Le Front national est-il un parti fasciste ?

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Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le FN est un parti nationaliste Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Le FN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le FN est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La tendance fasciste du FN est en voie de marginalisation
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Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le slogan « Ni gauche, ni droite » est typiquement fasciste

Arguments POUR

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « Le FN est un parti nationaliste »

« Comme son nom l'indique clairement, le nationalisme est l'un des piliers du Front national. Le FN se qualifie lui-même de « parti patriote ». C'est un parti nationaliste qui glorifie le mythe de la nation. Marine Le Pen a même accepté le qualificatif de « nationaliste-populiste ». Ce nationalisme se manifeste principalement autour de deux thèmes, de deux boucs-émissaires extérieurs qui seraient la cause de tous les problèmes que rencontre la société française :

  1. L'immigration rendue responsable du chômage, des déficits et de l'insécurité. Elle est présentée comme une menace pour l'identité nationale. En conséquence et logiquement le FN entend donner la priorité aux Français : « la priorité nationale ».
  2. L'Union européenne et l'euro considérés comme sources de contraintes et responsables de la perte d'une indépendance qu'il faudrait reconquérir.

Il en résulte des positions souverainistes et protectionnistes. »


« Le Parti national fasciste et le Front national partagent la même conception de la nation. Par opposition au matérialisme marxiste, la nation a une valeur absolue. Elle n’est pas un simple regroupement d’humains constitué au hasard des migrations, mais un « organisme » constitué d’individus appartenant à une même ethnie et partageant des valeurs communes. De même dans la vision de la France de Vichy, l’individu n’existe qu’en tant que membre de groupes : famille, région, métier, qui tous forment la nation française. Il ne s’agit pas, dans le fascisme italien de 1921, de racisme systématique comme dans le nazisme. Même après l’arrivée au pouvoir, la doctrine fasciste, qui à ce moment-là s’oppose à la démocratie classique, continue à dire que la nation est « non pas une race (razza), ni une région géographiquement délimitée, mais une lignée (schiatta) qui se perpétue au cours de l’histoire, une multitude réunie autour d’une idée, qui est volonté d’existence et de puissance : conscience de soi, personnalité. ». Cela changera au cours des années 30 : le fascisme deviendra officiellement raciste, et en particulier antisémite. Le Pen est en quelque sorte en avance sur Mussolini puisqu’il a reconnu qu’il ne croyait pas à l’égalité des races. Cela dit, son programme officiel est plutôt centré, comme le programme fasciste, sur la notion d’une communauté d’individus, homogène sur le plan ethnique et unie par des valeurs communes. Un étranger, s’il accepte toutes ces valeurs, peut rejoindre cette communauté dans certaines conditions, en particulier après une mise à l’épreuve. »

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « Le FN est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe »

« Le 13 septembre 1987, Jean Marie Le Pen déclare sur RTL que les chambres à gaz sont « un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». [...] Le 2 septembre 1988, dans un discours, M. Le Pen évoque le ministre de la Fonction publique Michel Durafour, et fait un calembour : « Durafour crématoire ». [...] Le 12 janvier 2005, Jean-Marie Le Pen estime dans un entretien à l’hebdomadaire Rivarol que l’occupation allemande en France « n’a pas été particulièrement inhumaine ». [...] Fin décembre 2010, Marine Le Pen assimile les prières de rues musulmanes à « une occupation ». [...] Le 7 avril 2015, Jean-Marie Le Pen affirme dans Rivarol qu’il n’a « jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître ». [...] Le 7 juin 2014, Jean-Marie Le Pen s’en prend dans une vidéo à des artistes qui ont pris position contre le FN. A son interlocutrice qui évoque le nom de Patrick Bruel, il répond : « Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois ». Le 9 avril 2017, en pleine campagne pour l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclare : « Je pense que la France n’est pas responsable du Vel d’Hiv » en référence à la rafle, en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13 000 juifs avaient été arrêtés par la France. »


