Les étudiants ont un rôle révolutionnaire

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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de La révolution peut et doit se faire sans la classe ouvrière
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Il y a d'autres sujets révolutionnaires que la classe ouvrière
Il faut en finir avec l'ouvriérisme
La révolution sera paysanne
Les étudiants ont un rôle révolutionnaire
La révolution viendra des précaires et des chômeurs
La révolution viendra des marginaux
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Sommaire

Présentation de l'argument

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Citations

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Sous-arguments

Les étudiants sont de plus en plus aliénés

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Les étudiants sont de plus en plus aliénés
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« Les conséquences, quant à la nature sociale de l’étudiant, sont significatives. Comme le choix des études est de plus en plus déterminé par les lois du marché, les besoins du néo-capitalisme, et non par les préférences, les talents et les aspirations individuelles des étudiants, ceux-ci deviennent des apprentis intellectuels de plus en plus aliénés. Nous en arrivons ainsi à constater que la révolte étudiante n’est pas seulement le produit de l’aliénation du travail intellectuel proprement dit, mais aussi celui de l’aliénation du travail étudiant en soi. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Aucun pays industrialisé ne peut supporter le blocage prolongé de ses universités

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Aucun pays industrialisé ne peut supporter le blocage prolongé de ses universités
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« La force sociale croissante des étudiants ne doit pas nous empêcher de voir les importantes limites qu’elle renferme. Cette force seule ne suffit pas pour changer la société, pour arriver à renverser le mode de production capitaliste. Ceci dit, le fait suivant peut illustrer leur force objectivement grandissante : aucun pays industriel moderne de l’Occident ne pourrait se permettre — comme cela arrive quelquefois dans des pays en voie de développement — de fermer toutes ses universités pour un ou deux ans. Tout pays qui agirait ainsi prendrait un retard — non pas pour quatre ou cinq ans après, mais à court terme — dans la compétition internationale, il ne pourrait plus (ou pas assez bien) suivre le renouvellement technique, l’activité d’innovation qu’impose une concurrence permanente ; il subirait en conséquence des pertes, y compris matérielles, énormes. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Le mouvement étudiant peut jouer le rôle de détonateur

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Le mouvement étudiant peut jouer le rôle de détonateur
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« Est-il nécessaire de rappeler que la révolte étudiante à Paris en mai 1968 avait comme objectif immédiat la libération de quelques étudiants arrêtés par la police ? Si ce mouvement de protestation a pu déboucher sur la Nuit des barricades, sur l’énorme manifestation ouvrière de solidarité avec les étudiants, puis sur la grève générale avec occupation des usines, la raison ne peut se trouver dans la nature sociale du milieu étudiant, et moins encore dans la nature de la revendication qui a déclenché le mouvement. Elle est dans la fonction de détonateur qu’un nouveau mouvement politique de masse peut jouer dans une conjoncture sociale et politique particulière. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.
« Pourquoi, à certains moments, le mouvement étudiant peut-il jouer un rôle de révélateur et de détonateur de mouvements de rébellion sociale beaucoup plus larges ? Avant tout parce qu’il est un mouvement de masse d’une telle ampleur que son action a nécessairement un impact sur l’ensemble de la société. Nous avons là un nouveau résultat de l’explosion universitaire et de la croissance qualitative de cette masse étudiante, dont nous avons signalé les origines dans les besoins de néo-capitalisme, donc dans l’évolution du mode de production capitaliste lui-même. Quelques milliers d’étudiants qui manifestent peuvent passer inaperçus. Trente mille étudiants qui construisent des barricades dans le centre de Paris ne le peuvent pas. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Le mouvement étudiant peut être un soutien de premier ordre aux luttes anti-impérialistes dans le monde

