Dieu existe-t-il ?

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Logo de l'encyclopédie Wikipédia Voir aussi : Arguments sur l'existence de Dieu sur Wikipédia.

Arguments POUR

1. L'univers a une cause première

En considérant l'univers, on voit que chaque objet a une cause, qui lui-même a une cause et ainsi, en remontant la chaîne des étants, on arrive nécessairement à une cause première. Cette cause incausée est Dieu, saisi en tant que cause première.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} De rien, rien ne naît

Il n'existe pas de « génération spontanée » ni d'objets qui apparaissent d'un coup à partir du vide absolu. « Du néant, rien ne naît. » Il y a donc une cause nécessaire à l'univers. Cette cause est l'Être, la Substance (ce qui se tient « en dessous »).

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Tout ce qui existe a une raison d'exister

Rien ne se fait sans raison. Pour chaque chose, il y a une raison suffisante (Leibniz) qui en rend compte. Un Dieu intelligent calcule tous les mondes possibles et choisit alors qu'advienne le meilleur

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Il ne peut y avoir une infinité de causes

« La seconde voie [pour prouver l'existence de Dieu] part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible. Or, il n’est pas possible non plus qu’on remonte à l’infini dans les causes efficientes ; car, parmi toutes les causes efficientes ordonnées entre elles, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, que ces intermédiaires soient nombreux ou qu’il n’y en ait qu’un seul. D’autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier, dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l’on devait monter à l’infini dans la série des causes efficientes, il n’y aurait pas de cause première ; en conséquence, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu’il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu. »
Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 2, art. 3.


« La raison suffisante de l’existence des choses ne saurait être trouvée ni dans aucune des choses singulières, ni dans tout l’agrégat ou la série des choses. Supposons que le livre des éléments de la géométrie ait existé de tout temps et que les exemplaires en aient toujours été copiés l’un sur l’autre : il est évident, bien qu’on puisse expliquer l’exemplaire présent par l’exemplaire antérieur sur lequel il a été copié, qu’on n’arrivera jamais, en remontant en arrière à autant de livres qu’on voudra, à la raison complète de l’existence de ce livre, puisqu’on pourra toujours se demander, pourquoi de tels livres ont existé de tout temps, c’est-à-dire pourquoi il y a eu des livres et pourquoi des livres ainsi rédigés. Ce qui est vrai des livres, est aussi vrai des différents états du monde, dont le suivant est en quelque sorte copié sur le précédent, bien que selon certaines lois de changement. Aussi loin qu’on remonte en arrière à des états antérieurs, on ne trouvera jamais dans ces états la raison complète, pour laquelle il existe un monde et qui est tel. On a donc beau se figurer le monde comme éternel : puisqu’on ne suppose cependant rien que des états successifs, qu’on ne trouvera dans aucun de ces états sa raison suffisante, et qu’on ne se rapproche nullement de l’explication en multipliant à volonté le nombre de ces états, il est évident que la raison doit être cherchée ailleurs. […] D’où il est manifeste que, même en supposant le monde éternel, on ne saurait éviter la nécessité d’admettre que la raison dernière des choses est au-delà du monde, qu’elle est Dieu. »
Leibniz, De l’origine radicale des choses, 1697.


« Admettons que vous vous trouviez dans un wagon qui roule sur une voie ferrée. Vous demandez à votre voisin pourquoi le wagon roule. S’il vous répond : « C’est très simple, le wagon roule parce qu’il est accroché au wagon précédent qui roule et l’entraîne », vous ne serez sûrement pas satisfait ; vous reposerez donc la même question pour le wagon précédent. Votre voisin réitère alors sa question : « Le wagon qui nous précède roule parce qu’il est entraîné par un troisième wagon, qui roule et l’entraîne. » Et si votre voisin s’entête et vous répond que le train dans lequel vous vous trouvez comporte un nombre infini de wagons, et qu’il sera toujours possible de trouver un wagon précédent pour expliquer le mouvement de tout wagon donné, vous ne vous satisferez pas et finirez par conclure que votre voisin n’a pas bien compris la question. En guise d’explication, votre voisin s’en tient, en effet, à reculer la question d’un cran. Mais cela ne sert à rien. Il est clair que vous ne cherchez pas à comprendre comment le mouvement se transmet, mais comment il est produit. Si seule la transmission est expliquée sans que la production ne le soit, on n’a pas répondu à la question. Et allonger la série des wagons ne saurait dissimuler l’incapacité de répondre. Aussi long soit-il, fût-il même infini, un train sans locomotive n’avancera pas. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.112-113, Éditions du Cerf, Paris, 2013.


« Si l’on se place à présent dans le cas […] d’un ensemble infini d’états de l’univers (univers sans commencement dans le temps), que se passe-t-il ? Peut-on affirmer que l’existence de la totalité des éléments est expliquée, l’existence de chaque élément étant expliquée par un autre ? Là aussi, il faut répondre par la négative. Car il faudrait affronter cette contradiction, à savoir qu’une totalité trouverait en elle-même l’explication de son existence, alors qu’aucun de ses éléments ne trouve la sienne en lui-même. Si l’existence de chaque élément de la série est intégralement dépendante d’un autre élément de la série, l’existence de la série tout entière se trouve causalement infondée. C’est un peu comme si l’on expliquait la présence du reflet d’une chose dans un miroir par l’action d’un précédent reflet de cette chose dans un autre miroir, ad infinitum, sans jamais poser l’existence de la chose reflétée. Ce type d’explication revient à résoudre un problème en le poussant sous le tapis. Or, c’est ce que se borne à faire l’explication scientiste de l’existence de la totalité, qui présuppose constamment l’existence de ce qu’elle prétend expliquer. Elle s’en tient en effet à décrire une chaîne infinie d’êtres qui ont tous reçu l’existence sans qu’aucun ne la détienne jamais par soi. Dès lors, la série tout entière a besoin d’une cause, qu’elle peut trouver en elle-même, puisque rien en son sein n’existe par soi. Le fait que les parties soient en nombre infini ne change rien à l’affaire. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.102-103, Éditions du Cerf, Paris, 2013.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Il ne peut y avoir un passé infini

L'athéisme a presque toujours été lié à l'idée que l'univers est éternel. Un univers surgissant "tout à coup" implique un commencement absolu, difficilement intelligible et qui pointe vers l'idée du Dieu créateur. Or :

« Si le monde a toujours existé, un nombre infini de jours a précédé celui-ci. Mais on ne peut parcourir l’infini. Donc on ne serait jamais parvenu au jour présent, ce qui est évidemment faux. »
Saint Bonaventure (selon Thomas d'Aquin), Somme théologique, Ia, q. 46, art. 2, arg. 6 et ad.6.
L'idée même d'un passé infini est un oxymore. Il y a donc un passé fini.


« Le principe de l’argument du kalam est que l’hypothèse d’un passé infini est tout simplement absurde. Autrement dit, l’hypothèse d’un passé infini conduit à des contradictions logiques insurmontables, qui prouvent que le passé n’est pas infini parce qu’il ne peut pas l’être. La finitude du passé n’est donc pas rencontrée comme un fait, mais déduite a priori comme une nécessité. Or, s’il est impossible que le passé soit infini, il faut affirmer que l’univers a nécessairement commencé, et le temps avec lui. Voici l’argument :
  1. L’existence d’un univers perpétuel, c’est-à-dire sans commencement, implique celle d’un passé infini.
  2. Or l’existence d’un passé infini implique l’existence d’un nombre infini d’événements passés.
  3. Or l’existence d’un nombre réellement infini d’événements passés est impossible.
  4. Par conséquent, le passé ne peut pas être infini, et l’univers ne peut pas être éternel. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.212, Éditions du Cerf, Paris, 2013.



« Dans ce cas-là [le cas où le monde a un commencement dans le temps], il existe un premier terme de la série. Peut-on affirmer qu’il a une cause ? On peut toujours essayer, mais il n’y a pour cela qu’une solution, qui est de soutenir qu’il est cause de lui-même (puisqu’il n’est précédé par rien) ; malheureusement, la notion de « cause de soi » est inconsistante, comme nous l’avons dit [puisqu’« elle suppose qu’un être se précède lui-même dans l’existence pour se faire exister »]. Donc le premier terme ne saurait être cause de lui-même. Il est donc incausé. Si l’on refuse cette solution, au motif que tout a une cause (c’est en effet l’hypothèse), il faut alors affirmer que le premier terme est causé… par le néant. Ce qui est également absurde, le néant n’ayant pas le pouvoir de causer quoi que ce soit. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.101, Éditions du Cerf, Paris, 2013.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} L’univers a commencé d’exister avec le Big Bang

Le Big Bang implique le surgissement brusque de l'univers à partir d'un point Alpha. Qu'y avait-il "avant" le Big Bang ? On ne peut pas supposer qu'il n'y avait "rien", que l'énergie primordiale s'est posée toute seule. Donc il y avait un Créateur.


« En première analyse, on dira qu’une chose a commencé s’il existe un temps en deçà duquel elle n’existait pas. Tous les êtres particuliers qui nous entourent sont dans ce cas. La conclusion que nous pouvons en tirer, c’est qu’aucun n’existe par lui-même et qu’ils ont tous eu une cause. Or, il se trouve que d’après la théorie standard du Big Bang, la totalité de la matière a surgi dans l’existence à un instant précis dans le passé (qu’on date à environ 13,7 milliards d’années, lorsque la totalité de la matière, infiniment concentrée, a commencé son expansion, qui se poursuit toujours). Autrement dit, il semble qu’on ne puisse pas remonter indéfiniment dans le passé, mais que l’histoire de l’univers ait un début. Bref, l’univers aurait commencé. En quoi cela devrait-il entraîner une conséquence en métaphysique ? Pour une raison très simple qu’on peut exposer de la manière suivante :
  1. Tout ce qui a un commencement a une cause ;
  2. Or l’univers a un commencement ;
  3. Donc l’univers a une cause. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.229-230, Éditions du Cerf, Paris, 2013.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La cause première est immatérielle

Écrire un résumé de l'argument.

Objections à l'argument « L'univers a une cause première »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers
  • On ne peut parler de causalité pour l'univers car la causalité est une notion qui est le fruit de nos habitudes issues de nos sens (Hume)
  • Le principe de causalité ne s'applique que dans le monde sensible (Kant)
  • Sophisme de composition (Russell)


« Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties. »
David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, 9e partie.


« J’ai dit un peu plus haut que, dans cet argument cosmologique, se cachait toute une nichée de prétentions dialectiques que la critique transcendantale peut aisément découvrir et détruire. Je vais maintenant me borner à les indiquer et laisser au lecteur déjà exercé le soin de scruter plus à fond et de réfuter les principes illusoires. On y trouve donc, par exemple : 1° le principe transcendantal qui nous fait conclure du contingent à une cause, principe qui n’a de valeur que dans le monde sensible, mais qui n’a plus même de sens hors de ce monde. Car le concept purement intellectuel du contingent telle que celle de la causalité et le principe de cette dernière n’a aucune valeur ni aucun critérium de son usage ailleurs que dans le seul monde sensible ; or, ici, il devrait servir précisément à sortir du monde sensible. 2° Le principe qui nous sert à conclure de l’impossibilité d’une série infinie de causes données les unes au-dessus des autres dans le monde sensible à une première cause, principe dont les principes de l’usage ne nous autorisent pas à nous servir même dans l’expérience et qu’à plus forte raison nous ne pouvons pas étendre au-delà de l’expérience (là où cette chaîne ne peut pas être prolongée). »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, A 609.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'univers n'a pas de cause ni de raison d'être

Pas de cause car :

  • il n'existe rien en dehors de l'univers qui soit susceptible de le causer
  • on ne voit pas en quoi pourrait consister une cause de l'univers
  • le principe de raison suffisante est (toujours, partout) faux (cf. "principe d’irraison" de Meillassoux)


« C’est une maxime générale en philosophie que tout ce qui commence d’exister doit avoir une cause d’existence. Cette maxime est couramment considérée comme accordée dans tous les raisonnements sans aucune preuve donnée ou demandée. On suppose qu’elle est fondée sur l’intuition, et qu’elle est une de ces maximes que l’on peut nier avec les lèvres mais dont on ne peut douter réellement dans son cœur. […] Mais voici un argument qui prouve d’un seul coup que la proposition précédente n’est ni intuitivement ni démonstrativement certaine. Nous ne pouvons jamais démontrer la nécessité d’une cause pour toute nouvelle existence, ou pour toute nouvelle modification d’existence, sans montrer en même temps qu’il est impossible que quelque chose commence d’exister sans un principe producteur ; et si la dernière proposition ne peut être prouvée, nous devons désespérer d’être jamais capables de prouver la première. Or cette dernière proposition n’est absolument pas susceptible d’une preuve démonstrative ; nous pouvons nous en assurer en considérant que, comme toutes les idées distinctes sont séparables les unes des autres, et comme les idées de la cause et de l’effet sont évidemment distinctes, il nous sera aisé de concevoir qu’un objet n’existe pas à un moment, et qu’il existe au moment suivant, sans y joindre l’idée distincte d’une cause ou d’un principe producteur. Il est donc clairement possible à l’imagination de séparer l’idée d’une cause de l’idée de commencement d’existence, et, par conséquent, la séparation effective de ces objets est possible pour autant qu’elle n’implique ni contradiction ni absurdité ; et donc, elle n’est pas susceptible d’être réfutée par un raisonnement partant des seules idées ; et, sans ce raisonnement, il est impossible de démontrer la nécessité d’une cause. »
David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, partie III, section III.


« Pourquoi n’y aurait-il pas un stock permanent de matière dont l’essence n’impliquerait pas l’existence mais qui ne dériverait son existence de rien d’autre ? »
John Leslie Mackie, The Miracle of Theism, Oxford University Press, 1982.


« Rien, en vérité, n’a de raison d’être et de demeurer ainsi plutôt qu’autrement – pas plus les lois du monde, que les choses du monde. Tout peut très réellement s’effondrer– les arbres comme les astres, les astres comme les lois, les lois physiques comme les lois logiques »
Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.73, Le Seuil, Paris, 2006.


« Ce n’est pas comment est le monde qui est le Mystique, mais qu’il soit. »
Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, p.111, Gallimard, Paris, 1993.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'univers s'est créé à partir de rien
« Parce qu’une loi comme la gravitation existe, l’Univers peut se créer et se créera spontanément à partir de rien […]. La création spontanée est la raison pour laquelle il existe quelque chose plutôt que rien. »
Stephen Hawking, The Grand Design.
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'univers n'a pas de commencement

L'univers n'a une cause que s'il a un commencement. Mais si l'univers n'a aucun commencement, il n'y a pas rechercher sa cause. L'univers est auto-explicatif, il n'y a pas besoin de supposer un Dieu.


« L’idée que l’espace et le temps puissent former une surface close sans bord a donc de profondes implications pour le rôle de Dieu dans les affaires de l’univers. Le succès des théories scientifiques dans la description des événements a conduit la plupart des gens à estimer que Dieu permet à l’univers d’évoluer dans le cadre d’un ensemble de lois et qu’il n’intervient pas dans l’univers pour enfreindre ces lois. Pourtant, ces lois ne nous disent pas à quoi l’univers a dû ressembler à son commencement — il reviendrait encore à Dieu de remonter l’horloge et de décider la façon de la mettre en marche. Tant que l’univers avait un commencement, on pouvait supposer qu’il avait un créateur. Mais si l’univers était vraiment complètement auto-contenu, sans bord ni frontière, il n’aurait ni commencement ni fin : il serait, tout simplement. Quelle place resterait-il pour un créateur ? »
Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, Flammarion, Paris, 1989.
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'univers est contingent
« Il est nécessaire qu’il y ait quelque chose et non pas rien, parce qu’il est nécessairement contingent qu’il y ait quelque chose et non pas quelque autre chose. La nécessité de la contingence de l’étant impose l’existence nécessaire de l’étant contingent. »
Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.103, Le Seuil, Paris, 2006.

Raisonnement de Sartre : si l'univers trouve sa raison d'être dans un être nécessaire, alors il doit être nécessaire. Or, l'univers est contingent. Donc Dieu, être nécessaire, n'a pas créé l'univers.

