Nous ne sommes pas libres de voler dans les airs, de respirer sous l'eau ni de vivre deux-cents ans

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pouce d'argument Cet argument est un argument CONTRE dans le débat Sommes-nous libres de nos décisions ?
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Présentation de l'argument

Il y a beaucoup d'actions que les hommes ne sont, avec certitude, pas libres de faire : ce sont toutes celles qui excèdent leurs capacités physiques. Pour toutes ces actions, bien que je puisse vouloir les faire, je ne suis pas libre de les faire. Je ne suis par exemple pas libre de voler dans les airs, ni même de gagner les prochaines épreuves d'athlétisme lors des prochains Jeux olympiques.

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Sous-arguments

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Objections

Le libre-arbitre n'est pas la liberté de faire ce qu'il nous plait

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Le libre-arbitre n'est pas la liberté de faire ce qu'il nous plait
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Les limites physiques dessinent seulement le cadre à l'intérieur duquel des actions et des choix libres sont possibles. Lorsqu'on avance que des limites physiques nouvelles, telles qu'une maladie, nous enlèvent notre liberté, c'est qu'on confond la liberté et le bonheur. C'est qu'on estime faussement que l'on est libre que lorsque l'on fait tout ce qui nous plaît. La liberté consiste à faire des choix qui ne sont pas tous agréables par principe, mais peuvent même être très pénibles.
« Me voilà tuberculeux par exemple. Ici apparaît la malédiction (et la grandeur). Cette maladie, qui m’infecte, m’affaiblit, me change, limite brusquement mes possibilités et mes horizons. J’étais acteur ou sportif ; avec mes deux pneumos , je ne puis plus l’être. Ainsi négativement je suis déchargé de toute responsabilité touchant ces possibilités que le cours du monde vient de m’ôter. C’est ce que le langage populaire nomme être diminué. Et ce mot semble recouvrir une image correcte ; j’étais un bouquet de possibilités, on ôte quelques fleurs, le bouquet reste dans le vase, diminué, réduit à quelques éléments. […] Et d’autre part surgissent avec mon état des possibilités nouvelles : possibilité à l’égard de ma maladie (être un bon ou un mauvais malade), possibilités vis-à-vis de ma condition (gagner tout de même ma vie, etc.). Un malade ne possède ni plus ni moins de possibilités qu’un bien portant ; il a son éventail de possibles comme l’autre et il a à décider sur sa situation, c’est-à-dire à assumer sa condition de malade pour la dépasser (vers la guérison ou vers une vie humaine de malade avec de nouveaux horizons). […] Ainsi suis-je sans repos : toujours transformé, miné, laminé, ruiné du dehors, et toujours libre, toujours obligé de reprendre à mon compte, de prendre la responsabilité de ce dont je ne suis pas responsable. Totalement déterminé et totalement libre. »
Jean-Paul Sartre, Cahiers pour une morale, 1983.

Les limites à notre liberté sont créatrices de liberté

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Les limites à notre liberté sont créatrices de liberté
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Les limites à notre liberté peuvent, paradoxalement, en faciliter l'usage. Les limites extérieures restreignent le nombre de nos choix, et, parfois, leur donnent un sens plus déterminé, ce qui a pour effet de faciliter la prise de décision, en écartant l'angoisse d'un horizon infini de choix, différents mais qui se vaudraient plus ou moins. Quand les différents choix qui s'offrent à un individu sont peu nombreux, et d'autant plus si chacun de ces choix a un sens moral déterminé, alors l'individu peut éprouver plus de facilité à faire usage de sa liberté, que s'il se trouvait face à un grand nombre de choix possibles qu'il n'arrive pas à distinguer d'après son sens moral.
« Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'occupation allemande. »
Jean-Paul Sartre, « La République du silence », Les Lettres françaises, n°20, Situations III, Gallimard, 9 septembre 1944.

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Références

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