Les éléments les plus conscients et les plus dévoués de Kronstadt étaient en train de combattre sur le front de la guerre civile

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Oui, Cronstadt fut une page héroïque de l'histoire de la révolution. Mais la guerre civile commença à dépeupler systématiquement Cronstadt et toute la flotte de la Baltique. Déjà, dans les journées de l'insurrection d'Octobre, des détachements de marins de Cronstadt furent envoyés en renfort à Moscou. D'autres furent ensuite dirigés sur le Don, en Ukraine, pour réquisitionner le blé, organiser le pouvoir local. Les premiers temps, Cronstadt semblait inépuisable. Il m'arriva d'envoyer de différents fronts des dizaines de télégrammes réclamant la mobilisation de nouveaux détachements « sûrs », formés d'ouvriers de Petrograd et de marins de la Baltique. Mais, dès la fin de 1918 et en tout cas pas plus tard que 1919, les fronts commencèrent à se plaindre que les nouveaux détachements marins de Cronstadt n'étaient pas bons, qu'ils étaient exigeants, indisciplinés, peu sûrs au combat, en somme, plus nuisibles qu'utiles. Après la liquidation de loudénitch à l'hiver 1919, la flotte de la Baltique et Cronstadt tombèrent dans une prostration totale. On en avait retiré tout ce qui avait quelque valeur, pour le jeter dans le Sud, contre Denikine. Si les marins de Cronstadt de 1917-1918 s'étaient trouvés considérablement au-dessus du niveau de l'Armée rouge et avaient constitué l'armature de ses premiers détachements, de même que l'armature du régime soviétique dans de nombreux gouvernements, les marins qui étaient restés dans le Cronstadt « en paix » jusqu'au début de 1921 sans trouver d'emploi sur aucun des fronts de la guerre civile, étaient en règle générale considérablement au-dessous du niveau moyen de l'Armée rouge, et contenaient un fort pourcentage d'éléments complètement démoralisés qui portaient d'élégants pantalons bouffants et se coiffaient comme des souteneurs. »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.
« Cronstadt avait été complètement vidée des marins les plus dévoués, et ces derniers jouaient un rôle important sur le front et dans les soviets locaux du pays tout entier. Il restait la masse grise avec de grandes prétentions (« Nous, ceux de Cronstadt ! »), mais sans éducation politique et pas prête aux sacrifices révolutionnaires. Le pays était affamé. Ceux de Cronstadt exigeaient des privilèges. L'insurrection fut dictée par le désir de recevoir une ration de privilégié. »
Léon Trotski, « Réponse à des questions de morale et d’histoire », 6 juillet 1937.

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