Le Rassemblement national est-il un parti fasciste ?

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Sommaire

Pour comprendre le débat [ modifier ]

À chaque élection française, la question est reposée : le Rassemblement national (ex-FN) est-il un parti fasciste ?

Pour les uns, le RN partage des caractéristiques typiques des partis fascistes, comme le nationalisme, le racisme ou l'utilisation du slogan « Ni droite, ni gauche ». Le RN aurait également la base sociale traditionnelle du fascisme, et ses dirigeants entretiendraient des liens étroits avec des individus de la mouvance fasciste française et européenne.

Pour les autres, le FN (devenu RN) aurait abandonné toute référence proche ou lointaine au fascisme avec l'arrivée de Marine Le Pen, qui aurait entrepris une opération de « dédiabolisation ». Les quelques traits partagés avec les partis fascistes de Mussolini et Hitler ne pourraient suffire à faire oublier les traits essentiels de ces partis : ils avaient pour objectif de façonner un ordre nouveau et possédaient des milices armées. Selon certains historiens et sociologues, le RN ne serait qu'un parti national-populiste.
Voir aussi : Rassemblement national et Fascisme sur Wikipédia [ modifier ]

Carte des arguments

POUR
CONTRE

Les Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
L'étude du fascisme fait partie de la formation des militants
Le slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste
Le RN est un parti nationaliste
Le RN est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe
Le RN tire son origine d'individus et groupes fascistes
Le RN a la base sociale traditionnelle du fascisme
Le programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante
L'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion
Les militants du RN sont coutumiers des pratiques de cyberharcèlement envers les minorités
Marine Le Pen est ouvertement pro-Trump, qui ne tient que des discours ouvertement haineux
De nombreux élus RN se sont rendus coupables de politiques haineuses et liberticides
Les policiers pro-RN sont coutumiers des bavures sur des militants de gauche et sur les minorités
Le RN n'essaye même plus de cacher ses orientations pro-fascistes
Le RN propage des fake news nuisibles envers les minorités
Le RN ne s'intéresse aux problématiques sociétales que quand ça lui fournit une excuse pour discriminer un groupe humain
De nombreux militants et politiciens RN assument leur haine envers des minorités
Le RN est ouvertement hostile aux droits des femmes et des LGBT+
La RN manipule les jeunes pour les endoctriner et transforme intentionnellement leurs lieux de prédilection en bastions du cyberharcèlement en bande organisée

Le RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
La tendance fasciste du RN est en voie de marginalisation
Le RN n'a pas de milices armées
Le RN n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau
Le RN est un parti intégré dans le jeu électoral
Le RN se réclame de la démocratie
Le RN est un parti national-populiste

Arguments POUR [ modifier ]

Le RN est un parti nationaliste

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Le Rassemblement national est un parti nationaliste
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Patriotisme n'est pas nationalisme
National-populiste n'est pas fasciste
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« Comme son nom l'indique clairement, le nationalisme est l'un des piliers du Front national. Le FN se qualifie lui-même de « parti patriote ». C'est un parti nationaliste qui glorifie le mythe de la nation. Marine Le Pen a même accepté le qualificatif de « nationaliste-populiste ». Ce nationalisme se manifeste principalement autour de deux thèmes, de deux boucs-émissaires extérieurs qui seraient la cause de tous les problèmes que rencontre la société française :
  1. L'immigration rendue responsable du chômage, des déficits et de l'insécurité. Elle est présentée comme une menace pour l'identité nationale. En conséquence et logiquement le FN entend donner la priorité aux Français : « la priorité nationale ».
  2. L'Union européenne et l'euro considérés comme sources de contraintes et responsables de la perte d'une indépendance qu'il faudrait reconquérir.
Il en résulte des positions souverainistes et protectionnistes. »
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Le RN est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe

