le parti, mais ce sont les intellectuels révolutionnaires qui, détenteurs de la théorie socialiste, créent le parti ; fort de son idéologie qui pénètre chez les ouvriers révolutionnaires et d’une organisation qui permet de démultiplier la force, c’est le parti qui produit la classe, donc la lutte des classes, et donc l’histoire. En substituant le parti à la classe, Lénine modifie profondément la pensée marxiste. Dans sa dimension messianique et scientiste faisant de la violence un moyen nécessaire et légitime, celle-ci recelait déjà des germes de totalitarisme. Mais avec Lénine on bascule d’une pensée proto-totalitaire à l’invention d’une organisation proto-totalitaire, sorte de contre-société où est expérimenté un mode de domination totale et qui préfigure à la fois le type de société dont rêve Lénine et les moyens d’action qu’il est disposé à employer pour y parvenir. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Perrin, Paris, 2009.

            Le parti bolchévik n'avait pas d’enracinement dans la société civile

            « Hannah Arendt a souligné à juste titre qu’en dépit de leur appellation « parti » – Parti bolchevique, Parti national-socialiste, Parti fasciste –, l’une des caractéristiques des mouvements totalitaires est précisément d’avoir abandonné la formation de classe portant les intérêts d’une catégorie sociale – et donc à vocation parlementaire, voire gouvernementale –, pour se transformer en mouvements formés majoritairement de déracinés des diverses classes – ce qu’elle nomme « la populace ». Et de fait, alors que les grandes social-démocraties d’avant 1914 avaient un caractère ouvrier très marqué, le Parti bolchevique compte peu d’ouvriers mais nombre d’intellectuels déclassés et d’aventuriers qui n’hésitent pas à agir avec des bandits de grand chemin, des maîtres chanteurs ou des escrocs. Là réside dès 1902 l’une des sources ultérieures du totalitarisme communiste. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

            Lénine a instauré un culte du chef

            « Derrière ce parti [bolchevik] promu démiurge de l’Histoire, se profile la silhouette de son chef. Car, derrière le discours explicite, en apparence rationnel, du révolutionnaire se montrant attaché à l’efficacité générale du mouvement socialiste, pointe le discours implicite d’un homme qui cherche à imposer sa suprématie personnelle. À travers sa défense d’un marxisme radical et dogmatique, Lénine revendique le monopole de l’idéologie révolutionnaire : monopole de la pensée, réservé aux intellectuels au détriment des ouvriers et autres petits-bourgeois, et monopole du savoir révolutionnaire de Lénine – et de ses partisans – au détriment des autres groupes et leaders de la social-démocratie russe et internationale. Même si par prudence il ne précise jamais qui va diriger son « parti de type nouveau », il est clair qu’il s’en réserve le monopole de direction. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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            Lénine a théorisé et réalisé la dictature de la direction bolchévik

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            Lénine a théorisé et réalisé la dictature de la direction bolchévik
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            « Lénine croit à la continuation, et même à l’aggravation de la lutte des classes sous la dictature de parti unique ; donc, logiquement le parti doit être traversé par cette lutte : en son sein se trouvent des ennemis. Nul besoin ici d’attribuer une psychologie de persécuté à Lénine, il suffit de supposer qu’il raisonne logiquement. Il proclame que, devant l’apparition d’une « déviation syndicaliste et anarchiste dans le parti », « l’épuration et l’assainissement s’imposent », ceci au Xe Congrès où il proclame aussi que le temps des discussions au sein du parti est terminé et qu’il faut maintenant parler avec les fusils. Le congrès décide aussi l’interdiction des fractions et la dissolution des groupes organisés autour de plates-formes, comme l’Opposition ouvrière d’Alexandra Kollontaï et Gregori Chliapnikov : ceci conduit mécaniquement à la dissimulation et à la suspicion de dissimulation. Et le système est tel que l’innocence ne peut être prouvée puisque les saboteurs ont des allures d’innocents, des visages et des comportements qui masquent leurs desseins. Staline conduira à l’extrême cette logique : plus un communiste à l’air d’être un bon communiste, plus on peut le soupçonner d’être un mauvais communiste masqué. »
            Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
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            « Depuis le printemps 1918 et la rupture tant avec les anarchistes qu’avec les socialistes-révolutionnaires de gauche – qui participaient au Sovnarkom et ont rompu en s’opposant au traité de Brest-Litovsk –, Lénine renforce sans cesse le monopole du pouvoir au bénéfice des bolcheviks, accélère la conquête de l’appareil d’État par le parti et en multiplie les moyens d’action, en particulier grâce à la Tcheka – qui compte déjà 12 000 hommes fin juin 1918 pour atteindre le chiffre de 280 000 début 1921 – et à l’Armée rouge – armée de guerre civile qui, à partir du 9 juin 1918, bénéficie du service militaire obligatoire. Et, depuis le Xe congrès du Parti bolchevique en mars 1921, et l’interdiction des fractions au sein du parti, le processus est enclenché qui mènera au pouvoir absolu de la direction sur le parti, et bientôt à celui du secrétaire général sur la direction. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

            Lénine a théorisé et réalisé l'épuration du parti

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            Lénine a théorisé et réalisé l'épuration du parti
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            Lénine a théorisé l'épuration du parti
            Lénine a réalisé l'épuration du parti
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            « Revenons à la formule en épigraphe de Que faire ? – « Le Parti se renforce en s’épurant » – et soulignons que le vocabulaire mécanique – « force », « multiplication » – dont l’horizon est la guerre, est lié à un vocabulaire biologique, celui du corps propre – « épuration », « nettoyage », c’est étymologiquement le même mot, en russe, que « purge » – et l’on trouve chez Lénine à de multiples reprises l’affirmation de la nécessité de « nettoyer la terre russe ». Donc un modèle mécanique – celui de la force –, un modèle militaire – celui de la guerre de classes –, et un modèle de l’hygiène social – celui de l’épuration –, définissent les formes du combat bolchevique. Le parti uni et unique doit unifier la société. Terreur sur le parti, terreur par les masses et terreur sur les masses sont reliées fonctionnellement. »
            Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

            Le parti bolchévik avait sa milice privée

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            Le parti bolchévik avait sa milice privée
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            « Ce parti de la populace [le parti bolchevik] devient très rapidement un parti-milice, autre donnée fondamentale du phénomène totalitaire : alors que l’État détient en principe le monopole de la force armée, les bolcheviks organisent leur force armée privée, formée de soldats en rébellion ou déserteurs et de civils en armes, appelée garde rouge, et bientôt dirigée par un Comité révolutionnaire militaire bolchevique. Dès juin 1917, Lénine compte sur cette force pour s’emparer du pouvoir et, le 17 juin, il annonce publiquement devant le congrès des Soviets que le Parti bolchevique est prêt à s’emparer seul du pouvoir – ce qui alors provoque un éclat de rire général. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

