Le Front national s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Le Front national s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
Le Front national est un parti national-populiste
Le Front national ne prône pas de théories racistes
Le Front national n'est pas fasciste juste parce que ses dirigeants tiennent des propos racistes, xénophobes, antisémites ou homophobes
et Les Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Jean-Marie Le Pen entretient des relations avec d'anciens nazis et collaborationnistes
Marine Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis
Marion-Maréchal Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis
Marine Le Pen a fait partie en 2007 d'un groupe parlementaire européen avec des néofascistes
Les Le Pen participent à des évènements néonazis
Le Front national s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
La tendance fasciste du Front national est en voie de marginalisation
Le Front national est un parti national-populiste
Le Front national n'est pas fasciste juste parce que ses dirigeants entretiennent des relations avec des fascistes
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Présentation de l'argument

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Citations

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

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Sous-arguments

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Objections

Les propos racistes, antisémites et islamophobes sont toujours en vigueur chez les militants

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Les propos racistes, antisémites et islamophobes sont toujours en vigueur chez les militants du Front national
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« Cette stratégie [de dédiabolisation] ne fait pourtant pas l’unanimité dans le parti, si l’on en juge par les nombreuses défections de nouvelles recrues, déçues de découvrir une réalité à mille lieux des discours de la présidente. Nadia Portheault, d’origine algérienne, tête de liste FN à Saint-Alban, en Haute-Garonne, est partie après qu’un cadre lui eut lancé : « Toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four… » (La voix du Midi, 4 novembre 2013). Arnaud Cléré aussi, transfuge de l’UMP dans la Somme, effaré de voir des croix gammées tatoués aux bras de certains militants, ou encore Anna Rosso-Roig (Front de gauche) à Marseille et Vincent Morelle (UMP) à Meaux. Sans compter les propos racistes et antisémites avérés de 104 candidats du FN aux départementales de 2015, malgré les strictes consignes données par la direction. Ces exemples incitent à s’interroger sur le degré de racisme et d’antisémitisme au sein du « nouveau » Front national. »
Nonna Mayer, « Le mythe de la dédiabolisation du FN », La vie des idées, 4 décembre 2015.
« Les élections de 2014 et 2015 ont montré les limites de ce dispositif [de normalisation]. Les médias ont largement relayé des commentaires racistes, antisémites, islamophobes, postés sur les réseaux sociaux par des candidats FN. De leur côté, un certain nombre de nouveaux militants, censés être modérés, s'approprient des points de vue jugés excessifs par la présidente quand elle est interrogée à leur propos dans les médias, qu'il s'agisse du « grand remplacement » ou de la « remigration », deux thèmes issus des périphéries du FN mais bien relayés dans le parti. Se défaire de membres de l'extrême-droite radicale ne saurait suffire à débarrasser le FN de sa virulence altérophobe. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
« Le vrai FN d'aujourd'hui :
  • Anne-Sophie Leclère, candidate FN dans les Ardennes, a comparé Christiane Taubira à un singe.
  • Alexandre Gabriac, élu régional du FN en Rhône-Alpes et candidat au second tour des cantonales à Grenoble, a posé pour une photo en faisant le salut nazi devant un drapeau frappé de la croix gammée.
  • Nicolas Reynès, candidat FN aux législatives dans la 2e circonscription du Nord, a renvoyé depuis sa page Facebook à un site eugéniste à la gloire de la race blanche.
  • François Chatelain, candidat FN aux municipales à Neuville-en-Ferrain (Nord), a publié sur sa page Facebook des propos et images antisémites et xénophobes.
  • Jacques Coutela, candidat dans l’Yonne aux cantonales de mars 2011, a posté sur son blog des propos faisant l’apologie d’Anders Breivik, le responsable de la tuerie d’Utoya (Norvège).
  • Stéphane Poncet, candidat frontiste aux législatives dans le Rhône, a publié sur son blog des dessins à caractère raciste.
  • André Kornmann, tête de liste FN aux municipales à Strasbourg, veut rétablir l’ordre avec des « chiens d’attaque, pas des teckels ou des chihuahua ».
  • Nadia Portheault, candidate FN aux municipales de 2014 à Saint-Alban (Haute-Garonne), a quitté le FN, fatiguée, dit-elle, des propos racistes, antisémites et homophobes entendus en coulisse. »
Maxime Vivas, « Marine Le Pen, présidente de la République en 2017 ? », Le Grand Soir, 17 novembre 2014.

