Lénine a violemment réprimé les ouvriers

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Lénine a mené la terreur contre ses opposants
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a violemment réprimé les paysans
Lénine a violemment réprimé les ouvriers
Lénine a violemment réprimé les socialistes
Lénine a violemment réprimé les anarchistes
Lénine a fiché et expulsé les intellectuels
Lénine a exterminé les Cosaques
Lénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe
Lénine a violemment réprimé les ecclésiastiques
Lénine a fait massacrer la famille impériale
Document sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.
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Présentation de l'argument

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Citations

« Alors qu’il se proclamait le chef du pouvoir du prolétariat, Lénine mena une politique tout aussi violente contre les ouvriers, au point que les ouvriers des grandes usines de Petrograd, dont ceux de l’usine Poutilov qui avaient été à la pointe de la révolution en 1917-1918, se mirent en grève au printemps 1919. Lénine vint de Moscou pour leur parler, mais sans succès. Il ordonna alors la prise d’assaut des usines par les troupes de la tcheka, qui arrêtèrent 900 grévistes et en fusillèrent 200. Des massacres identiques d’ouvriers en grève se multiplièrent, en particulier à Toula et à Astrakhan. Le 29 janvier 1920, face aux grèves des ouvriers dans l’Oural, Lénine télégraphiait aux communistes locaux : « Il y a du sabotage manifeste des cheminots […] Je suis étonné que vous vous en accomodiez et que ne procédiez pas à des exécutions massives pour sabotage. » »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
« De tous les épisodes de répression, l’un des plus soigneusement occultés par le nouveau régime fut la violence exercée contre le monde ouvrier, au nom duquel les bolcheviks avaient pris le pouvoir. Commencée dès 1918, cette répression se développa en 1919-1920 pour culminer au printemps 1921, avec l’épisode, bien connu, de Kronstadt. Le monde ouvrier de Petrograd avait manifesté, dès le début de 1918, sa défiance vis-à-vis des bolcheviks. Après l’échec de la grève générale du 2 juillet 1918, le second temps fort des troubles ouvriers dans l’ancienne capitale éclata en mars 1919, après que les bolcheviks eurent arrêté un certain nombre de dirigeants socialistes-révolutionnaires, dont Maria Spiridonova qui venait d’effectuer une tournée mémorable des principales usines de Petrograd où elle avait été partout acclamée. Ces arrestations déclenchèrent, dans une conjoncture déjà très tendue à cause des difficultés de ravitaillement, un vaste mouvement de protestation et de grèves. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-arguments

En 1918

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1918
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« Quel que soit le nombre exact des victimes de la Terreur rouge de l’automne 1918 – et le seul décompte des exécutions rapportées dans la presse nous suggère qu’il ne saurait être inférieur à 10 000-15 000 –, cette Terreur consacrait définitivement la pratique bolchevique de traiter toute forme de contestation réelle ou potentielle dans le cadre d’une guerre civile sans merci soumise, selon l’expression de Latsis, à « ses propres lois ». Que des ouvriers se mettent en grève, comme ce fut, par exemple, le cas à l’usine d’armement de Motovilikha, dans la province de Perm, au début du mois de novembre 1918, pour protester contre le principe bolchevique de rationnement « en fonction de l’origine sociale » et les abus de la tcheka locale, c’est l’usine tout entière qui est aussitôt déclarée « en état d’insurrection » par les autorités. Aucune négociation avec les grévistes : lockout et renvoi de tous les ouvriers, arrestation des « meneurs », recherche des « contre-révolutionnaires » mencheviks soupçonnés d’être à l’origine de cette grève. Ces pratiques avaient certes été monnaie courante dès l’été 1918. À l’automne cependant, la tcheka locale, désormais bien organisée et « stimulée » par les appels au meurtre venus du Centre, alla plus loin dans la répression ; elle fit exécuter plus de 100 grévistes sans autre forme de procès. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
« Dans la seconde quinzaine de mai et au mois de juin 1918, de nombreuses manifestations ouvrières furent réprimées dans le sang à Sormovo, Iaroslavl, Toula, ainsi que dans les villes industrielles de l’Oural, Nijni Taguil, Beloretsk, Zlatous, Ekaterinbourg. La part de plus en plus active prise par les tchekas locales dans la répression est attestée par la fréquence croissante, en milieu ouvrier, des mots d’ordre et slogans contre la « nouvelle Okhranka » (police politique tsariste) au service de la « commissarocratie ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Au printemps 1919

