Les étudiants peuvent jouer un rôle de contre-propagande au sein de l'université

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« Le mouvement ouvrier classique, la social-démocratie d’avant la Première Guerre mondiale et les partis communistes de masse ensuite, ont cherché à contrecarrer cette domination, à remplir une contre-éducation. Or, au cours des vingt, trente dernières années, cette contre-propagande systématique n’a plus du tout eu lieu (ou alors à une échelle très réduite). Certes, les travailleurs possèdent l’instinct nécessaire pour cette contre-propagande, ils occupent la position économique et sociale nécessaire à la compréhension de la duperie idéologique, mais ils n’ont pas le savoir indispensable à sa démystification. La fonction capitale des étudiants révolutionnaires serait, en conséquence, de suppléer aux insuffisances de l’instinct anti-capitaliste élémentaire d’une partie croissante de la classe ouvrière, lui fournissant le savoir, les faits, la science indispensables pour transformer cet instinct en conscience, en conscience scientifiquement fondée. C’est une tâche énorme. C’est la raison pour laquelle j’estime personnellement qu’il est plus juste que les étudiants révolutionnaires ne s’écartent pas systématiquement du travail universitaire pour aller, en tant qu’individus, dans les entreprises. Il vaut mieux qu’ils s’efforcent, par le travail universitaire dans les différentes universités et facultés, d’acquérir une telle capacité de saisie, d’assimilation et d’élaboration du savoir et des connaissances révolutionnaires, qu’ils soient capables de remplir la fonction de la reproduction de la conscience révolutionnaire dans la classe ouvrière, d’une manière quantitativement et donc qualitativement plus élevée. C’est là la fonction de ce qu’on a appelé, dans le jargon étudiant, « l’université rouge », telle que les mouvements étudiants révolutionnaires ont essayé de la mettre en place par exemple à Vincennes (Paris), ou à l’université libre de Berlin, ou à l’université technique de Berlin, c’est-à-dire refuser l’intégration dans l’université bourgeoise, refuser la réforme et la rationalisation de l’université, tenter au contraire de transformer au moins en partie l’activité enseignante en procès de production de science marxiste révolutionnaire, de conscience marxiste-révolutionnaire. Si cela dépassait le cadre étroit actuel, si cela pouvait se faire à grande échelle (et que les conditions objectives existent), alors la lutte de classe prolétarienne, la lutte de classe de la classe ouvrière pourrait se mener avec des armes intellectuelles et conscientes autrement meilleures que cela a pu se faire au cours des vingt à quarante dernières années. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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