Le revenu de base apporte plus de liberté

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat Faut-il instaurer un revenu de base ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Le revenu de base apporte de meilleures conditions de vie
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Le revenu de base réduit la peur du chômage
Le revenu de base ne stigmatise pas ses bénéficiaires
Le revenu de base apporte plus de liberté
Le revenu de base permet de lutter contre la pauvreté
Le revenu de base apporte plus de temps libre
Le revenu de base ne peut tenir ses promesses que s'il est d'un montant suffisant
Le revenu de base favorise la solitude, l'ennui et la dépression
Le revenu de base harmonise par le bas le revenu des chômeurs et des retraités
L'instauration d'un revenu de base risque de dégrader les conditions de travail
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Présentation de l'argument

En donnant à chacun les ressources monétaires pour bien vivre sans travailler, le revenu de base rend les individus plus libres d'accepter ou non un emploi, de réduire ou non leur temps de travail et de s'adonner à des activités librement choisies. De même, il offre une autonomie financière à toutes les personnes (notamment les femmes et les étudiants) qui souhaitent s'émanciper de leur conjoint ou de leur famille.

Citations

« Nous souhaitons apporter à chacun la sécurité fondamentale lui permettant de disposer pleinement de sa liberté et d’effectuer ses propres choix. Si la société me garantit le financement de mes besoins primaires, je suis mieux à même de décider de ma vie comme je l’entends, sans être à la merci des caprices d’un employeur ou de l’aumône de l’Etat. Cette sécurité est le pendant de la responsabilité puisqu’elle doit libérer les individus du besoin et le Gouvernement de l’obligation de multiplier sans fin les allocations diverses colmatant un patchwork social inefficace. Un revenu minimum, se substituant au maquis actuel des allocations et aides diverses, dote chacun d’un stock suffisant de liberté de (de travailler ou de ne pas travailler, d’avoir ou non une famille, de choisir son mode de vie) pour permettre de garantir à tous les libertés à (à conclure volontairement toute forme de contrat, à disposer de son corps, à jouir pleinement de ses propriétés) 3 . En un sens, le revenu minimum permet de dépasser à la fois le discours sur l’assistanat, en établissant un mécanisme transparent et identique pour tous, et celui sur la solidarité, en garantissant un filet de sécurité tel que la vaste majorité des autres allocations puissent être supprimées. Il assure à chacun les moyens de sa dignité sans chercher à influencer les comportements ni à contraindre l’activité économique. »
Marc de Basquiat, Gaspard Koenig, LIBER, un revenu de liberté pour tous, Editions de l'Onde, 2015/03/01.

« Un revenu de base libère les personnes de l'obligation formelle de travailler. Il permet à chacun de choisir librement quel travail il veut effectuer. L'obligation formelle de travailler et la dépendance totale au travail pour un revenu constituent des atteintes aux valeurs démocratiques et à la dignité humaine. En conséquence, beaucoup de personnes sont malheureuses dans leur travail : à cause de mauvaises conditions de travail et de sous-paiement, ou parce que le travail qu'elles doivent faire ne correspond pas à leurs capacités ou leurs aspirations, idées et valeurs. Un revenu de base donnera la liberté aux personnes de choisir le travail qu'elles veulent vraiment faire. »
Fondation du revenu de base global, Un revenu de base global.
« [L]e revenu inconditionnel est un facteur d'émancipation des individus dont il favorise l'autonomie sociale et financière. Libéré du souci constant de la survie et de la contrainte du travail, chaque citoyen pourrait se consacrer aux activités de son choix et donner libre cours à ses envies. Par ailleurs, étant versé à titre individuel, le revenu inconditionnel pourrait avoir un impact décisif sur l'émancipation des femmes notamment, en favorisant leur indépendance financière. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

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Sous-arguments

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Objections

Tout dépend du montant

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Le revenu de base ne peut tenir ses promesses que s'il est d'un montant suffisant
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Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Un danger pour l'autonomie des femmes

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Le revenu de base représente un danger pour l'autonomie des femmes
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La faiblesse des salaires féminins, ainsi que la domination des représentations qui attribuent aux femmes la principale responsabilité dans l'éducation et les tâches domestiques, restent des obstacles au travail féminin. Instaurer un revenu de base comporte alors le risque d'inciter un grand nombre de femmes à adopter le rôle de mères au foyer, comme l'exemple de l'Allocation parentale d'éducation tend à le montrer.
« Souvent et longuement détaillée dans ses différentes versions (avec ou sans condition d’âge, de revenu, etc.), l’abondante littérature sur le sujet est toutefois silencieuse sur la question de la différenciation sociale entre les sexes. Pourtant, sauf à croire qu’une mesure de type allocation universelle aura un effet identique pour les hommes et pour les femmes, l’enjeu est d’importance : comme on va le voir, il n’y a qu’un pas de l’allocation universelle (en principe ouverte à tous) au salaire maternel (qui confine les femmes au foyer) ; et le risque de dérive n’est pas imaginaire, comme le montre l’exemple de l’APE (allocation parentale d’éducation). […] Après avoir continûment augmenté durant des années, le taux d’activité des mères de deux jeunes enfants a brutalement chuté sous l’effet de l’extension de l’APE, passant de 69 % en 1994 à 53 % en 1997. Depuis 1994, sur un total de plus de 500 000 bénéficiaires, 200 000 à 250 000 mères de famille se seraient retirées du marché du travail pour « choisir » l’APE. L’effet de l’APE est donc indéniable : ce dispositif a incité certaines femmes à se retirer (provisoirement) du marché du travail. »
Anne Eydoux, Rachel Silvera, « De l'allocation universelle au salaire maternel, il n'y a qu'un pas... à ne pas franchir », Appel des économistes pour sortir de la pensée unique, Syros, 2000.
« Que signifierait pour l’autonomie des femmes, pour leur place dans la famille et dans la société, pour la répartition des rôles familiaux et sociaux, un revenu généralisé déconnecté de l’emploi ? N’y a-t-il pas là, compte tenu de la faiblesse des salaires féminins (les femmes constituent la grande majorité des salariés au SMIC), de la persistance des représentations sociales attribuant aux femmes la responsabilité principale dans les tâches domestiques et l’éducation des enfants, ainsi que de l’idéologie du salaire d’appoint, le risque de voir remettre en cause l’autonomie conquise, même difficilement par l’accès au travail salarié ? Et le risque de voir se mettre en place une forme non dite de salaire maternel ? […] Il y a donc une « pente », non pas naturelle mais socialement construite, pour qu’un revenu inconditionnel déconnecté de l’emploi se transforme en salaire maternel, dans le contexte des rapports sociaux et des représentations idéologiques actuels. »
Stéphanie Treillet, « Revenu d’existence : un danger pour l’autonomie des femmes », texte de discussion de la commission Genre d'Attac.

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Références

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Débat parent