Lénine a organisé les premiers procès truqués ou expéditifs

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Présentation de l'argument

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« Lénine étendit sa volonté exterminatrice aux autres révolutionnaires et décida d’organiser, en juin 1922, un procès à grand spectacle contre 34 socialistes-révolutionnaires, dont nombre de leaders connus furent condamnés à mort. Ce fut le premier procès truqué, avec accusations fantaisistes, agents provocateurs et verdict arrêté à l’avance. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
« Fort de son nouveau code pénal, Lénine inaugure une autre forme de terreur : le procès truqué et à grand spectacle – celui des socialistes révolutionnaires à l’été 1922 – qui sera le prototype des Grands Procès de Moscou sous Staline. »
Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

Staline exercait, dans les années 1930 en période de paix, la terreur contre des camarades, souvent anciens compagnons de Lénine

Page détaillée
Staline exercait, dans les années 1930 en période de paix, la terreur contre des camarades, souvent anciens compagnons de Lénine
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
AU Xème congrès de mars 1921 Lénine fait à la fois interdire les fractions et laisser s'exprimer par voie de presse et promotions dans le parti les oppositions
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Par exemple dans deux extraits de sa dernière lettre du 2 mars 1938 Boukharine, victime des purges staliniennes, juge les années 1930 en les confrontant aux premières années, libres dans l'expression par tous des opinions, de la Révolution russe. Ce jugement est aux antipodes des analyses de Stéphane Courtois. On le voit dans son esprit durant les années Lénine ou presque (Djerzinsky décéda en 1926) justice n'empêchait pas "cruauté" et vice-versa. Dans stalinisme il n'y aurait ni l'un ni l'autre : dégénérescence absolue. Dès 1928 Boukharine attaquait déjà l'esprit dictatorial de Staline. Il faut, il est vrai, préciser que Boukharine ne fut réhabilité par le régime communiste que sous Gorbatchev.
« Je me suis plus d’une fois trompé sur les voies de la construction du socialisme, je demande seulement que la postérité ne me juge pas plus sévèrement que Vladimir Ilitch ne l’a fait. Les premiers, nous nous sommes engagés vers un but unique, empruntant un chemin que personne n’avait encore pris. C’était une autre époque, avec d’autres pratiques. Dans la Pravda, une colonne était réservée à la discussion, tout le monde y participait, les uns comme les autres nous nous efforcions de trouver des voies nouvelles, nous nous disputions, pour nous réconcilier ensuite et avancer ensemble. Je m’adresse à vous, génération future des dirigeants du Parti, sur qui repose la mission historique de dénouer l’incroyable écheveau de crimes, qui dans cette époque terrible croît de jour en jour, s’enflamme comme de l’étoupe et étouffe le Parti. »
Nicolas Boukharine, « Lettre à la génération future », 2 mars 1938.
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« Dzerjinski n’est plus, les grandes traditions de la Tchéka, lorsque l’idéal révolutionnaire inspirait toutes ses actions et justifiait la cruauté des coups qu’elle portait aux ennemis, afin de protéger l’Etat des assauts de la contre-révolution, ont peu à peu sombré dans l’oubli. A cette époque, les organes de la Tchéka méritaient toute notre confiance, notre respect, et nul n’aurait songé à contester leur autorité. Aujourd’hui, les organes du NKVD, dans leur majorité, constituent une organisation dégénérée de bureaucrates sans idéaux, moralement déchus mais grassement rémunérés ; avides de médailles et de gloire, ils se parent de l’autorité passée de la Tchéka à seule fin d’alimenter la méfiance maladive de Staline (j’ai peur d’en dire plus) ; ils inventent des histoires sordides ne se rendant pas compte qu’ils creusent leur propre tombe, car l’Histoire ne tolère pas les témoins d’aussi ténébreuses affaires. »
Nicolas Boukharine, « Lettre à la génération future », 2 mars 1938.

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Références

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Débat parent