Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers

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pouce d'argument Cet argument est une objection dans le débat Dieu existe-t-il ? (nouvelle version)
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à Dieu est la cause première de l'univers
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Il ne peut y avoir une infinité de causes
Il ne peut y avoir un passé infini
L'univers a commencé d'exister avec le Big Bang
Il ne devrait exister rien exister
L'univers n'a pas de cause ni de raison d'être
Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers
L'univers s'est créé à partir de rien
L'univers n'a pas de commencement
L'univers est contingent
La cause première est le Big Bang
La cause première est un point immatériel
Tout a une cause, et Dieu en particulier
Il n'y a pas de raison que ce soit Dieu la cause première
La cause première est inconnaissable
et Tout a une cause, et Dieu en particulier
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers
Ce n'est pas « tout » mais « tout effet » qui a une cause
Dieu est hors du temps, donc sans cause
Le monde a eu un commencement et par conséquent a une cause première
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Présentation de l'argument

* On ne peut parler de causalité pour l'univers car la causalité est une notion qui est le fruit de nos habitudes issues de nos sens (Hume)
  • Le principe de causalité ne s'applique que dans le monde sensible (Kant)
  • Sophisme de composition (Russell)

Citations

« Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties. »
David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, 9e partie.
« J’ai dit un peu plus haut que, dans cet argument cosmologique, se cachait toute une nichée de prétentions dialectiques que la critique transcendantale peut aisément découvrir et détruire. Je vais maintenant me borner à les indiquer et laisser au lecteur déjà exercé le soin de scruter plus à fond et de réfuter les principes illusoires. On y trouve donc, par exemple : 1° le principe transcendantal qui nous fait conclure du contingent à une cause, principe qui n’a de valeur que dans le monde sensible, mais qui n’a plus même de sens hors de ce monde. Car le concept purement intellectuel du contingent telle que celle de la causalité et le principe de cette dernière n’a aucune valeur ni aucun critérium de son usage ailleurs que dans le seul monde sensible ; or, ici, il devrait servir précisément à sortir du monde sensible. 2° Le principe qui nous sert à conclure de l’impossibilité d’une série infinie de causes données les unes au-dessus des autres dans le monde sensible à une première cause, principe dont les principes de l’usage ne nous autorisent pas à nous servir même dans l’expérience et qu’à plus forte raison nous ne pouvons pas étendre au-delà de l’expérience (là où cette chaîne ne peut pas être prolongée). »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, A 609.

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Sous-arguments

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Objections

Le sophisme de composition n'est pas un sophisme

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Le sophisme de composition n'est pas un sophisme
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« Cet argument consiste en fait à accuser le métaphysicien de commettre un « sophisme de composition », c’est-à-dire l’erreur de raisonnement qui consiste à attribuer au tout une propriété qui n’appartient qu’aux éléments, comme lorsqu’on dit : « Chaque grain de sable est léger, or le tas de sable est léger, donc le tas de sable est léger. » Certains disent que l’on commet le même sophisme avec la causalité en disant : « Chaque phénomène a une cause, or l’univers est constitué de la totalité des phénomènes, donc l’univers a une cause » […] Mais nous n’avons pas commis cette erreur. Nous ne déduisons à aucun moment que parce que les éléments de l’univers ont une cause, l’univers doit en avoir une ; nous nous bornons simplement à poser la question de savoir si l’univers a une cause. En outre, ceux qui accusent les métaphysiciens de sophisme de composition font eux-mêmes une erreur de raisonnement : car ils semblent considérer qu’il est toujours illégitime d’attribuer au Tout une propriété des éléments. Mais ce n’est pas le cas. Il y a des propriétés qui disparaissent en s’agrégeant et d’autres qui s’additionnent sans disparaître. Ainsi ne commet-on pas d’erreur matérielle en disant : « Tous les grains de sable sont jaunes, or le tas de sable est uniquement constitué de grains de sables, donc le tas de sable est jaune. » »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.39-40, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
« Nous avons déjà discuté cette objection dans notre chapitre sur Kant ; il nous suffira ici de rappeler que si certaines propriétés disparaissent dans l’agrégation, d’autres s’y conservent. Or, la dépendance existentielle est du second type : si chacune des parties d’un être est totalement dépendante (dans la moindre de ses composantes) de l’existence d’une autre partie de ce même être, il va de soi que rien n’existe par soi-même au sein de cet être. Or, si aucune des parties d’un être n’existe par elle-même, on peut conclure sans sophisme que cet être n’existe pas par lui-même. Exactement comme il n’y aucun sophisme à considérer que si chaque carreau d’une salle de bain est bleu, la salle de bain est bleue. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.104-105, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Il faut suivre le principe de vérité de nos sens

