Le vote électronique désacralise l'acte de vote

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher
pouce d'argument Cet argument est un argument CONTRE dans le débat Faut-il généraliser le vote électronique ?
.

Présentation de l'argument

[ + Ajouter un résumé ]

Citations

[ + Ajouter une citation ]

Sous-arguments

Le vote n'est pas un acte individuel comme un autre

Page détaillée
Le vote n'est pas un acte individuel comme un autre
[ Modifier ]
« Le geste électoral par voie électronique s'exerce de manière aisée, ne requérant aucun déplacement et qu'un temps réduit. Le vote devient, contrairement à la tradition du bureau de vote, un acte solitaire. Or, comme le soulignent Yves Déloye et Olivier Ihl, le bureau de vote, espace spécialement aménagé à cette fin avec son matériel propre, permet de fixer des attitudes et de matérialiser des valeurs : « le contact avec l'urne apparaît bien comme le moment où l'élection sort le plus du monde profane pour pénétrer dans le cercle des choses sacrées ». Ils ajoutent que « voter, c'est dépasser l'expression d'une « opinion » singulière pour prendre place dans un processus plus large : la fabrique d'une décision collective ». Cette fonction est parfaitement illustrée par l'enveloppe qui, tout juste introduite dans l'urne par l'électeur, vient s'agréger aux autres enveloppes desquelles sortira une décision collective. Le vote à distance brise évidemment ce cérémonial républicain. Comme le redoute M. Gilles Toulemonde lors de son audition, l'acte de vote peut ainsi être relégué au rang d'acte de la vie courante que l'internaute accomplit, parfois en parallèle, d'autres activités depuis son écran. »
Alain Anziani, Antoine Lefèvre, « Rapport d'information sur le vote électronique », Sénat, 9 avril 2014.
« L'acte de voter est désacralisé. De collectif, avec tout le symbolisme du bureau de vote, il se déplace dans l'espace privé qu'est le domicile. Ou pour être plus trivial, va-t-on voter entre une commande à la Redoute et un SMS à la Star'Ac ? »
Association Ordinateurs de vote, « Pourquoi le vote par Internet est déraisonnable », 26 novembre 2007.
« La plus grande préoccupation sociale est peut-être la menace de désintégration de capital social ou de vie civique. D'après certains, la prolifération de services électroniques pour électeurs pourrait altérer la nature de la participation en encourageant les gens à voter seuls plutôt qu'avec d'autres dans un lieu de vote. Cela présenterait un risque d'érosion pour la vie civique, les réseaux sociaux locaux et les groupes liés aux élections. »
Élections Canada, « Une analyse comparative du vote électronique », 13 juin 2014.

Le vote dans l'urne transparente et le dépouillement font partie du cérémonial républicain

Page détaillée
Le vote dans l'urne transparente et le dépouillement font partie du cérémonial républicain
[ Modifier ]
« Le droit électoral impose diverses mesures destinées à protéger l'expression du suffrage. L'ensemble se concrétise dans des procédures qui instituent un rituel du vote : collation des bulletins et de l'enveloppe à l'entrée dans le bureau, passage par l'isoloir, introduction de l'enveloppe dans l'urne et prononcé par le président du bureau de vote de la formule consacrée : « a voté ». Ce formalisme confère à l'exercice du devoir électoral une solennité qui traduit la gravité de l'acte : désigner ceux auxquels le peuple confie la souveraineté pour gouverner. Ce cérémonial disparaît lors du vote par machine qui, comme le relevait le professeur Jean Gicquel, banalise l'opération électorale, voire, selon M. Gilles Toulemonde, désacralise le vote. »
Alain Anziani, Antoine Lefèvre, « Rapport d'information sur le vote électronique », Sénat, 9 avril 2014.
« Une élection est l'un des trop rares moments où la politique prend du sens pour la population d'un pays. Ensemble nous choisissons notre avenir. Le déplacement au bureau de vote, le bulletin mis dans l'urne, le comptage des bulletins constituent des moments de la démocratie. Avec la machine à voter c'en est fini de l'urne transparente qui rend compte du vote de chacun, du comptage public par table de quatre. »
« La participation aux opérations qui se déroulent dans un bureau de vote, que l'on soit assesseur, scrutateur ou simple électeur, associe les citoyens à une sorte de liturgie républicaine. L'intrusion des machines à voter dépossède les citoyens de tout cela. Elle rend opaque ce qui était visible. Elle leur confisque un sacerdoce partagé. Elle met fin à une « communion citoyenne ». Elle prive le corps électoral de la surveillance collective des opérations dans lesquelles s'incarne le suffrage universel. Elle rompt le lien sensoriel et symbolique que la pratique « manuelle » du vote et du dépouillement avait tissé. »
Conseil constitutionnel, « Bilan du second tour et décision de proclamation », 10 mai 2007.

[ + Ajouter un sous-argument ]

Objections

[ + Ajouter une objection ]

Références

[ + Ajouter une référence ]


Débat parent