Lénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Parmi les opérations répressives les plus difficiles à répertorier et à évaluer figurent les massacres de détenus et d’otages incarcérés pour leur seule appartenance à une « classe ennemie » ou « socialement étrangère ». Ces massacres s’inscrivaient dans la continuité et la logique de la Terreur rouge de la seconde moitié de 1918, mais à une échelle encore plus importante. Cette débauche de massacres « sur une base de classe » était en permanence justifiée par le fait qu’un monde nouveau était en train de naître. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
« Étape logique et ultime de « l’extermination de la bourgeoisie en tant que classe », les exécutions de détenus, suspects et otages incarcérés pour leur seule appartenance aux « classes possédantes », sont attestées dans bien des villes prises par les bolcheviks. A Kharkov, entre 2000 et 3000 exécutions en février-juin 1919 ; entre 1000 et 2000 lors de la seconde reprise de la ville, en décembre 1919. À Rostov-sur-le-Don, environ 1 000 en janvier 1920 ; à Odessa, 2200 entre mai et août 1919, puis 1 500 à 3000 entre février 1920 et février 1921 ; à Kiev, au moins 3000 entre février et août 1919 ; à Ekaterinodar, au moins 3000 entre août 1920 et février 1921 ; à Armavir, petite ville du Kouban, entre 2 000 et 3 000 entre août et octobre 1920. On pourrait prolonger cette liste. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
« Cette terreur, qui fit en cinq ans des centaines de milliers de victimes, visait en priorité ceux qui étaient des ennemis politiques ou des membres de classes « condamnées par l’histoire » – bourgeois, nobles, commerçants, industriels, intellectuels, officiers, prêtres, mais aussi paysans propriétaires. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.

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Sous-arguments [ modifier ]

Lénine crée la catégorie d'« ennemis du peuple » dès 1918

« Les premiers massacres de « suspects », otages et autres « ennemis du peuple » enfermés préventivement, et par simple mesure administrative, dans des prisons ou dans des camps de concentration, avaient commencé en septembre 1918, lors de la première Terreur rouge. Les catégories de « suspects », « otages », « ennemis du peuple » ayant été établies, les camps de concentration étant rapidement opérationnels, la machine répressive était prête à fonctionner. L’élément déclencheur, dans une guerre aux fronts mouvants, où chaque mois apportait son lot de retournements de fortune militaire, était naturellement la prise d’une ville occupée jusqu’alors par l’adversaire, ou, au contraire, son abandon précipité. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Lénine considère tous les bourgeois comme coupables

« Parmi les opérations répressives les plus difficiles à répertorier et à évaluer figurent les massacres de détenus et d’otages incarcérés pour leur seule appartenance à une « classe ennemie » ou « socialement étrangère ». Ces massacres s’inscrivaient dans la continuité et la logique de la Terreur rouge de la seconde moitié de 1918, mais à une échelle encore plus importante. Cette débauche de massacres « sur une base de classe » était en permanence justifiée par le fait qu’un monde nouveau était en train de naître. Tout était permis, comme l’expliquait à ses lecteurs l’éditorial du premier numéro de Krasnyi Metch (Le Glaive rouge), journal de la tcheka de Kiev : « Nous rejetons les vieux systèmes de moralité et d’"humanité" inventés par la bourgeoisie dans le but d’opprimer et d’exploiter les "classes inférieures". Notre moralité n’a pas de précédent, notre humanité est absolue car elle repose sur un nouvel idéal : détruire toute forme d’oppression et de violence. Pour nous, tout est permis car nous sommes les premiers au monde à lever l’épée non pas pour opprimer et réduire en esclavage, mais pour libérer l’humanité de ses chaînes…Du sang ? Que le sang coule à flots ! Puisque seul le sang peut colorer à tout jamais le drapeau noir de la bourgeoisie pirate en étendard rouge, drapeau de la Révolution. Puisque seule la mort finale du vieux monde peut nous libérer à tout jamais du retour des chacals ! » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Le 6 décembre, Lénine déclara devant une assemblée de responsables à Moscou que trois cent mille bourgeois s’étaient massés en Crimée. Il assura que, dans un proche avenir, ces « éléments » qui constituaient un « réservoir d’espions et d’agents prêts à prêter main-forte au capitalisme » seraient « châtiés ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections [ modifier ]

En février 1920 Lénine reconnaît au passé la terreur mais en nie Rostov-sur-le-Don

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En février 1920 Lénine reconnaît au passé la terreur mais en nie Rostov-sur-le-Don
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« « Cf aussi entre autres le rapport que présente Lénine en février 1920 devant le Comité exécutif central de Russie. "La Terreur nous a été imposée par le terrorisme de l'Entente, au moment où les hordes des grandes puissances mondiales ont fondu sur nous, sans reculer devant rien (...) Aussitôt après avoir remporté une victoire décisive, avant même la fin de la guerre, dès la prise de Rostov, ajoute Lénine, nous avons renoncé aux exécutions capitales, démontrant que nous suivions comme nous l'avions promis notre programme (...) Aucune mention de semblables déclarations chez Werth, Graziozi, Carrère d'Encausse... » »
Lucien Sève, Octobre 1917 Une lecture très critique de l'historiographie dominante,, p.61, Editions sociales, Paris, 2017.