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La cause première est le Big Bang

L'univers est causé par le Big Bang ; "avant" le Big Bang, l'espace et le temps n'existaient pas, on ne peut donc pas chercher "la cause" du Big Bang. L'univers est une singularité absolue.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La cause première est un point immatériel

Voir Quentin Smith, « Time was a timeless point », God and time : Essays on the divine nature


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Tout a une cause, et Dieu en particulier

« Si tout doit avoir une cause, alors Dieu doit avoir une cause. S’il existe quelque chose qui n’ait pas de cause, ce peut être aussi bien le monde que Dieu, si bien que cet argument ne présente aucune valeur. » Page 213, in B. Russell, « Pourquoi je ne suis pas chrétien », textes in Le mariage et la morale, 10/18, 1997.

= L'argument de la cause première est un paralogisme.


« L’argument de Cléanthe, on l’a vu, repose sur cette idée que tout ordre manifeste une cause finale, c’est-à-dire un dessein formé dans une pensée consciente. Mais, remarque Philon, la mise en ordre de nos pensées requiert une cause, en l’occurrence un principe d’organisation. Si, par conséquent, on suit la logique de Cléanthe, qui conçoit la pensée divine par analogie avec la pensée humaine, on se trouve engagé dans une régression à l’infini ; la formation du dessein divin suppose une nouvelle cause spirituelle qui demande à son tour à être expliquée et ainsi de suite. Jamais on ne parviendra par cette voie à l’idée d’une cause première. »
David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, introduction, 1779.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La cause première est la Substance, pas Dieu

Au mieux, l'argument de la cause première reviendrait à dire qu'il y a, en-dessous des phénomènes, une Substance qui les soutient. Mais comment attribuer à cette Substance des qualités telles que l'intelligence, la bonté, ou d'autres attributs traditionnels de Dieu ?


« Pour revenir à la régression infinie et à la futilité d’invoquer Dieu pour y mettre fin, il est plus économique de faire apparaître, mettons, une « singularité Big Bang », ou quelque autre concept physique encore inconnu. Cela n’apporte rien, au mieux, de l’appeler Dieu, et au pire, c’est trompeur et pernicieux. La « Recette sans queue ni tête des côtelettes crumboblieuses » d’Edward Lear nous invite à nous « procurer des émincés de bœuf, et après les avoir coupés en morceaux le plus petits possible, continuer à les couper en morceaux de huit à neuf fois plus petits ». Certaines régressions aboutissent en fait à une fin naturelle. Les scientifiques se demandaient jadis ce qui se passerait si l’on disséquait, mettons, de l’or en fragments le plus petits possible. Pourquoi ne pourrait-on pas en coupant un de ces fragments en deux obtenir un grain d’or encore plus petit ? Dans ce cas-là, la régression s’achève définitivement à l’atome. Le morceau d’or minimal est un noyau constitué d’exactement soixante-neuf protons et un peu plus de neutrons, entourés, de soixante-dix-neuf électrons. Si vous « découpez » l’or au-delà du noyau de l’atome unique, vous aurez tout autre chose que de l’or. L’atome est ce terminateur naturel à la régression de type côtelettes crumboblieuses. Mais rien n’indique le moins du monde que Dieu joue ce rôle de terminateur naturel à la régression de Thomas d’Aquin. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.



2. L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer l'existence du monde

"Si je vois l'horloge, je suppose un horloger" (Voltaire). L'univers forme un tout ordonné par des lois ; ce Tout a produit des systèmes planétaires stables, puis le vivant, enfin la conscience. Attribuer une telle séquence au seul "hasard" est absurde. Chaque étape du développement cosmique montre qu'une intelligence créatrice est à l'oeuvre.

En savoir plus, voir l'argument physico-théologique : http://www.philo52.com/articles.php?lng=fr&pg=962


« Mais enfin toute la nature montre l’art infini de son auteur. Quand je parle d’un art, je veux dire un assemblage de moyens choisis tout exprès pour parvenir à une fin précise : c’est un ordre, un arrangement, une industrie, un dessein suivi. Le hasard est tout au contraire une cause aveugle et nécessaire, qui ne prépare, qui n’arrange, qui ne choisit rien, et qui n’a ni volonté ni intelligence. Or je soutiens que l’univers porte le caractère d’une cause infiniment puissante et industrieuse. Je soutiens que le hasard, c’est-à-dire le concours aveugle et fortuit des causes nécessaires et privées de raison, ne peut avoir formé ce tout. […] Qui trouverait dans une île déserte et inconnue à tous les hommes une belle statue de marbre, dirait aussitôt : sans doute il y a eu ici autrefois des hommes : je reconnais la main d’un habile sculpteur : j’admire avec quelle délicatesse il a su proportionner tous les membres de ce corps, pour leur donner tant de beauté, de grâce, de majesté, de vie, de tendresse, de mouvement et d’action. Que répondrait cet homme si quelqu’un s’avisait de lui dire : non, un sculpteur ne fit jamais cette statue. Elle est faite, il est vrai, selon le goût le plus exquis, et dans les règles de la perfection ; mais c’est le hasard tout seul qui l’a faite. Parmi tant de morceaux de marbre, il y en a eu un qui s’est formé ainsi de lui-même ; les pluies et les vents l’ont détaché de la montagne ; un orage très-violent l’a jeté tout droit sur ce piédestal, qui s’était préparé de lui-même dans cette place. C’est un Apollon parfait comme celui du Belvédère : c’est une Vénus qui égale celle de Médicis : c’est un Hercule qui ressemble à celui de Farnèse. Vous croiriez, il est vrai, que cette figure marche, qu’elle vit, qu’elle pense, et qu’elle va parler : mais elle ne doit rien à l’art ; et c’est un coup aveugle du hasard, qui l’a si bien finie et placée. »
Fénelon, Traité de l’existence de Dieu, Éditions Universitaires, Grenoble, 1990.


« Supposez qu’en parcourant une lande, mon pied rencontre une pierre, et qu’on me demande comment cette pierre est arrivée là. Je pourrais répondre que, pour autant que je sache et jusqu’à preuve du contraire, elle était là depuis toujours; et peut-être ne serait-il pas très facile de montrer l’absurdité de cette réponse. Mais supposez que j’aie trouvé une montre par terre, et qu’on demande comment la montre est arrivée à cet endroit, je trouverais impensable de répondre, comme précédemment — que, pour autant que je sache, la montre pourrait avoir toujours été là. Une telle réponse ne servirait pas aussi bien dans le cas de la montre que dans le cas de la pierre. Mais pourquoi ? Pourquoi l’admet-on moins dans le second cas que dans le premier ? Pour cette raison, et pour nulle autre, à savoir que, en inspectant la montre, nous nous apercevons (ce que nous ne pouvions pas découvrir dans la pierre) que ses différentes parties sont conçues et assemblées dans une intention, que par exemple elles sont formées et ajustées de manière à produire un mouvement, et que ce mouvement est réglé de manière à indiquer l’heure de la journée; et que, si les différentes parties avaient été ouvrées différemment de ce qu’elles ont été, d’une dimension différente de la leur, ou disposées d’une autre manière, ou dans n’importe quel autre ordre que celui où elles sont placées, alors aucun mouvement n’aurait pu être entretenu dans le dispositif, ou du moins aucun mouvement qui réponde à l’usage auquel il sert à présent [...] Cette inférence est, pensons-nous, inévitable : la montre doit avoir eu un fabriquant : il doit y avoir existé, à un moment donné, à un endroit ou à un autre, un artisan ou plusieurs qui l’ont fabriquée dans une intention, à laquelle nous trouvons qu’elle répond ; ils ont compris sa fabrication, et conçu son utilisation. »
William Paley, Théologie naturelle, 1803.


« Les principaux moments de cette preuve physico-théologique sont les suivants : 1) Il y a partout dans le monde des signes évidents d‘un ordre exécuté sur un dessein déterminé, avec une grande sagesse, et dans tout d‘une grande variété indescriptible tant par son contenu que par la grandeur illimitée de son étendue. […] 3) Il existe donc une (ou plusieurs) cause sublime et sage qui doit être la cause du monde, non pas simplement comme une nature toute-puissante agissant aveuglément par sa fécondité, mais comme une intelligence agissant par sa liberté. 4) L‘unité de cette cause se conclut de l‘unité du rapport réciproque des parties du monde considérées comme les diverses pièces d‘une œuvre d‘art, et on la conclut, avec certitude, dans les choses qu‘atteint notre observation, et au-delà, avec vraisemblance, suivant tous les principes de l‘analogie. »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, livre II, chap. 3, section 6.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer l'existence des lois physiques

L'univers n'est pas un chaos informe, mais une matière informée, structurée par des "lois". S'il n'y avait pas d'intelligence créatrice, il devrait être un magma d'énergie. L'existence de ces lois stables pose question. D'où viennent-elles ? Ne sont-elles pas crées et maintenues par un Dieu créateur ?


« Tout obéit à des lois : la biologie, la physique, la chimie, même la sociologie et la psychologie humaines. D’où viennent-elles ? Une loi ne se fait pas toute seule, mais elle est toujours établie par quelqu’un. Or qui est au-dessus et en dehors de l’univers pour en faire ses lois ? »
Hubert Reeves.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer l'ajustement des lois de l'univers

Il existe quelques "constantes fondamentales". Les valeurs de ces constantes sont données, sans que l'on puisse les expliquer. Si l'une de ces constantes variait de quelques centièmes, l'univers ne pourrait pas exister : soit il s'effondrerait sur lui-même, ou se disperserait sans former de galaxies, etc. Ces constantes sont donc ajustées d'une façon totalement improbable, pour permettre l'univers, la vie et la conscience. Seul Dieu a pu créer un tel ajustement.


« Depuis près de quarante ans, les scientifiques ont établi que l'existence de la vie était suspendue à un paramétrage extrêmement fin des conditions initiales de l'univers. Les capacités de calcul des ordinateurs ont en effet permis de simuler ce qu'aurait été l'univers si deux types de données avaient été différentes : les constantes qui figurent dans l'expression mathématique des lois physiques (par exemple G dans la loi de Newton F = G * m1 * m2 / d2) et les conditions initiales de l'univers (le niveau d'entropie, la densité, la vitesse d'expansion, le rapport entre matière et antimatière, etc.). Il va de soi que ces données ne sont pas déterminées par les lois physiques elles-mêmes, et que les lois pourraient rester les mêmes avec des constantes différentes (par exemple G pourrait être égal 7,673 au lieu de 6,673). On aurait pu penser que, vaille que vaille, à peu près n'importe quel arrangement eût donné un univers différent mais habitable, ou du moins riche en complexité. Eh bien pas du tout ! À leur étonnement, les scientifiques ont découvert qu'une modification minime d'une constante ou des conditions initiales entraînait la stérilité complète de l'univers. Il suffit de modifier d'un léger tour de vis les conditions physiques une seconde après le Big Bang pour rendre impossible la formation des étoiles, donc la synthèse des atomes lourds, donc la chimie, donc a fortiori toute formation de molécules complexes carbonées. [...] On peut multiplier les exemples, au moins pour donner quelques ordres de grandeur : si l'on augmente la force nucléaire forte de 1 %, l'apparition du carbone devient impossible. Si l'on augmente de 2 %, les protons ne peuvent plus se former à partir des quarks, tant et si bien qu'il n'y a même plus d'atomes dans la nature. Si on la diminue de 5 %, aucune synthèse d'éléments lourds n'est possible et l'univers n'est qu'un immense amas d'hydrogène. Si l'on s'intéresse maintenant à la force nucléaire faible, on voit qu'une valeur plus forte aurait empêché la fusion à l'intérieur des étoiles, nécessaire à la synthèse des éléments lourds indispensables à la constitution, bien plus tard, des molécules organiques. L'univers ne serait que de l'hydrogène. Plus faible et l'univers ne serait fait que d'hélium. Si la force gravitationnelle avait été légèrement plus grande, toutes les étoiles auraient été des « naines rouges », empêchant l'apparition des systèmes solaires propres à la vie. Légèrement plus faible, et les étoiles auraient brûlé trop vite pour que la vie pût apparaître. Des simulations ont également été menées sur la densité de l'univers et sa vitesse d'expansion : d'après Hawking, à l'ère de Planck, 10-43 seconde après le Big Bang, si la densité de l'univers avait été infinitésimalement différente, l'espace n'aurait pas été euclidien et la vie impossible. On pourrait continuer longtemps. L'abondance des « coïncidences anthropiques » est elle qu'elle est presque devenue un genre littéraire. Il existe plusieurs dizaines de constantes indépendantes les unes des autres, dont une modification minime aurait entraîné la stérilité de l'univers. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
Objections
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'improbabilité n'est pas l'impossibilité
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'existence de notre univers n'est pas une nécessité
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Notre univers n'est qu'un des multiples univers existants

Si la matière existe depuis un temps infini, il y a eu un nombre infini de Big Bang et de déploiements cosmiques. Or la moindre spéculation sur l'infini explique n'importe quelle série d'ajustements et de coïncidences. Considérons que toutes les constantes fondamentales soient distribués par le pur hasard. A chaque nouveau Big Bang correspondra un nouvel arrangement de ces constantes. On aura alors un nombre infini d'univers différents. Certains, non-viables, s'effondreront sur eux-mêmes, d'autres prendront une forme totalement différente de celle que nous connaissons. Au bout d'une infinité de "jet de dés" on obtiendra une composition absolument improbable des nombres fondamentaux. Les "ajustements miraculeux" qui permettent la vie se seront donc produits et se produiront nécessairement encore.

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Si l'existence de la vie n'est possible que dans une partie infime de l'univers, cela montre que les compétences du créateur et son "plan" laissent à désirer
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Au contraire, les théories mathématiques de probabilité montrent que cet ajustement est relativement probable

(Elliott Sober)

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Que Dieu ait réussi à ajuster les lois de l'univers est au moins aussi improbable que son existence
« Le théiste dit que quand Dieu a organisé le monde, il a réglé les constantes fondamentales de l’univers de façon que chacune se trouve dans sa zone Goldilocks pour produire la vie. C’est comme si Dieu disposait de six boutons qu’il pouvait tourner et qu’il a titillé chacun d’eux pour l’amener à sa valeur de Goldilocks. Comme toujours, la réponse théiste est profondément insatisfaisante car elle laisse l’existence de Dieu inexpliquée. Un Dieu capable de calculer les valeurs de Goldilocks de six nombres devrait nécessairement être au moins aussi improbable que la combinaison si soigneusement ajustée de ces nombres – et c’est vraiment très improbable. Ce qui est en fait la prémisse de toute cette discussion. Il s’ensuit que la réponse théiste a complètement échoué à faire avancer d’un pas la résolution du problème. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer l'apparition de la vie

On constate que la vie existe, mais on ne sait pas expliquer le passage de l'inerte au vivant. Ainsi, on n'a jamais pu reconstituer au laboratoire un tel passage. Par ailleurs, les combinaisons biologiques demandées par réussir l'apparition de la vie à partir de la "soupe primitive" sont très complexes et hautement improbables. Cf. Fred Hoyle


« Sais-tu que la science ne sait toujours pas expliquer et ni même définir ce qu’est la vie, son essence, ni d’où elle vient ? Qu’est-ce qui anime d’un « souffle » nos cellules et où part la vie quand elle « quitte » définitivement notre corps ? La vie est donnée. Nous sommes bien obligés de le constater et là dessus tout le monde est d’accord. Donnée par qui ? »
Objections
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'existence de la vie n'est pas une nécessité
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Il existe un très grand nombre de planètes favorables à la vie
« On a estimé à entre un et trente milliards le nombre de planètes dans notre galaxie, et à environ cent milliards celui des galaxies dans l’univers. En supprimant quelques zéros par simple mesure de prudence, on estime raisonnablement à un milliard de milliards le nombre des planètes disponibles dans l’univers. Maintenant, supposez que le début de la vie, l’apparition spontanée d’un équivalent de l’ADN, ait été vraiment un événement improbable complètement stupéfiant ; si improbable qu’il ne s’est produit que sur une planète sur un milliard. Un organisme de financement éclaterait de rire si un chimiste lui disait que les chances de réussite de sa recherche n’étaient que de une sur cent. Or ici, nous parlons d’une chance sur un milliard. Et pourtant… même avec une chance aussi absurdement infime, la vie n’en sera pas moins apparue sur un milliard de planètes, dont la Terre, bien entendu. Cette conclusion est si étonnante que je la répète. Si les chances que la vie apparaisse spontanément sur une planète étaient d’une sur un milliard, malgré tout, cet événement d’une improbabilité stupéfiante se produirait sur un milliard de planètes. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'existence de la vie s'explique par des mécanismes physico-chimiques hasardeux
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'hypothèse d'un Dieu est encore plus improbable que celle de l'apparition de la vie
« Fred Hoyle disait que la probabilité que la vie ait commencé sur la Terre n’est pas plus élevée que la chance qu’un ouragan balayant une décharge assemble par bonheur un Boeing 747. D’autres ont repris cette métaphore pour l’appliquer – avec un semblant de pertinence – à l’évolution plus tardive des corps complexes vivants. La forte improbabilité pour que s’assemblent à partir de composants pris au hasard un cheval, un coléoptère ou une autruche en parfait état de marche se situe dans le domaine du 747. [… ] Si improbable statistiquement que soit l’entité que vous cherchez à expliquer en invoquant un concepteur, le concepteur lui-même doit nécessairement être au moins aussi improbable. Dieu est l’ultime Boeing 747. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le fait que la théorie darwinienne ait réussi à rendre compte de la complexité du vivant sans postuler un créateur devrait nous inciter à faire de même vis-à-vis de l'apparition de la vie
« Si l’on a bien compris le darwinisme, on a appris à se méfier du présupposé facile que le dessein est la seule alternative au hasard, et à repérer les étapes lentes et progressives qui marquent l’augmentation de la complexité. Avant Darwin, des philosophes comme Hume ont compris que l’improbabilité de la vie ne signifiait pas qu’elle émanait nécessairement d’un dessein, mais ils ne pouvaient pas imaginer cette alternative. Après Darwin, l’idée même de dessein devrait éveiller nos soupçons. L’illusion de dessein est un piège qui naguère en a attrapé plus d’un, alors qu’aujourd’hui nous devrions être immunisés par la prise de conscience que nous offre Darwin. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer la création, l'adaptation et la complexité des espèces

La théorie de l'évolution, qui suppose la création de nouveaux organes par évolutions successives, ne marche pas : en effet, les embryons d'organes ou types de transition entre deux organes ne sont pas avantageux. Il faut des "sauts brusques" d'un organe pleinement constitué à un autre pour qu'il y ait avantage adaptatif. Ces "sauts brusques" restent inexpliqués. Ont-ils été programmés par Dieu ?

