Le revenu de base permet de se libérer du travail aliénant

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Résumé

En offrant aux individus un revenu suffisant pour bien vivre sans travailler, le revenu de base facilite grandement le refus du travail, entendu en son sens étymologique de tripalium, de torture. Le revenu de base est une condition essentielle de l'émancipation du travail aliénant, le travail salarié.

Citations

« En fin de compte, une baisse soutenable de l'activité n'est envisageable qu'à moyen terme, laissant le temps à la société d'opérer progressivement sa mutation. Or, cette mutation est précisément l'objectif avoué du revenu inconditionnel. Cette mesure révolutionnaire vise à changer notre rapport au travail, à nous libérer de l'aliénation au travail et à la consommation, à réduire la place du travail dans nos vies. Ainsi, si plus personne ne veut travailler, tant mieux, peut-être pourrons-nous enfin cesser de perdre notre vie à la gagner... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

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Sous-arguments

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Objections

Tout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Un risque de désocialisation, ennui et dépression

Le travail est un moteur important d'inclusion sociale et de satisfaction personnelle, le fait de ne pas travailler suscitant souvent un sentiment d'inutilité, comme l'attestent les sondages interrogeant les chômeurs
Voir le sondage IPSOS daté du 3 mai 1994, Paroles de chômeurs.
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Un temps libre imprégné de la logique productive du travail

Il ne suffit pas d'un revenu de base décent pour se libérer de l'emprise du travail salarié : les temps sociaux hors du travail, le « temps libre », sont dans notre société toujours conditionnés par les logiques du travail salarié.
« [P]our qu’advienne le « royaume de la liberté », il faut que les principes de fonctionnement du travail nécessaire aient été bouleversés. On ne peut être libéré de l’asservissement du salariat seulement à mi-temps : être exploité, contraint à un travail aliéné, ne serait-ce que deux heures par jour, c’est être asservi le reste du temps. Tout projet d’abandonner à ses maîtres actuels la sphère du travail salarié pour se libérer en dehors du travail, est par conséquent un mirage. Le temps libéré ne peut devenir un temps libre que si sa logique réussit à contaminer l’organisation du travail dans tous ses aspects. Les chômeurs, les précaires, les exclus ne sont évidemment pas plus libres parce qu’il sont moins longtemps salariés que les autres travailleurs. »

Ne pas se libérer du travail mais du capitalisme

Ce n'est pas le travail en soi qui est aliénant, mais le travail tel qu'il est conçu dans la société capitaliste. Si les travailleurs pouvaient s'approprier le produit de leur travail et en décider collectivement le devenir, leur travail n'aurait pas du tout le même sens et pourrait n'induire ni exploitation ni aliénation.

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Références

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