Le néolibéralisme va-t-il s'effondrer ?

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Sommaire

Introduction

Après la chute du Mur de Berlin et la fin de l'URSS, le monde semblait s'unifier sous l'égide de l'économie de marché et de la démocratie parlementaire ; un penseur comme Francis Fukoyama prédisait "la fin de l'Histoire". Sans l'opposition du bloc communiste, le monde libéral semblait avoir gagné la partie, imposant son modèle de développement à toute la planète. Non seulement sur le plan international, mais sur le plan intérieur, faute d'une société fonctionnant sur des bases non capitalistes, les opposants politiques se sont plus ou moins résignés à l'économie de marché (disparition des grands partis communistes dans les années 80, passage au social-libéralisme des partis socialistes).

Aujourd'hui, on constate la domination planétaire de l'économie de marché, qui impose ses traités, son modèle de consommation, et dévaste la planète. L'opposition surgit, encore peu organisée, n'ayant pas de pays-modèle à proposer. Mais ce qui donne la force à cette opposition disparate (qui va des écologistes aux révolutionnaires, des anarchistes aux alternatifs, des Indignés aux mouvements associatifs de terrain...), c'est sa certitude que le néolibéralisme va s'effondrer par ses contradictions internes. Au moment même où il semble le plus fort, où il a "tout gagné" et où ses opposants semblent marginaux, il est miné et se révèle une impasse : crise écologique majeure ou succession de dégradations sociales, crise systémique de la finance, chômage de masse, réchauffement climatique... Chacune de ces menaces, prise isolement, compromet le modèle néolibéral ; mais de plus, elles se cumulent et convergent, condamnant le néolibéralisme à court terme, disent ses détracteurs. Est-ce vraiment le cas ? Le néolibéralisme n'est-il qu'une brève parenthèse de l'histoire humaine ?

Arguments POUR

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} L'économie mondiale va vers un grand krach

La dette progresse sans cesse, des pays comme l'Italie sont au bord de la faillite. L'Europe peine à maintenir la Grèce sous perfusion, en demandant des sacrifices toujours plus insupportables. Un tel système ne peut pas durer et un crack boursier, commençant par un défaut de paiement d'un "petit" pays, est une menace permanente.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La financiarisation est artificielle

Il y a un gouffre entre l'économie réelle (usines, bâtiments, productions etc.) et les chiffres avec lesquels l'économie financière jongle. Ces chiffres ne correspondent plus qu'à des jeux d'écritures sur des valeurs virtuelles. Un tel système de plus en plus décalé avec les biens concrets suscite des bulles artificielles qui éclatent et ruinent les économies réelles.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La course au profit détruit notre santé

L'ultralibéralisme suscite des conditions de pollution de plus en plus grandes, qui affectent la santé animale et humaine. Les maladies environnementales se multiplient (cancers de la prostate et des seins, malformations à la naissance, voire autisme ou alzheimer...), entraînant des dépenses de santé toujours plus importantes et raccourcissant la durée et la qualité de vie. Le néolibéralisme est tout simplement invivable, et il va devoir cesser si l'on veut survivre.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les inégalités progressent

Au lieu de répartir la richesse et de permettre un développement des classes moyennes, l'ultralibéralisme augmente la précarité des employés (dérégulation de la loi travail, überisation de l'économie), lamine les classes moyennes (frais de santé plus élevés, augmentation des loyers et de l'immobilier, impôts) pendant qu'une ultra-minorité s'enrichit.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le néolibéralisme est insupportable moralement

Chaque année, des millions de personnes meurent de famine ; pour produire à bas coût, le travail des enfants ou un véritable esclavagisme mondial sévit. Les multinationales pillent les pays du Sud et l'exploitation des classes dominées perdure au Nord. Le sentiment d'indignation morale ne peut que se répandre et les citoyens exiger la mise en oeuvre d'une politique moins injuste et moins dévastatrice.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La croissance infinie est une illusion

Le néolibéralisme fonctionne avec l'idée d'une croissance indéfinie, seul moyen d'assurer du travail et un minimum vital aux plus pauvres : produire toujours plus. Sur une planète aux ressources limitées, cette conception est aberrante. On sait déjà que pour que les habitants de la terre pussent vivre comme des Européens, il faudrait plusieurs planètes. On ment donc aux pays pauvres en leur "vendant" le modèle néolibéral.