Théorie de la complexité irréductible


  • Le biologiste australien Michael Denton passe un chapitre de son ouvrage "L'évolution a-t-elle un sens ?" à étudier le problème de l'oeil de la langouste. On constate chez des races proches de crustacés deux types d'yeux fonctionnant selon un principe optique différent. Pour les langoustes, il s'agit d'unités visuelles carrées : elles sont composées d'unités oculaires consistant en un minuscule tube de section carrée, à peu près deux fois plus long que large et dont les faces latérales sont des miroirs plans. Les rayons lumineux sont réfléchis par les miroirs latéraux pour converger sur un même point de la rétine. Or chez la grande majorité des crustacés, les unités oculaires sont rondes ou hexagonales, car fondées sur le principe de la réfraction. On ne rencontre aucun type intermédiaire entre ces genres d'yeux. Et bien sûr, il n'y a pas trace de fossiles dotés de cet organe embryonnaire ! En réalité, on ne peut guère concevoir ce que serait cet oeil de transition entre celui qui fonctionne selon le principe de réflexion et celui qui utilise la réfraction "[…] tant diffèrent leurs agencements respectifs sur le plan de la géométrie et du fonctionnement optique. L'unité oculaire d'un type d'oeil de transition devrait à la fois se situer à mi-chemin entre l'hexagone et le carré, à mi-chemin entre la lentille réfractante et la surface réfléchissante, et néanmoins posséder les propriétés optiques nécessaires à la formation d'une image."

Michael Denton, L'évolution a-t-elle un sens ?, Fayard, page 486

Objections
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La création, l'adaptation et la complexité des espèces s'expliquent par la théorie de la sélection naturelle


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer le langage humain

{{BySetTemplateSimpleValueOutput|property=Résumé d'argument|value=L'être humain s'est doté d'un langage qui semble en rupture avec les modes de communication animales ; il a aussi créé l'art, la cuisine, la science. Ces différentes créations ont formé la culture, un monde à part entière qui se distingue de la nature. C'est l'indice que l'homme possède "quelque chose" de surnaturel.

  • l'apparition du langage
« L’origine du langage demeure aujourd’hui un mystère. Un langage est complexe, a un but et utilise des concepts d’abstraction. Impossible que ce soit le produit d’un simple assemblage de molécules. Comment ne pas être émerveillé aussi devant l’ADN ? Rendons-nous compte : il y a aussi un langage qui préside au fonctionnement des organismes, nous y compris ! Qui pourrait soutenir, en découvrant un ordinateur sur une plage, que ce dernier est le résultat du hasard, de l’action des vents et des marées sur les matériaux, au fil du temps ? Ce serait un non-sens. »
  • l'existence de l'intellect humain
Objections

====== Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La complexité des créations humaines s'explique par la théorie de la sélection naturelle ======|last-element=1|#=0}}


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Pour expliquer l'existence de la conscience

La conscience reste inexpliquée. On peut observer le système nerveux, fait d'impulsions électriques et d'échanges chimiques. Mais quel est le rapport entre des échanges chimiques et la vie intérieure ? Comment des entités dans l'espace (des particules en mouvement) pourraient-elles constituer un espace intérieur où dominent des phénomènes non spatiaux (sentiments, concepts, conscience de soi etc.) ? La conscience est énigmatique, elle ne peut pas être dérivée de la juxtaposition d'entités matérielles discrètes. C'est Dieu qui a doté les humains de la conscience.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_difficile_de_la_conscience


« Certes, les processus évolutionnistes produisent l’existence des corps animaux et d’être humains en vertu des lois de la nature découvertes par les sciences physiques […]. Mais il y a, dans l’être humain, davantage que le corps. Les êtres humains (et les animaux supérieurs) sont des êtres conscients. Ils ont des pensées et des impressions ; les atomes n’ont pas de pensées ni d’impressions. Or la conscience […] ne peut pas être la propriété d’un simple corps, ou d’un objet matériel. Elle doit être une propriété de quelque chose d’autre en rapport avec le corps ; et à ce quelque d’autre je donnerai le nom traditionnel d’âme. À un certain stade de l’évolution, les corps d’animaux complexes ont été reliés à des âmes. C’est […] quelque chose qui dépasse absolument le pouvoir explicatif de la science. Le théisme, lui, peut expliquer cela : en effet, Dieu a le pouvoir de relier des âmes à des corps et il a des raisons de le faire. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.73, Ithaque, Paris, 2009.


Objections à l'argument « L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Postuler un être complexe ne peut pas expliquer la complexité

= L'explication par Dieu est une pétition de principe = Un tel Dieu ne peut pas être simple

(Dawkins)


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Dieu est une explication inexplicable

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'ordre et la complexité du monde s'expliquent par la science

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Postuler un créateur est une vision anthropomorphique

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La notion d'« ordre » est une projection de l'esprit humain

(Spinoza)


« C’est donc nous-mêmes qui introduisons l’ordre et la régularité dans les phénomènes, que nous nommons nature, et nous ne pourrions les y trouver, s’ils n’y avaient été mis originairement par nous ou par la nature de notre esprit. En effet, cette unité de la nature doit être une unité nécessaire, c’est-à-dire certaine a priori de la liaison des phénomènes. Mais comment pourrions-nous mettre en place a priori une unité synthétique, si, dans les sources originaires de la connaissance de notre esprit, il n’y avait des principes subjectifs d’une telle unité, et si ces conditions subjectives n’étaient pas en même temps objectivement valables, puisqu’elles sont les principes de la possibilité de connaître en général un objet d’expérience ? »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Ak IV, 1781.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le monde n'est pas ordonné mais chaotique

(Nietzsche)


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'existence d'un Dieu est encore plus improbable que ce que Dieu est censé avoir créé
« Le dessein intelligent est exactement aussi contestable que le hasard. Ce n’est tout simplement pas une solution plausible à l’énigme de l’improbabilité statistique. Plus l’improbabilité est élevée, moins le dessein intelligent devient plausible. À y bien regarder, on voit que le dessein intelligent double le problème. Là encore, c’est parce que le concepteur lui-même (la conceptrice, ou la chose qui a conçu le projet) soulève le problème de sa propre origine. Toute entité capable de concevoir intelligemment une chose aussi improbable qu’Aristolochia trilobata (ou un univers) devrait être encore plus improbable qu’Aristolochia. Loin de mettre fin à la régression vicieuse, Dieu se venge en l’aggravant. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


« La « logique » des créationnistes est toujours la même. Un certain phénomène naturel est trop statistiquement improbable, trop complexe, trop beau, trop stupéfiant pour être venu à exister par hasard. Le dessein étant la seule alternative au hasard que puissent imaginer ces auteurs, il doit avoir un concepteur. Et la réponse de la science à cette logique erronée est aussi toujours la même : le dessein n’est pas la seule alternative au hasard, la sélection naturelle est plus satisfaisante. En fait, le dessein n’est pas du tout une alternative car il soulève un problème encore plus grand qu’il n’en résout : qui a conçu le concepteur ? Le hasard aussi bien que le dessein échouent à résoudre le problème de l’improbabilité statistique car le premier est le problème, et l’autre y ramène. La sélection naturelle est une véritable solution ; de toutes celles qui ont été proposées, c’est la seule qui marche. Et, en plus, elle est stupéfiante par son élégance et sa puissance. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.



3. Les expériences mystiques

L'expérience mystique peut être aussi une intervention directe de Dieu sur l'âme des individus, attestant sa présence. Evidemment cette expérience est subjective et non communicable. Mais si différents individus attestent la même expérience, et qu'elle ne relève pas de l'hallucination, ne montre-t-elle pas une réalité ? A première vue, l'expérience mystique semble pourtant réductible à un phénomène plus ou moins psychopathologique. Mais est-ce bien le cas ?

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les expériences mystiques

Certaines personnes ressentent de façon immédiate, au cours d'expériences mystiques, la présence de Dieu : pour elles, l'existence de Dieu n'est pas une conjecture, mais une certitude vécue - un peu comme l'existence du monde sensible ou des autres ne peut pas être "démontrée" ni déduite, mais constitue une évidence première.

L'expérience mystique n'est pas purement subjective : - en état de prière et d'extase, certains saints catholiques furent vus en lévitation (Saint Joseph de Copertino https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_de_Cupertino ) - certains mystiques induisent un changement de conscience chez leurs visiteurs, Phénomène très connu en Inde ou un quidam entre en transe ou en extase par le darshan : entretien avec l'être en état de profonde méditation. Pas besoin de longs discours ni de dogmes ni théories juste un regard et une présence. (Ramana Maharshi, et en Europe, phénomène autour d'Amma)

Objections
  • Les expériences mystiques s'expliquent par une "auto-intoxication" du cerveau par des drogues naturelles type endorphines. Elles ne révèlent rien du réel et encore moins de Dieu.
  • Les expériences mystiques sont des hallucinations comme dans différents délires psychiatriques.
  • Les expériences mystiques consistent en une régression vers des états archaïques et fusionnels (relation mère/tout petit, voire état foetal), avec l'abolition de la distinction sujet/objet qui accompagnait cet état.
  • Les expériences mystiques ne montrent pas l'existence du Dieu des religions théistes, mais l'existence de l'Etre, voire du Brahman des religions impersonnelles de l'Orient (Hindouisme védantin, Bouddhisme...).
  • Les expériences mystiques révèlent un état modifié de conscience, qui est compatible avec l'athéisme (voir J.C. Bologne, Un mysticisme sans Dieu).


4. Il existe des interventions divines

Selon cet argument, l'existence de Dieu n'est pas une foi sui generis ni même le résultat d'un raisonnement philosophique, mais elle peut être constatée de façon empirique ou expériencielle. Dieu Se manifeste par certaines actions surnaturelles, qu'il est possible de constater.

Ce genre de "preuve" a donné lieu à de nombreux débats au cours des siècles, notamment au sujet de la réalité historique - ou non - des récits bibliques. Néanmoins, il existe d'autres interventions divines supposées par les croyants, par exemple des guérisons miraculeuses (Lourdes) ou des interventions de Dieu dans l'histoire.

L'intérêt de cette ligne d'arguments est qu'elle ne se situe pas sur le plan de la croyance, mais sur le plan de faits en principe constatables par tous, croyants et incroyants.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les miracles

La question des miracles n'est pas un anachronisme philosophique, mais revient dans la philosophie contemporaine principalement au travers d'auteurs anglo-saxons :

https://plato.stanford.edu/archives/spr2013/entries/miracles/

Les guérisons inexpliquées

A Lourdes, une commission de médecins étudie des cas de "guérisons inexpliquées" comme celle de J.P. Bély avec un protocole rigoureux. Il existe un certain nombre de cas bien étudiés de supposés miracles.

"Le dernier miraculé de Lourdes s'appelle Jean-Pierre Bély. Son histoire, édifiante, ressemble à un récit évangélique. En 1987, ce Charentais de 52 ans souffrant de sclérose en plaques depuis quinze ans ne pouvait plus marcher et ne s'asseyait qu'avec difficulté. Grabataire, reconnu invalide à 100% par la Sécurité sociale, il reçut le sacrement des malades - l'extrême-onction d'autrefois - au troisième jour de son pèlerinage dans la cité mariale, alité sur un brancard. Dans la nuit qui suivit, l'infirme se leva, marcha et sut qu'il était guéri. Le 11 février 1999 et, pour la 66e fois depuis les apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous en 1858, l'Eglise a conclu qu'il s'agissait d'un authentique miracle." http://www.lexpress.fr/informations/miracles-mode-d-emploi_637556.html


« On pourrait s’attendre à ce que, dans certaines occasions, Dieu réponde aux prières pour la bonne cause, comme l’allégement de la souffrance, le recouvrement de la santé du corps ou de l’esprit, afin qu’on le reconnaisse et prenne conscience de vérités spirituelles importantes. On pourrait également escompter que Dieu intervienne dans d’autres occasions, sans attendre notre prière – pour nous aider à rendre le monde meilleur de diverses manières, alors que nous avons fait un mauvais usage de notre liberté. L’intervention divine consistera soit en une action dans les domaines où les lois de la nature ne déterminent pas ce qui arrive (probablement notre vie mentale n’est-elle pas complètement déterminée par des lois de la nature), soit dans la suspension temporaire des lois de la nature. Appelons « miracles » les interventions de ce genre, et non miraculeuses celles du genre précédent. Un miracle est une violation ou une suspension des lois de la nature, produites par Dieu. L’histoire de l’humanité contient-elle des événements du genre de ceux qu’on pourrait attendre de Dieu qu’il les produise et qui cependant ne sont pas le résultat du fonctionnement des lois de la nature ? Elle contient assurément nombre d’événements du genre de ceux que l’on pourrait attendre de Dieu qu’il les produise, mais au sujet desquels nous ne savons pas s’ils sont, ou non, le résultat du fonctionnement des lois de la nature. Je prie pour qu’un ami se remette d’un cancer, et il s’en remet. Comme ordinairement, nous ne connaissons pas, en ses moindres détails, l’état exact de son corps au moment où il a le cancer, nous ne connaissons pas davantage les lois de la nature qui sont à l’œuvre dans son cancer : nous ne pouvons dire si la rémission est due aux lois de la nature ou non. L’homme pieux croit que Dieu est intervenu, et l’athée têtu croit que seules les lois de la nature sont à l’œuvre. Or l’histoire de l’humanité est jalonnée de récits de nombreux évènements dont il est clair, s’ils se sont produits conformément à ces récits, qu’ils n’auraient évidemment pas pu résulter des lois de la nature et qui sont par ailleurs le genre d’événements dont on pourrait attendre de Dieu qu’il les produise. Le « Second Livre des Rois » rapporte qu’un roi malade et en proie au doute, Ézéchias, chercha un signe d’encouragement venant de Dieu, annonçant qu’il guérirait et que Dieu délivrerait Jérusalem des Assyriens. En réponse à la prière du prophète Isaïe pour que Dieu manifeste un signe à Ézéchias, l’ombre projetée par le soleil, est-il rapporté, « recula de dix pas » (II Rois, 20, 11). Une telle chose n’a pu se produire que dans la mesure où les lois de la mécanique (gouvernant la rotation de la terre autour de son axe, et ainsi la direction du soleil venant de Jérusalem), ou les lois de la lumière (gouvernant la formation de l’ombre par la lumière du soleil aux alentours du palais d’Ézéchias) ont été suspendues. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.110-111, Ithaque, Paris, 2009.

