Les intellectuels ne défendent plus le capitalisme comme ils l'ont défendu dans le passé

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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Le rôle politique des étudiants a changé depuis les années 1960
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Le mouvement étudiant peut jouer le rôle de détonateur
Le mouvement étudiant peut être un soutien de premier ordre aux luttes anti-impérialistes dans le monde
Les intellectuels ne défendent plus le capitalisme comme ils l'ont défendu dans le passé
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Présentation de l'argument

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Citations

« On ne trouve plus guère d’apologistes inconditionnels du capitalisme, dans les universités, les bureaux des rédactions économiques et même dans les services de direction technique patronaux. Au mieux, ils défendent le capitalisme comme un moindre mal par rapport au communisme « inhumain » et « hostile aux chrétiens » ou comme une structure sociale qui doit progressivement évoluer vers un nouveau système social, mais jamais comme une forme de société idéale. Les intellectuels défenseurs du système tenteront donc de ne plus jouer un rôle principalement apologétique, mais un rôle pragmatique. Il suffit de comparer les cours d’économie politique du XIXe siècle avec ceux de la deuxième moitié du XXe pour s’apercevoir des modifications intervenues. Alors que, dans le siècle passé, aucun professeur bourgeois d’économie politique n’a pratiquement soulevé le problème du chômage — et s’il en était question, c’était pour en limiter l’importance en le réduisant à un défaut occasionnel d’une économie politique n’ayant pas encore entièrement atteint un système de libre concurrence. Aujourd’hui, les professeurs d’économie politique ne se posent plus la question de l’existence ou non du chômage dans le capitalisme, mais la question de la manière selon laquelle il s’agit de diriger l’économie pour avoir le moins de chômage possible, ou mieux : pour atteindre le niveau d’emploi le plus élevé possible. Ce changement de position de l’intelligentsia, y compris les défenseurs de l’État et de la société, abandonnant l’apologie pure et simple pour la « réforme », non pas au vrai sens du terme mais au sens pragmatique et technocratique, se reflète évidemment dans son attitude vis-à-vis de la société existante : la « réforme » correspond objectivement à la fonction de cette couche telle qu’elle se reflète dans sa conscience. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Sous-arguments

Les intellectuels défenseurs du capitalisme ne sont plus salariés par les entreprises mais par l'État

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Les intellectuels défenseurs du capitalisme ne sont plus salariés par les entreprises mais par l'État
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« Il va sans dire que le rapport de l’intelligentsia vis-à-vis du capital change radicalement dans une telle situation. Même les intellectuels procapitalistes et défenseurs du système sont aujourd’hui dans leur majorité davantage des employés de l’État que ceux des entrepreneurs ; ils n’entretiennent plus qu’un rapport indirect avec la classe bourgeoise. Tous les mécanismes de médiation qui s’intercalent dans les rapports économiques entraînent indubitablement une certaine différenciation de leur rôle de défenseur du système. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

La critique du capitalisme n'est dans les années 1960 plus seulement théorique mais pratique

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La critique du capitalisme n'est dans les années 1960 plus seulement théorique mais pratique
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« Le quatrième facteur qui explique le changement du rôle de l’intelligentsia dans la lutte de classe est le fait que la mise en question du capitalisme ne se fait plus au seul niveau idéologique et théorique ; elle est au contraire pratique, jouant un rôle croissant dans la politique mondiale de chaque jour. L’instabilité sociale, la mise en question révolutionnaire pratique de l’impérialisme et du capitalisme mondial capable, grâce uniquement à la force militaire, d’enrayer, au moins dans certains pays et pour quelque temps, l’extension des processus révolutionnaires, tout cela agit nécessairement sur la conscience des étudiants et de l’intelligentsia. Ce n’est pas par hasard qu’il y a eu un lien direct entre la montée des mouvements étudiants radicalisés dans les pays impérialistes au cours des années soixante et le développement de la révolution coloniale et des mouvements révolutionnaires de masse. L’Algérie, Cuba, le Vietnam ont joué un rôle moteur pour la radicalisation du mouvement étudiant et pour la contestation sociale dans des pays comme la France, la République fédérale allemande et les États-Unis. Cette radicalisation passait d’abord par la solidarité affirmée avec les objectifs de la révolution coloniale pour déboucher sur la ré-identification à la révolution en tant que telle et sur la redécouverte de la problématique révolutionnaire dans leur propre société. Ainsi, pour une série de raisons économiques, socio-politiques et idéologiques, la gauche et même l’extrême gauche sont politiquement hégémoniques dans le mouvement étudiant organisé ; ainsi la fonction de défense de la société, propre à l’intelligentsia, diminue progressivement. Dès lors, l’intégration de certaines fractions de l’intelligentsia dans un mouvement critique, voire révolutionnaire, n’est pas seulement possible, elle est déjà en partie réalisée. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Objections

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Références

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