Le revenu de base apporte de meilleures conditions de vie

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat Faut-il instaurer un revenu de base ?
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Citations

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Sous-arguments

Une réduction de la pauvreté

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Le revenu de base permet de lutter contre la pauvreté
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Parce qu'il offre à chaque personne de quoi s'acheter un panier de biens et de services essentiels, le revenu de base permet de réduire drastiquement le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté

Le seuil de pauvreté est un indicateur lié à la pauvreté. Le seuil de pauvreté peut être défini de manière absolue (en fonction d'un panier de consommation minimale) ou relative (en pourcentage du revenu médian ou moyen). Ce seuil prend des valeurs radicalement différentes selon l'option de calcul retenue pour le pays.

Source : Wikipédia
. De plus, parce qu'il est versé à tous les citoyens sans condition, le revenu de base n'est pas soumis au problème du non-recours touchant les populations les plus pauvres, qui en bénéficieraient automatiquement.
« Un revenu pour quoi faire ? Éradiquer la pauvreté d'abord car, étant versé automatiquement à chaque citoyen, ce revenu inconditionnel n'entraînerait aucune exclusion de fait (connaissance des aides disponibles, épreuve du guichet) ou de droit (conditions d'attribution), contrairement aux minima sociaux aujourd'hui en vigueur. Et si l'on fixe son montant à un niveau égal ou supérieur au seuil de pauvreté, le revenu inconditionnel permettrait mathématiquement d'éradiquer la pauvreté dans sa définition statistique. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Une plus grande liberté

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Le revenu de base apporte plus de liberté
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En donnant à chacun les ressources monétaires pour bien vivre sans travailler, le revenu de base rend les individus plus libres d'accepter ou non un emploi, de réduire ou non leur temps de travail et de s'adonner à des activités librement choisies. De même, il offre une autonomie financière à toutes les personnes (notamment les femmes et les étudiants) qui souhaitent s'émanciper de leur conjoint ou de leur famille.
« Nous souhaitons apporter à chacun la sécurité fondamentale lui permettant de disposer pleinement de sa liberté et d’effectuer ses propres choix. Si la société me garantit le financement de mes besoins primaires, je suis mieux à même de décider de ma vie comme je l’entends, sans être à la merci des caprices d’un employeur ou de l’aumône de l’Etat. Cette sécurité est le pendant de la responsabilité puisqu’elle doit libérer les individus du besoin et le Gouvernement de l’obligation de multiplier sans fin les allocations diverses colmatant un patchwork social inefficace. Un revenu minimum, se substituant au maquis actuel des allocations et aides diverses, dote chacun d’un stock suffisant de liberté de (de travailler ou de ne pas travailler, d’avoir ou non une famille, de choisir son mode de vie) pour permettre de garantir à tous les libertés à (à conclure volontairement toute forme de contrat, à disposer de son corps, à jouir pleinement de ses propriétés) 3 . En un sens, le revenu minimum permet de dépasser à la fois le discours sur l’assistanat, en établissant un mécanisme transparent et identique pour tous, et celui sur la solidarité, en garantissant un filet de sécurité tel que la vaste majorité des autres allocations puissent être supprimées. Il assure à chacun les moyens de sa dignité sans chercher à influencer les comportements ni à contraindre l’activité économique. »
Marc de Basquiat, Gaspard Koenig, LIBER, un revenu de liberté pour tous, Editions de l'Onde, 2015/03/01.
« Un revenu de base libère les personnes de l'obligation formelle de travailler. Il permet à chacun de choisir librement quel travail il veut effectuer. L'obligation formelle de travailler et la dépendance totale au travail pour un revenu constituent des atteintes aux valeurs démocratiques et à la dignité humaine. En conséquence, beaucoup de personnes sont malheureuses dans leur travail : à cause de mauvaises conditions de travail et de sous-paiement, ou parce que le travail qu'elles doivent faire ne correspond pas à leurs capacités ou leurs aspirations, idées et valeurs. Un revenu de base donnera la liberté aux personnes de choisir le travail qu'elles veulent vraiment faire. »
Fondation du revenu de base global, Un revenu de base global.
« [L]e revenu inconditionnel est un facteur d'émancipation des individus dont il favorise l'autonomie sociale et financière. Libéré du souci constant de la survie et de la contrainte du travail, chaque citoyen pourrait se consacrer aux activités de son choix et donner libre cours à ses envies. Par ailleurs, étant versé à titre individuel, le revenu inconditionnel pourrait avoir un impact décisif sur l'émancipation des femmes notamment, en favorisant leur indépendance financière. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Plus de temps libre

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Le revenu de base apporte plus de temps libre
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En donnant aux individus de quoi subvenir à leurs besoins sans avoir besoin d'autant travailler, voire sans avoir besoin de travailler du tout, le revenu de base offre la possibilité d'avoir beaucoup plus de temps libre.