L'inédie

Il existe quelques cas de personnes qui ont prétendu vivre pratiquement sans se nourrir, ainsi Thérèse Neumann et Marthe Robin au XXème siècle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A9die

Les lévitations

Plusieurs saints ont été vu en lévitation pendant plusieurs minutes par un certain nombre de témoins.

Les phénomènes de Fatima

En 1917, plusieurs milliers de personnes ont vu "le Soleil danser" à Fatima (Portugal). Ce phénomène, annoncé à 3 enfants bergers par une apparition de la Vierge, constitue une preuve de la véracité des dires de la Vierge.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Miracle_du_soleil

"Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du Seculo, publie le matin même du 13 octobre un article ironique sur les apparitions, dénonçant les « superstitions » et les « supercheries ». Il assiste pourtant, comme des milliers de témoins anonymes à la « danse du soleil », et écrit le lendemain un article élogieux et fait part de sa propre stupéfaction : « Les nuages se déchirèrent et le soleil, comme une plaque argentée… se mit à tourner sur lui-même et à zigzaguer dans le cercle du ciel laissé libre de nuages. (…) Toute la foule pleurait, toute la foule priait, les hommes, le chapeau à la main dans l’impression grandiose du miracle attendu ! »

Outre ce journaliste, beaucoup de personnalités ont attesté de l’événement, comme l’évêque de Leiria, le docteur Almeida Garrett, professeur à la faculté des sciences de l’université de Coimbra, l’académicien Marques da Cruz ou le poète Alfonso Lopes Vieira, qui se trouvait à dix lieues de Fatima le 13 octobre 1917."

https://www.infocatho.fr/tag/fatima/

https://www.infocatho.fr/le-jour-ou-le-soleil-dansa-le-miracle-de-fatima/

Objections

- Les miracles sont impossibles

On ne peut pas violer les lois naturelles, donc les miracles sont impossibles.

- Chaque fois que l'on étudie en détail un "miracle", on découvre une explication naturelle.

Fatima s'explique par un effet d'optique ou une hallucination collective, les guérisons de Lourdes n'ont rien d'exceptionnel car il y a toujours un certain pourcentage de guérisons spontanées pour les maladies.

- Les miracles relèvent des "pouvoirs cachés" de l'être humain.

Il existe des guérisons inexpliquées ou des phénomènes "paranormaux", mais ceux-ci ne viennent pas de Dieu : il s'agit de facultés encore peu connues de l'esprit humain. Ces facultés font l'objet de la parapsychologie, reconnue comme une branche légitime de la recherche aux Etats-unis par l'Association for Advencement of Science (AAAS).


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les réponses de Dieu aux prières

« Beaucoup de gens croient en l’existence de Dieu. Mais peu savent que parce qu’il nous aime, Dieu nous invite à bien plus : il nous offre une relation personnelle d’intimité avec lui. C’est en effet au travers de celle-ci qu’il peut agir véritablement pour transformer notre vie. Ceux/celles qui ont fait cette rencontre témoignent combien ils expérimentent l’amour de Dieu. Dieu leur parle et ils le voient répondre à leurs prières. »


« Il est évident que, à tort ou à raison, il a semblé […] à des milliards d’êtres humains, qu’une fois dans leur vie, à un degré ou à un autre, ils ont été conscients que Dieu dirigeait le cours d’un événement. Les enquêtes montrent qu’il en est ainsi pour des milliards de gens aujourd’hui, sans compter les époques antérieures. Ces gens peuvent bien sûr se tromper, mais c’est comme cela que les choses leur sont apparues. Or c’est un principe de base de la rationalité, que j’appelle le principe de crédulité, que nous devons penser que les choses sont comme elles nous apparaissent […] à moins que et jusqu’à ce que nous ayons la preuve que nous nous sommes trompés. […] Si j’ai l’impression de voir une table ou d’entendre la voix d’un ami, je dois penser que c’est le cas jusqu’à ce que j’aie la preuve que je me suis trompé. Si vous dites le contraire – si vous dites : ne vous fiez jamais aux apparences avant qu’il soit prouvé qu’elles sont fiables – vous ne pourrez jamais avoir la moindre certitude. En effet, qu’est-ce qui peut vous prouver que les apparences sont fiables, sinon d’autres apparences ? Or si vous ne pouvez vous fier aux apparences comme telles, vous ne pourrez pas non plus vous fier à vos cinq sens ordinaires, il est tout aussi rationnel de vous fier, le cas échéant, à votre sens religieux. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.122-123, Ithaque, Paris, 2009.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les textes sacrés dictés aux hommes

« Dieu parle et nous pouvons l’entendre. C’est le message de la Bible. À maintes reprises, depuis les débuts de l’humanité jusqu’à aujourd’hui, Dieu s’adresse aux hommes par des songes ou des paroles audibles intérieurement. Il est dit de Moïse : « l’Éternel parlait avec lui face à face comme un homme parle à son ami » (Exode ch.33 v.11). »


« Une autre raison que Dieu peut avoir d’intervenir dans l’histoire est de nous donner des informations, de nous révéler des vérités. Sans aucune aide, notre raison est bien capable […] d’arriver à la conclusion que, probablement, il y a un Dieu ; elle est bien capable également d’établir plusieurs vérités morales très générales (par exemple qu’il est bon de nourrir ceux qui meurent de faim, quels qu’ils soient). Mais les êtres humains sont des créatures à l’intelligence limitée, et ils sont notoirement capables de se cacher à eux-mêmes des conclusions qui leur crèvent les yeux, quand ces conclusions ne sont pas les bienvenues. Les conclusions en matière de religion et de morale sont celles que nous sommes évidemment disposés à écarter parce que, quelles que soient les conclusions auxquelles nous parvenons (religieuses ou athées), elles ont des conséquences sur le genre de vie qui vaut la peine d’être vécue ; il se peut que nous rechignions à les accepter parce qu’elles entrent en conflit avec notre mode de vie quotidien. Les êtres humains ont donc besoin d’aide – aide pour comprendre quelles sont leurs obligations et en quoi consiste leur bien suprême, aide et encouragement pour rechercher ce bien. De toutes les façons, un Dieu qui veut entrer en contact avec nous aura aussi à nous dévoiler des choses sur lui-même, simplement pour que nous le connaissions mieux. Les grandes religions occidentales affirment toutes que Dieu est intervenu dans l’histoire pour révéler des vérités aux hommes ; elles ajoutent généralement qu’il a établi un moyen qui, dans une certaine mesure et d’une certaine façon, puisse assurer la conservation de ces vérités parmi les hommes. Les Juifs affirment que Dieu est intervenu dans l’histoire avec Abraham et Moïse, et qu’il a révélé des vérités qui, par la suite, ont été conservées par le peuple juif dans les Écritures hébraïques (qui forment l’Ancien Testament des Chrétiens). Les Chrétiens admettent cette révélation, mais ils ajoutent que la principale intervention de Dieu est celle de Jésus-Christ, qui nous a révélé des choses conservées par l’Église chrétienne dans la Bible (le Nouveau Testament, et l’Ancien Testament interprété à la lumière du Nouveau). L’islam reconnaît aussi, dans une certaine mesure, les affirmations juives et chrétiennes, mais il proclame que Mahomet est le dernier prophète en qui la Révélation atteint son point culminant, révélation recueillie dans le Coran. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.116-117, Ithaque, Paris, 2009.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les prophéties

Dans les Livres saints, ou à travers différents messagers, Dieu livre des prédictions exactes. Comme l'être humain ne peut pas connaître l'avenir, c'est bien la preuve que c'est Dieu qui lui a communiqué ces connaissances.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} L'incarnation et la résurrection de Jésus-Christ

Plusieurs témoins relatent que Jésus est mort puis est ressuscité. Il existe aussi "le Suaire de Turin" qui tend à confirmer cet événement. Seul Dieu a pu ressusciter un mort, donc Dieu existe.


« Les Evangiles racontent qu’il y a 2000 ans de cela, Dieu est venu lui-même sur terre, en chair et en os. «Je suis descendu du ciel»«celui qui m’a vu a vu le Père» disait Jésus, se disant ainsi Dieu incarné, Dieu fait homme (Evangile de Jean ch.6 v.38, ch.14 v.9). Jésus a manifesté combien il est un Dieu Amour, en guérissant tous ceux qui venaient à lui, sans rien demander en retour. Il a manifesté aussi combien il est au dessus des lois physiques, en créant de nouveaux organismes. Il a montré qu’il a la vie en lui-même, en ressuscitant plusieurs personnes. Enfin, il a prouvé qu’il était Dieu, en ressuscitant lui-même des morts : Jésus est vivant aujourd’hui. Il oeuvre dans la vie de ceux qui l’accueillent. A ceux qui se tournent vers lui, qui lui demandent sincèrement de se révéler à eux, il se fait connaître (Evangile de Jean ch.14 v.21): « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai et je me ferai connaître à lui »


« La religion chrétienne a été fondée sur le prétendu miracle de la Résurrection de Jésus. Si cet événement s’est produit tel qu’il est relaté dans les livres du Nouveau Testament, à savoir le retour à la vie d’un homme mort par crucifixion trente-six heures plus tôt, alors il est clair que cet événement implique la suspension des lois de la nature. Et donc, s’il y a un Dieu, c’est lui qui l’a produite : c’est un miracle. La plupart des livres du Nouveau Testament ont été écrits au cours de l’existence de beaucoup de ceux qui ont côtoyé Jésus. Ces livres ont été écrits par des auteurs très divers qui affirment que Marie-Madeleine, d’autres femmes et les apôtres ont vu le tombeau vide ; avec beaucoup d’autres, ils ont vu, parlé et mangé avec Jésus ressuscité. Le corps de Jésus n’a jamais été retrouvé. On est en présence d’un grand miracle sérieusement étayé sur le plan historique, pour lequel il existe des indices substantiels. Quant à savoir quelle est la force de ces indices historiques, c’est le sujet d’innombrables ouvrages écrits depuis deux millénaires, à la lecture desquels les lecteurs doivent se forger leurs propres opinions. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.118, Ithaque, Paris, 2009.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les apparitions

Lourdes, Fatima etc.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les conversions brusques

Plusieurs personnes témoignent avoir été "touchés par la foi" en un instant :

« Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverai un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C’est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j’assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand-messe. Puis, n’ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres. Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de saint Nicolas du Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être la Magnificat. J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. En essayant, comme je l’ai fait souvent, de reconstituer les minutes qui suivirent cet instant extraordinaire, je retrouve les éléments suivants qui, cependant, ne formaient qu’un seul éclair, une seule arme, dont la Providence divine se servait pour atteindre et s’ouvrir enfin le cœur d’un pauvre enfant désespéré : « Que les gens qui croient sont heureux ! Si c’était vrai, pourtant ? C’est vrai ! Dieu existe, Il est là. C’est quelqu’un, c’est un être aussi personnel que moi ! Il m’aime, Il m’appelle. » Les larmes et les sanglots étaient venus et le chant si tendre de l’Adeste ajoutait encore à mon émotion. »
Paul Claudel, Ma conversion, 1913.

On trouve des exemples de conversion aussi brusques dans l'ouvrage de William James sur l'expérience mystique, et de nombreux autres témoignages de conversions brusques, d'André Frossard ("Dieu existe, je l'ai rencontré") à Eric-Emmanuel Schmitt ("la nuit de feu").


Objections
  • Il existe des conversions brusques à toutes les religions ; donc ce genre de phénomène ne "démontre" rien !
  • Ces "conversions brusques" relèvent de la psychologie de la croyance, et l'on retrouve le même type de certitudes irrationnelles dans d'autres domaines, voire dans certaines maladies mentales (délires de persécution, etc.).


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La « providence » dans l'Histoire

Dieu agit dans l'Histoire du monde. Comment expliquer qu'une poignée de juifs sans moyens, suivis ensuite par "des femmes et des esclaves", aient pu convertir en quelques siècle l'Empire romain ? Lorsque la France semblait perdue dans sa guerre avec les Anglais, une jeune femme de paysans aisés, Jehanne d'Arc, reçut ordre par des visions de "sauver la France". Elle réussit cette mission en renversant par son action le cours des événements. Comment expliquer une telle aventure rationnellement ?


Objection

- L'histoire n'a pas de sens religieux

Jusqu'au XIXème siècle, les chrétiens pouvaient croire que l'Histoire conduisait à une sorte de fin religieuse, car l'Occident colonisait la planète et les missionnaires répandaient leur foi. Aujourd'hui, cette vision ordonnée à une sorte de conversion planétaire à une religion semble intenable.

- Dieu n'intervient pas dans l'Histoire

Visiblement, Dieu n'intervient pas dans l'Histoire puisqu'Il laisse les innocents se faire massacrer, tout comme les religieux de toutes les religions d'ailleurs.

- La providence a protégé des athées ou des criminels

Hitler a réchappé "miraculeusement" à plusieurs attentats ; des criminels et des tyrans sont morts tranquillement dans leur lit. Doit-on croire qu'ils furent "protégés" par la providence ? Il est plus logique de penser que l'Histoire est soumise aux hasards, non à un Dieu.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La providence dans nos existences

Les « anges gardiens »


Objections à l'argument « Il existe des miracles »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les miracles reposent sur des témoignages frauduleux ou sans grande fiabilité
  • On accorde beaucoup plus d'importance aux témoignages qui ne sont pas fiables quand ils portent sur l'existence de Dieu
« Vous dites que vous avez personnellement rencontré Dieu ? Eh bien, certains ont rencontré un éléphant rose, mais cela ne vous impressionne probablement pas. Peter Sutcliffe, l’éventreur du Yorkshire, a entendu distinctement la voix de Jésus qui lui disait de tuer des femmes, et on l’a enfermé à vie. George W. Bush dit que Dieu lui a dit d’envahir l’Irak (dommage que Dieu n’ait pas jugé bon de lui apprendre par une révélation qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive). Dans les asiles, les individus se prennent pour Napoléon ou pour Charlie Chaplin, ou bien ils croient que le monde entier conspire contre eux, ou encore qu’ils peuvent faire passer leurs pensées dans la tête des autres. Nous en sourions mais nous ne prenons pas au sérieux leurs croyances telles qu’elles leur ont été révélées profondément, essentiellement parce que peu de gens les partagent. Les expériences religieuses ne sont différentes qu’en ce que les gens qui les affirment sont nombreux. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les miracles sont des expériences mal comprises par ceux qui les ont vécues, et qui peuvent s'expliquer rationnellement

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les miracles sont des hallucinations
« Le cerveau humain fonctionne avec un programme de simulation de premier choix. Nos yeux ne donnent pas à notre cerveau une photo fidèle de ce qui existe, ou un film exact de ce qui se passe en temps réel. Le cerveau se construit un modèle sans cesse mis à jour : mis à jour par des pulsions qui bavardent le long du nerf optique, mais quand même construit. Les illusions optiques nous le rappellent bien. Une classe majeure d’illusions, dont le cube de Necker est un exemple, se produisent parce que les données sensorielles que reçoit le cerveau sont compatibles avec deux modèles alternatifs de la réalité. Le cerveau, n’ayant rien sur quoi se fonder pour choisir, alterne et nous ne cessons de basculer entre les deux modèles intérieurs. L’image que nous regardons semble, presque littéralement, s’inverser pour devenir autre chose. […] Il [notre cerveau] est tout à fait capable de construire des « visions » et des « apparitions » parfaitement véridiques. Pour un programme aussi sophistiqué, c’est un jeu d’enfant que de simuler un fantôme, un ange ou une Vierge Marie. Et c’est la même chose pour ce qu’on entend. Quand on entend un son, il n’est pas fidèlement transporté dans le nerf auditif et relayé dans le cerveau comme par une chaîne hi-fi haut de gamme. Comme pour la vision, le cerveau construit un modèle de son fondé sur des données nerveuses auditives continuellement mises à jour. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les miracles s'expliquent par des pouvoirs de l'homme, non expliqués actuellement

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Si Dieu est bon, tout le monde devrait pouvoir faire l'expérience de ces miracles

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les expériences religieuses n'arrivent qu'aux religieux
« On pourrait objecter que seules les personnes religieuses connaissent des expériences religieuses. Ce n’est pas toujours le cas, mais il est vrai que ce sont, presque invariablement, des personnes qui ont déjà été familiarisées avec une tradition religieuse qui font des expériences religieuses – pour certains, l’expérience est d’ailleurs ce qui permet à la tradition de redevenir vivante pour eux. Mais cela peut difficilement être compté comme une objection : en effet, à moins de savoir ce qu’est l’objet x ou y, il y a peu de chances que nous fassions une expérience qui nous semble être une expérience de x ou y. Seul quelqu’un qui sait ce qu’est un téléphone peut dire qu’il pense avoir vu un téléphone. Vous pouvez apprendre ce qu’est un téléphone soit si quelqu’un vous en montre un, vous pouvez alors reconnaître le prochain que vous verrez ; soit si quelqu’un vous en a décrit un, auquel cas vous serez en mesure de la reconnaître quand vous en voyez un. Dans le cas d’une expérience religieuse (au sens où il semble à quelqu’un qu’il fait une expérience de Dieu), la manière dont nous apprenons à quoi ressemblerait une expérience de Dieu vient d’une tradition religieuse qui nous fait comprendre à quoi ressemble Dieu. […] la tradition et les récits de ceux qui disent avoir rencontré Dieu complète cette description formelle. Par ce moyen, nous commençons à comprendre à quoi ressemblerait une expérience de Dieu si nous en avions une ; et tout ce dont nous avons besoin, c’est d’en savoir assez pour reconnaître une telle expérience lorsque nous la refaisons – mais il ne serait pas possible de donner à l’avance la description complète d’une telle expérience, ni même d’ailleurs après l’avoir faite. Un récit célèbre met en scène quelqu’un qui n’a pas pu reconnaître une expérience de Dieu pour ce qu’elle était, avant qu’on ne lui parle de Dieu : c’est le récit de l’enfant Samuel dans le temple (« Premier Livre de Samuel », chapitre 3). »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.126-127, Ithaque, Paris, 2009.



