Les étudiants ont eu un rôle réactionnaire dans l'histoire

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Dans les pays occidentaux, en revanche, les étudiants et l’intelligentsia n’ont cessé d’évoluer vers la droite depuis le milieu du XIXe siècle. La seule fois où l’on peut dire que la plupart des étudiants allemands et l’intelligentsia allemande a été politiquement à gauche a coïncidé avec la révolution de 1848. Et il en avait été de même dans la majorité des États industriels avancés de l’Occident. Et au fur et à mesure que le mouvement ouvrier se développait, qu’il avançait vers l’auto-organisation des travailleurs, que les ouvriers prenaient leur sort en main et qu’ils admettaient de moins en moins que l’intelligentsia monopolise les positions dirigeantes dans les organisations ouvrières, le nombre d’étudiants et d’intellectuels ralliant le mouvement ouvrier diminuait. Sans doute pourrait-on statistiquement démontrer qu’il y avait, en Allemagne, relativement plus d’étudiants et d’universitaires de gauche, social-démocrates et socialistes, en 1880 qu’en 1910. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.
« Le point culminant de cette évolution fut atteint immédiatement après la Première Guerre mondiale. Il n’y a, dans l’Europe occidentale des années vingt, pas une grève que des organisations d’étudiants ou de l’intelligentsia n’aient tenté de briser. Ainsi les grands mouvements de grève, entre 1919 et 1923, sous la République de Weimar, où les organisations patronales briseuses de grève comme le « Secours technique » et l’ « Orgesch » étaient presque exclusivement composées d’étudiants et de l’intelligentsia technique. La grève générale de 1926 en Angleterre, le mouvement le plus important de la lutte de classes en Grande-Bretagne du XXe siècle, fut méthodiquement brisée, sur l’ordre du gouvernement Winston Churchill et des organisations patronales, par des étudiants qui tentèrent de contrôler les points les plus sensibles des grèves, les plus dangereux pour la société bourgeoise, de neutraliser l’arrêt des appareils d’information comme les quotidiens, d’empêcher les coupures d’électricité et de gaz, en prenant de force la place occupée par les grévistes. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

Le rôle politique des étudiants a changé depuis les années 1960

« Dans la société actuelle du troisième âge du capitalisme, en revanche, la situation de l’intelligentsia s’est radicalement modifiée. Depuis 1965-1966 il n’y a guère eu de grève en Europe occidentale sans que des étudiants n’y soient intervenus aux côtés des grévistes, soit en la soutenant, soit même en la déclenchant ou en l’organisant : on leur reproche à présent d’être des agitateurs et de vouloir « provoquer des grèves » là où les ouvriers eux-mêmes n’y sont pas encore suffisamment préparés. On ne trouve pas un seul exemple, au cours des cinq dernières années, dans un quelconque pays impérialiste, y compris les Etats-Unis et le Japon, où les étudiants et l’intelligentsia technique soient intervenus pour briser une grève. En tout cas on ne peut parler d’un glissement à droite, d’une prédominance d’extrémistes de droite dans les milieux étudiants et universitaires ; la tendance générale va, au contraire, en sens inverse. Les faits témoignent d’un changement fondamental du rôle de l’intelligentsia. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Références

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Débat parent