Ce temps libre pourrait permettre aux individus d'exercer plus d'activités épanouissantes, qu'elles soient récréatives, culturelles ou sportives, mais aussi à de la formation, à de l'éducation, à du développement personnel, à de l'aide à la personne, etc. Le revenu de base pourrait aussi être un moyen d'inciter les citoyens à participer à la vie locale, associative et notamment politique, en permettant à chaque citoyen de s'informer et de s'investir dans la chose publique, la vie de la cité.
« Ce revenu élémentaire inconditionnel assure à l’homme une nouvelle liberté et lui permet de ne plus consacrer la totalité de son temps à gagner sa vie. Il peut ainsi retrouver du temps à donner au sens de son existence. Il permet d’investir en l’homme, dans sa richesse, son potentiel et son capital. En cela, il favorise aussi l’usage du temps libre. C’est ainsi que le besoin d’agir, d’œuvrer, d’être apprécié des autres ne dépendra plus, principalement, du travail. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».

Une réduction de la peur du chômage

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Le revenu de base réduit la peur du chômage
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Si chacun recevait un revenu suffisant pour bien vivre, même en étant sans emploi, le chômage ne serait pas vécu comme il l'est aujourd'hui : comme une situation financièrement difficile qui fait peur.

Deux tiers des Français ressentent le risque du chômage pour eux ou l'un de leurs proches http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/29/97001-20110929FILWWW00515-66-de-francais-ont-peur-du-chomage.php. Cette peur pourrait diminuer voire ne plus exister si un revenu de base suffisant pour bien vivre était perçu par chaque individu. Le fait de ne plus avoir d'emploi ne serait pas synonyme de difficultés financières comme cela peut être le cas aujourd'hui.
« [L]a reconnaissance d'un droit au revenu apporte une solution au chômage comme problème social. En effet, parce qu'il concrétise la revalorisation sociale des activités « hors travail », le revenu inconditionnel remet en cause le monopole du travail comme source de reconnaissance et d'intégration sociale. Or, c'est précisément ce monopole qui rend le chômage si problématique aujourd'hui. Par ailleurs, sur le plan économique, un revenu inconditionnel déconnecté du travail permettrait, au même titre que les allocations chômage auxquelles il viendrait s'ajouter, de garantir à chaque citoyen un niveau de vie décent. Ainsi, rompant avec la logique des politiques de l'emploi, aussi coûteuses qu'inefficaces, censées lutter contre le chômage, le revenu inconditionnel apparaît comme un outil non pas de lutte contre le chômage, mais de réfutation pure et simple du chômage comme problème économique et social. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Pas de stigmatisation

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Le revenu de base ne stigmatise pas ses bénéficiaires
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Parce que le revenu de base est versé à chaque citoyen sans qu'il ait besoin d'en faire la demande, il n'y a pas de stigmatisation des bénéficiaires, comme cela est le cas pour les différentes aides sociales.

