Donner un revenu de base inconditionnel est immoral

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher
pouce d'argument Cet argument est un argument CONTRE dans le débat Faut-il instaurer un revenu de base ?.

Présentation de l'argument

Donner un revenu aux gens sans contrepartie est immoral. Cela revient à payer les gens à ne rien faire.

Citations

[ + Ajouter une citation ]

Sous-arguments

[ + Ajouter un sous-argument ]

Objections

La dignité humaine

Simplement du fait qu'il existe, tout être humain doit recevoir de la société de quoi vivre. La dignité humaine fonde un droit à un revenu pour tous.
« Le revenu d'existence est un projet humaniste, où chaque être humain est reconnu comme une personne autonome, apportant à la société toute entière sa richesse relationnelle, ses projets, ses potentialités d'une infinie variété. Loin de toute approche utilitariste, le revenu d'existence est dû à chacun "non pour exister mais parce qu'il existe". »
Association pour l'instauration d'un revenu d'existence (A.I.R.E), « Charte de l'Association pour l'instauration d'un revenu d'existence ».
« Chaque être humain a un droit inconditionnel à la vie. Dans les systèmes conditionnels de sécurité sociale, il y a toujours des personnes qui ne remplissent pas les critères. Un revenu de base est inconditionnel et en tant que tel reconnaît le droit à la vie de toutes les personnes. Il soutient aussi la dignité de chaque être humain en libérant les personnes de pauvreté dégradante et de conditions de travail asservissantes. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».

Un héritage des générations passées

« Le revenu universel peut également se justifier au nom de l’héritage des générations passées. « James Meade, économiste keynésien, analysait ce revenu de type égalitaire comme la contrepartie de tout ce que nos prédécesseurs nous ont légué, comme connaissances ou comme richesses, et dont chacun de nous hérite à sa naissance sans y être pour rien, écrivent Denis Clerc et Christophe Fourel dans un article publié en 2010 dans la revue Esprit. Il est légitime, disait-il en substance, que ces ressources qui nous viennent du passé et qui expliquent une partie des capacités de production actuelles de chaque nation reviennent à chacun sur une base égalitaire au sein de la nation où il se trouve avoir vu le jour, un peu comme un héritage. » »
Anne Chemin, « Le revenu universel entraînera-t-il la fin du travail ? », Le Monde, 2017/01/26.

Tout le monde produit de l'utilité sociale

Les individus ne sont que très rarement inactifs. En majorité, les retraités ou les chômeurs accomplissent des choses utiles à la société, qui ne sont simplement pas comptabilisées dans le PIB

Le produit intérieur brut (PIB) est l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux.

En tant qu'indicateur économique principal de mesure de la production économique réalisée à l’intérieur d'un pays donné, le PIB vise à quantifier — pour un pays et une année donnés — la valeur totale de la « production de richesse » effectuée par les agents économiques résidant à l'intérieur de ce territoire (ménages, entreprises, administrations publiques).

Le PIB reflète donc l'activité économique interne d'un pays et la variation du PIB d'une période à l'autre est censée mesurer son taux de croissance économique.

Source : Wikipédia
.
« [S]i le revenu inconditionnel est versé à chaque citoyen pour lui permettre de contribuer, par les activités de son choix, à l'enrichissement de la société, cela revient à postuler que toutes les activités sont utiles à la société et contribuent réellement à son enrichissement et à son bien-être. Un tel postulat peut interpeller. D'aucuns pourraient en effet mettre en doute l'utilité sociale d'une partie de pétanque ou de belote entre amis par exemple... Mais au nom de quel critère pourrait-on la mettre en doute ? Une erreur courante consiste à limiter l'utilité sociale aux seules activités économiquement reconnues et valorisées. Mais le marché ne saurait constituer un critère pertinent de détermination de l'utilité sociale. Non seulement toute activité marchande n'est pas nécessairement utile, mais les activités utiles ne sont pas nécessairement marchandes non plus. Et pour cause, c'est précisément leur gratuité qui donne toute leur valeur à certaines choses, toute leur utilité sociale. [...] Pour finir, à ceux qui rechigneraient encore à « payer les gens à ne rien faire », rappelons ces quelques points. D'abord, personne n'est inactif. Chacun de nous se livre à des activités. Quelles qu'elles soient, quels que soient leur cadre, leur forme, le nombre d'individus qu'elles impliquent ou les retombées sociales qu'elles engendrent, ces activités sont utiles socialement. Lorsqu'elles sont collectives, la création de richesse sociale est immédiate. Lorsqu'elles sont solitaires, la création de richesse est simplement différée. En effet, ces activités sont autant de richesses et d'expériences amassées et qui finissent tôt ou tard par être partagées. La richesse sociale a d'ailleurs ceci de particulier qu'on ne la perd pas en la partageant, on la multiplie au contraire. Notons enfin que la société est une toile tissée de liens sociaux, et que la richesse des uns finit toujours, grâce à l'échange, par profiter à tous. Gardant ces points à l'esprit, qui douterait encore de l'utilité sociale d'une partie de belote ? Qui ignorerait toujours la saveur et la richesse sociale qui naît d'une discussion amicale autour d'un verre ? Ce sont ces activités-là qui rendent la société si riche et qui lui donnent tout son sens ; c'est cette richesse-là que nous devons entretenir. Le revenu inconditionnel doit pouvoir y contribuer. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

La rémunération du travail social non rémunéré

« Dans le capitalisme cognitif, le travail est toujours dans une certaine proportion du travail souterrain, non rémunéré car échappant à la sphère monétaire de l'échange marchand et du rapport salarial. En dépit de sa contribution à la production, ce travail social n'est pas rémunéré et la valeur de cette production est jugée inexistante puisqu'elle échappe aux critères traditionnels de mesure du travail dans la sphère monétaire ou le rapport salarial. En conséquence, la contrepartie en termes de travail existe déjà, mais c'est précisément le revenu qui manque. »
Jean-Marie Monnier, Carlo Vercellone, « Le revenu de base comme revenu primaire », Revue de l'OFCE, Sciences Po, 2017.

[ + Ajouter une objection ]

Références

[ + Ajouter une référence ]


Débat parent