5. Il existe une morale indépendante des hommes

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Il existe un devoir irréductible à l'utile ou même à l'empathie

L'humanité adhère à des principes moraux : au lieu de suivre son seul intérêt immédiat ou son simple plaisir, l'être humain peut se sacrifier pour autrui, protéger les malades ou les vieillards. Ces comportements relèvent d'un devoir-être qui ne correspond à aucune nécessité naturelle. "Faire le bien" n'existe pas chez les animaux. L'homme peut s'extraire du donné naturel, de la lutte pour la survie, pour imaginer un "devoir-être", une morale, un monde meilleur, qui ne correspondent à rien dans le monde naturel. Cette conscience du bien et de la morale ne s'expliquent que parce que Dieu les a placées en nous.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Il existe des valeurs morales objectives et intemporelles, que seul Dieu a pu créer

Il existe des lois morales universelles, que l'on retrouve dans les 10 Commandements. L'homme est doté d'une "voix de la conscience", un sens inné du Bien et du Mal, qu'il connaît. Cette connaissance vient de Dieu. (Rousseau) « L’existentialiste est très opposé à un certain type de morale laïque qui voudrait supprimer Dieu avec le moins de frais possible. Lorsque, vers 1880, des professeurs français essayèrent de constituer une morale laïque, ils dirent à peu près ceci : Dieu est une hypothèse inutile et coûteuse, nous la supprimons, mais il est nécessaire cependant, pour qu’il y ait une morale, une société, un monde policé, que certaines valeurs soient prises au sérieux et considérées comme existant a priori ; il faut qu’il soit obligatoire a priori d’être honnête, de ne pas mentir, de ne pas battre sa femme, de faire des enfants, etc., etc. Nous allons donc faire un petit travail qui permettra de montrer que ces valeurs existent tout de même, inscrites dans un ciel intelligible, bien que, par ailleurs, Dieu n’existe pas. Autrement dit, et c’est, je crois, la tendance de tout ce qu’on appelle en France le radicalisme, rien ne sera changé si Dieu n’existe pas ; nous retrouverons les mêmes normes d’honnêteté, de progrès, d’humanisme, et nous aurons fait de Dieu une hypothèse périmée qui mourra tranquillement et d’elle-même. L’existentialiste, au contraire, pense qu’il est très gênant que Dieu n’existe pas, car avec lui disparaît toute possibilité de trouver des valeurs dans un ciel intelligible ; il ne peut plus y avoir de bien a priori, puisqu’il n’y a pas de conscience infinie et parfaite pour le penser ; il n’est écrit nulle part que le bien existe, qu’il faut être honnête, qu’il ne faut pas mentir, puisque précisément nous sommes sur un plan où il y a seulement des hommes. Dostoïevski avait écrit : « si Dieu n’existait pas, tout serait permis. » C’est là le point de départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s’accrocher. »

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Sans Dieu, tout est permis, tout est licite

Dostoïevski

Objections à l'argument « Il existe des valeurs morales objectives et intemporelles »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Rien ne montre que Dieu a créé les valeurs morales

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les valeurs morales sont des créations humaines

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Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les valeurs morales sont le résultat de l'évolution

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Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les valeurs morales sont relatives à une société donnée

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Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les valeurs morales évoluent avec le temps

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Loupe de débat connexe Débat connexe : La morale évolue-t-elle ?
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Il n'y a pas besoin de croire en Dieu pour être moral

Écrire un résumé de l'objection.


6. Dieu est nécessaire à l'agir humain

  • Dieu est implicite dans toute action humaine (Kant)

Objections à l'argument « Dieu est nécessaire à l'agir humain »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'agir humain s'appuie sur une illusion

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Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La nécessité de Dieu pour l'agir ne prouve pas l'existence de Dieu

Écrire un résumé de l'objection.



7. Seul Dieu est garant de la réalité et la véracité du monde

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Seul Dieu permet d'échapper au solipsisme ou à la Matrix

Le monde est essentiellement trompeur : mes sens sont faillibles, mon raisonnement est fragile, mes opinions sont fluctuantes. Même le sentiment de conviction ou de réalité d'une chose peut être faux, comme pour les fous ou lors de la vision d'un mirage. Qu'est-ce qui me prouve que le monde extérieur existe tel que je le vois, et que je ne suis pas dans la Matrix ? Qu'est-ce qui me prouve que les autres existent, et qu'ils ne sont pas des projections de mon propre esprit ? Comment est-ce que je sais que ce monde est réel, et n'est pas un "grand rêve" ? C'est la question du solipsisme. Je sais que j'existe ("Je pense donc je suis"), je ne sais pas si le monde perçu est un effet de mon esprit. Pour échapper à cette question, il faut poser que ma perception immédiate n'est pas trompeuse, que je ne suis pas fou ; pour cela, il faut supposer que Dieu garantit la vérité de mes "impressions immédiates". Donc je dois poser que Dieu existe pour poser que le monde est réel.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Seul Dieu permet de sortir du perspectivisme

Parler de "vérité", c'est supposer qu'il existe un niveau de compréhension qui n'est pas un simple "point de vue", mais un niveau de perception exact de ce qui est. Ce niveau où la pensée touche l'être, où il n'y a plus de différence entre le concept et le réel, est celui de l'intelligence divine. C'est parce que l'intellect humain reflète en quelque façon l'Esprit divin qu'il peut atteindre des vérités, voire la Vérité. S'il n'y a pas de Dieu, il n'y a que des perspectives changeantes, des points de vues parcellaires et subjectifs. La notion même de "vérité" est vide de sens (sauf de façon triviale, pour désigner des énoncés factuels très limités : "le verre est sur la table").

  • Dieu est seul garant de la notion de vérité (Descartes, Sartre)


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Dieu explique la coïncidence des mathématiques et du réel

Einstein était étonné qu'il y ait coïncidence entre le monde et les mathématiques. Un telle coïncidence pourrait bien montrer la coïncidence de l'esprit humain avec l'Esprit du créateur. Le monde est écrit en langage mathématique parce qu'il a été créé par une Intelligence que l'intelligence humaine reflète. Les propriétés mathématiques ne sont pas des inventions humaines, mais des découvertes se passant dans un "monde platonicien" où existent de toute éternité les objets mathématiques.


8. L'existence de Dieu est contenue dans son concept

Par définition, Dieu est parfait. Si Dieu est parfait, alors il ne lui manque rien : il jouit de tous les attributs, dont celui d'exister. Donc Dieu existe.

Objections à l'argument « L'existence de Dieu est contenue dans son concept »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La perfection n'implique pas l'existence

Saint-Augustin


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'existence n'est pas un prédicat
« Être n’est évidemment pas un prédicat réel, c’est-à-dire un concept de quoi que ce soit qui puisse s’ajouter au concept d’une chose. Il est uniquement la position d’une chose ou de certaines déterminations en soi. Dans l’usage logique, il n’est que la copule d’un jugement. La proposition : Dieu est omnipotent contient deux concepts qui ont leurs objets : Dieu est omnipotence ; le petit mot : est n’est pas encore un prédicat de plus, mais seulement ce qui met le prédicat en relation avec le sujet. Or si je prends le sujet (Dieu) avec tous ses prédicats ensemble (auxquels l’omnipotence appartient également) et que je dise : Dieu est, ou : il est un Dieu, je ne pose aucun prédicat nouveau du concept de Dieu, mais seulement le sujet en lui-même avec tous ses prédicats et, il est vrai, l’objet se rapportant à mon concept.

Tous deux doivent contenir la même chose et, par conséquent, au concept qui n’exprime que la possibilité, rien, du fait que je pense l’objet comme absolument donné (par l’expression : il est), ne peut s’ajouter. Et ainsi le réel ne contient rien de plus que le simplement possible. Cent thalers réels ne contiennent pas la moindre chose de plus que cent thalers possibles. En effet, comme ceux-ci expriment le concept, mais ceux-là l’objet et sa position en lui-même, au cas où celui-ci contiendrait plus que celui-là, mon concept n’exprimerait plus l’objet tout entier et, par conséquent aussi, il n’en serait plus le concept conforme. Mais, pour mon état de fortune, cela fera plus avec cent thalers réels qu’avec leur simple concept (c’est-à-dire leur simple possibilité).

Car l’objet, dans la réalité, n’est pas seulement contenu analytiquement dans mon concept, mais il s’y ajoute synthétiquement à mon concept (qui est une détermination de mon état), sans que par cet être en dehors de mon concept, ces cent thalers pensés en soient eux-mêmes le moins du monde augmentés. Quand donc je pense une chose, quels et si nombreux que soient les prédicats au moyen desquels je veux la penser (même en la déterminant complètement), par cela seul que j’ajoute que cette chose existe, je n’ajoute rien à cette chose. Car autrement ce ne serait plus la même chose qui existerait mais quelque chose de plus que ce que j’ai pensé dans le concept, et je ne pourrais plus dire que c’est exactement l’objet de mon concept qui existe. »
Emmanuel Kant, Critique de la Raison pure, chapitre III, 4e section, 1781.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'existence ne se démontre pas, elle se constate

Comment prononcer un jugement d'existence sur une entité inobservable ? On ne peut ni constater Dieu par les sens, ni tirer de son concept sa nécessité – comme en mathématiques. Donc on ne peut pas prononcer de "jugement d'existence" à propos de Dieu.


« Je commencerai par observer quʼil est dʼune absurdité palpable de prétendre démontrer une matière de fait ou la prouver par des arguments a priori. Il nʼest pas possible de rien démontrer, à moins de prouver que le contraire implique contradiction. Rien de, ce que lʼon conçoit clairement nʼimplique contradiction. Il nʼest donc aucun être dont lʼexistence puisse être démontrée. Tout ce que nous concevons existant, nous pouvons aussi le concevoir comme non-existant. Il nʼest donc aucun être dont la non-existence implique contradiction. Il nʼest donc aucun être dont lʼexistence puisse être démontrée. Jʼavance cet argument, parce que je le crois péremptoire, et cʼest sur lui que je suis prêt à établir toute la question. »


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Un raisonnement faux

Imaginons une île parfaite, qui serait plus grande que toutes les autres îles. En suivant le raisonnement de Saint-Anselme, cette île devrait exister, puisqu'elle est parfaite. Or cette île parfaite n'existe pas ; donc le raisonnement de Saint-Anselme n'est pas valide. Cf. le moine Gaunilon



9. Nous avons en nous des concepts que nous n'avons pas pu créer

L'esprit humain utilise des notions comme "l'unité", "la justice" ou "l'infini". Or, dans notre expérience, nous n'avons jamais connu "l'infini" (ni "la justice" ni "l'unité"). Nous avons vu des choses très grandes, voire immenses, mais rien qui soit "infini". De même pour l'unité (ou la justice). D'où vient que notre esprit puisse posséder des notions qui excèdent l'expérience, le donné ? Nous n'avons pas pu inventé de tels concepts, c'est donc Dieu qui les a placés en nous.

"Par où est-ce que je puis connaître quelqu'unité réelle ? Je n'en ai jamais vu ni même imaginé par le rapport de mes sens. Que je prenne le plus subtil atome ; il faut qu'il ait une figure, une longueur, une largeur et une profondeur […] ; et le dessus n'est point le dessous, un côté n'est point l'autre. Cet atome n'est pas véritablement un, il est composé de parties. Or le composé est […] une multitude d'êtres : ce n'est point une unité réelle. Je n'ai donc jamais appris ni par mes yeux, ni par mes mains, ni même par mon imagination, qu'il y ait une unité réelle. […]"

Pour Fénelon, la sensation d'unité intérieure est fondatrice, elle organise notre univers mais ne peut résulter d'aucune expérience ni d'aucun raisonnement. Je me perçois comme Un. D'où vient cette connaissance immédiate d'être un ?


« J’ai au-dedans de moi une idée claire d’une unité parfaite, qui est bien au-dessus de celle que je puis trouver dans mon âme : [mon âme] se trouve souvent comme partagée entre deux opinions, deux inclinations, deux habitudes contraires. Ce partage que je trouve au fond de moi-même ne marque-t-il pas quelque multiplicité, ou composition de parties ? L’âme a d’ailleurs une composition successive de pensées dont l’une est très différente de l’autre. Je conçois une unité infiniment plus une […] : je conçois un être qui ne change jamais de pensée, qui pense toujours toutes choses à la fois, et en qui on ne peut trouver aucune composition […]. Cette idée, toujours présente au fond de moi, est le modèle parfait sur lequel je cherche partout quelque copie imparfaite de l’unité. Je connais donc Dieu avec une telle clarté que c’est en le connaissant que je cherche dans toutes les créatures, et en moi-même, quelque ouvrage et quelque ressemblance de son unité. »
Fénelon, Traité de l’existence de Dieu, p.63-64, Éditions Universitaires, Grenoble, 1990.
  • les Idées platoniciennes (ex. l'égalité, la justice)

Objections à l'argument « Nous avons en nous des concepts que nous n'avons pas pu créer »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Il faut étudier la genèse des concepts

Les concepts abstraits se forment a travers d'une maturation cérébrale lente et la manipulation d'objets sensibles. Peu à peu, l'enfant acquiert des notions mathématiques complexes, par ex. il apprend à reconnaître la même quantité de liquide dans 2 récipients de forme très différentes. Des concepts comme "l'infini", "l'unité" ou "la justice" ont été acquis à travers une longue série d'apprentissages, mais il ne sert à rien de croire que c'est Dieu qui les a mis en nous. Cf. Jean Piaget



10. L'hypothèse de Dieu est plus simple que l'hypothèse athéiste

« Ainsi, trois thèses rivales avancent une explication ultime de tous les phénomènes observables. Elles doivent être examinées avec les quatre critères d’évaluation des scénarios explicatifs analysés au chapitre II. […] L’application des quatre critères revient donc à ceci : la théorie de l’explication ultime qui a le plus de chance d’être la vraie est la théorie la plus simple qui prédit les phénomènes observables, alors que sans cette théorie, nous ne nous attendrions pas à ces phénomènes. La thèse ici développée est que le théisme fournit l’explication de loin la plus simple de tous les phénomènes. Le matérialisme, comme je le montrerai, n’est pas une hypothèse simple, et il y a une catégorie de phénomènes que, très probablement, il ne pourra jamais expliquer. Et l’humanisme [la théorie mixte selon laquelle « l’existence et le fonctionnement des facteurs impliqués dans l’explication en termes de personne ne peuvent pas être complètement expliqués en termes d’objets inanimés », et réciproquement] est une hypothèse encore moins simple que le matérialisme. […] la grande complexité du matérialisme vient du postulat selon lequel toute explication complète du comportement des choses est donnée par les propriétés et dispositions d’un nombre immense (et peut-être infini) d’objets matériels. Chacun d’entre eux est constitué d’atomes, les atomes sont constitués de particules fondamentales, comme les électrons et les protons ; certains, à leur tour, sont constitués de quarks et, pour autant que nous le sachions à ce jour, les quarks sont constitués de sous-quarks. […] Le théisme affirme qu’une seule substance, Dieu, cause et maintient l’existence de tous les autres objets existants. Il affirme aussi que chaque propriété que possède chaque autre substance est due au fait que Dieu en est la cause ou permet qu’elle existe. Le signe distinctif d’une explication simple est de postuler un petit nombre de causes. À cet égard, il ne peut pas y avoir d’explication plus simple qu’une explication qui ne postule qu’une seule cause. Le théisme est plus simple que le polythéisme. En outre, à cette cause unique, qui est une personne, le théisme attribue les propriétés qui sont essentielles aux personnes avec un degré infini […]. L’hypothèse d’une personne infiniment puissante, infiniment connaissante et infiniment libre est l’hypothèse d’une personne dont la capacité d’action, la connaissance et la liberté sont sans limite (exceptées celles de la logique). Les scientifiques ont toujours considéré qu’il est plus simple de supposer qu’une quantité a un degré infini plutôt que de supposer un degré fini extrêmement grand, et ils l’ont toujours fait lorsque cette supposition ne changeait rien à la prédiction des observations. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.46-48, Ithaque, Paris, 2009.

