Lénine a encouragé les actes de terreur

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher

Présentation de l'argument

[ + Ajouter un résumé ]

Citations [ modifier ]

« Pour convaincre ses partisans peu enthousiastes, Lénine fait feu de tout bois, bombardant son comité central de lettres comminatoires et rédigeant d’août à octobre plusieurs textes – L’Etat et la révolution, « Les bolcheviks garderont-ils le pouvoir ? » – où il tente d’exposer ce que serait un pouvoir socialiste. Il imagine que son pouvoir disposerait de puissants moyens de contrôle sur les capitalistes et les riches :

« Ce moyen de contrôle, cette obligation du travail sont autrement puissants que les lois de la Convention et que sa guillotine. La guillotine n’était qu’un épouvantail qui brisait la résistance active. Cela ne suffit pas. […] Nous devons briser leur résistance passive [… ] Nous ne devons pas seulement briser toute résistance, quelle qu’elle soit. Nous devons encore obliger les gens à travailler dans le cadre de la nouvelle organisation de l’État. [… ] et nous avons les moyens de le faire. L’État capitaliste en guerre nous a lui-même mis entre les mains les moyens et les armes pour cela. Ces moyens ce sont le monopole des céréales, la carte de pain, l’obligation générale du travail. "Qui ne travaille pas ne mange pas", telle est la règle fondamentale. »

« Briser la résistance passive », « obliger les gens à travailler » : c’est bien l’ensemble de la société qui est visée par un projet de domination totale prêt à utiliser – et qui utilisera à grande échelle – l’arme de la faim. On reste confondu devant tant de cynisme, mais aussi tant de naïveté et de méconnaissance des modes de fonctionnement d’un État et d’une société. Car, très vite, le problème qui va se poser aux bolcheviks ne sera pas tant celui de la prise du pouvoir et de la désignation d’un gouvernement que celui de gérer cette situation, puis de contraindre toute une société à vivre selon des règles « socialistes » qui, précisément, détruisent les principes de fonctionnement de toute société. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« De Moscou, Lénine envoya alors une lettre à Zinoviev, président du comité de Petrograd du Parti bolchevique, document révélateur à la fois de la conception léniniste de la terreur et d’une extraordinaire illusion politique. […] « Camarade Zinoviev ! Nous venons juste d’apprendre que les ouvriers de Petrograd souhaitaient répondre par la terreur de masse au meurtre du camarade Volodarski et que vous (pas vous personnellement, mais les membres du comité du Parti de Petrograd) les avez freinés. Je proteste énergiquement ! Nous nous compromettons : nous prônons la terreur de masse dans les résolutions du soviet, mais, quand il s’agit d’agir, nous faisons obstruction à l’initiative absolument correcte des masses. C’est i-nad-mis-sible ! Les terroristes vont nous considérer comme des chiffes molles. L’heure est ultra-martiale. Il est indispensable d’encourager l’énergie et le caractère de masse de la terreur dirigée contre les contre-révolutionnaires, spécialement à Petrograd, dont l’exemple est décisif. Salutations. Lénine. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
« Dans un texte publié seulement en 1929 mais écrit entre le 6 et le 9 janvier 1918, Lénine a couché sur le papier sa pensée profonde, qu’il ne livrait pas au public : « Seule la participation bénévole et consciencieuse de la masse des ouvriers et des paysans, dans l’enthousiasme révolutionnaire, au recensement et au contrôle sur les riches, les filous, les parasites et les voyous, peut vaincre ces survivances de la maudite société capitaliste, ces déchets de l’humanité, ces membres irrémédiablement pourris et gan grenés, cette infection, cette peste, cette plaie que le capitalisme a léguée au socialisme. […] pas de quartier pour ces ennemis du peuple, ces ennemis du socialisme, ces ennemis des travailleurs. Guerre à mort aux riches et à leurs pique-assiette, les intellectuels bourgeois ; guerre aux filous, aux fainéants et aux voyous. […] Toute mesure pratique prise pour mater réellement les riches et les filous, pour les éliminer, pour les soumettre à un recensement et à une surveillance sans faiblesse, a plus d’importance qu’une douzaine d’excellentes dissertations sur le socialisme. […] Des milliers de formes et de procédés pratiques de recensement et de contrôle visant les riches, les filous et les parasites doivent être mis au point et éprouvés pratiquement. […] La diversité est ici gage de vitalité, une promesse de succès dans la poursuite d’un même but unique : débarrasser la terre russe de tous les insectes nuisibles, des puces (les filous), des punaises (les riches) et ainsi de suite. Ici on mettra en prison une dizaine de riches, une douzaine de filous, une demi-douzaine d’ouvriers qui tirent au flanc. […] Là on les enverra nettoyer les latrines. Ailleurs on les munira, au sortir du cachot, d’une carte jaune [la carte des prostituées sous le tsarisme] afin que le peuple entier puisse surveiller ces gens malfaisants jusqu’à ce qu’ils se soient corrigés. Ou encore on fusillera sur place un individu sur dix coupable de parasitisme. » »
Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« En privé, Lénine ne s’en cachait pas ; quand l’éphémère commissaire du peuple à la Justice, le socialiste révolutionnaire de gauche Isaac Steinberg, lui posa début 1918 la question : « A quoi bon un commissariat du peuple à la Justice ? Autant l’appeler commissariat du peuple à l’extermination sociale, et la cause sera entendue. », Lénine lui répondit : « Excellente idée. C’est exactement comme cela que je vois les choses. Malheureusement on ne peut pas l’appeler ainsi. » Propos confirmés par Feliks Dzerjinski, le fondateur et chef de la Tcheka, qui déclarait devant le Sovnarkom le jour même de sa prise de fonctions : « Nous avons besoin de désigner sur ce front – le plus dangereux et le plus cruel des fronts – des camarades déterminés, durs, prêts à faire n’importe quoi pour défendre la révolution. Ne pensez pas que je cherche des formes de justice révolutionnaire ; nous n’avons pas besoin maintenant de justice. Maintenant, c’est la guerre – face à face, une lutte finale. À la vie à la mort. » »
Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