Des propos qui étaient auparavant considérés comme des dérapages sont aujourd'hui banalisés en raison de la droitisation de la vie politique

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Les propos racistes qui étaient auparavant considérés comme des dérapages sont aujourd'hui banalisés en raison de la droitisation de la vie politique
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« Il y a encore quelques années, ces propos auraient eu un coût pour le FN et entraîné une baisse au moins ponctuelle de l'importance de ses soutiens dans l'opinion et, par extension, dans le corps électoral. Or, il faut croire que ces effets de disqualification sont devenus quasi nuls. Les dérapages s'accumulent, mais sans avoir d'incidence majeure pour le FN. Ce qui en dit long sur le niveau de banalisation, non pas tant du parti, mais de certaines de ses idées. »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
« La normalisation du parti est certes passée par des purges et la stabilisation de son camp, mais elle relève moins d'une dédiabolisation que d'une droitisation de la vie politique française. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

Si les thèmes fascistes sont publiquement mis en sourdine, ils sont beaucoup plus présents en « off »

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Les thèmes fascistes du Front national sont toujours présents en « off »
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« Le Front national n'a pas tout abandonné de ses inspirations antérieures : le pétanisme, l'antigaullisme, la préférence nationale, le retour à la peine de mort, le refus de l'avortement, le natalisme, etc. Simplement, ces thèmes sont mis en sourdine, nuancés, du moins dans le discours public. En privé, ce peut être très différent. La vieille idéologie n'a pas disparu, elle fonctionne chez certains militants et dirigeants, mais en interne. Elle est parfois aussi dévoilée par accident. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

Il existe une deuxième ligne au FN, qui garde le fascisme pour héritage

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Le Front national garde une deuxième ligne fasciste
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« En réaffirmant qu'il admirait le maréchal Pétain et que les chambres à gaz étaient un « détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale », Jean-Marie Le Pen a déclenché une crise politique au sein du Front national. [...] cet épisode illustre la coexistence de deux lignes politiques entremêlées au sein du FN. L'une est incarnée par Marine Le Pen, lancée depuis son accession à la tête du parti en 2011 dans l'entreprise dite de « dédiabolisation ». [...] L'autre ligne est celle dont le fondateur du FN ne cesse de rappeler l'existence : la référence au régime de Pétain, l'admiration pour des organisations terroristes d'extrême droite comme l'OAS et la conquête du pouvoir en s'appuyant sur des milices et des moyens extraparlementaires. Même si Marine le Pen a exclu les membres du FN, y compris des cadres, qui affichaient trop ostensiblement leur admiration pour les régimes fascistes ou manifestaient de façon trop grossière leur racisme et leur xénophobie, ce courant reste l'ADN du FN. Il suffit de voir le succès d'estime remporté devant les militants par le vieux Le Pen forçant l'accès à la tribune à l'occasion du rassemblement du 1er mai dernier devant l'Opéra de Paris, alors même qu'il était interdit de discours avant d'être carrément suspendu de son statut d'adhérent. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai-juin 2015.
« La direction du Front national, autour de Marine Le Pen, a fait de grands efforts pour se débarrasser de son image de parti fasciste. Il y a eu une lutte au sein du parti pour faire respecter cette ligne et pour ne pas mettre en avant les éléments les plus liés à son passé fasciste. Mais il y a un noyau dur fasciste au sein du FN et de sa direction. Le FN a discrètement maintenu ses liens avec des groupes violents qui ont la rue comme terrain et a été impliqué dans des attaques violentes contre la gauche. »
Cédric Piktoroff, « La gauche doit mener la lutte contre Le Pen », Que faire ?, 26 avril 2012.