            Lénine a construit un parti-État

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            Lénine a construit un parti-État
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            « Parallèlement émerge un phénomène inédit, caractéristique des totalitarismes : le parti-État. En s’emparant du pouvoir, Lénine est bien décidé à s’emparer de l’État, à la fois comme lieu du pouvoir, mais aussi comme appareil de ce pouvoir. Dès lors, ce parti est appelé à remplir simultanément les fonctions d’un État – censé répondre à l’intérêt général – et celles d’un parti – qui ne poursuit que son intérêt particulier, ce qui passe, entre autres, par la nomination de membres du parti à tous les postes dirigeants de l’État. Cette forme de pouvoir inédite prend le nom de Conseil des commissaires du peuple ou Sovnarkom dont Lénine est le président en même temps que le chef du parti. Très logiquement, il impose d’emblée le régime du parti unique – caractéristique des régimes totalitaires – et abolit la séparation des pouvoirs, s’emparant à la fois de l’exécutif, du législatif et du judiciaire. Or très vite, c’est contre cette abolition de la moindre part de pluralisme, y compris au sein du camp révolutionnaire, que vont s’élever plusieurs des principaux dirigeants bolcheviques, obligeant Lénine à dévoiler la vraie nature de son pouvoir : la dictature sur le parti. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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            Tous les partis révolutionnaires russes étaient autoritaires et fortement centralisés

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            Tous les partis révolutionnaires russes étaient autoritaires et fortement centralisés avant la Révolution russe
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            « Tous les partis révolutionnaires russes, depuis les années 1870-1880, furent en effet autoritaires, fortement centralisés et disciplinés dans l’illégalité, pour l’illégalité ; tous formèrent des « révolutionnaires professionnels », c’est-à-dire des hommes qui ne vivaient que pour le combat ; tous pourraient être occasionnellement accusés d’un certain amoralisme pratique, bien qu’il soit équitable de leur reconnaître à tous un idéalisme ardent et désintéressé. Presque tous furent imbus d’une mentalité jacobine, prolétarienne ou non. Tous produisirent des héros et des fanatiques. Tous, à l’exception des mencheviks, aspiraient à la dictature, et les mencheviks géorgiens eurent recours à des procédés dictatoriaux. Tous les grands partis étaient étatiques par leur structure et par la finalité qu’ils s’assignaient. En réalité, il y avait au-delà des divergences doctrinales importantes, une mentalité révolutionnaire unique. »
            Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.
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            « Rappelons-nous le tempérament autoritaire de l’anarchiste Bakounine et ses procédés d’organisation clandestine au sein de la première Internationale. Dans sa Confession, Bakounine préconise une dictature éclairée, mais sans merci, exercée pour le peuple… Le Parti socialiste-révolutionnaire, imbu d’un idéal républicain, plus radical que socialiste, constitua, pour combattre l’autocratie par le terrorisme, un « appareil » rigoureusement centralisé, discipliné, autoritaire, qui devint un terrain propice à la provocation policière. La social-démocratie russe, dans son ensemble, visait à la conquête de l’Etat. Nul ne tint à propos de la future révolution russe un langage plus jacobin que son dirigeant, Plékhanov. Le gouvernement Kerenski, dont les socialistes-révolutionnaires et les mencheviks faisaient la force, tint sans cesse un langage dictatorial, purement velléitaire, il est vrai. Les anarchistes eux-mêmes, dans les régions occupées par l’Armée Noire de Nestor Makhno, exercèrent une dictature authentique, accompagnée de confiscations, de réquisitions, d’arrestations et d’exécutions. Et Makhno fut « batko », petit-père, chef… »
            Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.

            Les pratiques bureaucratiques étaient enracinées dans la société russe

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            Les pratiques bureaucratiques étaient enracinées dans la société russe
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            « Les pratiques bureaucratiques préexistaient au déclenchement de la révolution, et avaient cours avant Octobre, et même avant Février, car elles étaient déjà largement enracinées dans la société russe. […] Marc Ferro […] évoque « une subversion des pratiques démocratiques par les démocrates eux-mêmes, toutes tendances réunies ». Sévère avec l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier, il ajoute : « Avant Octobre, ils manipulent la représentation des soldats et des paysans, éliminent les sans-parti de toutes les institutions, réduisent celles qu’ils n’ont pas fondées eux-mêmes en niant leur légitimité. » De la sorte, l’historien entend démystifier la « légende » qui « associe l’existence du totalitarisme bureaucratique de type soviétique au léninisme, au parti communiste, et à eux seuls ». « Raisonner ainsi revient à bolchéviser l’histoire » et à « exclure la part que le régime soviétique emprunte au passé propre de la Russie, une part qui existe même s’il est de bonne tactique aujourd’hui chez les marxistes français d’insister à l’excès sur elle ». »
            Olivier Besancenot, Que faire de 1917 ?, Autrement, Paris, 2017.

            Lénine était un ennemi de la démocratie

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            Lénine était un ennemi de la démocratie
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            Lénine savait qu'il ne pouvait prendre le pouvoir de façon démocratique

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            Lénine savait qu'il ne pouvait prendre le pouvoir de façon démocratique
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            « Pour des raisons idéologiques – sa haine viscérale de la démocratie parlementaire – mais aussi avec le sûr instinct du leader totalitaire, Lénine a compris que jamais il ne pourrait réussir cette prise de pouvoir en participant au processus démocratique inauguré en Russie depuis mars 1917 et que sa seule chance résidait précisément dans la destruction de cet embryon de démocratie. C’est la raison pour laquelle, dès son retour à Petrograd, il a imposé à ses partisans éberlués une critique radicale du gouvernement provisoire et une politique traditionnellement qualifiée de « double pouvoir », mais qui est en réalité une stratégie de triple pouvoir : au pouvoir légal du gouvernement provisoire, Lénine oppose celui des soviets, eux-mêmes de plus en plus noyautés par les bolcheviks. Lénine a choisi le terrain sur lequel il peut espérer fabriquer une « majorité » à sa main, dans des meetings s’adressant à des populations spécifiques, largement informels et où se pratique le vote à main levée de délégués souvent autodésignés. Il sait en effet pertinemment qu’il ne pourra jamais contrôler le scrutin national à bulletin secret et au suffrage universel qui devra élire l’Assemblée constituante que tous les démocrates et les révolutionnaires réclament depuis des décennies. »
            Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