« Le 13 septembre 1987, Jean Marie Le Pen déclare sur RTL que les chambres à gaz sont « un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». [...] Le 2 septembre 1988, dans un discours, M. Le Pen évoque le ministre de la Fonction publique Michel Durafour, et fait un calembour : « Durafour crématoire ». [...] Le 12 janvier 2005, Jean-Marie Le Pen estime dans un entretien à l’hebdomadaire Rivarol que l’occupation allemande en France « n’a pas été particulièrement inhumaine ». [...] Fin décembre 2010, Marine Le Pen assimile les prières de rues musulmanes à « une occupation ». [...] Le 7 avril 2015, Jean-Marie Le Pen affirme dans Rivarol qu’il n’a « jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître ». [...] Le 7 juin 2014, Jean-Marie Le Pen s’en prend dans une vidéo à des artistes qui ont pris position contre le FN. A son interlocutrice qui évoque le nom de Patrick Bruel, il répond : « Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois ». Le 9 avril 2017, en pleine campagne pour l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclare : « Je pense que la France n’est pas responsable du Vel d’Hiv » en référence à la rafle, en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13 000 juifs avaient été arrêtés par la France. »
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Le RN tire son origine d'individus et groupes fascistes

« Le Front national est un projet porté par le mouvement néofasciste Ordre nouveau, fondé en 69 et dissout par l’Etat en 1973. [...] Ordre nouveau [ON] se définit comme « nationaliste-révolutionnaire » et ne fait pas de mystère sur que ce que signifie néofasciste dans le cadre de l’après-guerre. Le mouvement se veut très subversif, mais dans ses sections on lit quand même plutôt Maurras, il y a une petite difficulté à accorder le ressenti révolutionnaire avec des idées qui le soient autant. D’où l’importance de la violence physique, qui donne chair à ce révolutionnarisme mais finit par mener à la dissolution. Se retrouvent à ON tous les items qui font l’extrême droite : représentation de la nation comme un organisme, utopie de régénération, dégagement des « élites véritables » en lieu et place de la « démoploutocratie », etc. »
Nicolas Lebourg, « Les origines du Front national », 13 octobre 2013.
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Les Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes

Page détaillée
Les Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
Au début de années 1960, Jean-Marie Le Pen se rend en Espagne pour saluer d'anciens nazis ou d'anciens collaborationnistes. Marine Le Pen entretient toujours actuellement des amitiés avec d'anciens du GUD, dont Philippe Péninque. Elle a participé au Parlement européen pendant une année, en 2007, à un groupe dont une membre, petite-fille de Mussolini, a déclaré « Mieux être fasciste que pédé ! ». Régulièrement, Marine Le Pen se rend à des bals organisés par des nostalgiques du IIIe Reich. Quant à Marion Maréchal-Le Pen, une photo datant de 2012 la montre en compagnie d'un leader du GUD, Edouard Klein, et d'un membre du mouvement skin, Baptiste Coquelle, que l'on retrouve sur une autre photo un casque de nazi sur la tête.
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Jean-Marie Le Pen entretient des relations avec d'anciens nazis et collaborationnistes

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Jean-Marie Le Pen entretient des relations avec d'anciens nazis et collaborationnistes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Au début des années 1960, Jean-Marie Le Pen, n’ayant rien renié de son passé sulfureux, se rend en Espagne pour aller saluer d’anciens compagnons de combat. Il rend visite à :
  • Abel Bonnard : Maurassien, il évolue vers le fascisme dans les années 1930. Partisan d’un rapprochement franco-allemand, il devient, durant la seconde guerre mondiale, une figure de la collaboration avec l’occupant nazi. Nommé ministre de l’Éducation nationale en 1942, il fait partie des « ultra » et des derniers partisans du régime de Vichy. […]
  • Louis Darquier de Pellepoix : Individu politique d’extrême droite, il est principalement connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […]
  • Léon Degrelle : Journaliste et homme politique engagé à l’extrême droite, il est surtout connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […] Engagé volontaire, il combattit sur le front de l’Est avec le grade de commandant dans la 28e division SS Wallonie.
  • Otto SKORZENY : Il rejoint le parti nazi autrichien en 1931. Comme colonel SS, il participa à de très nombreuses opérations prestigieuses, telle que l’évasion de Mussolini d’une prison italienne, en 1944. »
Léon Landini, « Front national : Les chiens ne font pas des chats ! », janvier 1970.

