Le revenu de base permet de négocier de meilleures conditions de travail

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Résumé

En offrant aux individus un revenu suffisant pour bien vivre sans travailler, le revenu de base change le rapport de force entre employeurs et employés, en faveur des employés : ces derniers pourraient alors négocier des salaires plus attractifs et de meilleures conditions de travail.

Citations

Collectif de l'initiative citoyenne européenne

« Un revenu de base inconditionnel, permettant la réduction et la redistribution du temps de travail, facilitera une nouvelle forme de plein emploi, avec création de postes de travail supplémentaires. Cette offre d’emplois supplémentaire renforcera le pouvoir compensatoire des salariés et leur permettra de négocier des meilleures conditions de travail et d’existence. »
Collectif de l'initiative citoyenne européenne, « Initiative citoyenne européenne pour un revenu de base inconditionnel ».

Fondation du revenu de base global

« L'obligation formelle de travailler et la dépendance au travail pour un revenu donne aux employés une position de négociation faible vis-à-vis des employeurs. Cela obstrue le libre fonctionnement du marché du travail. Un revenu de base donnera aux employés une position plus égale de négociation. Cela conduira à de meilleures conditions de travail, et des salaires plus justes. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».

Mouvement Utopia

« Chaque citoyen a droit au revenu universel et le touche sans avoir à apporter de justification. Puisqu’il n’est pas contraint de travailler et n’est plus mis en concurrence avec une masse de chômeurs, le salarié peut mieux négocier ses conditions de travail. Alors que le travailleur est aujourd’hui contraint d’accepter les conditions d’embauche et de travail fixées par l’employeur, le revenu universel permet d’inverser le rapport de force et d’aller vers une activité choisie plutôt que subie. »
Mouvement Utopia, Le travail, quelles valeurs ? Idées reçues et propositions, p.65, Utopia, Paris, 2012.

Philippe Van Parijs, Yannick Vanderborght

« Le pouvoir collectif des organisations syndicales sort renforcé : il suffit de songer à la différence que représente une allocation universelle significative, en termes de rapports de force, en cas de grève de longue durée. »
Philippe Van Parijs, Yannick Vanderborght, L'allocation universelle, p.81, La Découverte, Paris, 2005.

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Sous-arguments

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Objections

Tout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Une extension de la précarité

Si le montant du revenu de base est peu élevé, la généralisation du travail précaire a un coût social fort. Il s'agit dans ce cas d'une régression sociale, contre laquelle il s'agit justement de lutter.
« Un revenu de base dérisoire ne permettrait pas de refuser un emploi précaire ou trop mal payé. La « sécurité » des quelques centaines d’euros qu’il apporterait justifierait aux yeux des employeurs l’extension de toutes les formes d’emplois précaires et la baisse des salaires. La « flexisécurité » ainsi instaurée favoriserait la disparition de l’emploi statutaire ou à durée indéterminée, au profit du temps partiel imposé, de contrats courts, du recours généralisé aux « emplois Uber » et aux « auto-entrepreneurs ». Ces deux dernières « nouveautés » constituent en fait un retour aux formes les plus archaïques de l’exploitation, celles du « journalier » (fût-il un travailleur « intellectuel ») contraint de vendre individuellement sa force de travail sur le marché, sans aucune des garanties collectives qu’ont pu acquérir les salariés. »
Jean-Claude Laumonier, « Le revenu de base ou l’ombre de l’émancipation », 2016/10/01.

Une situation favorable aux employeurs

« Le revenu de base est alternativement présenté selon les auteurs comme favorable aux employés ou aux employeurs, dans la négociation salariale. Il agirait respectivement comme un revenu d’appui pour l’offre de travail des salariés ou comme un effet d’aubaine pour la demande de travail par les entreprises, ces dernières ajustant alors les salaires à la baisse. Dans le premier cas, les salariés pourraient négocier leur contrat plus librement […]. Dans le second cas, le risque est que les entreprises convertissent le revenu de base en marges supplémentaires, aboutissant à une dégradation des relations de travail si le salaire minimum n’existe plus. »
Groupe de travail Revenu universel de la Fondation Jean-Jaurès, « Le revenu de base, de l’utopie à la réalité ? », 2016/05/22.

Une situation irréaliste

Instaurer un revenu de base favorable à la population repose sur une inversion du rapport de force qui est tellement éloignée de la situation présente qu'elle nécessiterait, pour être réalisée, des luttes sociales d'ampleur qui ne semblent pas être au goût du jour.
« L’allocation universelle de solidarité au moins égale au salaire minimum garanti signifierait une socialisation généralisée du salaire contre les intermittences du travail. Inutile de préciser qu’il faudrait pour l’arracher un rapport de force extraordinairement favorable, alors que, dans la plupart des pays, l’heure est à la défense de la sécurité sociale, des minima sociaux, au refus de remettre en cause le salaire minimum, face aux assauts du patronat contre les solidarités acquises. Dans ce contexte concret, il est dangereux de jouer avec des revendications assez imprécises pour se prêter à des interprétations opposées. »

Une baisse de la compétitivité économique

Si tous les citoyens d'un pays reçoivent un revenu de base suffisant pour vivre sans travailler, de nombreux emplois à bas salaire risquent d'être délaissés. Une conséquence probable est que pour attirer les gens à ces emplois, les employeurs doivent augmenter les salaires. Il en résulte pour les entreprises de ce pays une baisse de compétitivité économique, dommageable pour l'économie nationale.

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Pour aller plus loin

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