            Lénine a fomenté le coup d'État d'Octobre 17

            « Le 7 novembre 1917 est le moment du passage à l’acte majeur. Il ne s’opère pas par une insurrection populaire mais par un coup d’État mené à Petrograd par une troupe de quelques milliers d’hommes et pratiquement sans effusion de sang, puis par une tentative identique à Moscou qui fera des centaines de tués. Cet acte déclenche presque automatiquement la mise en œuvre de deux logiques : l’une redoutée et annoncée par toute la classe politique révolutionnaire, celle de la guerre civile ; l’autre inédite et inattendue, celle de la transformation du mouvement totalitaire en parti-État. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

            Lénine a dissout l'Assemblée constituante de janvier 1918

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            Lénine a dissout l'Assemblée constituante de janvier 1918
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            Aucun sous-argument n'a été entré. L'Assemblée constituante ne reflétait plus l'état d'esprit des masses
            L'Assemblée constituante était moins démocratique que la démocratie des soviets
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            « Le 18 janvier 1918, se réunit enfin l’Assemblée constituante, première assemblée élue en Russie au suffrage universel libre – et dernière avant 1991 –, où les bolcheviks n’avaient que 168 députés sur 703. Une manifestation de plus de 50 000 personnes, qui défilaient, drapeaux rouges en tête, pour soutenir cette assemblée, fut dispersée à coups de mitrailleuses, laissant plus de vingt morts sur le pavé. Et après quelques heures de réunion, l’Assemblée fut militairement interdite. Lénine venait d’assassiner la démocratie russe. »
            Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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            Lénine a interdit les partis et journaux d'opposition

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            Lénine a interdit les partis et journaux d'opposition
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            Aucun sous-argument n'a été entré. Lénine a maintes fois souligné l'absence du droit à une information pluraliste du fait de la détention des journaux non bolcheviks par des milliardaires
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            « Dès leur prise de pouvoir, les bolcheviks interdirent la plupart des autres partis et les journaux indépendants. »
            Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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            « Lénine veille également à l’instauration du monopole idéologique, culturel et médiatique. Après avoir fait fermer des centaines de journaux, y compris socialistes non bolcheviques, il instaure dès 1920 le Glavlit, organe de censure générale de tout ce qui est imprimé. Très vite, l’idéologie bolchevique, colportée par tous les médias et par une propagande de plus en plus présente, devient la norme obligatoire. »
            Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

            Lénine défendait la dictature du prolétariat

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            Le manque de démocratie est un héritage de la société tsariste

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            Le manque de démocratie pendant la Révolution russe est un héritage de la société tsariste
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            En avril 1917 un article de Lénine souligne les menaces qui pèsent sur la Pravda
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            « Dans son essai Des soviets au communisme bureaucratique, Marc Ferro décrit de manière dialectique et détaillée les différentes formes de bureaucratisme, en soulignant au passage qu’elles ne furent pas l’apanage de la révolution russe ni même, pour cette dernière, des seuls bolcheviks. Les pratiques bureaucratiques préexistaient au déclenchement de la révolution, et avaient cours avant Octobre, et même avant Février, car elles étaient déjà largement enracinées dans la société russe. En outre, les petits arrangements, voire les grandes transgressions démocratiques étaient malheureusement monnaie courante et, qui plus est, le fait de tous les partis. Victor Serge explique les origines de ce travers qui, selon lui, n’épargnait personne, pas même l’anarchiste Bakounine : « Tous les partis révolutionnaires russes, depuis les années 1870-1880, furent en effet autoritaires, fortement centralisés et disciplinés dans l’illégalité, pour l’illégalité. [...] Presque tous furent imbus d’une mentalité jacobine, prolétarienne ou non. Tous produisirent des héros et des fanatiques. [...] Tous les grands partis étaient étatiques par leur structure et par la finalité qu’ils s’assignaient. En réalité, il y avait, au-delà des divergences doctrinales importantes, une mentalité révolutionnaire unique. » Marc Ferro, lui, évoque « une subversion des pratiques démocratiques par les démocrates eux-mêmes, toutes tendances réunies ». Sévère avec l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier, il ajoute : « Avant Octobre, ils manipulent la représentation des soldats et des paysans, éliminent les sans-parti de toutes les institutions, réduisent celles qu’ils n’ont pas fondées eux-mêmes en niant leur légitimité. » De la sorte, l’historien entend démystifier la « légende » qui « associe l’existence du totalitarisme bureaucratique de type soviétique au léninisme, au parti communiste, et à eux seuls ». « Raisonner ainsi revient à bolchéviser l’histoire » et à « exclure la part que le régime soviétique emprunte au passé propre de la Russie, une part qui existe même s’il est de bonne tactique aujourd’hui chez les marxistes français d’insister à l’excès sur elle ». »
            Olivier Besancenot, Que faire de 1917 ?, Autrement, Paris, 2017.

            Lénine a toujours pris parti pour la démocratie des soviets

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            Lénine a toujours pris parti pour la démocratie des soviets
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            Aucun sous-argument n'a été entré. Les bolcheviks ont accaparé le pouvoir des soviets une fois au pouvoir
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            « Les falsificateurs accusent les bolcheviks d’avoir banni toute démocratie. Les bolcheviks ont, au contraire, systématiquement pris le parti de la démocratie ouvrière. Ce sont eux qui ont pris fait et cause pour les comités d’usine. Eux qui ont revendiqué tout le pouvoir pour les soviets. Eux qui ont toujours été favorables à ce que les ouvriers et les soldats s’organisent par en bas, prennent des initiatives et agissent collectivement. »
            Lutte ouvrière, « 1917-2017 : la révolution russe », octobre 2017.
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            « Loin de nous l’idée que les bolcheviks n’aient pas fait d’erreurs. Ils en ont fait, et Lénine était le premier à le penser et à le dire. Mais toute la politique et les choix qui ont été faits, y compris dans la guerre civile, étaient mus par la volonté de tenir et de défendre la révolution le temps que celle-ci se déclenche dans d’autres pays. Aujourd’hui le Parti bolchevique avec Lénine concentre toutes les attaques. Il aurait porté en lui le stalinisme. Avec cette façon de raisonner, on pourrait aussi dire que la prise de la Bastille et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen portaient en germe le despotisme de Napoléon et les guerres de l’Empire qui ravagèrent l’Europe. Alors il ne faut pas mélanger toutes les périodes. »
            Lutte ouvrière, « 1917-2017 : la révolution russe », octobre 2017.