« Fin mai, Jean-Marie Le Pen avait évoqué « monseigneur Ebola » pour « régler » les problèmes d’immigration. Le voilà qui vient de récidiver en parlant de faire une « fournée » de Patrick Bruel qui s’était alarmé du score du FN lors des élections européennes. [...] Les jeux de mots ne lui réussissent décidément pas. En 2012, alors qu’il a laissé la présidence du parti à sa fille l’année précédente, il se fend d’un nouveau « trait d’esprit » à l’encontre des Roms : « Les Roms volent naturellement, comme les oiseaux ». [...] En mai 1987, invité à l’émission L’Heure de vérité sur Antenne 2, Jean-Marie Le Pen appelle à isoler les malades du sida qu’il compare à des lépreux : « Le sidaïque (sic) […] est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux. Et celui-là, je souhaiterais qu’il soit dans un centre ». Dix ans plus tard, en 1997, il s’interroge : « Que faut-il que je fasse pour ne pas être raciste ? Epouser une Noire ? Avec le sida, si possible ? » [...] En août 1996, lors d’une université d’été, Jean-Marie Le Pen évoque « l’inégalité des races » : « Je crois à l’inégalité des races, oui, bien sûr, c’est évident. Toute l’histoire le démontre. Elles n’ont pas la même capacité ni le même niveau d’évolution historique ». Des propos qu’il réitère un mois plus tard sur l’antenne d’Europe 1 et qu’il justifie avec un exemple sportif : « Aux Jeux olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche ». »

François-Damien Bourgery, « Jean-Marie Le Pen, 30 ans de propos provocateurs », 9 juin 2014.


« Sur toutes les questions relatives à la perception de l’Autre, « autre » par ses origines, sa couleur de peau, sa religion, sa culture, et quelle que soit la vague de sondage retenue, les réponses des sympathisants du FN sont toujours beaucoup plus négatives que celles des sympathisants des autres partis. […] Les sympathisants du FN battent tous les records d’intolérance à l’Autre. Si on répartit les personnes interrogées en quatre groupes par niveau croissant d’ethnocentrisme, de « très faible » (scores 0-1) à « très fort » (6-10), 87 % d’entre eux sont très ethnocentristes, contre 48 % des proches des partis de droite, 33 % des proches des partis du centre, et 18 % des proches des partis de gauche. Inversement, aucun proche du FN n’a sur notre échelle un score inférieur à 2 (contre respectivement 3 % des sympathisants de droite, 11 % des centristes et un quart des sympathisants de gauche). »

Nonna Mayer, « Le mythe de la dédiabolisation du FN », La vie des idées, 4 décembre 2015.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « Le FN tire son origine d'individus et groupes fascistes »

« Le Front national est un projet porté par le mouvement néofasciste Ordre nouveau, fondé en 69 et dissout par l’Etat en 1973. [...] Ordre nouveau [ON] se définit comme « nationaliste-révolutionnaire » et ne fait pas de mystère sur que ce que signifie néofasciste dans le cadre de l’après-guerre. Le mouvement se veut très subversif, mais dans ses sections on lit quand même plutôt Maurras, il y a une petite difficulté à accorder le ressenti révolutionnaire avec des idées qui le soient autant. D’où l’importance de la violence physique, qui donne chair à ce révolutionnarisme mais finit par mener à la dissolution. Se retrouvent à ON tous les items qui font l’extrême droite : représentation de la nation comme un organisme, utopie de régénération, dégagement des « élites véritables » en lieu et place de la « démoploutocratie », etc. »

Nicolas Lebourg, « Les origines du Front national », 13 octobre 2013.


« Parmi les tous premiers organisateurs du Front national figurent une kyrielle d’individus issus d’Ordre nouveau ou d’autres organisations d’extrême-droite et fascistes qui, actuellement encore, démontrent par leur présence aux côtés des Le Pen que ce parti reste un parti d’extrême droite […].

