Lénine n'a fait allusion que deux fois en novembre 1918 et octobre 1921 à la nuit ouralienne du 16 au 17 juillet 1918, sans jamais n'évoquer que la mort du tsar

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Présentation de l'argument

A deux époques différentes en novembre 1918 quand la révolution est militairement en grand danger et en octobre 1921 lorsqu'elle est pratiquement sauvée, Lénine dément implicitement les premières rumeurs de 1918 devenues accusations en 1920 de massacre de la famille impériale et ne reconnaît que l'exécution solitaire du tsar. Marc Ferro qui a relevé la première allusion perçoit chez Lénine la prépondérance marxiste de l'économique et du social sur les individus et le rappel que les révolutions bourgeoises et régicides de France et de Grande-Bretagne n'ont pu empêcher de restaurations. Il en est de même de la deuxième allusion où l'on voit que Lénine toujours à l'esprit l'échec des révolutions britannique et française (même s'il ne les nomme pas) qu'il attribue à leur non-prise en compte de la lutte contre le capitalisme.

Citations

« L'expérience de toutes les révolutions qui ont éclaté jusqu'ici en Europe confirme que la révolution subira une défaite, si la paysannerie ne triomphe pas de l'emprise des koulaks. Toutes les révolutions européennes n'ont abouti à rien, précisément parce que la campagne n'a pas su venir à bout de ses ennemis. Les ouvriers des villes ont renversé les monarques (en Angleterre et en France on a exécuté les rois il y a déjà quelques centaines d'années et nous étions seuls en retard avec notre tsar) et pourtant après un certain temps, l'Ancien Régime était restauré (...) »
Lénine, oeuvres de Lénine tome 28, p.176, 8 novembre 1918, Éditions Sociales, Paris.
« Maintenant il n’y a plus de grands propriétaires déclarés. Les Wrangel, les Koltchak et les Denikine sont, pour une part, partis rejoindre Nicolas Romanov, et pour une autre part se sont tapis en lieu sûr à l’étranger. Le peuple ne voit pas d’ennemi manifeste, comme auparavant le grand propriétaire foncier et le capitaliste (...) Comment le peuple peut-il prendre conscience du fait que, à la place de Koltchak, de Wrangel et de Dénikine se trouve ici même, parmi nous l'ennemi qui a fait avorter toutes les révolutions antérieures ? Car si les capitalistes prennent le dessus sur nous, cela signifie le retour au passé, comme le confirme l'expérience de toutes les révolutions antérieures ? La tâche de notre parti est de faire pénétrer dans la conscience cette vérité que l'ennemi, parmi nous, c'est le capitalisme anarchique et l'échange anarchique des marchandises. »
Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 33, aout 1921- mars 1923, p.60-61, 17 octobre 1921, Éditions sociales, Paris, 1963.
« Alors que la mort de Charles Ier ou de Louis XVI ont été de grands évènements historiques, celle de Nicolas II constitue même l'exemple d'un fait divers, d'un non-évènement(...)

(...) L'essentiel, expliquait Lénine, était de détruire les propriétaires terriens, les koulaks. La mort de Nicolas II ne méritait ni explication, ni mention, ni justification. Lénine y faisait allusion comme une information sur quelque chose qui lui était étranger. Mais c'était si peu important que cela ne méritait pas qu'on s'y attardât.

Voilà qui ne l'empêchait pas d'ailleurs, de négocier avec les Allemands le sort de l'impératrice et de ses filles. Mais ces négociations secrètes, condamnées la veille encore, demeuraient soigneusement cachées sous la chappe d'une théorie de l'Histoire qui était censée ignorer les individus et ne connaître que les classes et modes de production...C'est ainsi qu'une telle négociation, pareille exécution purent devenir de non-évènements, disparaître de l'Histoire. »
Marc Ferro, Nicolas II, p.344-345, Payot, 1990.

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Sous-arguments

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Objections

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Références

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