Marine Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis

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Marine Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Si elle [Marine Le Pen] s'est séparée de plusieurs compagnons de la première heure, elle reste fidèle à certaines amitiés à la trajectoire jugée sulfureuse [...] Emmanuel Leroy, cet ancien d'Ordre nouveau, a un parcours beaucoup plus marqué à l'extrême droite dure. Il a, par le passé, animé une lettre aux relents néonazis (la Lettre noire) et revendique toujours sa filiation nationaliste-révolutionnaire et gréciste. [...] Il est encore consulté de temps à autre sur des dossiers précis, notamment concernant les relations avec la Russie. [...] Un ancien acteur est Philippe Péninque, ancien du GUD. [...] Cette défaite n'entame pourtant en rien le crédit de Philippe Péninque, qui continue de prodiguer ses conseils à Marine Le Pen, celle-ci le chargeant de surcroît de quelques missions délicates, notamment en ce qui concerne les finances de son parti. »
Abel Mestre, « Les réseaux du Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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Marion-Maréchal Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis

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Marion-Maréchal Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« C'est une photo dont Marion Maréchal-Le Pen se serait bien passée. Sur cette image, [...] la benjamine de l'Assemblée nationale pose en compagnie d'Edouard Klein, leader du GUD (Groupe union défense, une organisation étudiante d'extrême droite), et de Baptiste Coquelle, présenté comme un membre du « mouvement skin ». La photo date du 11 décembre 2012. Ce soir-là, le FN célébrait en grande pompe ses 40 années d'existence à la salle de la Mutualité, à Paris. Au centre, Baptiste Coquelle. Sur un autre cliché non daté publié par l'hebdomadaire, on retrouve Baptiste Coquelle, casque de SS sur la tête, réalisant un salut nazi devant un drapeau frappé de la croix celtique, symbole des néonazis. »
Jim Jarrassé, « La photo qui embarrasse Marion Maréchal-Le Pen et le FN », Le Figaro, 11/04/2013.

Marine Le Pen a fait partie en 2007 d'un groupe parlementaire européen avec des néofascistes

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Marine Le Pen a fait partie en 2007 d'un groupe parlementaire européen avec des néofascistes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Pendant une année, en 2007, au Parlement européen, Marine Le Pen a fait partie d’un groupe parlementaire composé de 20 parlementaires qui se nommait Identité Tradition Souveraineté (ITS). Parmi les deux députés italiens qui composaient ce groupe, qui se réunissaient avec Mme Le Pen sans que cela ne lui pose le moindre problème, il y avait une certaine… Alessandra Mussolini ! Cette dernière est la petite-fille du « Duce » Benito Mussolini. Sur les plateaux de télé elle refuse publiquement que l’on rejette « l’héritage mussolinien ». Le 9 mars 2006 (soit un an avant que Mme Le Pen ne voit aucune difficulté à faire un groupe parlementaire avec elle) Mme Alessandra Mussolini avait déclaré à la télé « Meglio fascista che frocio ! » ce qui signifie en bon français : « Mieux vaut être fasciste que pédé ! ». Classe, non ? Ces propos n’ont bien sûr jamais été condamnés par la présidente du FN. »

Les Le Pen participent à des évènements néonazis

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Les Le Pen participent à des évènements néonazis
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Depuis 2005, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU, le 27 janvier est devenue la « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste ». […] Le même jour, [...] Marine Le Pen dansait la valse, à Vienne, avec la crème européenne des néonazis, des nostalgiques du IIIe Reich, et des négationistes. La candidate du Front National a répondu à l'invitation du FPÖ, le parti de feu Jorg Haider, et de sa figure de proue, l’antisémite et néonazi Martin Graf, au bal annuel d’Olympia, cette société secrète interdite aux Juifs et aux femmes, et dont les membres sont chargés de véhiculer dans la société des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes. Jean Marie Le Pen, qui assistait au bal avec Bruno Gollnisch, et qui en a été l'invité d'honneur en 2008, a ainsi montré à sa fille Marine Le Pen l’exemple à suivre. »

Le RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

La tendance fasciste est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.

Un parti fasciste ne se contente pas de relations avec des fascistes

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Le Rassemblement national n'est pas fasciste juste parce que ses dirigeants entretiennent des relations avec des fascistes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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Que les responsables du Front national entretiennent des relations avec des personnes considérées fascistes ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies : En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.