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Le mouvement étudiant peut être un soutien de premier ordre aux luttes anti-impérialistes dans le monde
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« Ce qui se passa à Columbia, où la question de l’oppression de la communauté noire fut posée par les « étudiants rebelles », ressemble à ce qui s’est passé dans le mouvement étudiant européen, du moins parmi les éléments les plus avancés qui étaient très sensibles aux problèmes des secteurs les plus exploités du système capitaliste mondial. Ils engagèrent des actions de solidarité avec les luttes révolutionnaires d’émancipation des peuples des pays sous-développés ; avec Cuba, le Vietnam et d’autres parties opprimées du Tiers Monde. L’identification des fractions les plus conscientes du mouvement étudiant français avec la révolution algérienne, avec la lutte d’émancipation des Algériens contre l’impérialisme français, joua un très grand rôle. Ceci fut sans aucun doute le premier cadre dans lequel une véritable différenciation politique eut lieu sur la gauche du mouvement étudiant. Les mêmes étudiants jouèrent plus tard le rôle d’avant-garde dans la lutte pour la défense de la révolution vietnamienne contre la guerre d’agression de l’impérialisme américain. En Allemagne, cette sympathie pour les peuples coloniaux eut un point de départ assez exceptionnel. La grande révolte étudiante surgit lors d’une action de solidarité avec les travailleurs, paysans et étudiants d’un autre pays du prétendu Tiers Monde, l’Iran, lors de la visite du shah d’Iran à Berlin. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les étudiants peuvent contribuer à la formation de cadres révolutionnaires au sein de la classe ouvrière

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Les étudiants peuvent contribuer à la formation de cadres révolutionnaires au sein de la classe ouvrière
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« Les étudiants ne peuvent, d’eux-mêmes, renverser le capitalisme. Leur force sociale est absolument insuffisante pour ce faire. Mais ils peuvent participer à certaines étapes décisives en contribuant considérablement au réveil d’un prolétariat que les défaites passées et le rôle de la bureaucratie ont en partie plongé dans l’apathie. Ils peuvent contribuer de façon importante à l’accélération de la formation de cadres révolutionnaires au sein de la classe ouvrière. Ils peuvent accélérer la formation d’une organisation révolutionnaire comme l’ont fait les étudiants et les intellectuels de Russie à l’époque de Lénine. Les étudiants peuvent aujourd’hui aider la classe ouvrière à échapper à l’étroitesse de vue et au corporatisme, produits de la fragmentation du travail dont elle est victime, et l’aider à accéder plus rapidement au niveau le plus élevé de la conscience de classe, c’est-à-dire à la conscience de classe politique et révolutionnaire. Ils peuvent élever les luttes ouvrières grâce à leurs connaissances scientifiques, et de même la fraction des jeunes intellectuels qui s’efforcent de suivre une pratique révolutionnaire après avoir quitté l’université. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les étudiants ont la capacité de fournir des études factuelles utiles aux travailleurs et aux organisations ouvrières dans leurs argumentations