  • Commençons par Pierre Bousquet. Membre du Parti franciste depuis 1935, il était devenu délégué général du bureau de commandement de la jeunesse franciste en 1941. Ancien caporal de la 33e division de grenadiers SS Charlemagne, il fait partie des 300 Français qui combattirent les Russes en avril 1945 dans la capitale allemande. Il a été membre du premier bureau politique du Front national et son premier trésorier pendant 9 ans. […]
  • Léon Gaultier. Il a été secrétaire à l’Information du gouvernement de Pétain. Il fut également un des fondateurs de la Milice nationale de Pétain. Lieutenant des Waffen SS, il commanda une unité française sur le front de l’Est durant l’été 1944. À son retour en France, frappé d’indignité nationale, il fut emprisonné et condamné aux travaux forcés. Libéré après avoir passé une certaine période en prison, il devint, en 1972, cofondateur du Front national dont il fut trésorier. Il figure comme une personnalité importante parmi les membres fondateurs de cette organisation.
  • François Duprat. L’homme d’extrême-droite qui inventa le Front national. Auteur spécialisé dans le fascisme et les mouvements d’extrême-droite, il eut un rôle fondamental dans la naissance et l’ascension finale du Front national. Adepte des thèses révisionnistes, il fut une des figures de l’extrême-droite dans les années 1960-70. Il était à ce moment-là numéro 2 au Front national. Il était auparavant adhérent de diverses organisations fascistes, comme l’OAS, en passant par la Fédération des étudiants nationalistes et Ordre nouveau. C’est lui, par exemple, qui souffla à Jean-Marie Le Pen une expression devenue une des marques du parti d’extrême droite, le fameux : « Un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés en trop », expression reprise aujourd’hui sous d’autres formes par Marine Le Pen. [...]
  • François Brigneau. Militant d’extrême-droite, il adhère au « frontisme » en 1937. Membre du Rassemblement national populaire de Marcel Déat, il s’oriente vers la Collaboration et en juin 1944, au lendemain du débarquement allié en Normandie, il s’engage dans la Milice. […] Au moment de la création du FN, il en devient vice-président. Un demi-siècle plus tard, « il tire toujours une certaine gloire » de ses engagements et se vante d’avoir été un compagnon de cellule de Brasillach. Brasillach est surtout connu pour son engagement à l’extrême-droite. Membre de l’Action française, dans les années 1930, il évolue vers le fascisme. »
Léon Landini, « Front national : Les chiens ne font pas des chats ! », avril 2017.


« En plus d'accueillir un ancien nazi dans ses rangs, il [le FN] s'est très largement inspiré du MSI, parti fasciste italien. Outre la reprise du logo (flamme tricolore), le lien entre les deux partis ne fut pas froid, comme le rappelle fièrement Lorrain de Saint Affrique (conseiller de Jean-Marie Le Pen) : « Bien sûr, c'est la petite flamme du MSI. Dans les années 1970, le lien politique avec le FN était très important. Jean-Marie Le Pen et Giorgio Almirante ont d'ailleurs fait partie du même groupe au Parlement européen en 1984. » »

Momo-B, « Pourquoi ne pas voter FN ? », 26 décembre 2016.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « Les Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes »

« Au début des années 1960, Jean-Marie Le Pen, n’ayant rien renié de son passé sulfureux, se rend en Espagne pour aller saluer d’anciens compagnons de combat. Il rend visite à :

  • Abel Bonnard : Maurassien, il évolue vers le fascisme dans les années 1930. Partisan d’un rapprochement franco-allemand, il devient, durant la seconde guerre mondiale, une figure de la collaboration avec l’occupant nazi. Nommé ministre de l’Éducation nationale en 1942, il fait partie des « ultra » et des derniers partisans du régime de Vichy. […]
  • Louis Darquier de Pellepoix : Individu politique d’extrême droite, il est principalement connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […]
  • Léon Degrelle : Journaliste et homme politique engagé à l’extrême droite, il est surtout connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […] Engagé volontaire, il combattit sur le front de l’Est avec le grade de commandant dans la 28e division SS Wallonie.
  • Otto SKORZENY : Il rejoint le parti nazi autrichien en 1931. Comme colonel SS, il participa à de très nombreuses opérations prestigieuses, telle que l’évasion de Mussolini d’une prison italienne, en 1944. »
Léon Landini, « Front national : Les chiens ne font pas des chats ! », avril 2017.