Lénine n'a jamais appelé à l'extermination des bourgeois comme membres d'une classe

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Lénine n'a jamais appelé à l'extermination des bourgeois comme membres d'une classe
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
A l'origine de la forfaiture sur le génocide de classe on trouve un pamphlet de 1927.
En mars 1918 Lénine minimisait la bourgeoisie russe pour souligner la dangerosité de la bourgeoisie impérialiste
Aucune objection n'a été entrée.
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« Mais Lénine a répété maintes fois sa volonté, affirmée le 9 juillet 1919, de "lutter implacablement contre cette idée présomptueuse (...) (dixit) que les travailleurs sont à même de vaincre le capitalisme et l'ordre bourgeois sans rien apprendre des spécialistes bourgeois" (à savoir les officiers, mèdecins, ingénieurs, savants etc) " sans les utiliser, sans passer par une longue" école de travail " à leurs côtés." »
Jean-Jacques Marie, Lénine biographie 1870-1924, p.p. 8, avant-propos, Balland, Paris, 2004.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Des centaines et des centaines de spécialistes militaires nous trahissent et nous trahiront ; nous les attraperons et les fusillerons. Mais nous avons régulièrement et depuis longtemps à notre service des milliers et des dizaines de milliers de spécialistes militaires sans lesquels il eût été impossible de créer l'Armée Rouge qui, sortie de la maudite guérilla, a su remporter de brillantes victoires à l'Est. Les hommes d'expérience indiquent avec raison que là où la politique du parti est le plus strictement appliquée en ce qui concerne les spécialistes militaires (...) on trouve en somme, parmi les spécialistes militaires, le moins de propension à la trahison (...) La guérilla, ses traces, ses vestiges, ses survivances ont causé à notre armée comme à celle d'Ukraine infiniment plus de mal, de désagrégation, de défaites, de catastrophes, de pertes humaines et materielles que toutes les trahisons militaires. »
Lénine, « "Tous contre Denilkine ! " », oeuvres de Lénine tome 29, mars-aout 1919, p.452, 3 -9 juillet 1919, Editions sociales, Paris, 1962.

Les chiffrages du nombre de victimes et les méthodes de calculs de NIcolas Werth en 1997 ont été corrigés par l'auteur en 2009

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Les chiffrages du nombre de victimes et les méthodes de calculs de NIcolas Werth en 1997 ont été corrigés par l'auteur en 2009
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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En février 1919 seul Kiev fut pris par les Bolcheviks Kharkov et Odessa seulement au mois de mai et les massacres rouges, à la différence des massacres antibocheviques blancs et verts, dans les trois villes se concentrèrent dans la tranche chronologique juin-août 1919. Peut-être Werth avait-il confondu en 1997 les rouges et les verts, ces derniers se réclamant également du socialisme.
« « La « Terreur rouge » en Ukraine (mai-août 1918) (sic)

La fragilité du pouvoir bolchevique en Ukraine durant les quelques mois de 1918 (sic) au cours desquels l’Armée rouge occupe les grandes villes ukrainiennes (tandis que les campagnes échappent largement au pouvoir bolchevique) s’accompagne d’une politique de répression contre les élites de l’Ancien régime qui n’ont pas eu le temps de fuir (...) les autorités bolcheviques ont recours à l’emprisonnement de nombreux « otages de la bourgeoisie » et à de nombreuses vexations (ainsi, à Odessa, Kiev et Kharkov (...)

De nombreux massacres et exécutions sommaires « d’otages de la bourgeoisie » ont lieu, notamment dans les jours qui précèdent le départ des bolcheviks, devant l’avancée des Blancs, en été 1919.

Parmi les plus importants :

8-11 juin 1919 : Exécutions massives de « bourgeois » dans les prisons de Kharkov, avant la prise de la ville par les Blancs (12 juin 1919). Estimations du nombre de victimes : de 500 à 1 000.

Juin-août 1919 : Exécutions massives « d’otages de la bourgeoisie » à Odessa. Estimations du nombre de victimes : environ 2 000.

Août 1919 : Exécutions massives « d’otages de la bourgeoisie » à Kiev. Estimations du nombre de victimes : 1 800 durant les quinze jours précédant la chute de la ville (28 août) reprise par les armées blanches.

3 000 pour l’ensemble de la période d’occupation bolchevique de la ville (février-août 1919). »
Nicolas Werth, « Crimes et violences de masses des guerres civiles russes (1918-1921) », V.Brovkin, op.cit, p. 119-126, Sciences Po Violence de masse et résistance, Paris, 2009.

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Références

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Débat parent