            Lénine était un être cynique, paranoïaque et avide de pouvoir

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            Lénine était un être cynique, paranoïaque et avide de pouvoir
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            Références

            • Lénine, oeuvres de Lénine, tome 6, janvier 1902-aout 1903, « Deuxième congrès du RSDLP : Projets de résolutions sur des points de détail », juillet 1903, Éditions Sociales, Paris, 1966.  
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              Jeune, Lénine défendait déjà les vertus de la famine de 1891-1892

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              Lénine défendait déjà dans sa jeunesse les vertus de la famine de 1891-1892
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              « Avant de devenir Lénine, Vladimir Ilitch Oulianov se nourrissait déjà du Catéchisme du révolutionnaire, publié en 1869 par le fameux révolutionnaire russe Serge Netchaïev qui appelait instamment à la destruction totale de la société existante Alors qu’il était déjà marxiste, Oulianov se félicita de la dernière grande famine de l’empire tsariste, qui tua environ 400 000 paysans de la Volga en 1891-1892, et, à l’inverse de l’ensemble de la société il refusa de leur venir en aide, estimant qu’« en détruisant l’économie paysanne attardée, la famine nous rapproche objectivement de notre but final, le socialisme ». »
              Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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              Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
              « Très vite, on perçoit les effets de cette passion scientiste sur un Lénine déjà adulte. En 1891-1892 eut lieu la dernière grande famine en Russie – avant l’ère soviétique – qui fit environ 400 000 morts dans la paysannerie. Non seulement Oulianov [c’est-à-dire Lénine] refusa de participer aux secours des affamés, mais, d’après son ami A. Beliakov, il « avait le courage de déclarer ouvertement que la famine avait de nombreuses conséquences positives, à savoir l’apparition d’un prolétariat industriel, ce fossoyeur de l’ordre bourgeois. […] En détruisant l’économie paysanne attardée, la famine, expliquait-il, nous rapproche objectivement de notre but final, le socialisme, étape immédiatement postérieure au capitalisme. La famine détruit aussi la foi non seulement dans le tsar, mais même en Dieu ? ». Ainsi, à vingt ans, Lénine entretient déjà une vision téléologique et doctrinale de la société et de l’histoire, vision abstraite, coupée de la vie, qui repose sur une philosophie de la nécessité et implique une absence totale de compassion. »
              Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

              Lénine était paranoïaque

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              Lénine était un être paranoïaque
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              « Derrière cette volonté de puissance à peine cachée se révèle la part la plus secrète du discours implicite disséminé dans le Que faire ? : celle du héros romantique qui entretient une vision paranoïaque. Lénine se décrit ainsi au milieu de ses quelques camarades : « Petit groupe compact, nous suivons une voie escarpée et difficile, nous tenant fortement par la main. De toutes parts, nous sommes entourés d’ennemis et il nous faut marcher presque constamment sous leur feu. » En même temps, il ressemble à un jeune scout revendiquant la primauté pour son groupe : « […] il faut faire en sorte que tous les autres détachements se rendent compte et soient obligés de reconnaître que nous marchons en tête. » Et il évoque « le détachement "avancé" » qui ne doit pas craindre « un "plan" hardi qui force la reconnaissance générale, même parmi ceux qui pensent différemment ». Et après avoir quelque peu fanfaronné – « nous voulons être l’avant-garde », « Donnez-nous une organisation de révolutionnaires, et nous soulèverons la Russie ! » –, Lénine conclut : « Lorsque nous aurons des détachements d’ouvriers révolutionnaires spécialement préparés (et bien entendu de "toutes les armes" de l’action révolutionnaire) par un long apprentissage, aucune police politique du monde ne pourra en avoir raison, parce que ces détachements d’hommes dévoués corps et âmes à la révolution jouiront de la confiance illimitée des masses ouvrières. » Mais, au passage, que d’aveux sur sa psychologie profonde : « forcer la reconnaissance générale », jouir – le mot est fort clair – de « la confiance illimitée des masses » ; on est plus près de la satisfaction du principe de plaisir que de la rationalité marxiste affichée. »
              Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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              Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
              « Mais sans doute Chamberlain n’a-t-elle pas assez insisté sur le climat de haine exacerbée dans lequel Lénine vivait alors. Victime d’une grande fatigue puis d’une première attaque cérébrale en mai 1922, tout indique que, craignant d’être paralysé, voire de perdre la parole, et donc de ne plus pouvoir commander, il est alors entré dans une phase de paranoïa le poussant à exterminer ceux qu’il considérait comme ses ennemis irréductibles : les 2000 mencheviks qu’il fit arrêter en janvier 1922, l’Église orthodoxe qu’il ordonna d’exterminer à partir de la fin mars 1922, puis les socialistes-révolutionnaires dont il organisa méticuleusement le procès en juillet, et enfin ses ennemis personnels de l’intelligentsia à partir de l’été. »
              Stéphane Courtois, « Lénine et la destruction de l’intelligentsia russe », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

              Lénine était guidé par la volonté de puissance

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              Lénine était guidé par la volonté de puissance
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              Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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              « Dès 1903, lors du IIIe congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, Lénine provoqua une scission et prit la tête de la fraction « bolchevik » – majoritaire – contre les minoritaires – « mencheviks ». Son comportement lors de ce congrès fut tel que le jeune Léon Trotski, jusque-là l’un de ses plus fervents admirateurs, le dénonça, critiquant « la « volonté de puissance » qui guide le camarade Lénine » et sa « dialectique de la « lutte pour le pouvoir » ». »
              Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

              Lénine était empli d'un immense désir de vengeance

              « Alors qu’il était destiné à un bel avenir, il [Lénine] fut doublement frappé par le destin à un âge où la personnalité, en pleine formation, est fort impressionnable : en janvier 1886, son père mourut brusquement d’une hémorragie cérébrale ; et en mai 1887, son frère aîné et son modèle, Alexandre, qui s’était entiché des « exploits » des terroristes russes des années 1870-1880, fut condamné à mort et pendu pour avoir voulu attenter à la vie du tsar Alexandre III, dont il refusa de demander la grâce. Privé de tutelle, dans une famille désormais stigmatisée par la bonne société, et empli d’un immense désir de vengeance, Vladimir s’engagea dans le mouvement révolutionnaire de tendance marxiste. »
              Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

              Même des bolcheviks avaient dénoncé sa dimension totalitaire

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              Même des bolcheviks avaient dénoncé la dimension totalitaire de Lénine
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              Aucun sous-argument n'a été entré. Lénine et Trotsky ont clamé la nécessité en 1910 de faire abroger la peine de mort
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              « Dès 1903, lors du IIIe congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, Lénine provoqua une scission et prit la tête de la fraction « bolchevik » – majoritaire – contre les minoritaires – « mencheviks ». Son comportement lors de ce congrès fut tel que le jeune Léon Trotski, jusque-là l’un de ses plus fervents admirateurs, le dénonça, critiquant « la « volonté de puissance » qui guide le camarade Lénine » et sa « dialectique de la « lutte pour le pouvoir » ». Trotski allait au fond des choses : « L’« état de siège » [dans le parti] sur lequel Lénine a insisté avec une telle énergie exige un « pouvoir fort », la pratique de la méfiance organisée exige une main de fer. Le système de la terreur est couronné par un Robespierre. Le camarade Lénine a mentalement passé en revue les membres du parti, et en est arrivé à la conclusion que cette main de fer ne pouvait être que lui. » Ainsi, dès 1903, un révolutionnaire encore démocrate comme Trotski avait décrit les caractéristiques de la pensée et de l’action que Lénine, pour l’instant, ne mettait en œuvre que dans un petit groupuscule marxiste dont il sélectionnait soigneusement les affidés. »
              Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