« Si elle [Marine Le Pen] s'est séparée de plusieurs compagnons de la première heure, elle reste fidèle à certaines amitiés à la trajectoire jugée sulfureuse [...] Emmanuel Leroy, cet ancien d'Ordre nouveau, a un parcours beaucoup plus marqué à l'extrême droite dure. Il a, par le passé, animé une lettre aux relents néonazis (la Lettre noire) et revendique toujours sa filiation nationaliste-révolutionnaire et gréciste. [...] Il est encore consulté de temps à autre sur des dossiers précis, notamment concernant les relations avec la Russie. [...] Un ancien acteur est Philippe Péninque, ancien du GUD. [...] Cette défaite n'entame pourtant en rien le crédit de Philippe Péninque, qui continue de prodiguer ses conseils à Marine Le Pen, celle-ci le chargeant de surcroît de quelques missions délicates, notamment en ce qui concerne les finances de son parti. »

Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les réseaux du Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.


« De sa jeunesse d'étudiante en droit à l'université parisienne d'Assas, Marine Le Pen a en effet conservé des amitiés qui nuisent à sa stratégie de dédiabolisation et de normalisation. Frédéric Chatilon, président du GUD au début des années 1990, est de celles-ci. Lui et une poignée d'anciens militants de ce syndicat étudiant aux méthodes violentes ont monté un réseau d'entreprises où les prises de participation se font entre amis et dont les avocats-conseil sont eux-mêmes d'anciens du GUD. À partir de 2012, ils forment l'un des cercles les plus fermés et les plus rapprochés de la présidente du FN. Mêlant affaires et politique, ils vont devenir les prestataires de services quasi exclusifs du parti version Marine Le Pen. Ils sont notamment aux commandes de Jeanne, le microparti dont s'est dotée la présidente du FN pour financer ses campagnes électorales. La conception et la fabrication du matériel de campagne sont exclusivement dévolus à Riwal, l'entreprise de communication de Frédéric Chatillon. La société de sécurité d'Axel Coustau (Vendôme, puis Colisée) se substitue ici et là au Département protection sécurité (DPS), le service d'ordre officiel du FN, souvent composé de bénévoles. Les « gudards » apparaissent ainsi au cœur de la logistique et du financement du « nouveau » FN. Malgré leurs écarts de conduite, notamment des actes d'intimidation répétés envers la presse, une proximité est affichée avec Alain Soral ou l'humoriste Dieudonné. Ils bénéficient de la part de Marine Le Pen d'une impunité totale. »

Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les réseaux du Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.


« Pendant une année, en 2007, au Parlement européen, Marine Le Pen a fait partie d’un groupe parlementaire composé de 20 parlementaires qui se nommait Identité Tradition Souveraineté (ITS). Parmi les deux députés italiens qui composaient ce groupe, qui se réunissaient avec Mme Le Pen sans que cela ne lui pose le moindre problème, il y avait une certaine… Alessandra Mussolini ! Cette dernière est la petite-fille du « Duce » Benito Mussolini. Sur les plateaux de télé elle refuse publiquement que l’on rejette « l’héritage mussolinien ». Le 9 mars 2006 (soit un an avant que Mme Le Pen ne voit aucune difficulté à faire un groupe parlementaire avec elle) Mme Alessandra Mussolini avait déclaré à la télé « Meglio fascista che frocio ! » ce qui signifie en bon français : « Mieux vaut être fasciste que pédé ! ». Classe, non ? Ces propos n’ont bien sûr jamais été condamnés par la présidente du FN. »


« Depuis 2005, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU, le 27 janvier est devenue la « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste ». […] Le même jour, [...] Marine Le Pen dansait la valse, à Vienne, avec la crème européenne des néonazis, des nostalgiques du IIIe Reich, et des négationistes. La candidate du Front National a répondu à l'invitation du FPÖ, le parti de feu Jorg Haider, et de sa figure de proue, l’antisémite et néonazi Martin Graf, au bal annuel d’Olympia, cette société secrète interdite aux Juifs et aux femmes, et dont les membres sont chargés de véhiculer dans la société des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes. Jean Marie Le Pen, qui assistait au bal avec Bruno Gollnisch, et qui en a été l'invité d'honneur en 2008, a ainsi montré à sa fille Marine Le Pen l’exemple à suivre. »


