Le manque de démocratie pendant la Révolution russe est un héritage de la société tsariste

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Dans son essai Des soviets au communisme bureaucratique, Marc Ferro décrit de manière dialectique et détaillée les différentes formes de bureaucratisme, en soulignant au passage qu’elles ne furent pas l’apanage de la révolution russe ni même, pour cette dernière, des seuls bolcheviks. Les pratiques bureaucratiques préexistaient au déclenchement de la révolution, et avaient cours avant Octobre, et même avant Février, car elles étaient déjà largement enracinées dans la société russe. En outre, les petits arrangements, voire les grandes transgressions démocratiques étaient malheureusement monnaie courante et, qui plus est, le fait de tous les partis. Victor Serge explique les origines de ce travers qui, selon lui, n’épargnait personne, pas même l’anarchiste Bakounine : « Tous les partis révolutionnaires russes, depuis les années 1870-1880, furent en effet autoritaires, fortement centralisés et disciplinés dans l’illégalité, pour l’illégalité. [...] Presque tous furent imbus d’une mentalité jacobine, prolétarienne ou non. Tous produisirent des héros et des fanatiques. [...] Tous les grands partis étaient étatiques par leur structure et par la finalité qu’ils s’assignaient. En réalité, il y avait, au-delà des divergences doctrinales importantes, une mentalité révolutionnaire unique. » Marc Ferro, lui, évoque « une subversion des pratiques démocratiques par les démocrates eux-mêmes, toutes tendances réunies ». Sévère avec l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier, il ajoute : « Avant Octobre, ils manipulent la représentation des soldats et des paysans, éliminent les sans-parti de toutes les institutions, réduisent celles qu’ils n’ont pas fondées eux-mêmes en niant leur légitimité. » De la sorte, l’historien entend démystifier la « légende » qui « associe l’existence du totalitarisme bureaucratique de type soviétique au léninisme, au parti communiste, et à eux seuls ». « Raisonner ainsi revient à bolchéviser l’histoire » et à « exclure la part que le régime soviétique emprunte au passé propre de la Russie, une part qui existe même s’il est de bonne tactique aujourd’hui chez les marxistes français d’insister à l’excès sur elle ». »
Olivier Besancenot, Que faire de 1917 ?, Autrement, Paris, 2017.

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Sous-arguments [ modifier ]

En avril 1917 un article de Lénine souligne les menaces qui pèsent sur la Pravda

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En avril 1917 un article de Lénine souligne les menaces qui pèsent sur la Pravda
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Citoyens ! La Rousskaia Volia, journal fondé par le ministre du tsar Protopopov, et que méprisent même les cadets cherche à créer un climat de pogrom contre notre parti, contre la Pravda, contre nos camarades Lénine et Zinoviev, contre le comité de Pétersbourg de notre parti qui a son siège à Pétersbourg au palais de la Krzesinska. Nous sommes informés, non seulement de façon orale, mais aussi par écrit que des menaces de recours à la force, à la bombe etc. ont été proférées contre nous. Depuis les premiers jours de la révolution les capitalistes travestis en "républicains" s'efforcent de semer la discorde entre ouvriers et soldats. Ils ont d'abord imputé aux ouvriers l'intention de laisser l'armée sans pain. Ils lancent maintenant une campagne d'excitation contre la Pravda (...) Que font la Rousskaia Volia et les journaux qui lui emboîtent le pas, la Retch, l'Edinstvo ? Ils poursuivent leur campagne d'excitation, poussant ainsi des éléments arriérés à des actes de violence et se gardent bien de publier le rapport et la décision du Comité exécutif ! (...) Cette attitude (...) les rend complices des forces qui dans l'ombre menacent de recourir à la violence, au pogrom et aux bombes (...) Le Dielo Naroda, journal auquel collabore étroitement le ministre A. Kerenski, a déjà constaté que les procédés de ces journaux facilitent la besogne des pogromistes (Dielo Naroda, n°23). Que Milioukov, Anfitéatrov, Plekhanov et consorts sachent que si leurs excitations aboutissent à l'emploi de la violence, celle-ci se retournera avant tout contre eux-mêmes. A bas la propagande des pogromistes ! »
Lénine, « Contre les pogromistes. Aux ouvriers, aux soldats et à toute la population de Pétrograd. », Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine (Lucien Sève dir.), n°Pravda, 15 (28)avril 1917, p.134, 136, 137, Vladimir Ilitch Lénine. Choix de textes, les éditions sociales Les parallèles / 1917 + cent, Paris, 2017.

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Objections

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Références

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Débat parent