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Les étudiants ont la capacité de fournir des études factuelles utiles aux travailleurs et aux organisations ouvrières dans leurs argumentations
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« Ce que nous savons, disons, écrivons aujourd’hui à propos de l’aliénation, est identique à ce que Marx en savait, disait, écrivait, il y a cent vingt ans. Ce n’est pas pour autant faux — je suis même profondément convaincu que c’est juste. Mais combien plus convaincants seraient ces arguments s’ils s’appuyaient sur des données empiriques que des dizaines, sinon des centaines d’étudiants en médecine, en psychologie, de médecins du travail, etc., puisant dans leur expérience accumulée au sein des entreprises, pourraient largement répandre parmi les travailleurs ! Combien plus convaincante serait la lutte contre le travail aliéné dans le capitalisme si l’on démontrait (et d’ores et déjà c’est possible grâce à certaines données empiriques, mais on pourrait le faire à bien plus grande échelle) qu’il ne s’agit pas là de pure théorie, que cette théorie se traduit concrètement dans la vie quotidienne, dans la santé mentale, morale et psychique de dizaines de millions de travailleurs ! Combien plus forts seraient également les arguments et la lutte des travailleurs et syndicats contre l’accélération des cadences du travail à la chaîne, contre l’intensification et l’exploitation accrues du travail, si des centaines, voire des milliers d’étudiants et d’ingénieurs pouvaient les appuyer par des données empiriques ; si, sur la base de leur expérience pratique dans les entreprises, ils pouvaient fournir des renseignements factuels supplémentaires aux travailleurs et aux organisations ouvrières, des arguments supplémentaires dans la lutte contre les entrepreneurs, contre l’État et la classe bourgeoise. Dans ce sens, un mouvement étudiant révolutionnaire est effectivement capable de produire, à grande échelle, une conscience révolutionnaire, non pas comme but en soi, mais dans l’intention clairement affirmée de favoriser et de renforcer qualitativement la lutte de la classe ouvrière et des salariés en général, en affinant l’argumentation et en contribuant à la formation de la conscience, élément si déterminant pour la transcroissance de la conscience de classe syndicale en conscience politique. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les étudiants peuvent jouer un rôle de contre-propagande au sein de l'université

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Les étudiants peuvent jouer un rôle de contre-propagande au sein de l'université
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« Le mouvement ouvrier classique, la social-démocratie d’avant la Première Guerre mondiale et les partis communistes de masse ensuite, ont cherché à contrecarrer cette domination, à remplir une contre-éducation. Or, au cours des vingt, trente dernières années, cette contre-propagande systématique n’a plus du tout eu lieu (ou alors à une échelle très réduite). Certes, les travailleurs possèdent l’instinct nécessaire pour cette contre-propagande, ils occupent la position économique et sociale nécessaire à la compréhension de la duperie idéologique, mais ils n’ont pas le savoir indispensable à sa démystification. La fonction capitale des étudiants révolutionnaires serait, en conséquence, de suppléer aux insuffisances de l’instinct anti-capitaliste élémentaire d’une partie croissante de la classe ouvrière, lui fournissant le savoir, les faits, la science indispensables pour transformer cet instinct en conscience, en conscience scientifiquement fondée. C’est une tâche énorme. C’est la raison pour laquelle j’estime personnellement qu’il est plus juste que les étudiants révolutionnaires ne s’écartent pas systématiquement du travail universitaire pour aller, en tant qu’individus, dans les entreprises. Il vaut mieux qu’ils s’efforcent, par le travail universitaire dans les différentes universités et facultés, d’acquérir une telle capacité de saisie, d’assimilation et d’élaboration du savoir et des connaissances révolutionnaires, qu’ils soient capables de remplir la fonction de la reproduction de la conscience révolutionnaire dans la classe ouvrière, d’une manière quantitativement et donc qualitativement plus élevée. C’est là la fonction de ce qu’on a appelé, dans le jargon étudiant, « l’université rouge », telle que les mouvements étudiants révolutionnaires ont essayé de la mettre en place par exemple à Vincennes (Paris), ou à l’université libre de Berlin, ou à l’université technique de Berlin, c’est-à-dire refuser l’intégration dans l’université bourgeoise, refuser la réforme et la rationalisation de l’université, tenter au contraire de transformer au moins en partie l’activité enseignante en procès de production de science marxiste révolutionnaire, de conscience marxiste-révolutionnaire. Si cela dépassait le cadre étroit actuel, si cela pouvait se faire à grande échelle (et que les conditions objectives existent), alors la lutte de classe prolétarienne, la lutte de classe de la classe ouvrière pourrait se mener avec des armes intellectuelles et conscientes autrement meilleures que cela a pu se faire au cours des vingt à quarante dernières années. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Objections

Les étudiants sont des petits-bourgeois

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Les étudiants sont des petits-bourgeois
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Les étudiants n'ont pas la force sociale suffisante pour renverser le capitalisme

