Staline est un héritier calomnié de Lénine

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher

Présentation de l'argument [ modifier ]

Dans ce débat on ne saurait ignorer le problème de la révision à la baisse des chiffres des victimes du stalinisme qu'avait mise en avant Nicolas Werth en septembre 1993 dans l'Histoire, et dont le parti communiste du travail de Belgique, sous l'autorité de Ludo Martens, a aussitôt et presque seul (un article dans le Monde de Michel Tatu a également suivi) informé ; serait-ce sur un ton polémique. La filiation Lénine/Staline est implicite, les auteurs n'ayant jamais que mis en accusation les successeurs de Staline, Khrouchtchev en particulier. Martens attaque en particulier les chiffres apocalyptiques communiqués en 1971 par l'historien britannique Robert Conquest puis par le dissident soviétique Roy Medvedev. A suivi en 1998 un article du communiste suédois Mario Sousa. Quoiqu'il en soit des corrections considérables à la baisse il ressort qu'en 1951 (2.500.000 au lieu de 12 à 13 millions), selon les sources acceptées par Ludo Martens les camps staliniens comptaient 245. 340 prisonniers politiques innocents qui n'avaient jamais ni commis de délits ou crimes de droit communs, ni collaboré avec les nazis. Trente ans plus tard d'après les rapports d'Amnesty International, à la fin des années Brejnev, il y avait moins d'un millier de prisonniers d'opinions.

Citations [ modifier ]

