Quand on limite la liberté d'expression, on ne peut plus s'arrêter

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat La liberté d'expression doit-elle être totale ?
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pouce d'argument Cet argument est un argument CONTRE dans le débat La liberté d'expression doit-elle être limitée ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Limiter la liberté d'expression est dangereux
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Limiter la liberté d'expression, c'est appauvrir la pensée
La liberté d'expression permet de lutter contre les dérives de la pensée dominante
Limiter la liberté d'expression conduit à étouffer la contestation
Quand on limite la liberté d'expression, on ne peut plus s'arrêter
La liberté d'expression totale est le paravent des populistes et des racistes
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Présentation de l'argument

Si un groupe, un État ou une loi décide que certains propos sont intolérables, les principes utilisés serviront à interdire de plus en plus de propos. On constate cette dérive aujourd'hui. Des lois qui servaient à l'origine à sanctionner un très petit nombre d'extrémistes et de néo-nazis ont permis d'intenter des procès à des personnalités aussi diverses que Pascal Bruckner ou Daniel Mermet. Ironie du sort : même ceux qui ont milité pour créer des lois contre la liberté d'expression peuvent se retrouver visés par de telles lois. Ainsi, Charlie Hebdo, qui avait proposé l'interdiction du Front national, a lui-même subi de nombreux procès pour caricatures offensantes.

Citations

« Il n'y a aucune raison pour que les descendants des victimes de toute l'histoire de France ne réclament et n'obtiennent ce que les fils et filles d'esclaves ont obtenu. Le "génocide" vendéen attend sa reconnaissance officielle, les Russes blancs ne manquent pas d'arguments contre les massacres communistes en Ukraine, pas plus qe les Polonais réfugiés contre les massacres de Katyn. suivraient, avec un argumentaire imparable, les descendants des protestants de la Saint-Barthélémy, les aristocrates guillotinés, les Albigeois exterminés. Et pourquoi, dans la foulée, la France ne se donnerait-elle pas, au nom de ses pincipes fondamentaux, une compétence mémorielle à dimension planétaire, incriminant les Espagnols et les Américains [...] ? L'histoire n'est qu'une longue suite de crimes contre l'humanité. »
Pierre Nora, Liberté pour l'Histoire, p.12-14, CNRS Editions, 2008.
« Philippe Nemo montre, exemples tirés de la jurisprudence à l’appui, comment ces lois volontairement ambigües dans leur énoncé (« l’homophobie », par exemple, est condamnable, mais il n’en existe aucune définition légale !) ne punissent plus les paroles, mais les pensées. De même, celles-ci ne peuvent être examinées en procès que par l’intermédiaire de juges chargés de traquer et de condamner les déviants, comme de nouveaux inquisiteurs.

Il n’est pas besoin de punir tout le monde. La criminalisation du discours repousse les thèses controversées hors de la sphère publique ; l’auto-censure des jeunes professionnels fait le reste. Aucun étudiant en journalisme n’aura la moindre chance de décrocher un simple job de pigiste s’il a le malheur d’exprimer une opinion s’écartant de la norme, même en privé, si celle-ci parvient aux oreilles de son employeur.

Après des décennies le long de ce chemin, le résultat est là : un spectaculaire affaiblissement du débat intellectuel. Le terme de régression n’est pas trop fort. Comme l’explique Philippe Nemo : "Ce qui frappe en effet dans la police des idées qui a été mise en place depuis quelques années en France, c’est son caractère crypto-religieux. Aux personnes qui énoncent des faits et arguments au sujet de l’immigration, des mœurs familiales et sexuelles, de l’école, de la sécurité, de la politique pénale, des politiques sociales, de la fiscalité, etc., n’allant pas dans le sens de l’orthodoxie régnante, on n’oppose pas d’autres faits ou d’autres arguments, mais une fin de non-recevoir. On ne veut pas discuter avec elles, on veut qu’elles disparaissent purement et simplement de l’espace public. On veut que la société soit purifiée de leur présence. »
Stéphane Montabert, « De la régression intellectuelle de la France », Contrepoints, 23/01/2012.

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Sous-arguments

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Objections

Il faut lutter contre les excès de la liberté d'expression

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Il faut lutter contre les excès de la liberté d'expression
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Promulguer des lois permet de lutter contre les excès de la liberté d'expression. Par exemple, il a existé dans les années 1930 des caricatures antisémites virulentes qui véhiculaient des clichés racistes et incitaient à la haine. Il est essentiel que la justice puisse sanctionner ce genre de dérives.

La justice garantit un encadrement raisonnable

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La justice garantit un encadrement raisonnable de la liberté d'expression
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Les lois actuelles visent des cas litigieux d'usage de la liberté d'expression (caricatures offensantes, propos stigmatisants, incitation à la discrimination, etc.). La justice est bien armée pour faire la part des choses : relaxer les usages tolérables de la liberté d'expression et sanctionner les autres.

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Références

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