« C'est une photo dont Marion Maréchal-Le Pen se serait bien passée. Sur cette image, [...] la benjamine de l'Assemblée nationale pose en compagnie d'Edouard Klein, leader du GUD (Groupe union défense, une organisation étudiante d'extrême droite), et de Baptiste Coquelle, présenté comme un membre du « mouvement skin ». La photo date du 11 décembre 2012. Ce soir-là, le FN célébrait en grande pompe ses 40 années d'existence à la salle de la Mutualité, à Paris. Au centre, Baptiste Coquelle. Sur un autre cliché non daté publié par l'hebdomadaire, on retrouve Baptiste Coquelle, casque de SS sur la tête, réalisant un salut nazi devant un drapeau frappé de la croix celtique, symbole des néonazis. »

Jim Jarrassé, « La photo qui embarrasse Marion Maréchal-Le Pen et le FN », Le Figaro, 11 avril 2013.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « L'étude du fascisme fait partie de la formation des militants »

« Ce n'est pas la propagande frontiste qui relaie les thèmes des fascismes européens, mais les livres recommandés par la presse favorable au FN (et souvent écrits par des membres ou sympathisants du parti), ainsi le réseau de librairies militantes qui vendent par correspondance ou en magasin à ses membres. L'étude des fascismes fait donc partie de la culture historique et idéologique acquise par les mieux formés des adhérents. Un signe de la nostalgie du romantisme fasciste réside dans la vénération quasi unanime dont sont l'objet au FN deux hommes : François Brigneau et Roland Gaucher. Le sympathisant frontiste qui fréquente les librairies nationalistes se voient proposer trois modèles de dirigeants et de meneur d'hommes : Corneliu Z. Codreanu, idéologue de la Garde de Fer roumaine ; Léon Degrelle, fondateur belge du Rexisme ; José Antonio Primo de Rivera, théoricien de la Phalange espagnole. Dans un ouvrage qui a formé nombre de militants (une photographie de Le Pen le montre même en train de le lire), et intitulé Doctrines du nationalisme, Jacques Ploncard d'Assac, collaborateur de Présent et National-Hebdo, expose les idées politiques de José Antonio, Onesimo Redondo et Ramiro Ledesma Ramos. C'est encore la Croisade franquiste qui est décrite dans Les Héros de l'Alcazar (1987), livre d'Alain Sanders (rédacteur à Présent) et Francis Bergeron, ancien candidat du FN. La Phalange espagnole retient leur attention comme mouvement anticommuniste, profondément catholique et mystique. Un petit groupe, le Cercle Franco-Hispanique, se dévoue d'ailleurs uniquement à la commémoration du nationalisme phalangiste, et plusieurs cadres frontistes participent à ses activités. Degrelle est l'auteur de plusieurs ouvrages apologétiques de son engagement dans la division Wallonie de la Waffen SS, vendus par Diffusion de la Pensée Française (DPF), éditeur par correspondance qui existe depuis 1966 et possède un fichier de 40 000 clients. DPF, qui vend plus de 3000 titres, commercialise les livres de nombreux dirigeants frontistes, à commencer par Le Pen. Cependant l'admiration de Degrelle pour Hitler a conduit le journal Présent à recommander en modèle un autre rexiste, José Streel, plus catholique et favorable au maintien d'une Nation belge. Enfin, Codreanu, étudié par Francis Bergeron dans Codréanu et la Garde de Fer (1993), intéresse par le caractère mystique de sa doctrine et l'importance qu'il attache à la communauté des combattants et au sens du sacrifice. L'adhérent connait aussi le fascisme à travers le témoignage des anciens. Le principal est François Brigneau (1919), qui est le meilleur polémiste de la presse d'extrême droite. »

Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « Le FN a la base sociale traditionnelle du fascisme »

« Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique. Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire. »

Cédric Piktoroff, « F comme fascistes, N comme Nazis ! », Que faire ?, 9 avril 2011.