Les relations entre les groupes fascistes et le FN sont devenues moins visibles, mais sont toujours présentes

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Les relations entre les groupes fascistes et le Front national sont devenues moins visibles mais sont toujours présentes
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« Marine Le Pen a par ailleurs individualisé, voire privatisé, les relations avec des figures issues de la mouvance radicale. Celles-ci n'ont pas la carte du FN et ne disposent plus de structures militantes mais plutôt d'entreprises, ce qui lui permet d'affirmer que le parti ne serait pas lié à des éléments radicaux. Les anciens du GUD [Groupe union défense] semblent particulièrement impliqués. Le microparti de Marine Le Pen fondé en 2010, Jeanne, est ainsi passé de la direction d'Olivier Duguet à celle d'Alex Lousteau lorsque le premier a été condamné pour escroquerie. Le second, également mis en examen au même motif en 2015, est responsable du cercle Cardinal destiné à prospecter les milieux patronaux, et tout particulièrement ceux des PME-PMI, pour le compte du FN. La communication des candidats frontistes, elle, est entre les mains de Frédéric Chatillon, ancien meneur gudard proche d'Alain Soral. C'est de cette mouvance que vient Minh Tran-Long, ancien de la Fédération d'action nationaliste et européenne (FANE), mouvement ouvertement néonazi, dont l'entreprise a travaillé pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012, ainsi que pour la mairie de Fréjus conquise par le FN en 2014.

Les radicaux ne se trouvent pas que parmi les techniciens, comme en témoigne le ralliement de deux ex-mégrétistes : celui d'Emmanuel Leroy, premier conseiller en relations internationales de la jeune présidente, marqué par l'idéologie du GRECE, à la lisière des courants néonazis et NR, ou encore celui de Philippe Olivier, le beau-frère de Marine Le Pen. Enfin, les municipalités FN représentent un réel débouché social pour les radicaux. Les maires FN de Beaucaire et de Cogolin ont fait appel aux identitaires pour gérer leur communication. Le cas le plus intéressant est celui de la mairie de Béziers, conquise par Robert Ménard. Ce dernier a fait campagne en rassemblant toutes les chapelles, du FN au Bloc identitaire en passant par l'Action française. S'installant à la mairie, il a pris des collaborateurs avec des trajectoires très marquées, par exemple André-Yves Beck, ancien de Troisième Voie, Nouvelle Résistance et Unité radicale, puis cadre de la mairie d'Orange, ou Robert Ottaviani, ancien du groupe néonazi Ultime assaut, du FN et de son Département protection et sécurité. Les postes d'assistants parlementaires au Parlement européen ont également permis de placer divers anciens radicaux.

La relation entre les instances frontistes et l'extrême-droite radicale n'a donc pas pris fin, elle s'est atomisée. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
« Marine Le Pen a également mis sur pied une structure périphérique susceptible d'accueillir toute personne souhaitant rallier le FN sans en devenir membre, autrement dit sans endosser le stigmate de la marque frontiste. C'est ainsi que le Rassemblement bleu marine (RBM) a vu le jour en mai 2012 dans la perspective des élections législatives, avant d'être transformé en association en septembre et de servir de structure d'accueil à des transfuges (dont Gilbert Collard et Sébastien Chenu), mais aussi de sigle pour des listes dites d'ouverture lors des élections municipales de 2014, listes sur lesquelles ont pu figurer des personnalités appartenant aux courants monarchistes, identitaires et nationalistes-révolutionnaires de l'extrême-droite... Mais il fait aussi office d' « organisation parapluie » abritant « sous son toit plusieurs sensibilités idéologiques dont le FN, tout à sa stratégie de dédiabolisation, ne souhaite plus assumer la présence en son sein même ». »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

