La révolution d'Octobre est une transformation profonde de toute la vie sociale

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pouce d'argument Cet argument est une objection dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à Lénine a fomenté le coup d'État d'Octobre 17
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. La révolution d'Octobre est une transformation profonde de toute la vie sociale
Le gouvernement provisoire russe de 1917 n'était pas démocratique
Les bolchéviks étaient majoritaires dans les soviets en octobre 1917
Aucune solution démocratique n'était possible en octobre 1917 en Russie
L'insurrection d’Octobre 1917 est le résultat d'une année d'actions des masses
Les bolchéviks réalisent les aspirations des masses dans la première année du régime soviétique
La question de l'insurrection bolchévik était publiquement débattue dès septembre 1917
La thèse du coup d'État bolchévik sert à maintenir le peuple dans un rôle passif
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Présentation de l'argument

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Citations

« Il suffit de revoir les mesures législatives prises dans les premiers mois et la première année par le nouveau régime pour comprendre qu'ils signifient un bouleversement radical des rapports de propriété et de pouvoir, parfois plus rapide que prévu et voulu, parfois au-delà même du souhaitable, sous la pression des circonstances. De nombreux livres témoignent de cette cassure dans l'ordre du monde (voir Les Dix jours qui ébranlèrent le monde, de John Reed, réédition Seuil, 1996) et de son retentissement international immédiat (cf. La Révolution d'Octobre et le mouvement ouvrier européen, collectif, EDI, 1967). Marc Ferro souligne (notamment dans La Révolution de 1917, Albin Michel, 1997 ; et Naissance et effondrement du régime communiste en Russie, Livre de Poche, 1997) qu'il n'y eut sur le moment pas grand monde pour regretter le régime du tsar et pour en pleurer le dernier despote. Il insiste au contraire sur le renversement du monde si caractéristique d'une authentique révolution, jusque dans les détails de la vie quotidienne : à Odessa, les étudiants dictent aux professeurs un nouveau programme d'histoire ; à Pétrograd, des travailleurs obligent leurs patrons à apprendre « le nouveau droit ouvrier » ; à l'armée, des soldats invitent l'aumônier à leur réunion pour « donner un sens nouveau à sa vie » ; dans certaines écoles, les petits revendiquent le droit à l'apprentissage de la boxe pour se faire entendre et respecter des grands. »
Daniel Bensaïd, « Communisme contre stalinisme », Rouge, n°1755, 1997.
« Le peuple est à l’œuvre et s’attelle à changer sa vie quotidienne dans une multitude de domaines, débordant les lois traditionnelles de l’histoire. Dans les entreprises, la hiérarchisation des rapports entre employeurs et employés est remise en cause. À l’école, les étudiants s’immiscent dans les choix pédagogiques et les questions de programme. Samuel Joshua détaille cette expérience éducative inédite : « Dès 1918, un immense espoir éclata d’en finir avec le despotisme de l’école tsariste, sa fabrication de la hiérarchie de classe, l’élitisme et le formatage. » De cette aspiration naît un nouveau système scolaire gratuit et mixte pour tous les enfants de 8 à 17 ans. « L’autogestion y est la règle », le fonctionnement assuré par une représentation collégiale regroupant les enseignants, le personnel, les élèves de plus de 12 ans ainsi que les organisations ouvrières environnantes. « Les thèmes travaillés sont définis par les enseignants et les élèves ». « Pas d’étude du ‘‘marxisme’’ (comme plus tard du “marxisme-léninisme’’), mais au contraire le fier refus de tout endoctrinement », précise Samuel Joshua, qui met ainsi en lumière un pan méconnu de la révolution russe qui perdura jusqu’au milieu des années 1920. Au sein de l’armée, les choses changent également. Les militaires renversent le poids ancestral du caporalisme. L’Église est traversée publiquement de débats enflammés sur la complémentarité entre religion et socialisme. Les poètes futuristes, dont Vladimir Maïakovski, pourfendent le conformisme ambiant et veulent tuer le vieil art. Dans son livre Russie soviétique (1917-1927). La révolution dans la culture et le mode de vie, Nicolas Fornet s’attarde lui aussi sur les bouleversements quotidiens engendrés par la révolution. Comme Samuel Joshua, il insiste sur le fait que la lutte contre l’analphabétisme devient une priorité effective après Octobre, dans ce pays où l’immense majorité des 150 millions d’habitants ne sait ni lire ni écrire. Les clubs de lecture, les cercles scientifiques, les sections littéraires, les groupes artistiques, les bibliothèques, les maisons du peuple, les théâtres, les expositions et les musées florissent et sèment aux quatre vents une culture accessible au plus grand nombre. Le palais d’Hiver, ancien haut lieu du tsarisme, est officiellement transformé en palais des Arts. Pour les femmes également, l’existence est profondément modifiée : « Le pouvoir soviétique allait ouvrir aux femmes l’accès à tous les domaines économiques, sociaux, politiques et culturels. Il proclama immédiatement l’égalité entre les sexes. Dès décembre 1917, le décret sur le mariage fixa l’égalité des contractants. Abolissant la prérogative masculine en matière familiale et parentale, ainsi que l’incapacité juridique de la femme mariée, il supprima l’indissolubilité du mariage [...] et permit le divorce à la demande de l’un des partenaires. [...] Les femmes pouvaient désormais choisir leur domicile. » La révolution trouvait dans son aptitude concrète à changer la vie son meilleur outil de propagande, son moyen le plus concret de maintenir l’adhésion du prolétariat à son projet, au-delà des difficultés et des épreuves traversées. »
Olivier Besancenot, Que faire de 1917 ?, Autrement, Paris, 2017.

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Sous-arguments

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Objections

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Références

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