Le revenu de base permet de lutter contre la pauvreté

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Résumé

Parce qu'il offre à chaque personne de quoi s'acheter un panier de biens et de services essentiels, le revenu de base permet de réduire drastiquement le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. De plus, parce qu'il est versé à tous les citoyens sans condition, le revenu de base n'est pas soumis au problème du non-recours touchant les populations les plus pauvres, qui en bénéficieraient automatiquement.

Citations

Baptiste Mylondo

« Un revenu pour quoi faire ? Éradiquer la pauvreté d'abord car, étant versé automatiquement à chaque citoyen, ce revenu inconditionnel n'entraînerait aucune exclusion de fait (connaissance des aides disponibles, épreuve du guichet) ou de droit (conditions d'attribution), contrairement aux minima sociaux aujourd'hui en vigueur. Et si l'on fixe son montant à un niveau égal ou supérieur au seuil de pauvreté, le revenu inconditionnel permettrait mathématiquement d'éradiquer la pauvreté dans sa définition statistique. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

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Sous-arguments

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Objections

Lutte seulement contre la « pauvreté absolue »

Si le revenu de base permet de lutter contre l'extrême pauvreté, il n'est pas forcément une arme contre la pauvreté relative, qui est définie en fonction du revenu médian. En effet, toutes les propositions de revenu de base faites à ce jour sont inférieures au seuil de pauvreté retenu par l'Union européenne, égal à 60 % du revenu médian.
« Les allocataires l’ont aussi rappelé avec force : les minima sociaux ne permettent pas de sortir de la pauvreté. Aucun n’atteint d’ailleurs le seuil de pauvreté, qui est de 1 008 euros mensuels pour une personne seule (le seuil de pauvreté monétaire est fixé à 60 % du niveau de vie médian, Insee 2014). Avec un minimum vieillesse ou une allocation pour adultes handicapés (AAH) fixés respectivement à 808 euros par mois, on parvient tout juste à s’en sortir. Et encore, s’il n’y a pas d’imprévu – une dépense de santé non remboursée, une machine à laver en panne… Mais en dessous, on n’y arrive pas. Avec un RSA à 535 euros par mois, on doit aller aux distributions alimentaires, ce qui est chaque fois une humiliation quelle que soit la qualité de l’accueil qu’on y trouve. »

La nécessité d'une lutte contre les inégalités

La pauvreté est liée aux inégalités de richesse, et en particulier de patrimoine. Si le revenu de base n'est pas couplé à des mesures de lutte contre les inégalités, il ne peut réduire efficacement la pauvreté.
« La question fondamentale à se poser est  : est-ce que ce système [de revenu de base] contribuera à diminuer les inégalités ? Si oui, alors il réduira la pauvreté, mais s’il ne contribue pas à diminuer les inégalités, alors il ne réduira pas la pauvreté. Or, une des inégalités les plus fortes est celle du patrimoine (et du capital) : à ma connaissance, l’allocation universelle ne sait rien faire avec ça. Si on ne touche pas à ces choses fondamentales, le revenu de base sera alors juste un petit élément correcteur, à la marge... Il faut qu’il soit construit en rapport avec une plus juste répartition des richesses. Sinon, le risque c’est de tomber dans une logique très libérale au sens premier du terme, c’est-à-dire très « chacun pour soi ». On vous donne votre truc, et après c’est bon, débrouillez-vous avec. »
Christine Mahy, « Le revenu de base éliminera-t-il la pauvreté ? », L'inconditionnel, n°1, décembre 2014.

La nécessité d'un accompagnement social

Pour aider les personnes en situation de pauvreté à s'en sortir, donner un revenu n'est pas suffisant. Il faut également accompagner ces personnes par des professionnels formés et bienveillants, qui les aideront à sortir de la situation d'isolement dans laquelle elles se trouvent.
« Si l’on veut réellement lutter contre la pauvreté, peut-on ne parler que de revenu ? Trouver sa place dans le monde du travail et dans la société nécessite pour beaucoup un accompagnement par des personnes formées et bienveillantes. Donner un revenu sans garantir cet accompagnement peut conduire à un isolement, voire à un enfermement pire que celui que beaucoup connaissent déjà. »

Un dispositif peu efficace

Étant d'un montant identique pour les plus riches et les plus pauvres, un revenu de base pour tous conduit à un gaspillage de ressources utilisées pour des personnes qui n'en ont pas besoin, alors qu'il suffirait de cibler les populations pauvres. Résoudre la pauvreté par un revenu de base pour tous est donc un moyen de lutte contre la pauvreté peu efficace.
« [D]u point de vue des finances publiques, distribuer la même somme à tous, y compris à ceux qui n’en ont pas besoin (en haut de la courbe des revenus par exemple), est assez inefficace ; l’utilité marginale procuré par 1 500 francs supplémentaires à des personnes du dernier décile du haut de la distribution des revenus est quasiment nulle, alors qu’elle est très forte pour les personnes dont c’est l’essentiel des ressources. Si une telle allocation peut paraître simple à organiser, elle ne débouche pas sur l’optimum collectif que la dépense publique cherche en principe à approcher. C’est bien la raison pour laquelle de nombreuses prestations sociales ont été ciblées vers les personnes qui en ont le plus besoin. C’est l’origine de la mise sous condition de ressources de nombreuses allocations, au risque, certes, d’une stigmatisation des populations bénéficiaires, et d’effets de seuil dont on a vu précédemment la perversité. Mais ces risques ne peuvent conduire à préférer le traitement indifférencié des populations au mépris des besoins spécifiques dont elles font droit. Et ce sont ces risques que veulent surmonter les allocations différentielles. »
Cédric Afsa, Jean-Michel Belorgey, Annie Fouquet, Minima sociaux, revenus d'activité, précarité, Commissariat général du plan, 2000.

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Pour aller plus loin

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