Staline exercait, dans les années 1930 en période de paix, la terreur contre des camarades, souvent anciens compagnons de Lénine

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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Présentation de l'argument

Par exemple dans deux extraits de sa dernière lettre du 2 mars 1938 Boukharine, victime des purges staliniennes, juge les années 1930 en les confrontant aux premières années, libres dans l'expression par tous des opinions, de la Révolution russe. Ce jugement est aux antipodes des analyses de Stéphane Courtois. On le voit dans son esprit durant les années Lénine ou presque (Djerzinsky décéda en 1926) justice n'empêchait pas "cruauté" et vice-versa. Dans stalinisme il n'y aurait ni l'un ni l'autre : dégénérescence absolue. Dès 1928 Boukharine attaquait déjà l'esprit dictatorial de Staline. Il faut, il est vrai, préciser que Boukharine ne fut réhabilité par le régime communiste que sous Gorbatchev.

Citations

« Je me suis plus d’une fois trompé sur les voies de la construction du socialisme, je demande seulement que la postérité ne me juge pas plus sévèrement que Vladimir Ilitch ne l’a fait. Les premiers, nous nous sommes engagés vers un but unique, empruntant un chemin que personne n’avait encore pris. C’était une autre époque, avec d’autres pratiques. Dans la Pravda, une colonne était réservée à la discussion, tout le monde y participait, les uns comme les autres nous nous efforcions de trouver des voies nouvelles, nous nous disputions, pour nous réconcilier ensuite et avancer ensemble. Je m’adresse à vous, génération future des dirigeants du Parti, sur qui repose la mission historique de dénouer l’incroyable écheveau de crimes, qui dans cette époque terrible croît de jour en jour, s’enflamme comme de l’étoupe et étouffe le Parti. »
Nicolas Boukharine, « Lettre à la génération future », 2 mars 1938.
« Dzerjinski n’est plus, les grandes traditions de la Tchéka, lorsque l’idéal révolutionnaire inspirait toutes ses actions et justifiait la cruauté des coups qu’elle portait aux ennemis, afin de protéger l’Etat des assauts de la contre-révolution, ont peu à peu sombré dans l’oubli. A cette époque, les organes de la Tchéka méritaient toute notre confiance, notre respect, et nul n’aurait songé à contester leur autorité. Aujourd’hui, les organes du NKVD, dans leur majorité, constituent une organisation dégénérée de bureaucrates sans idéaux, moralement déchus mais grassement rémunérés ; avides de médailles et de gloire, ils se parent de l’autorité passée de la Tchéka à seule fin d’alimenter la méfiance maladive de Staline (j’ai peur d’en dire plus) ; ils inventent des histoires sordides ne se rendant pas compte qu’ils creusent leur propre tombe, car l’Histoire ne tolère pas les témoins d’aussi ténébreuses affaires. »
Nicolas Boukharine, « Lettre à la génération future », 2 mars 1938.
« En 1928, Boukharine reproche à Staline de traiter le Bureau politique comme "un organe consultatif dépendant du secrétariat". Il est clair en effet que dès cette année-là, sans doute même plus tôt, Staline est en mesure de passer par-dessus les décisions des organes réguliers du parti, puis de faire avaliser par eux sa propre politique : bientôt il les manipulera à sa guise. »
Jean_Jacques Goblot, « Lénine et la genèse du stalinisme », Cahiers d'Histoire Espace Marx, (Critiques), vol. 159 pages, n°63, p.96, 93-106, Paris, 2ème trimestre 1996.
« Boukharine pouvait à bon droit se réclamer de l'héritage léniniste lorsqu'il dénonçait, en 1929, "l'Etat Léviathan" auquel allaient aboutir la collectivisation et l'industrialisation décidées par Staline : le super-étatisme stalinien, qui prend appui sur les tendances dont Lénine s'alarme, est manifestement contraire aux conceptions de celui-ci. »
Jean_Jacques Goblot, « Lénine et la genèse du stalinisme », Cahiers d'Histoire Espace Marx (Critiques), vol. 159 pages, n°n°63, p.p. 101, 93-106, , Paris,, 2ème trimestre 1996.

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Sous-arguments

AU Xème congrès de mars 1921 Lénine fait à la fois interdire les fractions et laisser s'exprimer par voie de presse et promotions dans le parti les oppositions

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AU Xème congrès de mars 1921 Lénine fait à la fois interdire les fractions et laisser s'exprimer par voie de presse et promotions dans le parti les oppositions
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« Il est aujourd'hui d'usage de présenter la décision prise à son initiative au Xème congrès du PC en mars 1921 comme une décision capitale de reprise en main, l'instauration d'une dictature interne qui va fournir à Staline une arme redoutable. De cette affabulation revenons aux textes et aux faits tels qu'ils sont (...) Une décision majoritairement prise doit absolument être appliquée, mais qui l'a jugée fausse doit pouvoir continuer à argumenter. Nous devons former un tout uni ce qui n'interdit pas et même au contraire la critique absolument nécessaire des défauts du parti (...) Et il ne s'agit pas de simples paroles, les actes sont là. Avant le congrès a été publié dans l'organe du parti (à 250.000 exemplaires) le texte très contestaire de l'Opposition ouvrière. Au congrès, malgré la vive critique faite de leur position, deux membres de l'Opposition ouvrière, dont son animateur Chliapnikov, sont élus au comité central. On interdit les fractions mais on décide de publier un feuillet de discussion, des brochures et recueils pour continuer la confrontation d'idées. Des camarades de l'Opposition ouvrière ont de nouvelles choses à dire  ? Parlez camarades de Samara, nous publierons plusieurs de vos articles. De façon générale, oui, sans aucun doute la maladie existe. Aidez-nous à la guérir (...) Par contraste est-il besoin de caractériser la manière dont Staline va mener la discussion et se conduire quant à lui dès avant la fin des années 1920 ? (...) Continuité entre Lénine et Staline ? Posez la question si j'ose dire à un témoin particulièrement bien placé pour en avoir jugé : Boukharine qui pratiqua l'opposition à Lénine puis à Staline. La première lui valut de rudes mais toujours fraternelles empoignades ; la seconde le peloton d'exécution. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante; Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.95-98, Non, Staline n'était pas précontenu dans Lénine, Editions Sociales. Les parallèles, 1917 +100, Paris, 2017.

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Objections

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Références

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