              En fait de vengeance il épargna en 1918 au moins la veuve d'Alexandre III, Maria Fedorovna, ses filles Olga, Xenia

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              En fait de vengeance il épargna en 1918 au moins la veuve d'Alexandre III, Maria Fedorovna, ses filles Olga, Xenia
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              La veuve d'Alexnadre III encore en vie on pouviat croire . qu'un Léninie avide de vengeance se serait empressé de la tuer . Il chercha au contraire, pour les intérêts de la Révolution, à la rendre aux Allemands et aux Danois. Elle s'attendait elle-même à être fusillée par les Bocheviks et mourra au contraire en exil en 1928 après avoir été retrouvée vivante avec une de ses filles Xenia Alexandrovna par les Anglais en avril 1919. Sa seconde fille, Olga Alexandrovna, sera retrouvée, à la grande surprise des occidentaux, vivante encore une année après en mars 1920. Ce qui ne fit qu'ajouter aux doutes de Joseph Lasies, auteur de la tragédie sibérienne, sur la réalité du massacre de toute la famille impériale à Ekaterinbourg.
              « Dans une lettre du 1er juillet 1918, le grand-duc Nicolas Mikailovitch a rapporté à l'historien Frédéric Masson que les Allemands étaient parvenus le 14 mai à libérer des géôles soviétiques la vieille impératrice, la mère de Nicolas II, mais que celle-ci avait refusé leur proposition d'être conduite sous leur protection jusqu'au Danemark : "je préfère être tuée par des Russes que libérée par des Allemands". »
              Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.115-116, Tallandier, Paris, 2012.
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              « Le 20 mars, la presse française reproduisait une dépêche de Washington nous disant que la grande-duchesse Olga, sœur du tsar, avait été retrouvée, avec d'autres personnes, hébergées dans un wagon, là-bas, dans les environs de la mer Noire, à Novorossisk. On croyait la grande-duchesse Olga perdue. La voilà retrouvée. Elle ne figure pas sur la liste des victimes d'Ekaterinbourg, mais le fait qu'elle est vivante quand on la croyait morte est tout de même de grand intérêt. »
              Joseph Lasies, La tragédie sibérienne, le drame d’Ekaterinbourg, la fin de l’amiral Koltchak., L’édition française,, Paris, 1921.

              Références

              • Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, Tallandier, Paris, 2012.  
              • Joseph Lasies, La tragédie sibérienne, le drame d’Ekaterinbourg, la fin de l’amiral Koltchak, L’édition française, Paris, 1921.  

                Le bolchevisme est né en 1903 d'un rejet de la violence terroriste

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                Le bolchevisme est né en 1903 d'un rejet de la violence terroriste
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                On peut constater qu'en 1903 seize ans après la pendaison de son frère Alexandre Oulianov, qui lui avait laissé échapper la phrase "je me vengerai", pour tentative d'attentat contre le tsar Alexandre III Romanov, il avait en sa qualité de co-fondateur du parti bolchevik renoncé à la violence physique et entendait lui substituer l'activisme non-violent de la propagande. Et encore en 1920 dans son fameux la maladie infantile du communisme (le gauchisme) il réïtéra de tels propos.
                « Le Congrès repousse résolumment le terrorisme, c'est-à-dire la pratique des assassinats politiques individuels, en tant que moyen de lutte politique au plus haut point contraire à nos buts à l’heure actuelle, détournant les meilleures forces du travail d’organisation et de propagande urgent et absolument indispensable, coupant les liens des révolutionnaires avec les masses des classes révolutionnaires de la population, semant à la fois parmi les révolutionnaires eux-mêmes et parmi l'ensemble de la population les idées les plus fausses sur les tâches et les méthodes de la lutte contre le pouvoir absolu. »
                Lénine, « Deuxième congrès du RSDLP : Projets de résolutions sur des points de détail », oeuvres de Lénine, tome 6, janvier 1902-aout 1903, p.497, juillet 1903, Éditions Sociales, Paris, 1966.
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                « En 1920 dans La Maladie infantile du communisme (le gauchisme), il redit du terrorisme individuel que "nous marxistes", le répudions catégoriquement. Comment ose-t-on inscrire le recours à la terreur en général dans "le projet politique léniniste", imputer même à Lénine une exaltation quasi-mystique de la violence "purificatrice" sans dire mot de la constante opposition des bolcheviks aux anarchistes comme aux S.-R. dans cette question emblématique de l'attentat terroriste ? »
                Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'une choix de textes de Lénine, p.33, La violence, une passion bolchevique ?, Editions sociales Les parallèles, 1917 +cent, Paris, 2017.

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                La terreur bolchévik a été dictée par les circonstances

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                La terreur bolchévik a été dictée par les circonstances
                Avant d'être le précurseur de Staline, Lénine, en marxiste convaincu, fut l'anticipateur des avancées sociales et sociétales qui se sont imposées dans les pays occidentaux dans l'après-guerre, jusqu'à ce que la chute de l'URSS n'encourage certains à tenter de les saper. Qu'on le veuille ou non, les circonstances étaient une réalité et on voit mal comment des dirigeants politiques, quels qu'ils soient, pourraient s'en extraire. Le terrorisme rouge ne débuta qu'en septembre 1918, en réaction au terrorisme blanc clamé ouvertement par le général Kornilov dès décembre 1917, qui ordonnait à ses hommes de ne pas faire de prisonniers. La théorie des circonstances n'est d’ailleurs pas historiographique. Elle est rappelée par Lénine en février 1920 quand il clame la nécessité, déjà en cours, d'un arrêt de la Terreur physique, eu égard aux victoires obtenues si, bien sûr, celles-ci se maintiennent. Lucien Sève note les silences de cette déclaration dans l'historiographie antiléninienne.
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                Lénine au pouvoir a eu plusieurs vies

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                Lénine au pouvoir a eu plusieurs vies
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                « Pour s'en tenir à la période qui suit la révolution d'octobre, la réalité, c'est d'abord celle d'un Lénine "littéralement dévoré par les impératifs de l'action directe en des circonstances dramatiques," puis contraint par la maladie de ralentir son activité dès le mois de décembre 1921, enfin gravement atteint quelques mois plus tard et mis dans l'impossibilité d'assurer effectivement des fonctions de direction. »
                Jean-Jacques Goblot, « Lénine et la genèse du stalinisme », Cahiers d'Histoire Espace Marx, vol. 159 pages, n°63, p.94-95, 93-106, Paris, 2ème trimestre 1996.