En effet, une proportion importante des personnes qui pourraient avoir recours à des prestations sociales en France ne le font pas, souvent parce qu'elles ont peur du regard qui est porté sur celui qui les réclame http://www.lagazettedescommunes.com/137865/%C2%AB-le-non-recours-aux-prestations-sociales-est-bien-superieur-a-la-fraude-%C2%BB-philippe-warin-politologue/. Dans un contexte marqué par les discours sur l'« assistanat », une demande d'aide est généralement perçue comme une marque de faiblesse et tend à faire culpabiliser ceux qui en éprouvent le besoin.
« [L]e revenu garanti étant universel et inconditionnel — il est versé à tous, pauvres et riches, ces derniers le remboursant par l’impôt —, des économies seraient réalisées en supprimant tout le travail administratif lié à la surveillance des bénéficiaires de l’aide sociale, discutable du fait de son caractère humiliant, intrusif et moralisateur. »
Mona Chollet, « Imaginer un revenu garanti pour tous », Le Monde diplomatique, mai 2013.
« Les systèmes de sécurité sociale actuels stigmatisent aussi les personnes qui reçoivent les prestations. Seul le travail rémunéré est considéré comme un « vrai » travail et ceux qui reçoivent des prestations de sécurité sociale sont regardés comme profitant de ceux qui travaillent et paient leurs impôts. Un revenu de base supprimera cette stigmatisation et permettra aux personnes qui ne peuvent pas effectuer ou trouver un travail rémunéré de participer et contribuer à la société autrement de manière significative et respectable. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
« Aujourd’hui, 1/3 des ménages éligibles au RSA socle et 2/3 des personnes éligibles au RSA activité – complément de revenu pour ceux qui ont un salaire modeste – ne le demandent pas. La lourdeur des démarches administratives et la stigmatisation qu’elles impliquent n’y sont pas pour rien. Aussi, bon nombre de ces ménages ne savent pas qu’ils ont droit au RSA activité. Le revenu de base étant distribué automatiquement, il supprime le non-recours et permet ainsi déjà de réduire la pauvreté et les inégalités. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Le revenu de base ».

Une meilleure santé

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Un revenu de base améliore la santé
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« Cette expérimentation [Finlande, montant mensuel 560 €] peut, à juste titre, être considérée comme portant sur un véritable revenu de base, puisque l’allocation était rendue inconditionnelle aux trois sens indiqués, et les résultats provisoires actuellement disponibles pour la première année ne sont pas inintéressants. Ainsi, ils révèlent une diminution de la participation des bénéficiaires au marché du travail au cours du premier semestre, mais une augmentation de cette participation au cours du second. En outre, des entretiens menés au terme de la deuxième année suggèrent une amélioration significative de leur état de santé et un optimisme accru quant à leurs perspectives d’emploi. »
Philippe Van Parijs, Yannick Vanderborght, « Pour un revenu de base individuel, universel et libre d’obligation », Le Monde, 04/09/2019.

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Objections

Tout dépend du montant

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Le revenu de base ne peut tenir ses promesses que s'il est d'un montant suffisant
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Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Désocialisation, ennui et dépression

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Le revenu de base favorise la solitude, l'ennui et la dépression
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Le travail est un moteur important d'inclusion sociale et de satisfaction personnelle, le fait de ne pas travailler suscitant souvent un sentiment d'inutilité, comme l'attestent les sondages interrogeant les chômeurs Voir le sondage IPSOS daté du 3 mai 1994, Paroles de chômeurs..

Une harmonisation par le bas pour les chômeurs et les retraités

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Le revenu de base harmonise par le bas le revenu des chômeurs et des retraités
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Si le revenu de base est financé en redistribuant à tous les allocations versées aux chômeurs ou aux retraités, comme le propose Jacques Marseille, les chômeurs et les retraités auront certes tous un revenu identique, mais le revenu qu'ils toucheront sera dans la plupart des cas inférieur à l'allocation chômage ou retraite qu'ils toucheraient avec le système actuel (le revenu de base devant être pour la plupart de ses défenseurs d'un montant inférieur au salaire minimum). Le revenu de base conduirait à une harmonisation par le bas pour les chômeurs et les retraités.

Une dégradation des conditions de travail

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L'instauration d'un revenu de base risque de dégrader les conditions de travail
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Un revenu de base d'un montant élevé semblant irréaliste, le revenu de base risque d'être, pour la majorité des personnes, un revenu minimum devant être couplé à un ou plusieurs emplois complémentaires. Puisque la plupart des personnes auront besoin de ces emplois d'appoint, il est probable que le nombre de « petits boulots » précaires et mal rémunérés augmente considérablement, avec un danger : la dégradation du marché du travail et la généralisation de la précarité.
« [U]n montant versé sans condition à toute personne ne peut être que médiocre et ne peut assurer l’indépendance économique des bénéficiaires. Ceux-ci seraient obligés d’accepter du travail à n’importe quel prix pour arrondir leur allocation. Il en résulterait une dégradation du marché du travail et la prolifération de « boulots » mal payés. Le revenu inconditionnel contribue ainsi à institutionnaliser, selon les termes de Robert Castel, le « précariat ». »
Mateo Alaluf, « L'allocation universelle contre la protection sociale », 14 juin 2013.

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Références

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