[ ± Ajouter ou retirer une citation ]

Sous-arguments [ modifier ]

En particulier envers les paysans

Page détaillée
Lénine a encouragé les actes de terreur envers les paysans
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ] Fleche-carte-arguments.svg

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

[ ± Ajouter ou retirer un sous-argument ]

Objections [ modifier ]

En décembre 1917 à la répression, Lénine ajoute les libérations conditionnelles et les amendements

Page détaillée
En décembre 1917 à la répression, Lénine ajoute les libérations conditionnelles et les amendements
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
La lutte contre la misère constitue le principal argument du recensement
Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
Lénine insiste sur la variété des mesures de recension qui ne se limitent pas à la répression.
« Enfin, on imaginera des combinaisons de divers moyens et, par exemple, à l'aide de la libération conditionnelle, on obtiendra le prompt amendement des éléments parmi les plus riches, les intellectuels bourgeois, les filous et les voyous susceptibles de s'amender. Plus l'expérience générale sera variée, meilleure et plus riche elle sera ; et plus les progrès du socialisme seront sûrs et rapides, plus facilement la pratique - car elle seule peut le faire - élaborera "les meilleurs" procédés et moyens de lutte. »
Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 26 septembre 1917-février 1918, p.432, Comment organiser l'émulation ? 25-28 décembre 1917 ( 7-10 janvier 1918 ), Editions sociales, Paris, 1958.

En septembre 1917 il appelle au nom du compromis et de la paix à la formation d'une coalition gouvernementale SR-menchevik

Page détaillée
En septembre 1917 il appelle au nom du compromis et de la paix à la formation d'une coalition gouvernementale SR-menchevik
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« En septembre 1917, avec une hardiesse impressionnante, à l'opposé même de ce que prétend Nicolas Werth, Lénine considère que la situation exceptionnelle qui a été créée par l'échec du pustch de Kornilov rend possible et souhaitable un compromis majeur de la part des bolcheviks : proposer aux mencheviks et aux socialistes-révolutionnaires de former un gouvernement sans participation bolchevique afin d'assurer si possible "la progression pacifique de la révolution" (t. 25, 335). Extraordinaire preuve d'ouverture politique -qui ne sera ni comprise ni saisie par ceux à qui elle est donnée. Mais peut-être, ajoute Lénine, n'est-ce plus possible ? Peut-être. S'il ne restait pourtant qu'une chance sur cent, cette chance vaudrait d'être tentée." On ne saurait trouver démenti plus écrasant au portrait d'un Lénine apologiste d'une "culture spécifique de guerre civile, marquée par un refus de tout compromis." (à propos de N. Werth la Terreur et le désarroi, p. 24) »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.45-46, De la dictature du prolétariat au refus de tout compromis, Editions sociales 1917 + cent, Paris, 2017.

Dans l'Etat et la Révolution, il veut l'abolition de la violence

Page détaillée
Dans l'Etat et la Révolution, il veut l'abolition de la violence
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« La violence révolutionnaire est en son essence une contre-violence - le dissimuler est l'escamotage de base définissant le regard porté sur la période léninienne de l'histoire soviétique dont je conteste officiellement le bien-fondé. Et vouloir en faire une "culture", voire un culte chez Lénine est une imposture. Dans ce même L'Etat et la Révolution Lénine écrit : "nous nous assignons comme but final la suppression de l'Etat, c'est-à-dire de toute violence organisée et systématique, de toute violence organisée sur les hommes en général" (t. 25, 493). Le voilà le "projet politique léniniste". C'est le contraire même de celui qui lui est en tout arbitraire imputé. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.34-35, "La Terreur nous a été imposée", Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.
Voir plus...
« Non. La démocratie et la soumission de la minorité à la majorité ne sont pas des choses identiques. La démocratie, c'est un Etat reconnaissant la soumission de la minorité à la majorité ; autrement dit, c'est une organisation destinée à assurer l'exercice systématique de la violence par une classe contre une autre, par une partie de la population contre l'autre partie. Nous nous assignions (sic) comme but final la suppression de l'Etat, c'est-à-dire de toute violence organisée et systématique, de toute violence exercée sur les hommes, en général. Nous n'attendons pas l'avènement d'un ordre social où le principe de la soumission de la minorité à la majorité ne serait pas observé. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son évolution il aboutira au communisme et que, par suite, disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d'un homme à un autre, d'une partie de la population à une autre ; car les hommes s'habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission. »
Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 25, juin-septembre 1917, p.493, L'Etat et la Révolution, août 1917 : Engels et le dépassement de la démocratie, Editions sociales, Paris, 1962.


Références

  • Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., "La terreur nous a été imposée", Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris,, 2017.
  • Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 25, juin-septembre 1917, L'Etat et la Révolution, août 1917, Engels et le dépassement de la démocratie, Editions sociales, Paris, 1962..

[ ± Ajouter ou retirer une objection ]

Références

[ ± Ajouter ou retirer une référence ]

Débat parent