                Tous les régimes communistes ont pratiqué la terreur

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                Tous les régimes communistes ont pratiqué la terreur
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                Aucun sous-argument n'a été entré. Ces régimes communistes ne furent pas les seuls loin de là, alors même que deux d'entre eux ne l'ont pas pratiquée
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                « L’apologie de la terreur de masse par Lénine n’est ni ponctuelle, ni circonstancielle et sa mise en œuvre ne peut être interprétée comme le résultat de contraintes externes à la logique du bolchevisme. C’est un argument souvent avancé pour sauver le communisme d’une condamnation morale que de référer sa violence à des facteurs exogènes. […] On peut […] rappeler que la « terreur de masse » ne fut nullement un épisode de la révolution russe mais que, sous des formes différentes, elle a accompagné tous les régimes communistes. »
                Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
                Voir plus...
                « L’histoire des régimes et des partis communistes, de leur politique, de leurs relations avec leurs sociétés nationales et avec la communauté internationale, ne se résume pas à cette dimension criminelle, ni même à une dimension de terreur et de répression. En URSS et dans les « démocraties populaires » après la mort de Staline, en Chine après celle de Mao, la terreur s’est atténuée, la société a commencé à retrouver des couleurs, la « coexistence pacifique » – même si elle était « une poursuite de la lutte de classe sous d’autres formes » – est devenue une donnée permanente de la vie internationale. Néanmoins, les archives et les témoignages abondants montrent que la terreur a été dès l’origine l’une des dimensions fondamentales du communisme moderne. Abandonnons l’idée que telle fusillade d’otages, tel massacre d’ouvriers révoltés, telle hécatombe de paysans morts de faim, n’ont été que des « accidents » conjoncturels, propres à tel pays ou à telle époque. Notre démarche dépasse chaque terrain spécifique et considère la dimension criminelle comme l’une des dimensions propres à l’ensemble du système communiste, durant toute sa période d’existence. »
                Stéphane Courtois, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

                La terreur est intrinsèque au léninisme

                « La légitimité de la terreur de masse n’est en tout cas nullement reliée par Lénine Iui-même à une sorte de mauvaise rencontre, à des circonstances exceptionnelles, mais il l’inscrit comme un mot d’ordre dans la logique même de la lutte des classes et de l’épuration. On peut sans doute comprendre, à partir de là, pourquoi des partis ou mouvements communistes placés dans des circonstances historiques et sociales très différentes ont, eux aussi, recouru au « terrorisme de masse » qui marque tout le court XXe siècle, qu’on pourrait faire commencer avec le Dimanche rouge de janvier 1905 et se terminer avec le massacre de la place Tienanmen. Le discours et l’appareil léninistes portaient en eux la terreur de masse et le système concentrationnaire, comme les nuées portent l’orage. »
                Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

                L'homosexualité fut dépénalisée la première fois en 1791 par la première assemblée constituante française

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                L'homosexualité fut dépénalisée la première fois en 1791 par la première assemblée constituante française
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                Contrairement à ce qu'afiirme Jean-Jacques Marie la dépénalisation de l'homosexualité en 1917 eut un précédent : le code pénal de septembre 1791 sur demande du député constituant Lepelletier de Saint-Fargeau (futur régicide assassiné pour avoir voté la mort du roi en contradiction avec ses origines aristocratiques). Le code pénal Napoléon de 1810 valida la mesure ; mais elle fut abrogée par le régime de Vichy après 1940, jusqu'à l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981-1982 malgré une légère évolution sous Giscard.

                Staline est l'auteur d'une contre-révolution

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                Staline est l'auteur d'une contre-révolution
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                Lénine reconnaissait et corrigeait ses erreurs

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                Lénine reconnaissait et corrigeait ses erreurs
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                « Je soumets à la discussion cet examen des failles et des erreurs qui ont pu contribuer à creuser l'ornière du stalinisme. Lénine lui-même les apercevait souvent en cours de route, et s'efforçait de les corriger ; mais il a quitté la scène de l'histoire à 53 ans, laissant à peine ouvert le chantier de la construction d'une société nouvelle. De la première grande tentative de dépassement du système capitaliste, l'histoire aujourd'hui est bouclée ; elle a largement confirmé l'avertissement que le grand révolutionnaire, en janvier 1921, adressait au IIème Congrès des mineurs de Russie : "Nul ne peut causer notre perte, sauf nos propres erreurs." Cette lucidité-là et cette capacité de se remettre en cause, "en conservant force et souplesse pour, à nouveau repartir à zéro", voilà sans doute ce qui a le plus manqué après lui. C'est aussi ce dont nous avons besoin : de ce point de vue, Lénine reste un grand exemple. »
                Jean-Jacques Goblot, « Lénine et la genèse du stalinisme », Cahiers d'histoire Espace Marx, vol. 159 pages, n°63, p.104, pp. 93-106, 2ème trimestre 1996.

                En 1945 Staline déclare la guerre au Japon afin de venger la défaite russe de 1905 que Lénine avait vue favorablement

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                En 1945 Staline déclare la guerre au Japon afin de venger la défaite russe de 1905 que Lénine avait vue favorablement
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                « En 1904, alors que la guerre fait rage, Lénine est absorbé par les querelles de son parti et, pendant toute cette année, il n'écrit presque rien d'autre que des textes destinés à polémiquer avec d'autres fractions (...) Lénine est convaincu que la débâcle militaire dans la guerre opposant la Russie au Japon débouchera sur une contestation déchaînée de la part du Narod. Alors, le prolétariat se lèvera et prendra la tête de l'insurrection pour libérer le peuple tout entier, pour assurer à la classe ouvrière la possiblité de mener ouvertement, largement et en s'appuyant sur toute l'expérience de l'Europe, la lutte pour le socialisme. »
                Lars T Lih, Lénine. Une biographie, p.102, Une révolution du peuple, Les Prairies Ordinaires, Paris, 2015 (2011).

