Le discours féministe soutient la victimisation des femmes

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Mots-clés : Féminisme, victimisation[ modifier ].

RésuméRésumé

Virginie Despentes théorise sur le sujet de victimisation de viol dans son essai King Kong Théorie en 2006. En s'inspirant de Camille Paglia, féministe américaine elle exorte les femmes à prendre le risque, indisociable de la condition féminine, par souci de liberté et pour de ne pas vivre sa vie à moitié. En cas de malheur, ne pas se victimiser et encaisser sans nier ou oublier. Polémique pour les défenseurs de victimes qui y voient une tribune à la banalisation du viol et entrave toute leur démarche dont leur fond de commerce repose sur le reconnaissance des victimes.

CitationsCitations

« J'ai besoin d'être une humaine forte. Je résiste à la victimologie. Il y a parfois de la malhonnêteté ou de la simplification à travers certains discours féministes. Les relations sont plus complexes, souvent de l'ordre de l'alchimie »

« S'inspirant de Camille Paglia : "C’est un risque inévitable, c’est un risque que les femmes doivent prendre en compte et accepter de courir si elles veulent sortir de chez elles et circuler librement. Si ça t’arrive, remets-toi debout, dust yourself et passe à autre chose. Et si ça te fait trop peur, il faut rester chez maman et t’occuper de faire ta manucure […]

Pour la première fois, quelqu’un valorisait la faculté de s’en remettre, plutôt que de s’étendre complaisamment sur le florilège des traumas. Dévalorisation du viol, de sa portée, de sa résonance. Ça n’annulait rien à ce qui s’était passé, ça n’effaçait rien de ce qu’on avait appris cette nuit-là.[…] Camille Paglia est sans doute la plus controversée des féministes américaines. Elle proposait de penser le viol comme un risque à prendre inhérent à notre condition de filles. Une liberté inouïe, de dédramatisation. Oui, on avait été dehors, un espace qui n’était pas pour nous. Oui, on avait vécu, au lieu de mourir. Oui, on était en minijupe seules sans un mec avec nous, la nuit, oui on avait été connes, et faibles, incapables de leur péter la gueule, faibles comme les filles apprennent à l’être quand on les agresse. Oui, ça nous était arrivé, mais pour la première fois, on comprenait ce qu’on avait fait : on était sorties dans la rue parce que, chez papa-maman, il ne se passait pas grand chose. On avait pris le risque, on avait payé le prix, et plutôt qu’avoir honte d’être vivantes on pouvait décider de se relever et de s’en remettre le mieux possible. Paglia nous permettait de nous imaginer en guerrières, non plus responsables personnellement de ce qu’elles avaient bien cherché, mais victimes ordinaires de ce qu’il faut s’attendre à endurer si on est femme et qu’on veut s’aventurer à l’extérieur. Elle était la première à sortir le viol du cauchemar absolu, du non-dit, de ce qui ne doit surtout jamais arriver. Elle en faisait une circonstance politique, quelque chose qu’on devait apprendre à encaisser. Paglia changeait tout : il ne s’agissait plus de nier, ni de succomber, il s’agissait de faire avec."

Il faut être traumatisée d’un viol, il y a une série de marques visibles qu’il faut respecter : peur des hommes, de la nuit, de l’autonomie, dégoût du sexe et autres joyeusetés »

Virginie Despentes, King Kong Théorie, Grasset, 2006.

« J’en ai assez qu’on demande aux femmes de revendiquer la souffrance

revendiquer un statut de victime n’est pas une ambition

Les femmes, il y a quand même autre chose à en dire ! Autre chose à dire que : comme c’est dur d’être une femme ! »

Christine Angot, Télérama, 05/10/2017.

« Lorsque l’on se pose comme victime, on pose l’autre comme bourreau. C’est aussi ce qui ce qui passe avec le conflit israélo-palestinien. Je trouve cela très pervers, car je vois bien tout le travail pour montrer que les femmes sont victimes dans une proportion incroyable, que toutes les femmes sont potentiellement victimes des hommes. Ce thème est inlassablement développé. Si l’homme est bourreau, il en découle une véritable incompatibilité. Ce féminisme que je critique n’a absolument pas en vue d’établir des relations améliorées entre hommes et femmes. Ce n’est pas du tout le sujet. »

Elisabeth Badinter, L'Arche, 2003.

« Limitons-nous ici à la victimisation féminine. Si les femmes sont par nature des victimes, il faut conclure qu’elles sont condamnées à subir leur vie déterminée par leur naissance. En d’autres termes, elles ne possèdent ni le libre arbitre ni la force de briser les chaînes qui les entravent. Elles n’ont ainsi d’avenir qu’à travers leurs bourreaux, car une victime est inexorablement tributaire de son bourreau. Jamais elles ne pourront accéder à l’égalité. »

Denise Bombardier, Le journal de Montréal, 2017.

« "Féministe", qu'est-ce qu'on entend par cela ? Je ne crois pas être féministe au sens de revendication des femmes : vouloir démontrer qu'elles ont été les esclaves des hommes et qu'elles ont été très malheureuses, je n'appréhende pas le problème de cette façon. Mais je crois que les femmes peuvent apporter beaucoup dans notre société. Maintenant qu'elles ont le sentiment d'avoir ce rôle à jouer, elles doivent pouvoir épanouir leur personnalité comme elles le souhaitent. »

Simone Veil, ORTF, 1974.

RéférencesRéférences

Arguments pourJustifications

Arguments contreObjections

  • Argument contreLa reconnaissance en tant que victime est nécessaire pour se reconstruire
  • Argument contreLa reconnaissance en tant que victime est essentielle pour montrer la réalité d'une agression
  • Argument contreÊtre victime n'est pas une tare
  • Argument contreC'est important pour certaines femmes d'être reconnues comme victimes
  • Argument contreCertains courants féministes luttent contre la victimisation des femmes
  • Argument contreL'expérience quotidienne du sexisme ne pourra jamais, tant qu'elle sera toujours effective, se dissocier d'un statut de victime

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