« L’article qui suit a été rédigé par Ludo Martens dans le n° 39 de Solidaire (octobre 1993), le journal du Parti du Travail de Belgique. Martens se contente de commenter un article de Nicolas Werth écrit sur la base des archives soviétiques et publié en septembre 1993 dans la revue spécialisée L’Histoire intitulé : « Goulags : les vrais chiffres » dans lequel il dévoile que les chiffres autrefois admis par les « historiens » dominants à propos des victimes des goulags sont tout simplement faux. Là où cet article est doublement intéressant c’est que l’auteur, Nicolas Werth, deviendra peu après, au nom de la propagande anticommuniste, collaborateur du Livre noir du communisme dans lequel Courtois affirme que Staline a tué 20 millions de personnes en URSS, Werth a finalement préféré faire passer l’idéologie au-dessus de la vérité historique, mais les faits sont là. »
Rédaction de la revue Progrès Humain, journal, "Progrès Humain" ( Ludo Martens, "Solidaire"), 22 décembre 2014 (octobre 1993).
« En 1990, les historiens soviétiques Zemskov et Dougin ont publié les statistiques inédites du Goulag. Elles contiennent les arrivées et les départs, consignés jusqu’au dernier homme. Conséquence inattendue : ces livres de comptes ont permis d’arracher le masque scientifique de Conquest et de condamner ses allégations comme des mensonges motivés par des considérations politiques. En 1934, Conquest a compté 5 millions d’internés politiques. En fait, ils étaient entre 127.000 et 170.000. Le nombre exact de tous les détenus dans les camps de travail, politiques et droits communs confondus, était de 510.307. Sur l’ensemble des détenus, il n’y avait qu’entre 25 et 33 % de politiques. Aux 150.000 détenus politiques de 1934, Conquest en a rajouté 4.850.000. Un détail. En moyenne annuelle, Conquest a vu 8 millions de détenus dans les camps. Et Medvedev 12 à 13 millions. En réalité, le nombre de détenus politiques a oscillé entre un minimum de 127.000 en 1934 et un maximum de 500.000 pendant les deux années de guerre 1941 et 1942. Les chiffres réels ont donc été multipliés par 16 à 26. Là où se trouvaient en moyenne 272.000 détenus politiques, Conquest en a « inventé » 7.728.000 en plus ! »
Ludo Martens, « Les vraies statistiques du "Goulag" sont enfin connues : "Les millions de victimes du stalinisme : de l'intox"! », cité par le journal, "Progrès Humain" sous le titre "Les millions de morts du stalinisme : de l'intox"!, 22 décembre 2014 (octobre 1993).
« La recherche sur le système pénal soviétique est exposée dans un document de presque 9.000 pages. Les auteurs de ce compte rendu sont nombreux, mais les plus connu d’entre eux sont les historiens russes V N Zemskov, un N Dougin et O V Xlevjnik. Leurs travaux ont commencé à être publiés en 1990 et dès 1992, la publication était presque achevée. Les comptes rendus ont été portés à la connaissance de l'Ouest à la suite de la collaboration entre les chercheurs de différents pays Occidentaux. Les travaux avec lesquels le présent auteur de cet article est familier sont : L’article publié dans le journal français l'Histoire en septembre 1993, écrit par Nicholas Werth, chercheur au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) et le travail de Arch Getty J, un professeur d'histoire à l'Université de Californie publié dans l’American Historical Review, avec la collaboration avec G T Rettersporn, un chercheur du CRNS et le chercheur russe, V un Zemskov, de l'Institut d'Histoire Russe (faisant partie de l'Académie des Sciences russe). Aujourd'hui des livres sur cette question ont été publiés par les chercheurs susmentionnés ou par d'autres chercheurs de la même équipe de recherche. Avant d'aller plus loin, je veux indiquer clairement, pour qu'aucune confusion ne surgisse dans l'avenir, qu'aucun des scientifiques impliqués dans cette recherche n’ont une conception socialiste du monde. Au contraire leur idéologie est bourgeoise et antisocialiste. En effet beaucoup d'entre eux sont tout à fait réactionnaires (...) Ce qu’ont fait les chercheurs susmentionnés en démontant à fond tous les mensonges de Conquest, Soljenitsyne, Medvedev et d'autres, c’est simplement leur travail de scientifique, plaçant leur intégrité professionnelle en avant en refusant toute utilisation à des fins de propagande. »
Mario Sousa, « Les mensonges sur l'histoire de l'Union Soviétique », Comunist Proletären, p.18, avril 1998.
« Combien de gens sont morts dans les camps de travaux forcés ? Le nombre varie d'année en année, de 5.2 % en 1934 à 0.3 % en 1953. Les morts dans les camps de travaux forcés ont été causées par le manque général de ressources de la société dans son ensemble, en particulier la pénurie de médicaments nécessaires pour se battre contre les épidémies (...) En fait, les plus mauvaises années ont été les années de guerre où les barbares Nazis ont imposé des conditions de vie très dures à tous les citoyens soviétiques. Pendant ces 4 ans, plus d'un demi-million de personnes sont mortes dans les camps de travaux forcés - la moitié du nombre total sur la période de 20 ans en question. N’oublions pas que dans les années de guerre, 25 millions de personnes libres sont mortes. En 1950, quand les conditions en Union soviétique s’étaient améliorées et que les antibiotiques avaient été introduits, le nombre des personnes mortes en prison est tombé à 0.3 %. »
Mario Sousa, « Les mensonges sur l'histoire de l'Union Soviétique », Réveil communiste, p.24, 1998.
« Conquest, Soljenitsyne, Medvedev et d’autres utilisèrent les données publiées par l’Union soviétique comme les statistiques démographiques en augmentant le nombre d’habitants sans tenir compte des frontières changeantes au cours de l’histoire. A partir de là, ils conclurent que beaucoup de gens manquaient à l’arrivée. Les gens disparus furent ainsi déclarés avoir été tués ou incarcérés à cause du socialisme. La méthode était simple mais complètement frauduleuse. »
Mario Sousa, « Les mensonges sur l'histoire de l'Union Soviétique », Réveil communiste, Les archives révèlent les mensonges de la propagande, avril 1998.
« L’idéologue de Gorbatchev, Medvedev, a noté 12 à 13 millions de gens dans les camps « staliniens » ; sous le libéral Khrouchtchev, heureusement, il n’en restait que 2 millions : tous des droits communs. Quelle fut la réalité ? Sous Staline, le plus grand nombre de détenus du Goulag a été enregistré en 1951. Il y avait alors 1.948.158 droits communs… juste autant que sous Khrouchtchev ! Le nombre réel des détenus politiques étaient alors de 579.878. La plupart de ces « politiques » étaient des individus qui avaient collaborés avec les nazis : ceux condamnés pour trahison étaient 334.538. »
Ludo Martens, « Les vraies statistiques du goulag sont enfin connues "Les millions de victimes du stalinisme : de l'intox"! », cité par le journal, "Progrès Humain" sous le titre "Les millions de morts du stalinisme : de l'intox"!, 22 décembre 2014 ( octobre 1993 ).
« Une autre chose qui doit être prise en compte, c’est que l’Union soviétique, qui comptait dans les années 30 près de 160 à 170 millions d’habitants, était sérieusement menacée par les puissances étrangères. Suite aux grands changements politiques en Europe dans les années 30, la menace de guerre de la part de l’Allemagne nazie était grande, une menace de survie pour le peuple slave. Le bloc occidental nourrissait aussi des ambitions interventionnistes. Cette situation, Staline l’a résumé en 1931 : "Nous avons 50 à 100 ans de retard sur les pays avancés. Nous devons rattraper ce retard en 10 ans. De cela dépend notre survie." Dix ans plus tard, le 22 juin 1941, l’Union soviétique était envahie par l’Allemagne nazie et ses alliés. La société soviétique dût faire de gros efforts entre 1930 et 1940 et la majeure partie de ses ressources fut consacrée à préparer la défense contre la guerre qui s’annonçait. »
Mario Sousa, « Les mensonges sur l'histoire de l'Union Soviétique », Réveil Communiste, La menace intérieure et étrangère, Avril 998.