« Le FN n’est pas seulement une version « hard » de l’UMP. Sa base sociale n’est pas celle d’un parti de droite « classique ». Il touche actuellement très peu les couches les plus aisées de la population. S’il y a quelque chose de commun dans son électorat c’est la peur de l’évolution de la situation sans garde-fou social autre qu’un État fort : petits commerçants, artisans et chefs de petites entreprises, chômeurs et intérimaires, ouvriers et employés précarisés et atomisés ou en voie de l’être, femmes au foyer. Cette sociologie se reflète dans ses implantations géographiques, périphérie des concentrations urbaines, régions désindustrialisées comme le Nord ou l’Est. Certains cherchent à se rassurer en pointant le recul du vote FN dans les grands centres urbains et dans les banlieues. Cela a sans doute plus à voir avec une évolution sociologique de ces zones (la « gentrification » des centres des grandes villes et la « ghettoïsation » des banlieues) qu’avec un recul du FN dans les couches sociales où il est fort. Cette base sociale est la version moderne de celle du fascisme traditionnel. Elle explique ce qui fait le fonds des idées qui dominent au FN, l’attachement à la nation, à un État fort (économiquement comme politiquement et « militairement »), à la famille comme base de la société, le racisme, l’unité autour d’un chef... et la haine de la gauche notamment des syndicats. »

Denis Godard, « Contre le FN, faut-il attendre de mourir pour lutter contre la maladie ? », Tout est à nous !, n°149, 17 mai 2012.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} « Le slogan « Ni gauche, ni droite » est typiquement fasciste »

« En brouillant ainsi les frontières entre droite et gauche, en accentuant passablement la ligne « ni droite ni gauche », le FN a d’ailleurs retrouvé l’inspiration originelle du fascisme historique qui, notamment en Italie, s’est initialement construit sur un programme paraissant très à gauche sur les questions sociales (incluant notamment des revendications radicales contre la propriété privée), programme qui fut immédiatement mis de côté une fois le pouvoir conquis au prix d’une alliance avec une partie des élites traditionnelles. »

Ugo Palheta, « Le danger fasciste en France : de quoi le FN est-il le nom ? », Contretemps, 14 décembre 2015.


Arguments CONTRE

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} « Le FN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen »

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »

Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.


« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »

Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} « La tendance fasciste du FN est en voie de marginalisation »

La tendance fasciste :

  • est de plus en plus minoritaire ;
  • n'a plus d'aura auprès des dirigeants du parti.

Les militants tenant publiquement des propos fascistes sont exclus.


« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »

Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} « Le FN n'a pas de milices armées »

« Quelles que soient les critiques que l’on peut faire à Mme Marine le Pen, et j’en ai fait quelques unes dans ce carnet, la décence devrait obliger cette même meute de reconnaître qu’il n’y a rien de « fasciste » ni dans son programme ni dans le comportement de son mouvement. Où sont donc les milices armées qui tiendraient les rues ? Depuis des années elles viennent d’une toute autre mouvance que le FN. »

Jacques Sapir, « Mélenchon, la meute et la dignité », 28 avril 2017.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} « Le FN n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau »

« Le FN n’est pas un parti fasciste, au sens historique du terme, car il n’a pas pour vocation de proposer un « ordre nouveau », ayant des finalités totalitaires, motivé par des penchants révolutionnaires ; au contraire il œuvre plutôt vers un retour des « valeurs traditionnelles », et ce pour endiguer la décadence dans laquelle évoluerait actuellement la société française ; il est donc un parti réactionnaire ou ultra-réactionnaire. Le FN n’a pas pour objectif de façonner un « homme nouveau ». »


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} « Le FN est un parti intégré dans le jeu électoral »

Les fascistes ont pris le pouvoir par la force (Marche sur Rome pour Mussolini ; Nuit de cristal pour Hitler ; guerre civile pour Franco). Ce n'est pas l'ambition du FN, qui ne cherche pas à prendre le pouvoir autrement que par les élections.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} « Le FN est un parti national-populiste »

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »

Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé et Jean-Yves Camus, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.


« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »

Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.