Le RN est juste un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

L'étude du fascisme fait partie de la formation des militants

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L'étude du fascisme fait partie de la formation des militants du Rassemblement national
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. La formation interne a écarté tous les liens avec le fascisme
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« Ce n'est pas la propagande frontiste qui relaie les thèmes des fascismes européens, mais les livres recommandés par la presse favorable au FN (et souvent écrits par des membres ou sympathisants du parti), ainsi le réseau de librairies militantes qui vendent par correspondance ou en magasin à ses membres. L'étude des fascismes fait donc partie de la culture historique et idéologique acquise par les mieux formés des adhérents. Un signe de la nostalgie du romantisme fasciste réside dans la vénération quasi unanime dont sont l'objet au FN deux hommes : François Brigneau et Roland Gaucher. Le sympathisant frontiste qui fréquente les librairies nationalistes se voient proposer trois modèles de dirigeants et de meneur d'hommes : Corneliu Z. Codreanu, idéologue de la Garde de Fer roumaine ; Léon Degrelle, fondateur belge du Rexisme ; José Antonio Primo de Rivera, théoricien de la Phalange espagnole. Dans un ouvrage qui a formé nombre de militants (une photographie de Le Pen le montre même en train de le lire), et intitulé Doctrines du nationalisme, Jacques Ploncard d'Assac, collaborateur de Présent et National-Hebdo, expose les idées politiques de José Antonio, Onesimo Redondo et Ramiro Ledesma Ramos. C'est encore la Croisade franquiste qui est décrite dans Les Héros de l'Alcazar (1987), livre d'Alain Sanders (rédacteur à Présent) et Francis Bergeron, ancien candidat du FN. La Phalange espagnole retient leur attention comme mouvement anticommuniste, profondément catholique et mystique. Un petit groupe, le Cercle Franco-Hispanique, se dévoue d'ailleurs uniquement à la commémoration du nationalisme phalangiste, et plusieurs cadres frontistes participent à ses activités. Degrelle est l'auteur de plusieurs ouvrages apologétiques de son engagement dans la division Wallonie de la Waffen SS, vendus par Diffusion de la Pensée Française (DPF), éditeur par correspondance qui existe depuis 1966 et possède un fichier de 40 000 clients. DPF, qui vend plus de 3000 titres, commercialise les livres de nombreux dirigeants frontistes, à commencer par Le Pen. Cependant l'admiration de Degrelle pour Hitler a conduit le journal Présent à recommander en modèle un autre rexiste, José Streel, plus catholique et favorable au maintien d'une Nation belge. Enfin, Codreanu, étudié par Francis Bergeron dans Codréanu et la Garde de Fer (1993), intéresse par le caractère mystique de sa doctrine et l'importance qu'il attache à la communauté des combattants et au sens du sacrifice. L'adhérent connait aussi le fascisme à travers le témoignage des anciens. Le principal est François Brigneau (1919), qui est le meilleur polémiste de la presse d'extrême droite. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.

Le RN a la base sociale traditionnelle du fascisme

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Le Rassemblement national a la base sociale traditionnelle du fascisme
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Un critère non suffisant
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« Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique. Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire. »
Cédric Piktoroff, « F comme fascistes, N comme Nazis ! », Que faire ?, 9 avril 2011.
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Le slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste

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Le slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Macron aussi serait alors fasciste
Le RN est juste un parti national-populiste
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« En brouillant ainsi les frontières entre droite et gauche, en accentuant passablement la ligne « ni droite ni gauche », le FN a d’ailleurs retrouvé l’inspiration originelle du fascisme historique qui, notamment en Italie, s’est initialement construit sur un programme paraissant très à gauche sur les questions sociales (incluant notamment des revendications radicales contre la propriété privée), programme qui fut immédiatement mis de côté une fois le pouvoir conquis au prix d’une alliance avec une partie des élites traditionnelles. »
Ugo Palheta, « Le danger fasciste en France : de quoi le FN est-il le nom ? », Contretemps, 14 décembre 2015.

Le programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante

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L'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion

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Les militants du RN sont coutumiers des pratiques de cyberharcèlement envers les minorités

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Marine Le Pen est ouvertement pro-Trump, qui ne tient que des discours ouvertement haineux

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De nombreux élus RN se sont rendus coupables de politiques haineuses et liberticides

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Les policiers pro-RN sont coutumiers des bavures sur des militants de gauche et sur les minorités

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Le RN n'essaye même plus de cacher ses orientations pro-fascistes

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Le RN propage des fake news nuisibles envers les minorités

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Le RN ne s'intéresse aux problématiques sociétales que quand ça lui fournit une excuse pour discriminer un groupe humain

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De nombreux militants et politiciens RN assument leur haine envers des minorités

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Le RN est ouvertement hostile aux droits des femmes et des LGBT+

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La RN manipule les jeunes pour les endoctriner et transforme intentionnellement leurs lieux de prédilection en bastions du cyberharcèlement en bande organisée

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Arguments CONTRE [ modifier ]

Le RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

La tendance fasciste du RN est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.

