La terreur blanche, occultée dans ce dossier, a largement précédé la terreur rouge

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pouce d'argument Cet argument est une objection dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à Lénine a instauré la terreur dès son arrivée au pouvoir
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a instauré la terreur dès décembre 1917 avec la création de la Tchéka
Lénine a instauré la terreur en avril-mai 1918 en Crimée
Lénine a instauré les premières mesures du communisme de guerre dès mai-juin 1918
Lénine a instauré la Terreur rouge en août 1918
La Tchéka a procédé à de nombreuses exécutions sommaires à partir de février 1918 en Russie
La terreur blanche, occultée dans ce dossier, a largement précédé la terreur rouge
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Présentation de l'argument

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Citations

« La terreur blanche, commencée dès le mois de novembre 1917 avec les massacres du Kremlin, s'était renforcée au cous de l'année 1918 ; exécutions sommaires, assassinats, dévastations étaient devenus une habitude quotidienne. Elle s'amplifiera par la suite. Les villages brûlés par les armées blanches se compteront par centaines. De nombreux dirigeants bolcheviks seront fusillés tels Chaoumian, dans le Caucase. Petlioura comme Denikine, Wrangel comme Koltchak massacrèrent en masse les Juifs et multiplièrent les pogroms (53 en juillet 1919). Plus de 100.000 juifs périrent ainsi entre 1918 et 1920 selon un rapport de la Croix-Rouge. Après les massacres du Kremlin de Moscou de novembre 1917, on pourrait citer des milliers d'exemples de la terreur blanche de masse. Ce sont les 4.000 habitants de Maikop exécutés en septembre 1918 par les troupes du général Pokrovski, ce sont les ouvriers massacrés à Kazan, à Samara, à Oufra sous le règne des Blancs. On ne peut étudier la Terreur rouge en passant sous silence la Terreur blanche qui la précéda comme le fait Soljenitsine dans l'Archipel du Goulag. L'une procède de l'autre et les bolcheviks durent y recourir, sans quoi ils auraient péri à l'exemple de la Commune parisienne de 1871. »
Jean Elleinstein, Histoire de l'URSS tome 1 (1917-1921 ), p.189-190, Éditions Sociales, Paris, 1975 deuxième édition..

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Sous-arguments

La terreur rouge de la guerre civile russe est sans rapport avec la terreur stalinienne des années 1930

Page détaillée
La terreur rouge de la guerre civile russe est sans rapport avec la terreur stalinienne des années 1930
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« Ajoutons que la Terreur rouge, à la différence fondamentale de la Terreur stalinienne, ne fut pas dirigée contre le peuple mais contre les ennemis du peuple et la contre-révolution. Qu'il y ait eu des fautes commises dans cette période, des exagérations dues aux circonstances, c'est certain et personne ne le conteste. La question essentielle est de comprendre la différence de nature entre la terreur des années 1918-1921 et celle des années 30 à 50. Face à la terreur blanche les Bolcheviks étaient restés, jusqu'en août 1918, plutôt passifs. Certes ils avaient créé une police politique, la "Tcheka". Mais les arrestations restaient relativement peu nombreuses, les exécutions encore plus rares, et il subsistait encore quelques traces de liberté politique (des journaux d'opposition bourgeoise par exemple subsistent à Pétrograd jusqu'au 3 août 1918). »
Jean Elleinstein, Histoire de l'URSS, tome 1, p.190, Éditions sociales, Paris, 1975 deuxième édition.
« Du bureaucratisme à la contre-révolution bureaucratique, il y a bien plus qu'un pas. Entre la révolution de 1917 qui fut en proie très tôt à une institutionnalisation qui la paralysait et la contre-révolution totalitaire qui mit fin à sa dynamique, il existe une rupture et une brisure idéologique (...) Entre les deux, un seuil qualitatif et quantitatif a été franchi dans le domaine de la répression, ce qui explique que les millions de victimes des goulags staliniens surclassent dans l'horreur les pratiques de la Tcheka ou de l'Armée rouge durant la guerre civile - même pour les plus expéditives et les plus répréhensibles d'entre elles. Mais la cassure fondamentale qui s'opère dans les années 1920 tient, avant toute chose, à l'inversion des logiques politiques et au renversement de l'édifice démocratique qu'avait bâti 1917. Le tournant qui s'opère est autant marqué par l'avènement d'un système policier sanguinaire que par l'extinction de la souveraineté populaire que Février et Octobre avaient initiée. »
Olivier Besancenot, Que faire de 1917 ? Une contre-histoire de la révolution russe, p.151-152, chapitre 4, Autrement, Paris, 2017.

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Objections

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Références

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