"Une vie, c’est beau ; vingt milliards de vies, c’est vingt milliards de fois plus beau et vaut bien des métros plus pleins, quelques éoliennes sur le Mont Saint Michel, une exploitation intensive de la forêt amazonienne."

Duits et Barbier, La Logique de la Bête, éditions de l'éclat 2014.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le réchauffement climatique

Le capitalisme fonctionne sur une économie-carbone qui accélère le réchauffement climatique. Ce modèle économique ne pourra pas continuer sans énergie-carbone ; il devra profondément se modifier, et cette modification touchera au coeur du système : fin des circuits longs et relocalisation, fin du jetable, agriculture bio, arrêt du consumérisme pour la frugalité, etc. On va nécessairement vers la décroissance.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} La pollution de l'eau, de la terre, de l'air

La pollution des sols est telle, tout comme la disparition des terres agricoles, que la possibilité de nourrir les terriens risque d'être compromise. On doit donc nécessairement passer à un autre rapport à la terre, à une agriculture différente, etc. Il en va de même pour l'air et l'eau. Ces contraintes écologiques obligent à changer de système sous peine d'être empoisonnés.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le système fonctionne en dépit du bon sens

Au lieu d'utiliser les machines et l'informatisation pour se libérer et gagner en temps libre et en qualité de la vie, on est devenu esclaves de nos propres créations. La mondialisation crée une classe d'insiders, qui perdent leur vie à la gagner, pendant que les exclus survivent dans des conditions précaires. De plus, l'absurdité règne : au lieu de consommer des produits locaux, on fait venir de la viande d'Amérique du Sud et des ampoules de Chine ; on produit des millions de tonnes de déchets, il y a un continent de plastique dans les océans ; on jette 1/3 de notre nourriture alors qu'il y a des famines ; on est malade de "surnutrition" au Nord et de sous-nutrition au Sud ; etc.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} L'ultralibéralisme n'arrive pas à s'autoréguler

Loin d'établi des règles prudentielles, les banques continuent à spéculer. Tout le système financier repose sur des "bulles" artificielles, et une gestion irrationnelle. Malgré la crise de 2008, les banques de dépôt et les banques financières n'ont pas été séparées, ce qui met les économies des citoyens à la merci des aventuriers de la finance.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Anomie, mal-être

Plus les pays se développent, plus le mal-être progresse : les européens consomment des neuroleptiques, les addictions se multiplient, les gens fuient devant leurs ordinateurs et leurs jeux vidéos, ou dans la consommation de cannabis voire de cocaïne. Cette société à deux vitesses est un échec : stressante pour les uns (insiders surbookés, qui travaillent à un rythme intense) et déprimante pour les autres (exclus, relégués, qui peinent à se soigner et à se loger).

La plupart des gens errent ou aspirent à autre chose : retrouver un idéal, une tradition mythifiée.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Le néolibéralisme mène à la violence et au chaos

Augmentant la précarité et les inégalités, tout en amenuisant les protections sociales, le néolibéralisme attise les tensions : l'agressivité monte, suscitant d'un côté replis et xénophobie, de l'autre côté "communautarisme". Extrêmes et populistes ont le vent en poupe. Aux USA, en Amérique du Sud, la grande pauvreté côtoie la richesse la plus insolente. Les hyper-riches doivent se bunkériser et les pauvres subissent la violence (gangs etc.). In fine, personne n'est plus à l'abri (émeutes, enlèvements, agressions) : un futur à la Mad Max.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Fuite vers des guerres extérieures

Pour maintenir le complexe militaro-industriel, certains pays se surarment et consacrent des parts importantes de leur budget à des dépenses militaires au lieu de veiller au bien-être des populations. Les USA lancent de nombreuses guerres sur différents théâtres extérieurs.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Migrations de masse

Victimes de guerres ou de misère, voire du réchauffement climatique, des fractions de plus en plus importantes de populations se mettent à quitter leurs terres. A court terme, on peut prévoir des phénomènes migratoires qui vont désorganiser des régions voire des continents.

Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Dissolution des Etats et géopolitique du chaos

Dans certaines régions, en Afrique notamment, on assiste à la disparition des Etats et à un chaos de plus en plus grave. Les seigneurs de la guerre locaux tentent de s'emparer du pouvoir ou créent des enclaves qu'ils dirigent (Lybie). Cette situation préfigure la géopolitique de demain, où des acteurs de plus en plus nombreux et incontrôlables, comme des groupes terroristes ou des pays dictatoriaux (Corée du Nord) disposant d'armes sales voire nucléaires, conduiront à un chaos planétaire.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} L'opposition au système monte en puissance

Devant le caractère à la fois immoral et irrationnel du néolibéralisme, les gens s'indignent et la contestation s'amplifie : de "Occupy Wall Street" aux manifestations contre la loi Travail, des ZAD aux associations pour l'aide aux migrants, les forces anti-système s'organisent,et relèvent la tête.


Pouce vert tendu vers le hautLogo d'argument pour{{{2}}} Les "révolutions minuscules" et le localisme : une alternative en marche

Sur le terrain, les alternatives éclosent : villes en transition, écovillages, éco-luttes, coopératives, écoles différentes. Des collectifs en tous genres, des sans-papiers aux parents et aux quartiers solidaires, organisent des révolutions minuscules. Les gens reprennent leur puissance d'action sans attendre le bon vouloir des politiques ou des grandes organisations centralisées.


Arguments CONTRE

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Les pays s'enrichissent grâce à l'ultralibéralisme

La productivité et les richesses augmentent au niveau de la planète. Loin de ruiner les peuples, le néolibéralisme augmente la part du gâteau. Exemple : la Chine, la Corée du sud, les Brics. Le niveau de vie dans ces pays s'est accru, les famines y ont disparues, elles adhèrent à l'idée de croissance qui y reste forte.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Le capitalisme évolue sans cesse et surmonte les crises

Depuis le XIXème siècle, les antilibéraux prévoient l'effondrement du libéralisme ! Quand une industrie disparaît (comme le textile en France), d'autres renaissent. Loin de buter sur une limite infranchissable et une crise structurelle, le capitalisme se transforme et se relance sans cesse.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} L'économie de marché s'adapte aux besoins réels

Quand les besoins changent, un produit disparaît ou un autre émerge. Si le pétrole se raréfie, il devient plus cher et alors les énergies alternatives deviennent rentables et attirent des investisseurs. Par de tels mécanismes, l'économie de marché s'autorégule et répond en temps réel aux besoins ou aux nécessités, bien mieux que des décisions "prises d'en haut" selon une logique centralisée.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Seul le marché est capable de gérer une information complexe

Le marché fonctionne comme un "système d'information", où un nombre infini d'actions et de rétroactions interfèrent. Les indices boursiers ne sont que le reflet de ces millions de signaux discrets. L'état du marché donne la mesure objective, en temps réel, de toutes les informations qui circulent dans le système-monde, et permet à celui-ci de fonctionner ; en revanche, si un Etat intervient, il ne peut pas saisir l'état réel du système et va perturber "l'ordre spontané".


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Le néolibéralisme s'appuie sur la nature humaine telle qu'elle est

La base du néolibéralisme reste la Fable des Abeilles (Mandeville) : "vices privés font vertus publiques". Les hommes cherchent leur profit, sont individualistes, n'aiment pas que l'Etat gère leurs économies, veulent entreprendre pour gagner en reconnaissance et en puissance, etc. Ils sont foncièrement égoïstes et calculateurs. Le néolibéralisme n'est que la mise en oeuvre d'un système qui correspond à cette réalité anthropologique. Ceux qui se fondent sur un "Homme nouveau" nient le réel et échouent nécessairement.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Création d'une "économie verte"

Écrire un résumé de l'argument.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La plupart des gens adhèrent au système

Beaucoup de gens continuent à espérer le bonheur dans ce mode de vie consumériste et par les loisirs de masse : plage l'été, télévision, sorties... Dans les pays du Sud, les populations aspirent au modèle de société de consommation. Au Nord, même s'ils ne sont pas satisfaits, les habitants sont convaincus qu'il n'y a pas d'alternative vraiment crédible et qu'ils n'ont pas le choix, que seul le néolibéralisme assurera leur confort et une certaine liberté.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La croissance continue