Le RN n'a pas de milices armées

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Le Rassemblement national n'a pas de milices armées
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Le RN n'a actuellement pas besoin de milices armées
La situation pourrait toutefois très vite changer
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« Quelles que soient les critiques que l’on peut faire à Mme Marine le Pen, et j’en ai fait quelques-unes dans ce carnet, la décence devrait obliger cette même meute de reconnaître qu’il n’y a rien de « fasciste » ni dans son programme ni dans le comportement de son mouvement. Où sont donc les milices armées qui tiendraient les rues ? Depuis des années elles viennent d’une toute autre mouvance que le FN. »
Jacques Sapir, « Mélenchon, la meute et la dignité », 28 avril 2017.

Le RN n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau

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Le Rassemblement national n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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« Le FN n’est pas un parti fasciste, au sens historique du terme, car il n’a pas pour vocation de proposer un « ordre nouveau », ayant des finalités totalitaires, motivé par des penchants révolutionnaires ; au contraire il œuvre plutôt vers un retour des « valeurs traditionnelles », et ce pour endiguer la décadence dans laquelle évoluerait actuellement la société française ; il est donc un parti réactionnaire ou ultra-réactionnaire. Le FN n’a pas pour objectif de façonner un « homme nouveau ». »

Le RN est un parti intégré dans le jeu électoral

Les fascistes ont pris le pouvoir par la force (Marche sur Rome pour Mussolini ; Nuit de cristal pour Hitler ; guerre civile pour Franco). Ce n'est pas l'ambition du FN, qui ne cherche pas à prendre le pouvoir autrement que par les élections.

Le RN se réclame de la démocratie

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Le Rassemblement national se réclame de la démocratie
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Le RN tend vers un régime autocratique tel que celui de Poutine
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« Atlantico : Aujourd'hui le Front national est une source d'inquiétude, comme le montre un sondage Ifop pour Atlantico, selon lequel Marine Le Pen "fait peur" à 55% des Français. Sur le plan des valeurs par exemple, peut-on vraiment considérer le Front National comme étant anti démocratique?

Erwan Lecoeur : Le Front national n'est pas un parti qui se propose ni se présente comme antidémocratique, au contraire. Il a même, dans une certaine mesure, une forme d'ultra démocratie de façade, puisqu'il se présente comme le parti le plus respectueux de la parole du peuple, qui ne serait pas aujourd'hui représenté correctement ni à l'Assemblée nationale ni dans différentes instances. Par ailleurs, en proposant le recours au référendum de façon régulière, il se présente comme une alternative à la confiscation du pouvoir par des élites et les fléaux que la classe politique aurait laissé se développer : l’immigration et le mondialisme en tête. (...)

François Martin : Le FN n’est certainement pas un parti antidémocratique. Il ne propose pas, que je sache, de remplacer la démocratie ni même la République par un autre régime. De ce point de vue, il est nettement plus démocratique que ne l’était par exemple le Parti communiste du temps de la guerre froide. Par ailleurs, il ne défend pas d’opinions qui seraient intolérables en démocratie comme le racisme, l’antisémitisme ou la haine des étrangers. Enfin, le FN ne propose pas, que je sache, de supprimer du bloc constitutionnel la déclaration des droits de 1789 ni les autres principes sur lesquels la jurisprudence du Conseil constitutionnel s’est fondée pour garantir le respect des droits et libertés. Tous ces principes ont une valeur supérieure à la loi et continueraient à s’appliquer si Mme Le Pen était élue ! »

Le RN est un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

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Pour aller plus loin

Bibliographie [ modifier ]

Plutôt POUR

Plutôt CONTRE

  • Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, al., Les faux-semblants du Front national : sociologie d'un parti politique, Presses de Sciences Po, 2015.
  • Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.
  • Jean-Yves Camus, Le Front national. Histoire et analyses, Olivier Laurens, 1997.
  • Charles Rojzman, Véronique Le Goaziou, Comment ne pas devenr un électeur du Front national, Desclée de Brouwer, 1998.
  • Dominique Reynié, Les nouveaux populismes, Pluriel/Fayard, 2013.

Ni POUR ni CONTRE

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Sitographie [ modifier ]

Plutôt POUR

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