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers au printemps 1919
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« Le printemps 1919 fut marqué par de très nombreuses grèves, sauvagement réprimées, dans plusieurs centres ouvriers de Russie, à Toula, Sormovo, Orel, Briansk, Tver, Ivanovo-Voznessensk, Astrakhan. Les revendications ouvrières étaient presque partout identiques. Réduits à la faim par des salaires de misère qui couvraient tout juste le prix d’une carte de rationnement assurant une demi-livre de pain par jour, les grévistes réclamaient d’abord l’alignement de leurs rations sur celles des soldats de l’Armée rouge. Mais leurs demandes étaient aussi et avant tout politiques : suppression des privilèges pour les communistes, libération de tous les prisonniers politiques, élections libres au comité d’usine et au soviet, cessation de la conscription dans l’Armée rouge, liberté d’association, d’expression, de presse, etc. Ce qui rendait ces mouvements dangereux aux yeux du pouvoir bolchevique, c’est qu’ils ralliaient souvent les unités militaires encasernées dans les villes ouvrières. À Orel, Briansk, Gomel, Astrakhan, les soldats mutinés se joignirent aux grévistes, aux cris de « Mort aux youpins, à bas les commissaires bolcheviques ! », occupant et pillant une partie de la ville qui ne fut reconquise par les détachements de la Tcheka et les troupes restées fidèles au régime qu’à l’issue de plusieurs jours de combat. Face à ces grèves et à ces mutineries, la répression fut diverse. Elle alla du lock-out massif de l’ensemble des usines, avec confiscation des cartes de ravitaillement – une des armes les plus efficaces du pouvoir bolchevique était l’arme de la faim – jusqu’à l’exécution massive, par centaines, des grévistes et des mutins. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

En 1920 suite aux mesures de militarisation du travail

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1920 suite aux mesures de militarisation du travail
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« Destinées à « ramener l’ordre » dans les usines, les mesures de militarisation du travail suscitèrent, contrairement à l’effet recherché, de très nombreux débrayages, arrêts de travail, grèves et émeutes réprimés sans pitié. « La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, pouvait-on lire dans la Pravda du 12 février 1920, c’est le camp de concentration ! » Selon les statistiques officielles du commissariat du peuple au Travail, 77 % des grandes et moyennes entreprises industrielles de Russie furent touchées par des grèves durant le premier semestre 1920. De manière significative, les secteurs les plus perturbés – la métallurgie, les mines et les chemins de fer – étaient aussi ceux où la militarisation du travail était la plus avancée. Les rapports du département secret de la Tcheka adressés aux dirigeants bolcheviques jettent une lumière crue sur la répression menée contre les ouvriers réfractaires à la militarisation : arrêtés, ils étaient, le plus souvent, jugés par un tribunal révolutionnaire pour « sabotage » ou « désertion ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

En 1921 à Petrograd

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers de Petrograd en 1921
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« À Petrograd, les troubles prirent une nouvelle ampleur à partir du 22 février [1921], quand les ouvriers de plusieurs grandes usines élirent, comme en mars 1918, une « assemblée de plénipotentiaires ouvriers » à forte coloration menchevique et socialiste-révolutionnaire. Dans sa première proclamation, cette assemblée exigea l’abolition de la dictature bolchevique, des élections libres aux soviets, les libertés de parole, d’association, de presse, et la libération de tous les prisonniers politiques. Pour parvenir à ces fins, l’assemblée appelait à la grève générale. Le commandement militaire ne parvint pas à empêcher plusieurs régiments de tenir des meetings au cours desquels furent adoptées des motions de soutien aux ouvriers. Le 24 février, des détachements de la Tcheka ouvrirent le feu sur une manifestation ouvrière, tuant douze ouvriers. Ce jour-là, près de mille ouvriers et militants socialistes furent arrêtés. Néanmoins, les rangs des manifestants grossissaient sans cesse, des milliers de soldats désertaient leurs unités pour se joindre aux ouvriers. Quatre ans après les journées de Février qui avaient renversé le régime tsariste, le même scénario semblait se répéter : la fraternisation des manifestants ouvriers et des soldats mutinés. Le 26 février, à 21 heures, Zinoviev, le dirigeant de l’organisation bolchevique de Petrograd, envoya à Lénine un télégramme où perçait la panique : « Les ouvriers sont entrés en contact avec les soldats encasernés. […] Nous attendons toujours le renfort des troupes demandées à Novgorod. Si des troupes sûres n’arrivent pas dans les heures qui viennent, nous allons être débordés. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections

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Références

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Débat parent