Objections à l'argument « L'hypothèse de Dieu est plus simple que l'hypothèse athéiste »

Arguments CONTRE

1. Rien ne montre l'existence d'un dieu

Dans notre expérience commune, nous ne percevons pas Dieu ; l'histoire n'est pas influencée par une quelconque providence, mais est la résultante des actions des humains ; la nature est indifférente, elle comporte des ratés (espèces qui ont disparu sans descendance, développement buissonnant etc.). Pour conforter l'idée de Dieu, les religions ne proposent que des raisonnements incertains, une "foi" irrationnelle (qui contredit la foi des autres religions) ou des expériences subjectives, plus ou moins illusoires (expériences mystiques). L'hypothèse de Dieu est donc gratuite.

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} C'est à celui qui avance une thèse de la prouver

La notion de Dieu est gratuite ; aucun fait ne permet de supposer l'existence d'un Etre invisible, conscient, bon et tout-puissant, qui s'intéresserait aux êtres humains.Ceux qui avancent une telle hypothèse doivent apporter des faits pour l'étayer.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Il n'y a pas « d'arrières-mondes »

Si Dieu et les religions sont vraies, cela supposerait un "arrière-monde" subsistant au-delà du monde sensible. C'est dans ce monde qu'existeraient Dieu, les anges, les âmes des défunts, le paradis et l'enfer, etc. Or rien ne montre l'existence d'un tel monde - qui est une pure invention.


« Première proposition. Les raisons qui firent appeler « ce » monde un monde d’apparence, prouvent au contraire sa réalité — une autre réalité est absolument indémontrable. Deuxième proposition. Les signes distinctifs que l’on a donnés de la véritable « essence des choses » sont les signes caractéristiques du non-être, du néant ; de cette contradiction, on a édifié le « monde-vérité » en vrai monde : et c’est en effet le monde des apparences, en tant qu’illusion d’optique morale. Troisième proposition. Parler d’un « autre » monde que celui-ci n’a aucun sens, en admettant que nous n’ayons pas en nous un instinct dominant de calomnie, de rapetissement, de mise en suspicion de la vie : dans ce dernier cas, nous nous vengeons de la vie avec la fantasmagorie d’une vie « autre », d’une vie « meilleure ». »
Friedrich Nietzsche, Le crépuscule des idoles, La « raison » dans la philosophie, 5..

Il n'y a que le monde sensible et on ne peut pas supposer un monde invisible ; donc, l'au-delà et Dieu n'existent pas, mais sont des concepts artificiels, des mots que l'on a voulu prendre pour des choses.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Dieu est une hypothèse trop complexe

Principe du rasoir d'Ockham : si deux hypothèses expliquent un même ensemble de phénomènes, c'est l'hypothèse la plus simple (la non-existence de Dieu) qui doit être préférée


« En fait, le théiste dirait que Dieu est une explication très élégante, économique et fructueuse à l’existence de l’univers. Elle est économique car elle attribue l’existence et la nature d’absolument tout dans l’univers à un seul être, une cause ultime qui assigne une raison à l’existence de tout, y compris d’elle-même. Elle est élégante car à partir d’une idée clé, l’idée de l’être le plus parfait possible, toute la nature de Dieu et l’existence de l’univers peuvent s’expliquer de façon intelligible. »
Keith Ward, God, Chance and Necessity, Oneworld Publications, 1996.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} L'évolution et les lois physiques suffisent à expliquer la vie, la conscience et l'univers

Écrire un résumé de l'argument.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Si Dieu existait, il devrait en exister des preuves évidentes

Écrire un résumé de l'argument.


Objections à l'argument « Rien ne prouve l'existence de Dieu »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Son existence est révélée dans les textes sacrés

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Certaines personnes disent en avoir fait l'expérience

Voir l'argument POUR : 5. Il existe des interventions divines.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} De très nombreuses personnes croient en Dieu, dont des scientifiques célèbres

Écrire un résumé de l'objection.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Si Dieu n'existait pas, l'univers serait un magma informe

Il n'y a aucune raison de supposer que l'être puisse être cohérent, soumis à des lois, stable dans le temps, en un mot : ordonné. Un univers privé d'une entité supérieure l'organisant et l'ordonnant devrait être un magma d'énergie informe, un chaos changeant sans cesse. C'est bien l'existence de Dieu qui soutient d'instant en instant cet univers.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Sans Dieu, l'univers sombrerait dans le néant

L'univers se situe dans le temps. Or le temps, pur passage, coïncide avec une dissolution et une néantisation de l'être. Dieu communique l'être aux étants et les maintient ainsi malgré le flux dissolvant du temps.

"Cherchant d'abord à cerner la nature du temps, Augustin part de la position d'Aristote qui réduit le temps au mouvement, mesuré selon l'avant et l'après. Passé, présent et futur s'étirent pour ainsi dire le long d'un trait continu sur lequel on aurait d'un côté le passé (ce qui a été) et de l'autre l'avenir (ce qui n'est pas encore), les deux étant séparés par le présent. Tous les moments du temps, à mesure qu'ils passent, se disposeraient sur cette ligne. Cette conception confond le temps avec l'espace. Or, tel n'est pas l'être du temps, qui est pur passage, ce qui fait dire à Augustin : l'être du temps « c'est de tendre au non-être » . « Ces deux temps-là donc, le passé et le futur, comment “sont”-ils, puisque s'il s'agit du passé il n'est plus, s'il s'agit du futur il n'est pas encore ? Quant au présent, s'il était toujours présent, et ne s'en allait pas dans le passé, il ne serait plus le temps mais l'éternité… Nous ne pouvons dire en toute vérité que le temps est, sinon parce qu'il tend à ne pas être. » (XI, 14, 17)"

http://www.assomption.org/fr/spiritualite/saint-augustin/revue-itineraires-augustiniens/le-temps/i-augustin-en-son-temps/le-sens-du-temps-chez-saint-augustin


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} On ne peut pas appréhender l'existence de Dieu par des preuves

... car, par définition, Dieu est un être qui nous dépasse.


2. Il n'existe pas d'esprit en dehors de la matière

Objections à l'argument « Il n'existe pas d'esprit en dehors de la matière »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le matérialisme est une théorie réfutée
  • Le matérialisme n'est tenable qu'à condition d'exclure de la discussion toute une classe d'expériences qui le réfutent : télépathie, télékinèse, vision à distance, précognition... Le matérialisme tient par l'ignorance de ces données.

Les phénomènes dits paranormaux montrent bien l'action d'un esprit "en dehors" de la matière :

  • beaucoup témoignent de télépathie, c'est-à-dire d'une communication d'esprit à esprit sans support physique. Freud lui-même a parlé de la télépathie dans une Conférence.
  • lors des Expériences de Mort Imminente (EMI ou NDE en anglais), certains sujets continuent à être conscients alors que leur cerveau est endormi (le cas de Pamela Reynolds est le mieux documenté à ce jour), et ils disent percevoir leur environnement, voire même au-delà de ce qui les entoure - par exemple ils voient de l'extérieur leur propre corps en train de subir la réanimation.
  • certains sujets disent qu'ils peuvent "quitter leur corps" et voir des objets ou des situations à distance, sans l'intervention de leurs sens physiques. Cas de Nicolas Fraisse.


« il se trouve que nous avons des raisons indépendantes de penser que le matérialisme est une doctrine fausse. Ainsi, la théorie philosophique de l’activité mentale démontre de manière convaincante que le matérialisme est incapable d’expliquer par réduction ou par émergence non seulement l’existence des opérations supérieures de l’esprit (réflexion totale sur soi, appréhension des abstractions), mais aussi l’existence de la simple conscience sensorielle dite « phénoménale » (c’est-à-dire la conscience en tant que vécu subjectif) : il faut nécessairement supposer l’existence de propriétés non dérivées, intrinsèquement spirituelles, susceptibles de degrés d’intensité. Nous avons donc la preuve que l’esprit – si l’on entend par là le fait d’« exister en première personne », autrement dit d’être conscient – est une réalité indubitable, irréductible, indérivable. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.155-156, Éditions du Cerf, Paris, 2013.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La conscience ne peut être expliquée en termes matérialistes

Écrire un résumé de l'objection.



3. La souffrance et le mal existent

Le mal est souvent synonyme d'une souffrance imméritée et injuste : les victimes qui meurent lors d'attentats ou dans les camps de concentration, les victimes de catastrophes naturelles etc.

Tout au long de l'histoire, on voit des victimes innocentes, non seulement dues à des malheurs suscités par des volontés humaines (guerres, génocides, crimes etc.) mais aussi par des malheurs qui dérivent des forces naturelles (tsunamis, éruptions volcaniques, épidémies etc.).

Ainsi non seulement l'homme est un loup pour l'homme, mais la nature n'épargne personne, le juste comme l'injuste sont frappés. Ceci montre un univers indifférent, qui suit son cours et obéit à des lois implacables. Il n'y a pas place dans cette configuration pour un Dieu d'amour ou de miséricorde, se préoccupant des humains et de leur destinée, qui est soumise aux hasards.

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La vie humaine est absurde

Cf. Sartre, « la nausée »


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La souffrance des innocents contredit la « bonté » de Dieu

Partout on constate que des innocents sont frappés de malheurs : handicap de nouveaux-nés, assassinat d'enfants, viols de femmes, etc. Si Dieu était bon, pourrait-il permettre ces actes ? Un père qui voit son enfant se faire malmener dans une cour de récréation, puis un autre enfant prendre un bâton pour le frapper, réagira. Dieu, censé être infiniment meilleur que le moindre père de famille, laisse des choses bien pires advenir à ses enfants ou à ses créatures. Même S'Il existe, Il n'est pas "bon".


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La souffrance animale est injuste

« Assez curieusement, la question qui apparaît la plus embarrassante et la plus difficile à régler dans le cadre d'une théodicée chrétienne est celle que pose la souffrance des animaux. Si l'on peut donner à la douleur humaine une signification en termes de péché, de châtiment, d'avertissement, d'épreuve, de rédemption, de récompense, on ne peut en dire autant des animaux. Ils ne sont pas moralement coupables, ils ne sont pas rachetés, ils n'ont pas de perspective de vie éternelle, et cependant ils souffrent. Pourquoi ? »
Leszek Kolakowski, Philosophie de la religion, p.68, 10-18, Paris, 1997.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} L'Histoire n'a pas de sens

L'Histoire paraît "une histoire racontée par un idiot." Il n'y a pas de progrès moral : l'humanité souffre toujours globalement d'autant de guerres, d'oppressions et de misères. Quand dans certaines contrées le mal décroît, il croît dans d'autres endroits.

L'humanité semble donc ni pire ni meilleure selon les temps. S'il y avait un Dieu préoccupé de morale, le niveau moral devrait progresser ; de même, s'il y avait un Dieu créateur de l'univers qui s'était manifesté dans une religion, celle-ci devrait s'imposer à l'humanité. Or on ne voit que divisions et stagnation morale. Enfin si un Dieu guidait une civilisation, celle-ci devrait se maintenir : toutes les civilisations obéissent à des cycles, les unes surgissent, les autres meurent...

On ne voit pas de trace d'une évolution dans l'Histoire, qui obéit peut être à des lois mais pas à un "plan divin".


Objections à l'argument « La souffrance et le mal existent »

Logo de l'encyclopédie Wikipédia Voir aussi : Théodicée sur Wikipédia.
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les Hommes ne souffrent que parce qu'ils sont libres

C'est les être humains, pas Dieu, qui sont responsables du mal. Le mal n'existe que parce que les hommes sont libres.


« Le centre de toute théodicée doit, à mon sens, consister en une « justification par le libre arbitre ». Elle concernera, pour commencer, le mal moral, mais on pourra l’étendre également à une bonne partie du mal naturel. La justification par le libre arbitre consiste à dire que c’est un grand bienfait que les êtres humains aient le libre arbitre, ou faculté de choix libre et responsable, mais ce libre arbitre suppose alors nécessairement la possibilité naturelle du mal moral. (Par « possibilité naturelle », je veux dire qu’il n’est pas déterminé à l’avance si le mal se produira ou non.) Un Dieu qui dote les êtres humains d’un tel libre arbitre ouvre inévitablement la porte à cette possibilité, de sorte que la production effective du mal échappe à son contrôle. Il n’est pas logiquement possible – ce serait une supposition contradictoire – que Dieu nous accorde ce libre arbitre tout en s’assurant que nous en usions toujours correctement. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.95, Ithaque, Paris, 2009.


