Le rôle politique des étudiants a changé depuis les années 1960

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Dans la société actuelle du troisième âge du capitalisme, en revanche, la situation de l’intelligentsia s’est radicalement modifiée. Depuis 1965-1966 il n’y a guère eu de grève en Europe occidentale sans que des étudiants n’y soient intervenus aux côtés des grévistes, soit en la soutenant, soit même en la déclenchant ou en l’organisant : on leur reproche à présent d’être des agitateurs et de vouloir « provoquer des grèves » là où les ouvriers eux-mêmes n’y sont pas encore suffisamment préparés. On ne trouve pas un seul exemple, au cours des cinq dernières années, dans un quelconque pays impérialiste, y compris les Etats-Unis et le Japon, où les étudiants et l’intelligentsia technique soient intervenus pour briser une grève. En tout cas on ne peut parler d’un glissement à droite, d’une prédominance d’extrémistes de droite dans les milieux étudiants et universitaires ; la tendance générale va, au contraire, en sens inverse. Les faits témoignent d’un changement fondamental du rôle de l’intelligentsia. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Sous-arguments [ modifier ]

Le mouvement étudiant a été un soutien de premier ordre aux luttes anti-impérialistes dans le monde

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Le mouvement étudiant peut être un soutien de premier ordre aux luttes anti-impérialistes dans le monde
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« Ce qui se passa à Columbia, où la question de l’oppression de la communauté noire fut posée par les « étudiants rebelles », ressemble à ce qui s’est passé dans le mouvement étudiant européen, du moins parmi les éléments les plus avancés qui étaient très sensibles aux problèmes des secteurs les plus exploités du système capitaliste mondial. Ils engagèrent des actions de solidarité avec les luttes révolutionnaires d’émancipation des peuples des pays sous-développés ; avec Cuba, le Vietnam et d’autres parties opprimées du Tiers Monde. L’identification des fractions les plus conscientes du mouvement étudiant français avec la révolution algérienne, avec la lutte d’émancipation des Algériens contre l’impérialisme français, joua un très grand rôle. Ceci fut sans aucun doute le premier cadre dans lequel une véritable différenciation politique eut lieu sur la gauche du mouvement étudiant. Les mêmes étudiants jouèrent plus tard le rôle d’avant-garde dans la lutte pour la défense de la révolution vietnamienne contre la guerre d’agression de l’impérialisme américain. En Allemagne, cette sympathie pour les peuples coloniaux eut un point de départ assez exceptionnel. La grande révolte étudiante surgit lors d’une action de solidarité avec les travailleurs, paysans et étudiants d’un autre pays du prétendu Tiers Monde, l’Iran, lors de la visite du shah d’Iran à Berlin. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Le mouvement étudiant a joué le rôle de détonateur en 1968

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Le mouvement étudiant peut jouer le rôle de détonateur
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« Est-il nécessaire de rappeler que la révolte étudiante à Paris en mai 1968 avait comme objectif immédiat la libération de quelques étudiants arrêtés par la police ? Si ce mouvement de protestation a pu déboucher sur la Nuit des barricades, sur l’énorme manifestation ouvrière de solidarité avec les étudiants, puis sur la grève générale avec occupation des usines, la raison ne peut se trouver dans la nature sociale du milieu étudiant, et moins encore dans la nature de la revendication qui a déclenché le mouvement. Elle est dans la fonction de détonateur qu’un nouveau mouvement politique de masse peut jouer dans une conjoncture sociale et politique particulière. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.
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« Pourquoi, à certains moments, le mouvement étudiant peut-il jouer un rôle de révélateur et de détonateur de mouvements de rébellion sociale beaucoup plus larges ? Avant tout parce qu’il est un mouvement de masse d’une telle ampleur que son action a nécessairement un impact sur l’ensemble de la société. Nous avons là un nouveau résultat de l’explosion universitaire et de la croissance qualitative de cette masse étudiante, dont nous avons signalé les origines dans les besoins de néo-capitalisme, donc dans l’évolution du mode de production capitaliste lui-même. Quelques milliers d’étudiants qui manifestent peuvent passer inaperçus. Trente mille étudiants qui construisent des barricades dans le centre de Paris ne le peuvent pas. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

Les intellectuels ne défendent plus le capitalisme comme ils l'ont défendu dans le passé

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Les intellectuels ne défendent plus le capitalisme comme ils l'ont défendu dans le passé
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Les intellectuels défenseurs du capitalisme ne sont plus salariés par les entreprises mais par l'État
La critique du capitalisme n'est dans les années 1960 plus seulement théorique mais pratique
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« On ne trouve plus guère d’apologistes inconditionnels du capitalisme, dans les universités, les bureaux des rédactions économiques et même dans les services de direction technique patronaux. Au mieux, ils défendent le capitalisme comme un moindre mal par rapport au communisme « inhumain » et « hostile aux chrétiens » ou comme une structure sociale qui doit progressivement évoluer vers un nouveau système social, mais jamais comme une forme de société idéale. Les intellectuels défenseurs du système tenteront donc de ne plus jouer un rôle principalement apologétique, mais un rôle pragmatique. Il suffit de comparer les cours d’économie politique du XIXe siècle avec ceux de la deuxième moitié du XXe pour s’apercevoir des modifications intervenues. Alors que, dans le siècle passé, aucun professeur bourgeois d’économie politique n’a pratiquement soulevé le problème du chômage — et s’il en était question, c’était pour en limiter l’importance en le réduisant à un défaut occasionnel d’une économie politique n’ayant pas encore entièrement atteint un système de libre concurrence. Aujourd’hui, les professeurs d’économie politique ne se posent plus la question de l’existence ou non du chômage dans le capitalisme, mais la question de la manière selon laquelle il s’agit de diriger l’économie pour avoir le moins de chômage possible, ou mieux : pour atteindre le niveau d’emploi le plus élevé possible. Ce changement de position de l’intelligentsia, y compris les défenseurs de l’État et de la société, abandonnant l’apologie pure et simple pour la « réforme », non pas au vrai sens du terme mais au sens pragmatique et technocratique, se reflète évidemment dans son attitude vis-à-vis de la société existante : la « réforme » correspond objectivement à la fonction de cette couche telle qu’elle se reflète dans sa conscience. »
Ernest Mandel, Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, Paris, 1979.

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Objections

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Références

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