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Sans cause première, la série des causes ne peut être expliquée

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Sans cause première, la série des causes ne peut être expliquée
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« Peut-on affirmer que l’existence de la totalité des éléments est expliquée, l’existence de chaque élément étant expliquée par un autre ? Là aussi, il faut répondre par la négative. Car il faudrait affronter cette contradiction, à savoir qu’une totalité trouverait en elle-même l’explication de son existence, alors qu’aucun de ses éléments ne trouve la sienne en lui-même. Si l’existence de chaque élément de la série est intégralement dépendante d’un autre élément de la série, l’existence de la série tout entière se trouve causalement infondée. C’est un peu comme si l’on expliquait la présence du reflet d’une chose dans un miroir par l’action d’un précédent reflet de cette chose dans un autre miroir, ad infinitum, sans jamais poser l’existence de la chose reflétée. Ce type d’explication revient à résoudre un problème en le poussant sous le tapis. Or, c’est ce que se borne à faire l’explication scientiste de l’existence de la totalité, qui présuppose constamment l’existence de ce qu’elle prétend expliquer. Elle s’en tient en effet à décrire une chaîne infinie d’êtres qui ont tous reçu l’existence sans qu’aucun ne la détienne jamais par soi. Dès lors, la série tout entière a besoin d’une cause, qu’elle peut trouver en elle-même, puisque rien en son sein n’existe par soi. Le fait que les parties soient en nombre infini ne change rien à l’affaire. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.102-103, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
« Voyons de plus près comment démontrer que la régression à l’infini ne peut pas rendre compte de l’existence d’une série. Admettons une infinité réelle d’états du monde le long de la ligne du temps. Admettons, comme le suggère le scientisme, que chaque état antérieur rende vraiment compte de l’existence de l’état suivant (c’est nécessairement la thèse implicite du scientisme, qui prétend rendre ainsi compte de l’existence même de l’univers et non seulement de son état). Numérotons-les à partir du présent, en allant vers le passé : e(0), e(-1), e(-2), e(-3), etc. On peut alors affirmer que, selon le naturalisme, tout état donné du monde est causé par l’état qui le précède. En outre, il y a autant d’états pairs que d’états impairs, c’est-à-dire une multitude réellement infinie (que l’on note traditionnellement N0). Faisons ensuite deux ensembles : celui des états pairs et celui des états impairs. Pour tout élément de l’ensemble des états pairs, il existe un élément de l’ensemble des états impairs qui en est la cause : e(-5) cause e(-4), e(-3) cause e(-2), etc. On pourra donc dire que l’ensemble des états impairs est la cause de l’ensemble des états pairs. Mais, la chaîne étant infinie, il est également vrai que l’ensemble des états pairs est la cause de l’ensemble des états impairs. Nous nous retrouvons donc dans un cas de causalité circulaire. Or, si l’on prétend vraiment rendre compte de l’existence des choses, la causalité circulaire n’explique rien puisqu’elle suppose que chacun des effets se précède lui-même pour causer sa propre cause. En effet : si A est cause de B et B cause de A, alors A est cause de A. Ce qui nous ramène ici à la cause de soi, qui est inconsistante. Une interaction entre deux choses déjà existantes est tout à fait possible, mais une causalité productrice réciproque, qui rende compte de l’existence des choses, notion bien différente, ne l’est évidemment pas. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.107, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

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Références

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Débat parent