« La plupart des souffrances humaines sont le résultat de nos propres fautes. N’est-ce pas alors un peu facile d’en rendre Dieu responsable ou de s’indigner qu’il n’intervienne pas ? Dieu nous a créés libres, ce qui veut dire que nous devons assumer et subir les conséquences de nos paroles et de nos actes. Sinon nous serions des marionnettes sans volonté. Mais dans son amour, Dieu a décidé de ne pas nous laisser nous entredéchirer. En fait, il a déjà donné un moyen pour vaincre le mal, en Jésus : «Dieu a tant aimé la monde qu’il a donné son Fils unique pour que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle» (Evangile de Jean ch.3 v.16). Le sacrifice de Jésus a pour but de vaincre le mal et donc la souffrance. En vivant comme Dieu le demande, à l’exemple de Jésus, nous nous éviterons toute souffrance. C’est à chacun(e) de le vouloir et de le décider. »


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Notre monde est le meilleur des mondes possibles

Cf. Leibniz


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le mal concourt à un plus grand bien

L'homme n'est pas capable de saisir les tenants et les aboutissants des décisions de Dieu

  • Avoir l'occasion de souffrir rend possible un grand bien
« Ajoutons une remarque cruciale : si je souffre en conséquence d’une mauvaise action que vous avez librement décidée, ce n’est pas forcément en pure perte pour moi. D’un certain côté, c’est bon pour moi. Le fait que je souffre serait en pure perte pour moi si la seule bonne chose dans la vie était le plaisir sensible, et la seule mauvaise chose la douleur sensible ; et c’est parce que l’époque contemporaine tend à penser en ces termes que le problème du mal apparaît si aigu. Si c’étaient là les seules choses bonnes ou mauvaises, la présence de la souffrance serait une objection concluante contre l’existence de Dieu. Mais nous avons déjà relevé quel grand bien c’était de décider librement et d’influencer notre avenir, celui de nos compagnons, et celui du monde. Et nous pouvons à présent relever un autre grand bien – le bien que notre vie puisse servir un but, et qu’elle puisse être utile à nous-mêmes et aux autres. Rappelez-vous les paroles du Christ, « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (que cite saint Paul dans les Actes, 20, 35). […] Avoir l’occasion de souffrir pour rendre possible un grand bien, c’est un privilège, même si ce privilège vous est imposé. Ceux qui ont l’occasion de souffrir pour leur pays et par là de sauver leurs pays de l’oppression ennemie sont privilégiés. Des cultures moins obsédées que la nôtre par le mal provoqué par la douleur purement physique l’ont toujours reconnu. Et elles ont reconnu que cela pourrait être une faveur, même quand celui qui meurt a été recruté d’office pour se battre. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.98, Ithaque, Paris, 2009.
  • La souffrance des uns permet aux autres d'accomplir de bonnes actions
« L’autre façon dont le mal naturel procure aux hommes leur liberté, c’est en rendant possibles certains types d’actions le concernant, entre lesquels les agents ont la possibilité de choisir. Le mal naturel accroît le domaine de la décision significative. Tel mal naturel particulier, comme la douleur physique, donne à celui qui souffre le choix : ou bien la supporter avec patience, ou bien se lamenter sur son sort. Un ami pourra décider soit de montrer de la compassion envers celui qui souffre, soit de rester insensible. La douleur rend possibles ces décisions, qui sinon n’auraient pas lieu d’être prises. Cela ne garantit pas que nos réactions à la douleur soient bonnes, mais en attendant, la douleur nous donne une occasion d’accomplir des actions bonnes. À leur tour, les actions bonnes ou mauvaises que nous accomplissons face au mal naturel vont permettre, en réaction, des prises de position qui, à leur tour, seront bonnes ou mauvaises. Si je me montre patient dans la souffrance, vous pouvez décider d’encourager ou de railler cette patiente ; si je me lamente sur mon sort, vous avez la possibilité de m’apprendre, en paroles ou en acte, combien la patience est une bonne chose. Si vous vous montrez compatissant, j’ai l’occasion de vous montrer ma gratitude pour votre compassion ; ou bien d’être tellement replié sur moi-même que je l’ignore. Si vous êtes insensible, j’ai la possibilité de décider ou bien d’ignorer cette attitude, ou bien de vous la reprocher jusqu’à la fin de vos jours. Et ainsi de suite. Je ne pense pas qu’on puisse mettre en doute que le mal naturel, comme la douleur physique, rende possibles ces différentes décisions. Les actions que le mal naturel rend possibles nous donnent l’occasion de faire de notre mieux et de coopérer avec notre entourage au niveau le plus profond. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.103-104, Ithaque, Paris, 2009.
  • Sans souffrance, nous ne pourrions devenir des héros
« Cependant, on pourrait suggérer que la production du mal moral pourrait fournir l’occasion adéquate pour ce genre de bonnes et grandes actions, sans qu’il soit nécessaire que la souffrance soit causée par des processus naturels. […] Mais imaginez simplement que, d’un seul coup, toute la souffrance psychique et physique entraînée par la maladie, les tremblements de terre, et les accidents humainement inévitables, tout cela soit éradiqué de nos sociétés. Plus de maladie, plus de douleur due à la mort prématurée d’un enfant. Nous serions nombreux à avoir une vie tellement facile que nous n’aurions tout bonnement plus beaucoup d’occasions de faire preuve de courage, ou de manifester quelque chose comme une grande bonté. Nous avons besoin de ces processus insidieux de désintégration et de dissolution, que l’argent et la compétence ne peuvent éloigner de nous longtemps, pour avoir l’occasion, qui serait sinon facile à éviter, de devenir des héros. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.104, Ithaque, Paris, 2009.
  • Le mal subi concourt au maintien de l'univers
« Si Dieu existe, il est parfait ; s'il est parfait, il est sage, puissant et juste ; s'il est juste et puissant, mon âme est immortelle ; si mon âme est immortelle, trente ans de vie ne sont rien pour moi, et sont peut-être nécessaires au maintien de l'univers. Si l'on m'accorde la première proposition, jamais on n'ébranlera les suivantes ; si on la nie, il ne faut point disputer sur ses conséquences. [...] Toutes les subtilités de la métaphysique ne me feront pas douter un moment de l'immortalité de l'âme, et d'une Providence bienfaisante. »
Jean-Jacques Rousseau, « Le tout est bien, ou tout est bien pour le tout », Lettre sur la Providence, 1759.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le mal naturel permet à Dieu de communiquer aux hommes un message
« Le mal naturel permet aux êtres humains d’effectuer des choix, de deux manières. D’abord, le fonctionnement de lois de la nature entraînant des maux procure aux êtres humains des connaissances (s’ils décident de les acquérir) sur la manière de produire eux-mêmes ces maux. En observant que j’attrape une maladie par le fonctionnement de processus naturels, j’acquière la capacité soit d’utiliser ces processus de manière à transmettre cette maladie à d’autres, soit, par négligence, de laisser d’autres l’attraper, ou bien de prendre des mesures pour empêcher les autres d’attraper cette maladie. L’étude des mécanismes de la nature dans sa production de maux (et de biens) variés offre aux êtres humains un vaste champ pour la décision. Dieu ne pourrait-il pas nous donner la connaissance requise (concernant la production d’un bien ou d’un mal) dont nous avons besoin pour exercer une décision libre et responsable par un moyen moins coûteux ? Ne pourrait-il simplement nous murmurer de temps en temps à l’oreille quelles sont les différentes conséquences de nos différentes actions ? Certes oui. Cependant, si quelqu’un venait à penser que c’est Dieu qui l’informe que telle de ses actions aura tel effet, il devrait considérer que toutes ses actions s’accomplissent sous l’œil d’un Dieu qui voit tout. Il ne pourrait plus se contenter de la forte conviction que Dieu existe, il saurait, en toute certitude, que Dieu existe. Cette connaissance pourrait entraver largement sa liberté de décision, et lui rendrait très difficile la décision de faire le mal. Ceci parce que nous avons tous, par inclination naturelle, le désir d’être bien vu par tout le monde, et surtout, le cas échéant, par un Dieu parfaitement bon ; que nous ayons cette inclination est une très bonne caractéristique humaine : sans elle, il manquerait quelque chose à notre humanité. Si donc nous étions directement informés des conséquences de nos actes, nous serions privés de la possibilité de décider de chercher à découvrir leurs conséquences grâce à l’expérimentation et la coopération sérieuse. Cette connaissance nous submergerait. Seuls des processus naturels peuvent donner aux êtres humains la connaissance des effets de leurs actions sans entraver leur liberté, et si le mal doit être une vraie possibilité pour eux, il leur appartient de découvrir comment ils peuvent le faire advenir. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.102-103, Ithaque, Paris, 2009.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le péché permet aux hommes d'apprendre de leurs erreurs

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le mal subi dans cette vie sera compensé dans la vie après la mort

Dieu compense la souffrance en offrant la possibilité d'une vie après la mort


« Si quelqu’un n’était pas convaincu par ce que j’ai dit de la force relative des biens et des maux considérés, s’il estime que, aussi grands que soient les biens, ils ne justifient pas les maux qu’ils impliquent, j’ai une position de repli. Il se peut que mes arguments vous aient convaincu de ceci : les biens rencontrés sont suffisamment grands pour que vous admettiez qu’un Dieu parfaitement bon serait justifié s’il créait des maux à cause des biens qu’ils rendent possibles, si et seulement si Dieu offrait du même coup une compensation, sous forme de bonheur après la mort, aux victimes dont les souffrances ont rendu possibles ces biens. Si votre théodicée réclame un soutien de ce genre, il vous faudra une raison indépendante de penser que Dieu offre une telle vie après la mort : je mentionnerai au chapitre suivant le genre de raison qu’il peut y avoir. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.106, Ithaque, Paris, 2009.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le mal est une illusion

Un renard dans un poulailler : c'est un bien pour le renard, un mal pour les poules. En soi, rien n'est "bien" ni "mal", ces mots sont des catégories relatives à une position particulière. Il est illogique de faire du "mal" une catégorie à part entière, une substance, alors qu'il s'agit d'une relation : x est mal pour y, bon pour z. X (événement, personne, situation, phénomène etc.) n'est ni bon ni mauvais en soi !

Citation Spinoza

Non seulement on peut établir intellectuellement que le "mal" n'existe pas en soi, mais certaines personnes l'ont réalisé à travers l'expérience mystique. Dans cette expérience, tout est parfait, tout est bien, la notion de mal se dissout.

Citation mystiques

Cf. Spinoza, stoïciens, l'Inde


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Dieu est un être en évolution

On se trouve ici aux antipodes de la vision traditionnelle de Dieu; créateur parfait et immuable de l'univers. On touche même à des spéculations hérétiques, ou du moins opposées à l'enseignement connu des religions. Pour le psychanalyste Carl-Gustav Jung, l'Ancien Testament montre que l'image de Dieu change et évolue. C'est comme si Dieu lui-même se transformait et acquérait peu à peu une conscience morale. Ainsi le mal et le conflit sont nécessaires, ils permettraient à Dieu de dépasser sa colère voire de devenir plus conscient. On trouve cette idée chez le théosophe Jacob Boehme, qui a influencé Hegel.

Citations Jung et Boehme

Cf. Jung


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Le dualisme

Le mal est une réalité attestée non seulement dans les hommes, mais dans l'univers lui-même. Il suffit de regarder des insectes s'entre-dévorants et la souffrance dans la nature pour le savoir. Le mal n'est pas un phénomène subjectif, c'est un des aspects de la réalité, tout comme le bien. Le réel est double, à la fois beau et effrayant. Cette dualité se retrouve dans la nature, dans l'être humain, etc. Or cette dualité que l'on constate partout dérive d'une dualité ontologique : notre univers est le mélange de deux réalités distinctes et éternelles, le Mal et le Bien (ou l'Esprit et la Matière chez Platon : voir Simone Pétrement, "Le dualisme chez Platon").

Le dualisme est une doctrine qui a été professée par les Manichéens sur plusieurs millénaires (voir par exemple Amin Maalouf "Les jardins de Lumière"), les gnostiques des IIème et IIIème siècles (voir Jacques Lacarrière, "Les gnostiques"), Platon... Saint-Augustin fut longtemps manichéen ; Bayle, dans son "Dictionnaire Historique et Critique", consacre plusieurs entrées aux doctrines manichéennes ou proches.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Dieu n'est pas tout-puissant

Le terme de "tout-puissant" employé dans les Bibles traduit l'expression hébraïque : "Celui qui dit : 'Assez!'" (référence : Catherine Challier, préface a Le concept de Dieu après Auschwitz).

La notion de puissance est relationnelle : x est puissant s'il peut agir sur y. La notion de "toute-puissance" est contradictoire ; elle signifierait une puissance que rien ne peut limiter. Or toute existence en dehors d'une telle puissance serait une limite à cette toute-puissance (voir Hans Jonas, Le concept de Dieu après Auschwitz).


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La compassion n'a pas de sens pour Dieu

Cf. Peter Geach, La providence et le mal


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Dieu n'est pas bon

Dans un de ses ouvrage, Sade avance l'hypothèse d'un "Dieu mauvais", qui joue avec les humains, récompense les mauvais et châtie les bons.

Citation Evola sur Sade

Argument de l'enfer éternel.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'homme n'a pas à juger Dieu

On ne peut pas "juger Dieu". Par définition, son pouvoir et son intelligence dépassent de toutes parts l'être humain. Donc il faut supposer que Dieu fait tout ce qu'il fait pour des raisons qui nous échappent, mais qui sont par nature "bonnes" et fonction de ses qualités.

Cf. livre de Job



4. Les religions se contredisent

  • S'il y avait un Dieu, pourquoi y aurait-il autant de religions qui divergent ? La révélation des rishis en Inde est contraire à celle de Moïse, qui ne correspond pas à l'enseignement reçu par les Aztèques ou les Pharaons, sans parler des religions chamaniques. Selon le lieu et l'époque, les révélations varient. Si un seul Dieu existait, Il aurait communiqué un enseignement similaire à tous les humains, ne variant pas à ce point.
  • On constate que :
  • Les religions ne proposent pas les mêmes rites
  • Les religions ont des interdits différents
  • Les religions donnent une autre version de Dieu
  • Les religions se font la guerre

Objections à l'argument « Les religions se contredisent »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les religions évoluent selon la conscience humaine

Chaque religion correspond à une étape de l'humanité. Les religions reflètent l'évolution progressive de la conscience humaine, qui devient plus autonome, individuelle, critique et libre. Peu à peu le Créateur peut révéler des vérités de plus en plus complexes, en fonction de ce que l'être humain peut recevoir.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Les religions ont un contenu commun
  • Les religions avancent toutes les mêmes vérités morales.
  • Les religions proposent toutes des chemins différents pour atteindre un même but (en bas de la montagne, il y a une multitude de chemins, et il n'y a qu'un seul sommet).
  • Les religions diffèrent du point de vue "exotérique" (extérieur) (dogmes, rituels etc.) mais reflètent toute la même métaphysique d'un point de vue "ésotérique" (intérieur) (Fritjof Schuon, René Guénon).
  • Les mystiques disent tous la même chose.


« Dans ce qui prétend au titre de révélation, on trouve un article commun aux religions occidentales (bien qu’il ne soit pas enseigné dans toutes les branches du judaïsme) : c’est la doctrine d’une vie après la mort. (Cette doctrine est également enseignée par les religions orientales, mais nombre d’entre elles n’enseignent pas que Dieu est un aspect important de cette vie.) Nous autres hommes revivrons, et le genre de vie que nous aurons dépendra de la manière dont nous vivons dans ce monde. Si nous cherchons à être bons et à connaître Dieu, nous serons par là même des candidats appelés à la vision de Dieu dans le monde à venir ; et Dieu nous donnera cette vision. Si, en revanche, nous décidons de rechercher ni la bonté ni Dieu, Dieu aussi respectera notre décision et nous donnera une vie d’où il est absent ; cette doctrine me semble implicitement implausible – d’un Dieu parfaitement bon, on pourrait attendre qu’à la fin il respecte notre décision concernant le genre de personne que nous choisissons d’être et le genre de vie que nous choisissons de mener. Et, bien qu’il y ait de grands biens dans la vie terrestre, il serait étrange que Dieu n’ait pas prévu quelque chose de plus magnifique et de plus durable pour les êtres humains qui le désirent. Le faut que cette doctrine soit enseignée par chacune des grandes religions occidentales semble un indice en faveur de chacune d’elles, et donc de leur contenu commun. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.120-121, Ithaque, Paris, 2009.
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La vérité religieuse a une histoire

= Dieu se dévoile par une révélation progressive



5. L'homme est libre

  • Il n'y a pas de "nature humaine" :
« Si Dieu n’existe pas, il existe un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et cet être c’est l’homme […]. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialisme, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et ne sera que tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, car il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. L’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence […], comme il se veut après cet élan vers l’existence,l’homme n’est rien d’autre que tel qu’il se fait. »
Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme.

Contrairement à une machine à laver, l'homme ne possède pas un "bon programme" d'utilisation ; si Dieu existait, Dieu limiterait cette situation de l'homme ouvert à tous les possibles et se faisant lui-même.

  • Si Dieu est omniscient, alors il connaît, par avance, le comportement de chaque être humain dans ses moindres détails. Cela implique que l'être humain n'est pas libre. Or, l'être humain est libre. Donc Dieu n'existe pas.
    Loupe de débat détaillé Débat détaillé : Sommes-nous libres ?

Objections à l'argument « L'homme est libre »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} On peut concilier liberté humaine et existence de Dieu
  • Selon une vision bergsonienne, le monde est une poussée évolutive créatrice d'imprévu et de nouveautés ; l'être créateur soutient et manifeste cette évolution, sans chercher à la définir ni la diriger d'un point de vue surplombant.
  • Dans le christianisme, St Augustin dit : "Aime et fais ce que tu voudras." Il n'y a pas de programme fixé à l'avance aux hommes ni une nature prédéterminée ou des comportements définis auxquels Dieu voudrait les soumettre.



6. L'homme est déterminé

Si Dieu existait et « jugeait » les hommes, ceux-ci devraient être libres. Or, ils ne le sont pas. Donc il n'y a pas de Dieu-juge.

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Si Dieu est omniscient, il n'y a pas de liberté véritable

Tout ce qui existe est déjà-toujours su par Dieu : l'imprévu, la nouveauté, ne sont que des illusions. Dieu sait ce que toutes les créatures feront. Quel est l'utilité de la création ?


