Lénine et les bolchéviks ne sont pas responsables de la guerre civile

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher

Présentation de l'argument [ modifier ]

En plus du philosophe trotskyste nous avons son confrère Lucien Sève, proche du parti communiste français qui entend en 2017 contester sur le plan de la méthode les responsabilités imputées aux Bolcheviks par les historiens antiléninistes tels que Nicolas Werth, André Graziozi, Dominique Colas et Hélène Carrère d'Encausse. Nombre de textes conciliants de Lénine ont été occultés dans leurs travaux. Un récent Que-Sais-je de Nicoals Werth dénote une sensible correction de ces impasses, comme une inflexion de son discours antiléninien.

Citations [ modifier ]

« Dès l'été 1918, rappelle Nicolas Werth, les armées blanches étaient solidement établies sur trois fronts et les bolchéviks « ne contrôlaient plus guère qu'un territoire réduit à la Moscovie historique ». Les dispositions de la terreur sont prises en août-septembre 1918, lorsque l'agression étrangère et la guerre civile ont commencé. De même, dans la Révolution française, Danton proclame la terreur pour canaliser la terreur populaire spontanée qui éclate avec les massacres de septembre devant la menace que fait peser sur Paris l'avancée des troupes coalisées de Brunswick. Il admet donc que la responsabilité dans le déclenchement de la guerre civile n'est pas du côté de la révolution. »
Daniel Bensaïd, « Communisme contre stalinisme », Rouge, n°1755, 1997.
« Avant Octobre y-a-t-il eu de sanglantes actions armées organisées ? A cette question précise il y a en tout cas une réponse incontestable : oui, du côté des militaires tsaristes. A Moscou en juillet 17, des élèves officiers, espérant déclencher un soulèvement contre-révolutionnaire, ont organisé un massacre et fusillé des soldats devant le mur du Kremlin, dit Lénine au Soviet de Pétrograd. Vrai ou faux ? Nos auteurs se dispensent d'en parler ... Mais quand le peuple eût remporté la victoire, poursuit Lénine, il rendit aux ennemis non seulement les honneurs de la guerre mais encore leurs armes ( t. 26 p. 306)- ce dernier fait est de ceux qui le conduisent à constater la grande naïveté qui règne encore dans le peuple et chez les bolcheviks même face à un adversaire s'avérant d'emblée sans scrupules. Avec ce soulèvement des élèves-officiers, la bourgeoisie a déclenché la guerre civile, dit Lénine au IIème congrès des députés-paysans début décembre (376). Il avait écrit dès août 1917, répondant à une question Qui a commencé : ce n'est ni le gouvernement ni les Soviets, c'est la bande contre-révolutionnaire des officiers groupés autour de l'état-major général (t. 25, 224). L'accusation est précise ; elle n'est pas réfutée mais occultée par les antiléninistes. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.57-58, Qui a voulu la guerre civile ?, Éditions sociales, Paris, 2017.
« J'en étais là dans l'écriture du présent texte lorsque parut, début 2017, un nouveau petit livre de Nicolas Werth portant entièrement sur l'année 1917. Sa lecture me réservait une vraie surprise : l'histoire werthienne y a très sensiblement changé en mieux, pour une part au moins, dans son orientation même (...) Selon cet esprit Nicoas Werth esquisse, dans le petit nombre de pages dont il dispose, une histoire de l'année 1917 brossée avec maîtrise et dont la tonalité d'ensemble comme le sens général tranchent non point avec sa seule contribution d'il y a vingt ans au livre noir du communisme, mais chose marquante, avec les deux versions bien plus récentes de son histoire de l'Union Soviétique. Emblématique de cette reconsidération assez globale est la manière neuve dont Nicolas Werth traite ici Lénine et son action (...) : ses importantes intiatives de début septembre en faveur d'un compromis (p.90-91) qui dans l'Histoire de l'Union Soviétique étaient non seulement omises mais déniées. Dès lors le portrait politique de Lénine change de spectaculaire façon : n'ont plus place ici son prétendu choix de principe en faveur de la guerre civile ni sa supposée idéologie terroriste ; il lui est même reconnu d'être très prudent lors de la crise de juillet (p. 72) . »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine (à propos du Nicolas Werth les révolutions russes PUF Que-Sais-je 2017, p.80-81, Du nouveau inattendu, Éditions sociales, Paris, 2017.

[ ± Ajouter ou retirer une citation ]

Sous-arguments [ modifier ]

Lénine a en effet cité favorablement deux fois Danton en 1917

Page détaillée
Lénine a en effet cité favorablement deux fois Danton en 1917
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« Voici comment raisonnnait sur ces leçons, sur cette question le représentant et le fondateur de la tactique révolutionnaire prolétarienne, Karl Marx : (...) Il faut attaquer l'adversaire à l'improviste, alorss que ses troupes sont encore dispersées, il faut s'efforcer de remporter chaque jour de nouveaux succès même modestes ; il faut maintenir l'ascendant moral que vous aura valu le premier succès des insurgés ; il faut attirer les éléments hésitants qui suivent toujours le plus fort et se rangent toujours du côté le plus sûr ; il faut contraindre l'ennemi à la retraite avnat qu'il ait pu rassembler ses troupes contre vous ; bref agissez suivant les paroles de Danton, le plus grand maître jusqu'à ce jour de la tactique révolutionnaire : de l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace (la révolution et la contre-révolution en Allemagne, édition allemande de 1907 p. 118). »
Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 26, p.128 et 129, Les Bolcheviks garderont-ils le pouvoir ? postface 1er (14) octobre 1917, Editons Sociales, Paris, 1958.
Voir plus...
« Marx résumait le bilan des leçons de toutes les révolutions en ce qui concerne l'insurrection armée, par les paroles du plus grand maître de la tactique révolutionnaire de l'histoire, Danton : De l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace. »
Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 26, 8(21) octobre 1917, p.183, Conseils d'un absent, Editions sociales, Paris, 1958.

En septembre 1917 Lénine appelle vainement au nom de la paix à la formation d'une coalition gouvernementale SR-menchevik sans participation bolchevique

Page détaillée
En septembre 1917 Lénine appelle vainement au nom de la paix à la formation d'une coalition gouvernementale SR-menchevik sans participation bolchevique
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« En septembre 1917, avec une hardiesse impressionnante, à l'opposé même de ce que prétend Nicolas Werth, Lénine considère que la situation exceptionnelle qui a été créée par l'échec du pustch de Kornilov rend possible et souhaitable un compromis majeur de la part des bolcheviks : proposer aux mencheviks et aux socialistes-révolutionnaires de former un gouvernement sans participation bolchevique afin d'assurer si possible "la progression pacifique de la révolution" (t. 25, 335). Extraordinaire preuve d'ouverture politique -qui ne sera ni comprise ni saisie par ceux à qui elle est donnée. Mais peut-être, ajoute Lénine, n'est-ce plus possible ? Peut-être. S'il ne restait pourtant qu'une chance sur cent, cette chance vaudrait d'être tentée." On ne saurait trouver démenti plus écrasant au portrait d'un Lénine apologiste d'une "culture spécifique de guerre civile, marquée par un refus de tout compromis." (à propos de N. Werth la Terreur et le désarroi, p. 24) »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.45-46, De la dictature du prolétariat au "refus detout compromis", Editions sociales 1917 + cent, Paris, 2017.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.

[ ± Ajouter ou retirer un sous-argument ]

Objections

[ ± Ajouter ou retirer une objection ]

Références

[ ± Ajouter ou retirer une référence ]

Débat parent