Les expérimentations et sondages autour du revenu de base tendent à montrer que le nombre d'heures travaillées baisserait peu

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Etudes, expérimentations, enquêtes et sondages entrepris

Les expérimentations menées dans les années 1960 aux États-Unis et au Canada

Diverses expérimentations de revenu de base ont été mises en place aux États-Unis et au Canada à partir des années 1960, sous l'impulsion des travaux de l'économiste Milton FriedmanLogo de l'encyclopédie WikipédiaMilton FriedmanLogo de l'encyclopédie WikipédiaMilton Friedman. Versé sous la forme d'un impôt négatifLogo de l'encyclopédie Wikipédiaimpôt négatifLogo de l'encyclopédie Wikipédiaimpôt négatif, son montant équivalait à entre 50 et 150 % du seuil de pauvretéLogo de l'encyclopédie Wikipédiaseuil de pauvretéLogo de l'encyclopédie Wikipédiaseuil de pauvreté. Or, sur l'ensemble des expérimentations, le temps de travail a seulement diminué de 1 à 9 % chez les hommes, et de 3 à 27 % chez les femmes[1]. En moyenne et tous sexes confondus, cette baisse d'heures travaillées est estimée à seulement 7,9 %[2].

Objections

Biais de la durée des expérimentations

Les expérimentations étant conduites pour une durée déterminée (trois à quatre ans), les bénéficiaires de l'allocation n'étaient pas incités à changer radicalement de situation professionnelle. Au contraire, quitter son travail aurait été prendre le risque de ne pas le retrouver une fois l'expérimentation terminée.


Biais de la population retenue

De même, on ne peut généraliser les résultats de l'expérimentation étant donnée la sélection des bénéficiaires du programme d'aide. Ces derniers n'étaient en effet pas choisis de façon à être représentatifs de la population étasunienne ou canadienne.



Le cas des gagnants du jeu « Win for Life »

Une étude centrée sur les gagnants du jeu « Win for Life », un jeu de loterie où les gagnants touchent un revenu versé chaque mois et garanti à vie, montre que sur les 66 gagnants étudiés qui avaient un emploi avant leur gain, seuls 5 ont arrêté de travailler, et sur ces 5 seul un a estimé le changement lié au revenu gagné. De plus, sur ces 66 personnes, seules 5 ont réduit leur temps de travail, et sur ces 5 seule une attribue ce changement au gain du jeu.

Objections

Biais du nombre de personnes étudiées et de leur sélection

Le nombre de personnes étudiées (84) est trop faible pour en déduire un résultat rigoureux. De même, les individus jouant au loto ne sont pas représentatifs de la population entière.


Biais du montant du revenu

Le montant du gain n'étant pas indexé sur l'inflation, le revenu gagné par le jeu offre de moins en moins de pouvoir d'achat au fil des années, dans une économie d'inflation constante. Les gagnants du jeu ne bénéficient alors pas par ce revenu d'une sécurité financière suffisante pour les inciter à réduire leur temps de travail ou à abandonner leur emploi.


Biais de l'environnement social des gagnants

Contrairement à une société où l'ensemble des individus auraient un revenu de base, la situation des gagnants du loto est différente : ils n'ont pas autour d'eux une majorité de personnes qui, du fait d'avoir un revenu garanti, auraient la possibilité d'avoir plus de temps libre. Or si ce temps libre ne peut pas être partagé avec son entourage, avoir plus de temps libre a moins de valeur, et les gagnants du jeu sont moins incités à réduire leur temps de travail que dans le cas d'une société où tous bénéficieraient d'un revenu de base.



Le sondage mené par les réalisateurs du documentaire « Le revenu de base, une impulsion culturelle »

À la question « Si vous aviez un revenu de base, iriez-vous encore travailler ? », 60 % des personnes interrogées par les réalisateurs répondent « Oui, comme avant » ; 30 % répondent « Oui, mais plus à plein temps (ou alors je ferais autre chose) » ; et 10 % seulement répondent « Non »[3].

Afin d'expliquer cet écart à la conception commune, les réalisateurs posent ensuite la question : « Si on instaurait un revenu de base, pensez-vous que les autres continueraient à travailler ? ». Environ 80 % des personnes interrogées répondent « Non », ce qui tend à montrer que l'idée que les gens arrêteraient de travailler avec un revenu de base provient d'un manque de confiance envers autrui.

Objections

Biais du nombre de personnes étudiées et de leur sélection

Le sondage mené par les réalisateurs du film n'est pas scientifique, puisque les participants au sondage n'ont pas été sélectionnés au hasard dans la population (en cela ils ne sont pas représentatifs), et qu'ils ne sont pas en nombre suffisant.



Débats connexes

Faut-il instaurer un revenu de base ?

Notes et références

  1. Karl Widerquist, « A failure to communicate: what (if anything) can we learn from the negative income tax experiments ? », dans The Journal of Socio-Economics n°34, 2005, pp. 49-81.
  2. Michael C. Keeley, Labor Supply and Public Policy: A Critical Review, Academic Press, 1981.
  3. Le revenu de base, une impulsion culturelle, de Daniel Häni et Enno Schmidt, 23ème minute.