Les bolchéviks ont commis des erreurs concernant le soulèvement des marins de Kronstadt

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Les erreurs et les fautes du pouvoir se nouent autour de Cronstadt, 1921. Les marins ne se révoltèrent pas que parce que Kalinine refusa brutalement de les entendre. Où il fallait de la persuasion et de la compréhension, le président du Comité exécutif des Soviets n’employa que la menace et l’insulte. La délégation de Cronstadt au Soviet de Petrograd, au lieu d’être fraternellement reçue pour des négociations, fut arrêtée par la Tchéka. La vérité sur le conflit fut cachée au pays et au parti par la presse qui, pour la première fois, mentit au grand jour en publiant qu’un général blanc, Kozlovski, exerçait l’autorité à Cronstadt. La médiation proposée par des anarchistes américains influents et bienveillants, Emma Goldman et Alexandre Berkman, fut repoussée. Les canons tonnèrent dans une bataille fratricide et la Tchéka, ensuite, fusilla ses prisonniers. […] Lénine, en proclamant la fin du « communisme de guerre » et la « nouvelle politique économique », satisfit les revendications économiques de Cronstadt, après la bataille et le massacre. Il reconnut ainsi que le Parti et lui-même s’étaient enferrés en maintenant un régime intenable et dont Trotsky avait du reste dénoncé les périls et proposé le changement un an auparavant. »
Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.

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Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

L'introduction anticipée de la Nep n'aurait pas pu permettre d'apaiser les mutins de Kronstadt

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L'introduction anticipée de la Nep n'aurait pas pu permettre d'apaiser les mutins de Kronstadt
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« Peut-être suffisait-il de communiquer aux insurgés de Cronstadt les décrets sur la Nep pour les apaiser de cette façon ? Illusion ! Les insurgés n'avaient pas consciemment de programme, et, par la nature même de la petite bourgeoisie, ne pouvaient pas en avoir. Eux-mêmes ne comprenaient pas clairement que leurs pères et leurs frères avaient, avant tout, besoin de la liberté du commerce. Ils étaient mécontents, révoltés, mais ne connaissaient pas d'issue. Les éléments les plus conscients, c'est-à-dire les plus à droite, qui agissaient en coulisse, voulaient la restauration du régime bourgeois. Mais ils n'en parlaient pas à voix haute. L'aile « gauche » voulait la liquidation de la discipline, les « soviets libres » et une meilleure pitance. Le régime de la Nep ne pouvait apaiser les paysans que graduellement, et, à la suite des paysans, la partie mécontente de l'armée et de la flotte. Mais il fallait pour cela l'expérience et le temps. »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.

Les bolchéviques n'avaient d'autre choix que de réprimer la révolte de Kronstadt

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Les bolchéviques n'avaient d'autre choix que de réprimer la révolte de Kronstadt
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« Au cours de l'année 1921, Lénine a plus d'une fois publiquement reconnu que l'obstination du parti à maintenir les méthodes du communisme de guerre était devenue une grave erreur. Mais qu'est-ce que cela change à l'affaire ? Quelles qu'aient été les causes de l'insurrection de Cronstadt, immédiates ou lointaines, sa signification était celle d'une menace mortelle pour la dictature du prolétariat. La révolution prolétarienne, même si elle avait commis une erreur politique, devait-elle se punir elle-même et se suicider ? »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.
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« Se mouvant librement dans l'espace et le temps, des critiques dilettantes essaient — dix-sept ans après — de nous suggérer l'idée que tout se serait terminé à la satisfaction générale, si la révolution avait laissé à eux-mêmes les marins insurgés. Mais le malheur est que la contre-révolution ne les aurait nullement laissés à eux-mêmes La logique de la lutte donnait, dans la forteresse, l'avantage aux éléments les plus extrémistes, c'est-à-dire aux contre-révolutionnaires. Le besoin de ravitaillement aurait placé la forteresse dans la dépendance directe de la bourgeoisie étrangère et de ses agents, les émigrés blancs. Tous les préparatifs nécessaires pour cela étaient déjà en cours. Attendre passivement, dans de telles conditions, un dénouement heureux, c'est sans doute ce dont auraient été capables des gens du type des anarcho-syndicalistes espagnols ou des poumistes. Par bonheur les bolcheviks appartenaient à une autre école. Ils considéraient que leur devoir était d’éteindre l'incendie dès le début, et par conséquent, avec le moins de victimes. »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.

Les « erreurs » n'apparaissent qu'après coup

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Les « erreurs » des bolchéviques vis-à-vis de la révolte de Kronstadt n'apparaissent qu'après coup
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« Selon Victor Serge, l'introduction, une année plus tôt, de la Nep aurait pu éviter le soulèvement [de Kronstadt]. Admettons-le. Mais il est très difficile de donner après coup de tels conseils. Certes, comme Serge le fait remarquer, j'avais proposé dès le début de 1920 le passage à la Nep. Mais je n'étais nullement convaincu d'avance du succès. Ce n'était pas pour moi un secret que le remède pouvait s'avérer pire que le mal. Quand je me heurtai à l'opposition de la direction du parti, je ne fis pas ouvertement appel à la base, pour ne pas mobiliser la petite bourgeoisie contre les ouvriers. Il fallut l'expérience des douze mois qui suivirent pour convaincre le parti de la nécessité d'un cours nouveau. »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.

Ceux qui cherchent à prescrire après coup d'autres itinéraires à la Révolution russe sont des raisonneurs en pantoufles

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Ceux qui cherchent à prescrire après coup d'autres itinéraires à la Révolution russe sont des raisonneurs en pantoufles
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« Quand des raisonneurs en pantoufles veulent prescrire après coup à la révolution d'Octobre un autre itinéraire, nous ne pouvons que leur demander respectueusement de nous indiquer où et quand leurs grands principes se sont trouvés confirmés en pratique, ne fût-ce que partiellement, ne fût-ce tendanciellement ? Où sont les signes qui permettent de compter à l'avenir sur le triomphe de ces principes ? Nous n'aurons bien entendu jamais de réponse. »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.

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Références

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Débat parent