                La politique de collectivisation agricole violente de Staline tournait le dos aux choix de Lénine clamés avec insistance en 1919

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                La politique de collectivisation agricole violente de Staline tournait le dos aux choix de Lénine clamés avec insistance en 1919
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                « A l'évidence Staline a construit sa vision des campagnes socialistes à partir de Lénine et plus généralement du socialisme marxiste. Du point de vue des crimes contre l'humanité, ce qu'il faut expliquer, ce n'est pas cette vision, mais l'emploi massif de la violence entre 1930 et 1934 dans le but d'imposer à la paysannerie un changement radical des méthodes de production, donc de mode de vie, en très peu de temps. Quant à l'usage de la violence dans ce but, la position de Lénine est claire : il y est opposé. Il n'a pas de mots assez durs pour dénoncer ce "bezobrazie", ce scandale et cette absurdité. Et c'est en 1919, au plus fort de la guerre civile, qu'il le fait avec le plus d'insistance. Bien qu'il soit déçu par les expériences socialistes dans les campagnes, il exclut de recourir à la violence pour atteindre cet objectif. Tous les bolcheviks antistaliniens de 1932 voyaient parfaitement qu'il existait, sur ce plan, une discontinuité radicale entre Lénine et Staline. Dans un document clandestin diffusé à l'époque, ils opposent l'agression stalinienne contre la paysannerie aux méthodes de Lénine, qui voulait convaincre les paysans en leur montrant "d'authentiques exemples des authentiques avantages des fermes collectives organisées d'une manière authentiquement volontaire". Ils ironisent sur le fait que les deux méthodes se ressemblent à peu près autant que l'invasion japonaise de la Mandchourie ressemble à l'autodétermination nationale. »
                Lars T Lih, Lénine. Une biographie, p.221-222, épilogue, Les Prairies Ordinaires, Paris, 2015 (2011).

                Des années vingt aux années trente le système pénal de rééducation par le travail s'est métamorphosé en châtiment par le travail

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                Des années vingt aux années trente le système pénal de rééducation par le travail s'est métamorphosé en châtiment par le travail
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                « « Ceux qui ont étudié le fonctionnement de la justice et des patriques pénitentiaires dans les années vingt (période de la NEP) savent que le camp était conçu pour être une forme de détention plus humaine que les "cages" appelées prisons. Ce lieu où l'on travaillerait dans des conditions proches de la normale était considéré comme le meilleur moyen de rééduquer et de réhabiliter (...) Les tribunaux cherchaient à limiter les peines de prison au profit de condamnations au travail "obligatoire" (prinudraboty), souvent traduit à tort en occident "travail forcé". Les débats et les publications sur la criminalité étaient très novateurs et publics (....) Tout cela prend fin dans les années trente, même si les conceptions libérales se maintiennent encore. Des magistrats et des criminologues se battent pour que les camps ne deviennent pas un instrument de châtiment par le travail ( en fait par le travail forcé ), perdant ainsi leur fonction intitale de rééducation par le travail. Mais en vain. La conception du "travail forcé" est un effet secondaire de l'industrialisation à outrance. La main d'oeuvre incarcérée est facile à mobiliser, peu coûteuse, soumise à une discipline de fer et aisément remplaçable (... ) Le NKVD et sa police secrète ne peuvent qu'être intéressés à jouer un rôle de première importance dans l'industrialisation du pays. Ils sont le fer de lance de la transformation du système pénitentiaire en un immense secteur industriel sous leur administration. il va de soi que les condamnés en seront la main d'oeuvre. Il faut donc en fournir le plus grand nombre possible. Les tâches de basse police ne sont pas de celles qui peuvent donner du prestige au NKVD. » »
                Moshe Lewin, Le siècle soviétique, p.151 et 152, Fayard / le Monde diplomatique, Paris,, 2003.
                Voir plus...
                « Lénine aurait été le créateur des "camps de concentration" en Russie (les premiers "camps de concentration"ont été créés vingt ans plus tôt par l'Angleterre en Afrique du Sud lors de la guerre des Boers). Cette expression ayant pris un sens terrible avec l'institution stalinienne du "goulag", et pis encore avec les camps de la mort hitlériens, l'effet produit par cette assertion est assuré. Or il y a là tromperie qualifiée. La guerre civile conduit Lénine à décider d'ouvrir au printemps 1918 des camps d'internement, camps dans lesquels commencera d'être organisé du travail en 1919, à partir de l'idée de sa portée rééducative. Il n'y a dans ces camps ni mise en place d'un système d'exploitation économique ni politique de dépersonnalisation, moins encore de plan d'extermination. Parler en ce cas de "camps de concentration" est pratiquer délibérément l'équivoque, ce par quoi un historien ne se grandit pas. Sur ce point non plus, Staline n'est pas déjà dans Lénine. »
                Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.p. 41, note 35, De la dictature du prolétariat au "refus de tout compromis", Editions sociales / 1917+ cent, Paris, 2017.
                Il n'y a aucune objection pour le moment.

                Staline est un héritier calomnié de Lénine

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                Staline est un héritier calomnié de Lénine
                Dans ce débat on ne saurait ignorer le problème de la révision à la baisse des chiffres des victimes du stalinisme qu'avait mise en avant Nicolas Werth en septembre 1993 dans l'Histoire, et dont le parti communiste du travail de Belgique, sous l'autorité de Ludo Martens, a aussitôt et presque seul (un article dans le Monde de Michel Tatu a également suivi) informé ; serait-ce sur un ton polémique. La filiation Lénine/Staline est implicite, les auteurs n'ayant jamais que mis en accusation les successeurs de Staline, Khrouchtchev en particulier. Martens attaque en particulier les chiffres apocalyptiques communiqués en 1971 par l'historien britannique Robert Conquest puis par le dissident soviétique Roy Medvedev. A suivi en 1998 un article du communiste suédois Mario Sousa. Quoiqu'il en soit des corrections considérables à la baisse il ressort qu'en 1951 (2.500.000 au lieu de 12 à 13 millions), selon les sources acceptées par Ludo Martens les camps staliniens comptaient 245. 340 prisonniers politiques innocents qui n'avaient jamais ni commis de délits ou crimes de droit communs, ni collaboré avec les nazis. Trente ans plus tard d'après les rapports d'Amnesty International, à la fin des années Brejnev, il y avait moins d'un millier de prisonniers d'opinions.
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                Lénine et Staline ont condamné l'antisémitisme