[ ± Ajouter ou retirer une citation ]

Sous-arguments [ modifier ]

Lénine et Staline ont condamné l'antisémitisme

Staline passe pour être antisémite. Un historien et philosophe italien, Domenico Losurdo, qui s'est livré à une critique radicale de la légende noire de Staline, aborde le sujet. Le 6 novembre 1941 Staline dénonce l'antisémitisme d'Hitler. On peut confronter son discours à celui de Lénine, prononcé en mars 1919, une lettre sur le bilan tout autant antisocial qu'antisémite du tsarisme écrite de mars 1917, comme à des écrits antérieurs à 1914 : au moins deux textes de 1911. Ce que dit en réaction Hitler à Staline le surlendemain 8 novembre 1941 montrerait plutôt que les deux hommes n'ont rien en commun et que Hitler poursuit en Staline la lutte contre le "judéo-bochevisme"omniprésent dans les attaques contre les Bolcheviks du vivant de Lénine. Après la mort de Staline Kaganovitch restera fidèle à sa mémoire au point de participer au complot antiparti contre Khrouchtchev en 1957.
« On appelle antisémitisme le fait de semer la haine contre les Juifs. Lorsque la maudite monarchie tsariste vivait ses derniers jours, elle s'efforcait de dresser les ouvriers et les paysans ignorants contre les Juifs. La police tsariste, alliée aux grands propriétaires fonciers et aux capitalistes, organisait des pogroms antijuifs (...) Seuls des gens complètement ignorants, complètement abrutis peuvent croire les mensonges et les calomnies déversés contre les Juifs (...) Les ennemis des travailleurs, ce ne sont pas les Juifs. Ce sont les capitalistes de tous les pays. Il y a parmi les Juifs des ouvriers, des travailleurs : ils forment la majorité. Ce sont nos frères opprimés par le capital, nos camarades de combat pour le socialisme. Il y a parmi les Juifs des koulaks, des exploiteurs et des capitalistes, comme parmi les Russes, comme dans toutes les nations. Les capitalistes cherchent à semer et attiser la haine entre les ouvriers de croyances, de nationalités et de races différentes. Ceux qui ne travaillent pas, se maintiennent par la force et le pouvoir du capital. Les riches, Juifs et Russes, de même que les riches de tous les pays, alliés les uns aux autres, écrasent, oppriment, pillent et désunissent les ouvriers. Honte au tsarisme maudit qui torturait et persécutait les Juifs. Honte à ceux qui sèment la haine contre les Juifs, à ceux qui sèment la haine contre les autres nations. Vivent la confiance fraternelle et l'alliance de combat entre les ouvriers de toutes les nations dans la lutte pour le renversement du capital. »
Lénine, « "A propos des pogroms antijuifs" (discours enregistré sur disque). », Œuvres, tome 29-mars-août 1919, p.254-255, fin mars 1919, Éditions sociales, Paris, 1962.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Dans son essence le régime de Hitler est une copie de ce régime réactionnaire qui a existé en Russie sous le tsarisme. Il est notoire que les Hitlériens piétinent les droits des ouvriers, les droits des intellectuels et les droits des peuples, comme le régime tsariste les a piétinés et qu'ils déchaînent des pogroms moyenâgeux contre les Juifs de même que les avait déchaînés le régime tsariste. »
Domenico Losurdo, « discours de Staline prononcé le 6 novembre 1941 », Staline, histoire et critique d'une légende noire, p.310, Aden, 2010.
« L'homme qui est provisoirement devenu seigneur de cet Etat n'est rien d'autre qu'un instrument aux mains de l'omnipuissant judaÏsme ; si sur la scène, devant le rideau, c'est Staline que l'on voit, derrière lui se tiennent Kaganovitch et tous ces Juifs, qui, dans une ramification capillaire, dirigent cet énorme empire. »
Domenico Losurdo, (Hitler, 8 novembre 1941), Staline, histoire et critique d'une légende noire, p.311-312, chapitre 5, Aden, Paris, 2011.

[ ± Ajouter ou retirer un sous-argument ]

Objections

[ ± Ajouter ou retirer une objection ]

Références

[ ± Ajouter ou retirer une référence ]

Débat parent