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} On ne peut pas concilier toute-puissance divine et liberté humaine

Si l'homme est réellement libre, il peut faire ce qu'il choisit, y compris donc quand cela s'oppose à la volonté de Dieu (par exemple pécher, blasphémer etc.). Mais si Dieu est tout-puissant, rien ne peut s'opposer à Sa volonté : tout ce qui arrive arrive selon Sa volonté. Donc on ne peut pas soutenir comme le font les religions monothéistes l'idée que "tout est tout-puissant" et l'idée que "l'homme est libre" (et donc sera "jugé" pour ses actes).


Objections à l'argument « L'homme est déterminé »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'homme est libre

Écrire un résumé de l'objection.

Loupe de débat connexe Débat connexe : Sommes-nous libres ?
Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'homme est déterminé par la volonté de Dieu

Cf. Calvin



7. Dieu est un concept contradictoire

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Le concept de toute-puissance est contradictoire

La puissance est un concept relationnel. Je suis puissant si je peux exercer une force sur un objet ou une personne en dehors de moi. Donc parler de "toute-puissance" reviendrait à parler d'une puissance que rien ne limiterait, ce qui est contradictoire. Une puissance est par définition limitée ; l'idée d'un Etre tout-puissant est absurde.

Voir les paradoxes de l'omnipotence.

Citation Hans Jonas "Le Concept de Dieu après Auschwitz"


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Si Dieu est infini, tout est Dieu

Dieu, étant infini, est partout ; toute chose est une parcelle de Dieu. Donc il n'y a pas de différence entre la Nature et Dieu. Dieu est un terme qui désigne tout et n'a pas de sens propre.


8. L'existence humaine est un épiphénomène

L'univers est "en gros" vide, et compte quelques gouttes de vie et d'évolution orientée dans un océan de non-sens.

A partir de l'immensité plus ou moins vide de l'univers, qu'il y ait évolution orientée sur Terre ne prouve pas que l'univers soit orienté. Cela est un simple artefact en un (petit) lieu défini.

Donc, si Dieu il y a, pourquoi a-t-il créé un univers si vaste et non peuplé d'êtres conscients ? Il y a une disproportion évidente entre la taille de l'univers et la finalité attribuée à Dieu.

  • L'univers comporte des milliards de galaxie
  • La vie, la conscience et les religions n'existent que sur une infime planète
  • L'idée de Dieu correspond à un univers réduit au système solaire ; elle n'a pas de sens dans les dimensions temporelles et spatiales de notre univers
  • Nous devons faire face à un problème que les anciens n'avaient pas. Il n'y a rien dans la Bible ou dans le bagage de l'Église qui puisse nous fournir de quoi répondre de manière satisfaisante à la question des tyranosaures, la durée de leur existence, le sens ou la raison d'être d'une telle situation en admettant que la théorie ne se tromperait pas de beaucoup.

Ce qui est proposé chez les scientifiques, ceux penchés sur l'étude des époques très anciennes de la terre, n'est pas d'une très grande utilité pour la vie de la foi. Mais surtout, ce qui est encore pire, il nous en sera livré une sorte d'histoire naturelle du monde qui rend incompréhensible un scénario biblique comme celui faisant de l'humanité le projet le plus cher à Dieu.


Objections à l'argument « L'existence humaine est un épiphénomène »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'univers révèle l'infinie grandeur de Dieu

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Dieu est incompréhensible

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} L'univers remplit des fonctions dans le plan divin

Écrire un résumé de l'objection.


Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} Il existe d'autres formes de conscience dans l'univers

Écrire un résumé de l'objection.



9. Dieu est une invention

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Dieu est une invention humaine

= L'idée de Dieu vient d'un âge « primitif » de l'humanité ?

  • Les hommes ont interprété les forces naturelles comme des forces surnaturelles (éclairs, tempêtes etc. comme l'effet d'entités) (Spinoza ? Auguste Comte)
  • Dieu est le nom de ce que l'on ne connaît pas encore ; il est la simple expression de notre ignorance
  • Plus la science avance, plus l'on découvre que ce qui semblait inexplicable ou mystique s'explique par des processus matériels
  • « L'homme créa Dieu à son image » (Ludwig Feuerbach) ; Dieu est la projection de désirs humains
    • Cf. études de neurosciences de Nicholas Epley
  • L'image de Dieu répond à un désir infantile (besoin d'être protégé par le père) : « Quant aux besoins religieux, leur rattachement à l'état infantile de dépendance absolue, ainsi qu'à la nostalgie du père que suscite cet état, me semble irréfutable […] » (Freud, L'avenir d'une illusion)


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La représentation de Dieu vient d'une époque pré-scientifique

Les religions ont commencé par se représenter Dieu comme un Roi administrant ses sujets. D'ailleurs les mots pour désigner Dieu ont les mêmes racines que celles pour désigner l'empereur. Cette représentation n'est plus crédible à l'époque de la science, où il est ridicule d'imaginer un Dieu qui dirige l'univers comme un roi qui commande ses sujets.

"Alan Watts — L’attitude générale de l’Occidental à l’égard de l’univers a pour modèle une structure politique. C’est Dieu le maître, comme dans les sociétés monarchiques le roi est le grand tyran devant qui tous s’inclinent. Même la hiérarchie de l’Église est à l’image d’une cour royale : l’officiant tourne le dos au mur de crainte d’être attaqué, il est entouré de gardes, et l’assistance a le dos courbé, est agenouillée, parce que c’est une position dans laquelle on ne peut pas attaquer. Dieu, donc, a peur. Et cette image politique de Dieu est l’une des maladies dont souffre la culture occidentale. (...)

P. — Seulement, chez nous autres Occidentaux, la conscience la plus vive, c’est la conscience de la mort de Dieu.

A.W. — Je crois qu’il s’agit surtout de la mort d’une certaine idée de Dieu, de ce Dieu chrétien qui est un Dieu politique à l’image des antiques législateurs. C’est la découverte de l’idée orientale du dieu qui me paraît personnellement la seule valable. Je suis émerveillé par la vie, je voudrais pénétrer le mystère de ma propre existence, connaître les racines de ma conscience. Plus je suis convaincu que je suis moi aussi Dieu — mais certes pas le Dieu-Maître — plus cette découverte me paraît dépendre entièrement de l’abandon des images traditionnelles de Dieu. La foi, la vraie, est une ouverture au vrai quel qu’il soit. S’attacher à une image d’un Dieu qui protège l’univers, prend soin de lui, me semble précisément un manque de foi total. On ne peut pas se raccrocher à l’eau pour nager : il faut lui faire confiance. De la même manière, les images mentales de Dieu sont encore plus sournoisement dangereuses que les idoles de bois ou de pierre. Ce qui est mort, ce sont nos anciennes images, nos anciens symboles, nos concepts de Dieu. Dès que nous en serons débarrassés, dès que nos vitres intérieures auront été lavées, nous pourrons enfin voir le vrai ciel et le vrai soleil. Dès le moment où l’on accepte l’idée qu’il n’existe rien derrière quoi s’abriter, ni sécurité, ni certitude, ni compte en banque, ni assurance sur la vie pour tromper sa peur, toute l’énergie mobilisée à se protéger redevient immédiatement disponible pour les choses constructives. Après tout, on ne peut pas se soulever de terre en tirant sur les lacets de ses chaussures."

http://revolution-lente.coerrance.org/eloge-de-l-insecurite-alan-watts.php


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La croyance en Dieu est une création de l'évolution

La croyance en Dieu a été sélectionnée au cours de l'évolution du vivant. La foi comporte des avantages évolutifs tels que la cohésion du groupe et la réduction de l'anxiété.


Objections à l'argument « Dieu est une invention »

10. Dieu n'est que le nom de notre ignorance

= Dieu est un concept « bouche-trou »


« La recherche d’exemples particuliers de complexité irréductible est une façon de procéder fondamentalement non scientifique, un cas spécial d’argumentation fondée sur l’ignorance actuelle. Elle fait appel à la même logique biaisée que la stratégie du « Dieu des lacunes » que condamnait le théologien Dietrich Bonhoeffer. Les créationnistes cherchent fiévreusement un trou dans les connaissances ou les explications actuelles. Si l’on trouve une lacune apparente, on présuppose par défaut que c’est Dieu qui doit la combler. Ce qui préoccupe les théologiens sérieux, comme Bonhoeffer, c’est qu’avec les avancées de la science, ces lacunes s’amenuisent et Dieu risque de n’avoir pratiquement plus rien à faire et nulle part où se cacher. Mais ce qui préoccupe les scientifiques, c’est autre chose. Dans la démarche scientifique, il est essentiel que l’ignorance ait droit de cité, et même que l’on s’en réjouisse en y voyant un défi pour de nouvelles conquêtes. Comme l’a écrit mon ami Matt Ridley : « La plupart des scientifiques s’ennuient devant ce qu’ils ont déjà trouvé. C’est l’ignorance qui les stimule. » Les mystiques exultent dans le mystère et ils veulent qu’il reste mystérieux. Les scientifiques exultent aussi dans le mystère, mais pour une autre raison : il leur donne quelque chose à faire. Plus généralement [...], un des effets vraiment pernicieux de la religion, c’est qu’elle nous enseigne que c’est une vertu que de se satisfaire de ne pas comprendre. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


« Il reste encore beaucoup à faire, bien sûr, et je suis sûr que ce travail se fera. Jamais il ne se ferait si les scientifiques se satisfaisaient d’une réponse paresseuse par défaut telle que celles qu’encourage la « théorie du dessein intelligent ». Voici le message qu’un « théoricien du dessein intelligent » pourrait adresser aux scientifiques : « Si vous ne comprenez pas comment fonctionne une chose, peu importe, ne cherchez pas plus loin et dites que c’est Dieu qui l’a créée. Vous ne comprenez pas comment fonctionne l’impulsion nerveuse ? Bien ! Vous ne comprenez pas comment les souvenirs sont stockés dans le cerveau ? Excellent ! Est-ce que la photosynthèse est un processus d’une complexité déroutante ? Merveilleux ! Je vous en prie, arrêtez de travailler à ce problème, laissez cela et faites appel à Dieu. Chers scientifiques, surtout ne travaillez pas sur vos mystères, confiez-les-nous car ils peuvent nous servir. Ne gaspillez pas une ignorance précieuse en la faisant disparaître par vos recherches. Nous avons besoin de ces merveilleuses lacunes pour en faire le dernier refuge de Dieu. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.


« Pourquoi Dieu est-il considéré comme une explication à quoi que ce soit ? C’est un échec à expliquer, un haussement d’épaules, un « j’sais pas » déguisé en spiritualité et en rituel. Si quelqu’un impute une chose à Dieu, ce que cela signifie en général, c’est que comme il n’en a pas la moindre idée, il l’attribue à un esprit dans les cieux, impossible à atteindre et à connaître. Demandez une explication sur le lieu d’où vient ce gars, et il y a bien des chances que vous receviez une réponse vague et pseudo-philosophique disant qu’il a toujours existé, ou qu’il est en dehors de la nature. Ce qui, bien sûr, n’explique rien. »
Jerry A. Coyne, « God in the Details: the Biochemical Challenge to Evolution », Nature, n°383, 1996.


« Les scientifiques animés d'un véritable esprit d'humilité face aux processus naturels préfèrent ne tirer aucune conclusion des probabilités effectivement très faibles et des « trous explicatifs » auxquels on aboutit dans l'état actuel de nos connaissances. Cette attitude se révèle d'ailleurs féconde : il arrive souvent que les failles dénichées par les antidarwiniens soient comblées quelques années plus tard par les avancées de la biochimie. On pourra, pour s'en rendre compte, se reporter à l'ouvrage du biochimiste Michael Denton (Nature's Destiny, 1997), où il reconnaît que les arguments antidarwiniens qu'il avait avancés dans son précédent livre (Evolution. A Theory in Crisis, 1985) ont été réfutés entretemps par le séquençage du génome, qui a montré que les arguments fondés sur la rareté des formes fonctionnelles étaient infondés. Il en va de même pour Michael Behe, qui a mis le doigt sur de vraies difficultés, de véritables énigmes, mais que l'on voit peu à peu se résoudre. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Objections à l'argument « Dieu est un concept bouche-trou »

Main de face en signe d'objectionMain de face, orange, en signe d'objection{{{2}}} La science ne peut expliquer l'existence des phénomènes et lois physiques
« L’argument de Dawkins présuppose que toute forme d’ignorance peut être comblée par la science physique mathématisée. Or, ce n’est pas le cas. Le wishful thinking des scientistes, qui consiste à dire qu’« avec les progrès de la science, tout fini un jour par être expliqué », n’est pas toujours justifié. […] non, il existe vraiment des questions auxquelles nous pouvons savoir par avance, pour des raisons logiques, que la science ne pourra jamais répondre. La science peut en droit expliquer tous les phénomènes physiques à partir des lois et des conditions initiales. Mais il est par définition impossible qu’elle explique le fait qu’il existe des phénomènes physiques en général. De même, il est impossible qu’elle explique l’existence des lois. Assurément, elle peut dériver certaines lois d’autres lois plus fondamentales, mais il y aura bien à la fin (en supposant une science totalement réalisée) quelques lois, voire une seule loi fondamentale (décrite par la future et hypothétique Theory of Everything) dont toutes les autres dériveront et qui ne sera elle-même pas expliquée par la science. Cette loi, par hypothèse, comprendrait un certain nombre de constantes, et s’appliquerait à des quantités arbitraires de matière qui apparaîtraient comme des faits bruts sans explication. De même, l’intelligibilité, la beauté, la simplicité des lois de la nature sont inexplicables par la science. Ces « ignorances » ne sont pas des ignorances que l’on puisse combler par la science : elles sont indépassables par la science. Affirmer : « Un jour la science nous dira pourquoi il existe quelque chose plutôt que rien » n’a pas plus de sens que de dire « un jour la géométrie nous dira où se trouve l’espace ». La science n’a de validité qu’à l’intérieur de la sphère des phénomènes physiques, elle ne peut pas porter sur la question de savoir si la totalité des phénomènes physiques a ou non une cause. Tandis que la science se demande comment l’univers se transforme, la métaphysique se demande si l’existence de l’univers lui-même a une explication. Répondre à cette question, ou tenter de le faire, ce n’est en aucune façon répondre à une question à laquelle la science aurait pu (ou pourrait) répondre : ce n’est donc pas combler un trou. Le Dieu de la métaphysique n’est pas un God of the gaps. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.325-326, Éditions du Cerf, Paris, 2013.



11. Les expériences d'éveil montrent qu'il n'y a pas "Dieu"

Que ce soit en extrême orient ou en Occident, des personnes font l'expérience de "l'éveil". Cette expérience donne un sentiment d'accès immédiat au réel, dans sa plus grande plénitude, et il s'accompagne d'une intensification de la conscience. Dans cet état, il n'y a pas de Dieu, mais les sujets perçoivent soit une sorte de vacuité (= bouddhisme) soit une unité impersonnelle (= non dualisme hindou).

Pour ceux qui ont accès à cet "éveil", Dieu est une pure spéculation métaphysique qui n'a pas ou plus lieu d'être. Evidemment, cette expérience de l'éveil ne valide pas le matérialisme occidental, puisqu'elle nie les catégories habituelles de l'appréhension de "la matière" (notamment le temps linéaire et la séparabilité spatiale).

Notes et références

Pour aller plus loin

Livre symbolisant la bibliographieLivre symbolisant la bibliographie{{{2}}} Bibliographie

Ouvrages généraux

  • L. Kolakowski, Philosophie de la religion, Folio essai
  • B. Sève, La question philosophique de l'existence de Dieu, PUF, coll. Philosopher
  • H. Kung, Dieu existe-t-il ?, Le Seuil, 1974

Ouvrages plutôt « pour »

  • F. Guillaud, Dieu existe (Arguments philosophiques), Le Cerf
  • J. Staune, L'univers a-t-il un sens ?, Presses de la Renaissance
  • R. Swinburne, Dieu existe, éditions d'Ithaque

Ouvrages plutôt « contre »

  • Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.
  • Onfray, Traité d'athéologie
  • Freud, L'avenir d'une illusion

Chaine ou lien URL symbolisant la webographieLien URL symbolisant la webographie{{{2}}} Sitographie

Film ou pellicule symbolisant la vidéographieFilm symbolisant la vidéographie{{{2}}} Vidéographie

Débats connexes