                Staline passe pour être antisémite. Un historien et philosophe italien, Domenico Losurdo, qui s'est livré à une critique radicale de la légende noire de Staline, aborde le sujet. Le 6 novembre 1941 Staline dénonce l'antisémitisme d'Hitler. On peut confronter son discours à celui de Lénine, prononcé en mars 1919, une lettre sur le bilan tout autant antisocial qu'antisémite du tsarisme écrite de mars 1917, comme à des écrits antérieurs à 1914 : au moins deux textes de 1911. Ce que dit en réaction Hitler à Staline le surlendemain 8 novembre 1941 montrerait plutôt que les deux hommes n'ont rien en commun et que Hitler poursuit en Staline la lutte contre le "judéo-bochevisme"omniprésent dans les attaques contre les Bolcheviks du vivant de Lénine. Après la mort de Staline Kaganovitch restera fidèle à sa mémoire au point de participer au complot antiparti contre Khrouchtchev en 1957.
                « On appelle antisémitisme le fait de semer la haine contre les Juifs. Lorsque la maudite monarchie tsariste vivait ses derniers jours, elle s'efforcait de dresser les ouvriers et les paysans ignorants contre les Juifs. La police tsariste, alliée aux grands propriétaires fonciers et aux capitalistes, organisait des pogroms antijuifs (...) Seuls des gens complètement ignorants, complètement abrutis peuvent croire les mensonges et les calomnies déversés contre les Juifs (...) Les ennemis des travailleurs, ce ne sont pas les Juifs. Ce sont les capitalistes de tous les pays. Il y a parmi les Juifs des ouvriers, des travailleurs : ils forment la majorité. Ce sont nos frères opprimés par le capital, nos camarades de combat pour le socialisme. Il y a parmi les Juifs des koulaks, des exploiteurs et des capitalistes, comme parmi les Russes, comme dans toutes les nations. Les capitalistes cherchent à semer et attiser la haine entre les ouvriers de croyances, de nationalités et de races différentes. Ceux qui ne travaillent pas, se maintiennent par la force et le pouvoir du capital. Les riches, Juifs et Russes, de même que les riches de tous les pays, alliés les uns aux autres, écrasent, oppriment, pillent et désunissent les ouvriers. Honte au tsarisme maudit qui torturait et persécutait les Juifs. Honte à ceux qui sèment la haine contre les Juifs, à ceux qui sèment la haine contre les autres nations. Vivent la confiance fraternelle et l'alliance de combat entre les ouvriers de toutes les nations dans la lutte pour le renversement du capital. »
                Lénine, « "A propos des pogroms antijuifs" (discours enregistré sur disque). », Œuvres, tome 29-mars-août 1919, p.254-255, fin mars 1919, Éditions sociales, Paris, 1962.
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                Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
                « Dans son essence le régime de Hitler est une copie de ce régime réactionnaire qui a existé en Russie sous le tsarisme. Il est notoire que les Hitlériens piétinent les droits des ouvriers, les droits des intellectuels et les droits des peuples, comme le régime tsariste les a piétinés et qu'ils déchaînent des pogroms moyenâgeux contre les Juifs de même que les avait déchaînés le régime tsariste. »
                Domenico Losurdo, « discours de Staline prononcé le 6 novembre 1941 », Staline, histoire et critique d'une légende noire, p.310, Aden, 2010.
                « L'homme qui est provisoirement devenu seigneur de cet Etat n'est rien d'autre qu'un instrument aux mains de l'omnipuissant judaÏsme ; si sur la scène, devant le rideau, c'est Staline que l'on voit, derrière lui se tiennent Kaganovitch et tous ces Juifs, qui, dans une ramification capillaire, dirigent cet énorme empire. »
                Domenico Losurdo, (Hitler, 8 novembre 1941), Staline, histoire et critique d'une légende noire, p.311-312, chapitre 5, Aden, Paris, 2011.
                Il n'y a aucune objection pour le moment.

                Staline n'a pas fait assassiner Kirov

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                Staline n'a pas fait assassiner Kirov
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                Une autre affaire qui fragilise la comparaison par la négative entre Lénine et Staline est la mise en cause en 1995 de la responsabilité Staline dans l'assassinat de Kirov dans un ouvrage russe traduit en français dans une collection dirigée par Nicolas Werth et Stephane Courtois, deux historiens qui s'acharnent à démontrer que Staline était déjà dans Lénine.
                « Staline avait-il ordonné l’assassinat de Kirov le 1er décembre 1934 ? La question hantait les historiens depuis des décennies. La plupart d’entre eux étaient parvenus à la conclusion que Staline avait bel et bien fomenté l’assassinat de l’un de ses plus proches compagnons. Archiviste et responsable du Musée Kirov, l’auteur a pu consulter l’ensemble des archives disponibles sur « l’affaire Kirov ». Après un long et minutieux travail de vérifications et de recoupements, elle conclut à la non-participation de Staline. Le meurtre de Kirov fut un acte individuel, accompli par un jeune communiste déséquilibré, Leonid Nikolaiev (...) Alla Kirlina démonte, de manière convaincante, la légende d’un Kirov, rival et contradicteur du dictateur. Au contraire, Kirov qui, comme de nombreux proches du dirigeant, fit ses armes dans le Caucase dans les années 20, fut un stalinien sans états d’âme. »
                Laurent Rucker, « L'assassinat de Kirov, destin d'un stalinien 1888-1934. (Critique d'un ouvrage d'Alla Kirilina) », Le Monde diplomatique, juin 1995.
                Voir plus...
                « Les temps sont désormais révolus où à propos du cas de Sergei M. Kirov, dirigeant de tout premier plan du PCUS, tombé le 1er décembre 1934 à Léningrad sous les coups de pistolet d'un déséquilibré (Léonid Nicolaiev), on pouvait écrire qu'il n'y a plus de doute sur le fait que l'assassinat a été organisé par Staline et réalisé par ses agents de police (...) nous disposons à présent de la recherche d'une historienne russe, publiée en français dans le cadre d'une collection dirigée par Stephane Courtois et Nicolas Werth, c'est-à-dire par les auteurs du livre noir du communisme. Nous sommes donc en présence d'un travail qui se présente avec les rtéférences antistaliniennes les plus solides qui soient (...) ce travail met en pièces la version contenue ou suggérée dans le rapport secret au XXème congrès du PCUS (...) Les rapports de collaboration et d'amitié réels qui ont cours entre le leader et son collaborateur apparaissent en fait clairement dans le portrait que l'historienne russe fait de Kirov (...) Cette thèse est d'autant plus ridicule que Kirov ne participe qu'épisodiquement " à l'activité du plus haut organe du pouvoir du parti, pour se concentrer au contraire sur l'administration de Léningrad. »
                Domenico Losurdo, Staline, histoire et critique d'une légende noire, p.99-100, chapitre 2, Paris, 2011.

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                Pour aller plus loin

                Bibliographie [ modifier ]

                Plutôt POUR

                • Stéphane Courtois, Nicolas Werth, Karel Bartošek, Jean-Louis Panné, Andrzej Paczkowski, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
                • Stéphane Courtois (dir.), Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
                • Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
                • Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

                Plutôt CONTRE

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                Ni POUR ni CONTRE

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                Sitographie [ modifier ]

                Plutôt POUR

                Aucune référence sitographique POUR n'a été entrée pour le moment.

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                Ni POUR ni CONTRE

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                Plutôt POUR

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                Plutôt CONTRE

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                Ni POUR ni CONTRE

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                Débats connexes [ modifier ]

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