La croissance stagne en partie dans quelques pays européens, mais elle reste forte ailleurs (en Chine, variant de 6 à 12%). La prédiction de "la fin de la croissance" date déjà des années 70 du siècle précédent, et elle est fausse.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Le néolibéralisme n'est pas une opinion, mais une science

L'économie de marché fonctionne selon des lois que la science économique décrit. Les préconisations néolibérales - libérer les énergies, augmenter la flexibilité etc.- ne sont pas dictées par une idéologie, mais par la nature même des rapports économique.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La contestation du néolibéralisme conduit à la violence et/ou au totalitarisme

Les gens qui contestent le néolibéralisme sont motivés par le ressentiment ; ils désirent prendre la place des classes dirigeantes, et leur discours sur la justice n'est qu'un faux-nez. Animées de tels sentiments de haine et d'envie, les révolutions conduisent les ex-révolutionnaires, s'ils parviennent au pouvoir, à bâtir des palais et à se doter d'avantages pour mieux exploiter leurs peuples. Quand ils sont "purs et durs", ils font tomber les têtes. Le ressort de leur action n'est pas leurs nobles sentiments mais un désir de revanche et un sentiment de déclassement.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Des règles se mettent en place dans la finance

Après 2008, les Etats ont mis en place des mécanismes qui évitent la crise systémique majeure. Loin d'être un champ dérégulé, l'économie mondiale est soumise à un nombre impressionnant de lois, d'accords, d'instances de contrôle. L'idée que nos vivons dans un régime ultralibéral est un fantasme.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} L'ultralibéralisme est le seul système possible

Le communisme n'a pas réussi à développer les pays de l'Est ou la Chine, qui s'est mise au capitalisme. Seule l'économie de marché permet le développement. Les contestataires sont soit des nostalgiques du communisme soit des utopistes rêveurs : les deux conduisent au totalitarisme.

Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} L'énergie pas chère va continuer

Les prévisions alarmistes sur la fin du pétrole, qui prédisaient un baril à 300 Dollars, sont fausses. On découvre de nouveaux gisements, et d'autres sont encore à trouver. Au pire, on exploite un pétrole lus difficile à raffiner. Il y a de grandes réserves de pétrole. Le développement actuel, qui repose sur une énergie peu coûteuse assurant le transport des marchandises, l'essence pour les voitures etc., pourra donc continuer.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} Les innovations technologiques créent de l'emploi et résolvent les problèmes

L'innovation crée de nouveaux produits - ordinateurs portables, tablettes, jeux vidéos, économie 2.0 etc.- qui créent de nouveaux besoins et relancent l'emploi. Face aux problèmes écologiques, les scientifiques vont trouver des innovations inattendues : des algues pour nourrir la planète à bas coût ou pour produire de l'énergie, etc. Il fut avoir foi en la créativité humaine, qui a toujours su inventer des solutions.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} On va vers un ordre international

Peu à peu, des institutions internationales émergent et se renforcent. L'idéal kantien d'un "parlement des nations" devient une réalité : les Etats apprennent à négocier, à trouver des terrains d'entente. Nous allons vers un monde multipolaire où des puissances d'Asie et du Sud font entendre leurs voix et arrivent à faire valoir leurs intérêts.


Pouce rouge tendu vers le basLogo d'argument contre{{{2}}} La démocratie et le droit progressent dans le monde

Avec la montée des classes moyennes en Chine, en Inde, en Corée, en Afrique, les demandes de démocratie et d'Etats de droits se font jour. Les régimes doivent céder aux pressions internationales ou internes pour réparer les injustices, lutter contre les corruptions (manifestations en Roumanie etc.), établir des minimums sociaux, généraliser l'accès à la médecine, etc.


Notes et références

Pour aller plus loin

Livre symbolisant la bibliographieLivre symbolisant la bibliographie{{{2}}} Bibliographie

Chaine ou lien URL symbolisant la webographieLien URL symbolisant la webographie{{{2}}} Sitographie

Film ou pellicule symbolisant la vidéographieFilm symbolisant la vidéographie{{{2}}} Vidéographie

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