La classe ouvrière est trop divisée pour avoir conscience d'elle-même

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pouce d'argument Cet argument est un argument CONTRE dans le débat La classe ouvrière est-elle la seule classe révolutionnaire ?
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Sous-arguments

Une classe atomisée

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La classe ouvrière est trop atomisée pour avoir conscience d'elle-même
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Une classe trop hétérogène

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La classe ouvrière est trop hétérogène
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Une classe touchée par le racisme et le sexisme

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Une classe touchée par l'individualisme

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La classe ouvrière est touchée par l'individualisme
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Objections

La classe ouvrière a toujours été traversée de divisions

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La division de la classe ouvrière est une politique consciente de la bourgeoisie

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La division de la classe ouvrière est une politique consciente de la bourgeoisie
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La division de la classe ouvrière dans le passé ne l'a pas empêchée de s'organiser et de lutter

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La division de la classe ouvrière dans le passé ne l'a pas empêchée de s'organiser et de lutter
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« Patrick insiste beaucoup sur la dispersion du prolétariat, sa diversification, sa précarisation, comme autant d’obstacles à une conscience commune, et à l’organisation. Mais quelle était la situation du prolétariat à la fin du XIXe et au début du XXe à l’époque de Jaurès ? Ou dit autrement : est-ce que cette situation de précarité et de dispersion infiniment plus grande qu’aujourd’hui a empêché un Jaurès de jouer le rôle qui a été le sien, et au-delà, des dizaines de milliers de prolétaires de s’organiser dans un parti politique (le PS-SFIO disposant de plus d’une centaine de députés en 1914), des centaines de milliers dans une CGT révolutionnaire dirigée par le courant anarchiste ? Ce qui peut être pourrait nous interroger autrement sur ce qui fait défaut aujourd’hui.

Il faut par exemple imaginer que l’une des grèves ouvrières les plus importantes à l’époque du Second empire dans les années 1860 a eu lieu non pas au Creusot (qui existait déjà) ni dans les mines comme nous le raconte Zola dans Germinal, mais à Paris, avec plus de 10 000 ouvriers bronziers en grève pendant de longues semaines dispersés entre plusieurs centaines d’ateliers encore de type artisanal. Comment ont-ils fait ?

On peut aussi rappeler que la première grande grève dirigé par le tout jeune Parti communiste en 1924 – qui en a fait un conflit « exemplaire », réellement marquant dans la vie politique nationale, et tremplin pour la première campagne législative mené par le parti au même moment – n’a eu lieu ni chez monsieur Renault ni chez monsieur Berliet, mais à Douarnenez avec des sardinières (les « Penn sardines »), au fin fond de la Bretagne de Bécassine, dans des conditions autrement plus difficiles que bien des luttes aujourd’hui. Les grands centres industriels n’ont pas toujours été à la pointe de la lutte de classe, dans le passé déjà. Ce qui n’enlève rien à leur importance et au rôle qu’ils peuvent jouer à certains moments, mais sans être prisonniers de certains schémas sans doute un peu rigides. »

Le recul de la conscience de classe incombe aussi à la gauche et aux directions du mouvement ouvrier

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La gauche est responsable du recul de la conscience de classe des ouvriers
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« La baisse du vote à gauche des ouvriers, et plus largement la crise de subjectivité du prolétariat, est aussi une conséquence des choix politiques de toute cette gauche depuis les années 1980 acquise à la cogestion du capitalisme et au respect du pouvoir bourgeois. Sans même parler des trahisons de 1968, les classes populaires ont été, depuis, progressivement délaissées voire abandonnées au profit des « classes moyennes » ou de secteurs spécifiques du prolétariat (aristocraties ouvrières et spécialement fonctionnaires d’État ayant un statut spécial ou plus protégé), non seulement par la social-démocratie du PS, devenue aujourd’hui social-libérale PS, mais aussi par le PCF, dont la composition sociologique et les dirigeants ne sont quasiment plus ouvriers aujourd’hui, et les centrales syndicales de plus en plus intégrées à la cogestion du capitalisme (bien que leur rôle contre-révolutionnaire remonte au moins jusqu’à 1936). »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.
« La responsabilité de cette gauche est qu’elle a tout fait pour maintenir le fossé entre cette nouvelle réalité de la classe ouvrière d’aujourd’hui, majoritairement « employée », paritairement masculine et féminine, avec une forte composante immigrée (même de troisième génération), et une large frange de la jeunesse localisée sur des emplois précaires et atypiques – autant de franges minorées par le mouvement syndical organisé – et le modèle du « métallo » des années 1960, celui de l’ouvrier spécialisé homme et blanc. Ce modèle reste dominant dans les mémoires alors que s’est imposée l’image sans nuances d’une France « désindustrialisée ». Le rôle des organisations est naturellement de veiller à la vivacité de la conscience de classe, qui est tout sauf figée, mais au contraire épouse les transformations de la société : elles se sont au contraire livrées à un jeu de massacre symbolique. Alors qu’appartenir à la classe ouvrière était encore dans les années 1960 un motif de fierté enraciné dans une solidarité, une sociabilité et une mémoire valorisantes, aujourd’hui les classes les moins favorisées préfèrent l’image valorisante des « classes moyennes » qu’elle a activement contribué à forger, à celle plus ternie dorénavant attachée aux classes populaires. D’où la faiblesse croissante depuis trente ans du sentiment d’appartenance à la classe ouvrière, à la fois chez les ouvriers d’industrie, qui se vivent maintenant comme une espèce en voie de disparition ou déjà disparue, et chez les « employés », qui ne se reconnaissent pas en elle (à la fois parce que le « col bleu » et le « col blanc » sont deux modèles sociologiques distincts, et parce que le col bleu a aujourd’hui une image dévalorisée). »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

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Références

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