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Les étudiants n'ont pas la force sociale suffisante pour renverser le capitalisme
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« Les étudiants ne peuvent, d’eux-mêmes, renverser le capitalisme. Leur force sociale est absolument insuffisante pour ce faire. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les étudiants ont eu un rôle réactionnaire dans l'histoire

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Les étudiants ont eu un rôle réactionnaire dans l'histoire
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« Dans les pays occidentaux, en revanche, les étudiants et l’intelligentsia n’ont cessé d’évoluer vers la droite depuis le milieu du XIXe siècle. La seule fois où l’on peut dire que la plupart des étudiants allemands et l’intelligentsia allemande a été politiquement à gauche a coïncidé avec la révolution de 1848. Et il en avait été de même dans la majorité des États industriels avancés de l’Occident. Et au fur et à mesure que le mouvement ouvrier se développait, qu’il avançait vers l’auto-organisation des travailleurs, que les ouvriers prenaient leur sort en main et qu’ils admettaient de moins en moins que l’intelligentsia monopolise les positions dirigeantes dans les organisations ouvrières, le nombre d’étudiants et d’intellectuels ralliant le mouvement ouvrier diminuait. Sans doute pourrait-on statistiquement démontrer qu’il y avait, en Allemagne, relativement plus d’étudiants et d’universitaires de gauche, social-démocrates et socialistes, en 1880 qu’en 1910. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.
« Le point culminant de cette évolution fut atteint immédiatement après la Première Guerre mondiale. Il n’y a, dans l’Europe occidentale des années vingt, pas une grève que des organisations d’étudiants ou de l’intelligentsia n’aient tenté de briser. Ainsi les grands mouvements de grève, entre 1919 et 1923, sous la République de Weimar, où les organisations patronales briseuses de grève comme le « Secours technique » et l’ « Orgesch » étaient presque exclusivement composées d’étudiants et de l’intelligentsia technique. La grève générale de 1926 en Angleterre, le mouvement le plus important de la lutte de classes en Grande-Bretagne du XXe siècle, fut méthodiquement brisée, sur l’ordre du gouvernement Winston Churchill et des organisations patronales, par des étudiants qui tentèrent de contrôler les points les plus sensibles des grèves, les plus dangereux pour la société bourgeoise, de neutraliser l’arrêt des appareils d’information comme les quotidiens, d’empêcher les coupures d’électricité et de gaz, en prenant de force la place occupée par les grévistes. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les étudiants manquent d'homogénéité sociale

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Les étudiants manquent d'homogénéité sociale
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« La masse étudiante se distingue de la masse ouvrière d’une entreprise capitaliste par une caractéristique sociologique fondamentale : son manque d’homogénéité sociale, ou, plus exactement, un degré d’homogénéité sociale qualitativement inférieur à celui du prolétariat. Ce niveau d’homogénéité inférieur du milieu étudiant est à la fois fonction des origines sociales différentes de la masse des étudiants, et des fonctions différentes que les étudiants rempliront dans la société bourgeoise, une fois leurs études terminées. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les étudiants oscillent généralement entre le réformisme et le gauchisme

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Les étudiants oscillent généralement entre le réformisme et le gauchisme
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« Les étudiants ne sont pas soumis à la discipline du procès de production industriel. S’ils ont, de ce fait, davantage la possibilité de former leur conscience, ils subissent à l’inverse les désavantages de l’absence d’un cadre collectif de travail. Aussi leur action politique est-elle caractérisée par le manque de discipline et de patience, par l’absence de continuité et par la tendance à osciller entre le putschisme d’un côté et le réformisme de l’autre. Au contraire des travailleurs conscients, les étudiants ne peuvent pas trouver la base d’une position révolutionnaire permanente par rapport au troisième âge du capitalisme dans leur situation sociale même. Cette position sera chez eux toujours le résultat d’une option individuelle et — comme toutes les options individuelles — soumise à des fluctuations. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Références

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