L'islam est la religion des opprimés

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat L'extrême-gauche doit-elle lutter contre l'islamophobie ?
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Sous-arguments

Il existe une oppression spécifique envers les musulmans

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Il existe une oppression spécifique envers les musulmans
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« Une partie de la classe politique française actuelle rejette et discrimine les musulmans [...] et il est compréhensible que nombre de jeunes se sentent victimes d’une oppression spécifique, qui existe bel et bien. Comment admettre que les politiciens de droite, qui hurlent à la laïcité et veulent interdire les menus de substitution dans les cantines, soient les mêmes qui combattent pour permettre l’installation de crèches de Noël dans le hall de leur mairie ? La laïcité des politiciens bourgeois d’aujourd’hui est à géométrie variable, et elle est tournée contre la religion musulmane, comme elle l’a été en d’autres temps contre les Juifs. Et c’est d’autant plus choquant que les mêmes n’ont pas hésité, dans le passé, à se servir de l’islam pour tenter de canaliser la colère et le ressentiment des jeunes des banlieues, comme le fit Sarkozy lorsqu’il créa le Conseil national du culte musulman. »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.

L'islam est une religion opprimée

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L'islam est une religion opprimée
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« Penser le phénomène religieux, c’est penser la réalité matérielle dans laquelle il s’inscrit : Marx et les marxistes l’ont maintes fois expliqué en soulignant le fait que les idées – y compris religieuses – n’existent pas indépendamment des forces sociales qui s’en emparent. « La » religion peut ainsi exprimer des dynamiques sociales et politiques diverses, voire contradictoires : viendrait-il à l’esprit de quiconque de prétendre que « la » religion catholique avait la même signification et la même portée, durant les années 1960-1970, pour les travailleurs d’Irlande du nord et pour les dignitaires du régime de Franco ? Évidemment, non. Léon Trotsky n’affirmait rien d’autre en 1933, à propos des États-Unis : « le baptisme d’un Noir est quelque chose de totalement différent du baptisme d’un Rockfeller. Ce sont deux religions différentes. » Il en va de même pour l’islam aujourd’hui : l’islam pratiqué, voire revendiqué, par certaines catégories de la population résidant en France, ne peut être considéré sur le même plan que l’islam du régime saoudien ou du régime iranien, quand bien même il s’agirait, en dernière instance, du même « dogme religieux ». Dans un cas, l’islam est une religion opprimée par l’État ; dans l’autre, elle est un outil d’oppression de l’État : voilà qui ne devrait pas laisser indifférent des militants se fixant pour tâche le renversement du capitalisme et de ses institutions. »
Julien Salingue, Christine Poupin, Ugo Palheta, Selma Oumari, « Combat contre l’islamophobie : quand Lutte ouvrière inverse la hiérarchie des normes », 2 février 2017.

La classe ouvrière doit prendre sous son aile le combat contre toutes les oppressions

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Objections

Les marxistes doivent combattre toutes les religions

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Les marxistes doivent combattre toutes les religions
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« Les marxistes ont toujours considéré la propagande antireligieuse comme indispensable. Être communiste, c’est être matérialiste, et être matérialiste, c’est être athée. On peut être athée et se battre, dans une grève, aux côtés d’un travailleur croyant. Mais cela n’empêche pas qu’il est du devoir de n’importe quel révolutionnaire communiste d’essayer d’arracher non seulement les militants qu’il veut gagner à sa cause, mais même ses camarades de travail et de lutte, à l’emprise de la religion. »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.

Etre religieux et communiste révolutionnaire est incompatible

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Etre religieux et communiste révolutionnaire est incompatible
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« Aujourd’hui, 170 ans après le Manifeste communiste, il faut apparemment encore rappeler que le communisme n’est pas compatible avec la religion. Il est affligeant de voir des prétendus révolutionnaires se solidariser avec des rebuts d’idées que l’on trouve dans des livres comme ceux de Houria Bouteldja. Ces idées sont la négation même des idées communistes. »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.
« Trotsky l’expliquait, en 1923 : « Nous adoptons une attitude tout à fait irréconciliable vis-à-vis de tous ceux qui prononcent un seul mot sur la possibilité de combiner le mysticisme et la sentimentalité religieuse avec le communisme. La religion est irréconciliable avec le point de vue marxiste. Celui qui croit à un autre monde ne peut concentrer toute sa passion sur la transformation de celui-ci. » Et à la fin des années 1930 il écrivait encore, dans Défense du marxisme : « Nous, les révolutionnaires, nous n’en avons jamais fini avec les problèmes de la religion, car nos tâches consistent à émanciper non seulement nous-mêmes mais aussi les masses de l’influence de la religion. Celui qui oublie de lutter contre la religion est indigne du nom de révolutionnaire. » »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.

Céder sur la religion est faire preuve d'opportunisme et de démagogie

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Les marxistes qui cèdent sur la religion font preuve d'opportunisme et de démagogie
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« Il y a longtemps que la LCR, et plus encore le NPA, se refusent à critiquer clairement le voile, et font preuve vis-à-vis de l’islam d’une bonne dose de démagogie. On se souvient de l’affaire de la candidate voilée du NPA dans le Vaucluse, en 2011. Se refusant à affirmer sans ambages le caractère oppressif du voile et de ses divers avatars vestimentaires, des membres de ce parti sont allés par exemple, en août dernier, jusqu’à organiser dans le cadre de leur université d’été une manifestation pour défendre le droit des femmes à porter le burkini, aux cris de « Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider ». On n’est, on le voit, pas très loin du féminisme décolonial.

Cela n’a rien de fortuit, de la part d’un courant qui a pour habitude d’épouser les idées d’autres courants, dans l’espoir de gagner l’oreille de telle ou telle fraction de la jeunesse, de la petite bourgeoisie intellectuelle ou du monde du travail. Autrement dit : tentons d’attirer les jeunes des banlieues à nous… en nous rangeant derrière des organisations qui, elles, disent ce que ces jeunes veulent entendre, quelque réactionnaires que soient leurs idées.

Cet opportunisme est une vieille tradition d’une partie du mouvement trotskyste, la même qui l’a conduite, dans le passé, à soutenir sans s’en démarquer les nationalistes des pays colonisés, comme le FLN algérien, ou certains courants staliniens, à trouver des vertus aux associations les plus réformistes, comme Attac, ou à faire les yeux doux aux décroissants. »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.
« On ne saurait mieux dire. Car cela évoque tout aussi bien des expériences plus récentes que celles du passé, par exemple lorsqu’on a fini par confondre au NPA la lutte contre le racisme avec des meetings communs avec les organisations précitées qui ne nous tolèrent que parce que nous n’allons jamais les critiquer ouvertement. Ou encore le travail d’implantation dans les quartiers populaires, mené parfois avec une démagogie sans limite, comme on l’a vu notamment à Avignon en 2009 envers quelques militants associatifs, lesquels se donnaient pour but explicite de vérifier s’il était possible au sein du NPA, et en son nom, de parler et d’agir « en tant que musulmanEs ». »

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Références

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