Les travailleurs des services font partie du prolétariat

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pouce d'argument Cet argument est une objection dans le débat La classe ouvrière est-elle la seule classe révolutionnaire ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de la tertiarisation de l'économie
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Les travailleurs des services font partie du prolétariat
Le travail intellectuel s'est prolétarisé
Les statistiques du nombre d'ouvriers d'industrie dans les pays industrialisés sont à manier avec des pincettes
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Présentation de l'argument

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Citations

« Quant au refrain si souvent entonné, selon lequel les salariés employés dans les services ne compteraient pas dans les rangs du prolétariat, il prête à sourire. Penser que seuls les ouvriers d’usines sont des prolétaires relève, au mieux, d’une lecture bien rapide de Marx – qui n’a jamais rien dit de tel. Au pire, c’est une manière de lui prêter des idées caricaturales pour les réfuter à bon compte. Car ses adversaires font dire à Marx que seule une fraction des travailleurs salariés – les ouvriers d’usine – seraient potentiellement révolutionnaires. On imagine aisément la suite : cette fraction de salariés ayant tendance à diminuer, les marxistes se retrouveraient en quelque sorte dépassés par l’histoire. Cet argument travestit […] les idées de Marx, et doublement. »

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Sous-arguments

La distinction entre travailleurs productifs et improductifs n'implique pas que les travailleurs improductifs soient moins combatifs ou révolutionnaires

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La distinction entre travailleurs productifs et improductifs n'implique pas que les travailleurs improductifs soient moins combatifs ou révolutionnaires
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« Certes, Marx a établi, dans Le Capital, une distinction entre les travailleurs qu’il appelle « productifs », c’est-à-dire ceux qui produisent de la plus-value, et « improductifs », ceux qui n’en produisent pas. Mais il n’a jamais écrit nulle part que cette distinction avait quelque conséquence que ce soit sur leur combativité, leur poids politique, leur caractère révolutionnaire ou pas. »

Les travailleurs des services sont dans certains cas productifs

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Les travailleurs des services sont dans certains cas productifs
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« Marx n’a jamais dit non plus que les travailleurs « productifs » sont nécessairement des ouvriers d’industrie. Il a précisément écrit que tout salarié producteur de marchandise était un travailleur « productif », que la marchandise produite soit matérielle ou non. Il explique que le processus de production suppose la collaboration de multiples travailleurs manuels et intellectuels, « le travail manuel et intellectuel (étant) unis par des liens indissolubles. » S’il faut des ouvriers pour fabriquer une voiture, il faut aussi, indiscutablement, des ingénieurs et des dessinateurs. Pour Marx, les marchandises ne sont pas le produit d’une série de travailleurs uniques mais de ce qu’il appelle « un travailleur collectif ». Sont donc des travailleurs « productifs » tous ceux qui sont « un organe du travailleur collectif » – l’expression est de Marx. Et il poursuit : « Est productif tout travailleur […] dont le travail féconde le capital. » Ce qui inclut, par exemple, une infirmière dans une clinique privée, un professeur dans une école privée. C’est-à-dire dans des entreprises où un capitaliste a investi son capital en vue d’en tirer un profit. Ce n’est pas la nature de sa production qui fait qu’un travailleur produit de la plus-value, c’est son rapport avec le capital. Et Marx écrit qu’un enseignant dans une école privée « est un travailleur productif non pas parce qu’il forme l’esprit de ses élèves, mais parce qu’il rapporte des sous à son patron. Que celui-ci ait placé son capital dans une fabrique de leçons plutôt que dans une fabrique de saucisses, c’est son affaire. » »
« Avec le développement de la soumission réelle du travail au capital ou mode de production spécifiquement capitaliste, le véritable agent du procès de travail total n’est plus le travailleur individuel, mais une force de travail se combinant toujours plus socialement. Dans ces conditions, les nombreuses forces de travail, qui coopèrent et forment la machine productive totale, participent de la manière la plus diverse au procès immédiat de création des marchandises ou, mieux, des produits – les uns travaillant intellectuellement, les autres manuellement, les uns comme directeur, ingénieur, technicien ou comme surveillant, les autres, enfin, comme ouvrier manuel, voire simple auxiliaire. Un nombre croissant de fonctions de la force de travail prennent le caractère immédiat de travail productif, ceux qui les exécutent étant des ouvriers productifs directement exploités par le capital et soumis à son procès de production et de valorisation. Si l’on considère le travailleur collectif qui forme l’atelier, son activité combinée s’exprime matériellement et directement dans un produit global, c’est-à-dire une masse totale de marchandises. Dès lors, il est parfaitement indifférent de déterminer si la fonction du travailleur individuel – simple maillon du travailleur collectif – consiste plus ou moins en travail manuel simple. »
Karl Marx, « Résultats du procès de production immédiat », Le Capital, tome 1.

Les travailleurs forment un tout qui concourt collectivement à la production de marchandises

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Les travailleurs forment un tout qui concourt collectivement à la production de marchandises
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« En fait, l’idée que nous devons nous acharner à défendre, c’est qu’il n’existe en fait qu’un seul et même prolétariat, une seule classe aux intérêts communs, d’un bout à l’autre de la planète. Aux intérêts communs, et même, dont chaque membre dépend, par bien des aspects, de tous les autres. Ce que la société capitaliste a créé, c’est un monde qui n’est aujourd’hui qu’une gigantesque chaîne de travail humain dont il est impossible de distinguer le début et la fin. Qui est capable de dire combien de travailleurs sont impliqués dans la fabrication d’un objet aussi simple que les pieds en fer de la chaise sur laquelle vous êtes assis ? Je ne parle pas seulement des ouvriers de l’usine qui ont fabriqué ces pièces. Mais avant même que les morceaux de fer passent sous les presses, il y a le reste : ceux qui ont construit l’usine, ceux qui ont construit les matériaux qui ont servi à construire l’usine, ceux qui ont construit les machines. Et pour que la matière première elle-même arrive dans l’usine, il a fallu des mineurs pour extraire le fer, des dockers pour le charger dans des bateaux, des marins pour le faire fonctionner. Et arrivés au port il faut encore des grutiers, sans parler des ouvriers qui ont fabriqué le bateau et les grues, les travailleurs du pétrole qui ont raffiné le mazout et l’essence servant à transporter tout ce petit monde, et ainsi de suite ! Et avant que le fer arrive à l’usine il faut des camionneurs, et pour qu’il y ait des camionneurs il faut des ouvriers qui fabriquent des camions et des pneus et des routes, et avant, des ouvriers qui fabriquent du bitume. Et je ne parle pas de tous les travailleurs qui produisent, pour tous ces autres ouvriers, de quoi manger, de quoi boire, de quoi se vêtir… Des infirmiers et infirmières qui les soignent pour qu’ils puissent retourner travailler, des instituteurs et institutrices qui leur apprennent à lire, les comptables et les secrétaires… Et pour que tout cela fonctionne il faut un réseau de communication, des téléphones portables, des ordinateurs, et tout cela c’est encore et toujours du travail humain. Alors, il n’est sûrement pas exagéré de dire que vu sous cet angle, dans votre simple chaise, il y a le résultat du travail de millions de travailleurs. En divisant le travail, la bourgeoisie a finalement unifié le monde ! Chose que Marx, une fois de plus, avait parfaitement comprise dès son époque : « La grande industrie fonde l’histoire mondiale, en rendant chaque nation, chaque individu, dépendant du monde entier. » »

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Objections

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Références

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