Lénine a manipulé les statistiques officielles

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« L’importance du travail de statistique ira croissante au cours du XXe siècle, mais Lénine omet un élément fondamental : si en temps de guerre ces données étaient confidentielles, une fois revenu le temps de paix, elles sont à nouveau publiques ; les partis politiques, la presse comme les entrepreneurs y ont accès et conduisent leur action en partie en fonction de cette connaissance statistique qui permet également à la société tout entière d’apprécier le comportement du pouvoir et des acteurs économiques et sociaux. Or Lénine au pouvoir va immédiatement sortir la statistique de ce contexte démocratique. Le signe en sera donné dès novembre 1917 quand la grande majorité de la bureaucratie d’État russe, qui avait accepté de travailler pour le Gouvernement provisoire, refusera de se mettre au service d’un pouvoir illégitime. Dès 1921, le pouvoir soviétique décida de rejeter les données du service de statistique quand elles ne répondaient pas à sa volonté politique. Ainsi la grande famine de 1921-1923 fut-elle en partie provoquée par la décision politique de majorer fortement les estimations de la récolte proposées par les services compétents et de calculer les réquisitions de blé en conséquence. Ayant supprimé la bureaucratie des entreprises privées et refusant de se soumettre aux indications de la bureaucratie d’État, le régime bolchevique était condamné à pratiquer la terreur et le mensonge officiel. »
Stéphane Courtois, « Le poids de la guerre sur la pensée de Lénine », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

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Objections [ modifier ]

Lénine dénonce constamment la tentation de manipuler la réalité sociale

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Lénine dénonce constamment la tentation de manipuler la réalité sociale
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« ... il sait que l'histoire est plus rusée, "plus multiforme, plus vivante plus ingénieuse que ne le pensent les meilleurs partis, les avant-gardes les plus conscientes des classes les plus avancées". Quant à la tentation de manipuler la réalité sociale à coup de décrets et de mesures administratives, il ne cesse de la dénoncer. En 1922, examinant le rapport qui s'est établi entre les communistes qui dirigent l'appareil d'Etat et l'énorme machine bureaucratique qu'ils ont entre les mains, il pose la question : "Qui mène et qui est mené ?" Et voici la réponse : C'est eux qui sont menés. Dans un autre passage, ma même idée est exprimée par une image frappante : la voiture n'obéit pas : un homme est bien assis au volant, qui semble la diriger, mais la voiture ne roule pas dans la direction voulue ; elle va où la pousse une autre force -force illégale, force illicite, force venant on ne sait d'où. »
Jean-Jacques Goblot, « Lénine et la genèse du stalinisme », Cahiers d'Histoire Espace Marx, vol. 159 pages, n°63, p.95, 93-106, Paris, 2ème trimestre 1996.

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Références

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