Le FN a toujours des élus se revendiquant du fascisme

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Le Front national a toujours des élus se revendiquant du fascisme
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« Marine Le Pen met en avant des candidats bien propres sur eux, plutôt jeunes et bon chic-bon genre. [...] Mais d'autres sont issus de groupes dont les références explicites sont les régimes de Pétain, Mussolini voire même celui de Hitler. La presse a révélé que l'homme qui a ouvert un compte en Suisse pour Cahuzac, Philippe Péninque, est un ancien du GUD, devenu avocat d'affaires et toujours très proche de Marine Le Pen. Le Groupe union défense (GUD) est né de la reconstitution d'Occident dissous en 1968. Actif dans les années 1970 où il faisait le coup de poing contre l'extrême gauche, en sommeil pendant longtemps, ce groupe s'est réactivé ces dernières années. »
Lutte ouvrière, « France - L’extrême droite, un danger mortel pour la classe ouvrière », Lutte de classe, n°153, juillet-août 2013.

Il y a une continuité entre la génération de la « dédiabolisation » du FN et l'ancienne

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Il y a une continuité entre la génération de la « dédiabolisation » du Front national et l'ancienne
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« Les cadres qui entourent Marine Le Pen à la tête du FN sont des opportunistes capables d'adapter leur stratégie au gré des circonstances. Portés par leurs succès électoraux, ils se sont démarqués avec empressement des déclarations du vieux Le Pen. Dans l'état actuel de la situation politique, ils veulent montrer leur compatibilité avec les institutions républicaines. Ils mettent en avant les personnalités de la société civile qu'ils ont su séduire, l'avocat Collard, député du FN, ou l'ancien journaliste Ménard, nouveau maire de Béziers. Le vice-président du FN et proche conseiller de Marine Le Pen, Florian Philippot, est un énarque, gaulliste et souverainiste qui a démarré sa carrière en soutenant Chevènement en 2002. Ces gens-là aspirent aux ors de la République. Mais la plupart des membres du nouveau comité central du FN, élu en 2011, ont rejoint le FN à l'époque où Le Pen père le dirigeait. Ils n'étaient gênés ni par ses petites phrases ni par son idéologie. À commencer par Marine Le Pen elle-même. Pour ne citer que quelques noms parmi ces nouveaux dirigeants, Stéphane Ravier, 44 ans, sénateur-maire du 7e secteur de Marseille, a adhéré au FN à l'âge de 16 ans, séduit par les idées du vieux Le Pen. Louis Aliot, dont la mère rapatriée d'Algérie était elle-même membre du FN, a fait ovationner lors d'un meeting Bastien-Thiry, organisateur pour l'OAS de l'attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle. David Rachline, sénateur-maire de Fréjus de 26 ans, a fait un passage à Égalité et réconciliation, le mouvement identitaire et antisémite d'Alain Soral, avant de s'en éloigner pour policer son image. Quant aux cadres dans l'ombre du FN, ceux qui animent aujourd'hui le micro-parti Jeanne dédié au financement des campagnes de Marine Le Pen ou l'agence Riwal qui organise sa communication, ce sont des anciens du GUD, cette association étudiante d'extrême droite qui faisait le coup de poing dans les années 1970. Tout cela indique la continuité entre la nouvelle génération dirigeante du FN et l'ancienne. Selon les circonstances, les chantres de la dédiabolisation d'aujourd'hui pourraient devenir demain ou après-demain les parrains de milices paramilitaires envoyées contre les travailleurs mobilisés. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai-juin 2015.

La dédiabolisation ne pourra être effective que lorsque le FN renoncera à son héritage fasciste

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La dédiabolisation du Front national ne pourra être effective que lorsque le FN renoncera à son héritage fasciste
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« La dédiabolisation s'arrête, pour les dirigeants du FN, à la suppression de toute forme de négationnisme, de néonazisme ou d'antisémitisme. De fait, un tel processus ne peut être effectif tant que le FN n'aura pas modifié de manière substantielle son logiciel doctrinal, dont la préférence nationale, qui demeure un principe inconstitutionnel, reste l'élément central. C'est à cette condition, c'est-à-dire en renonçant à son héritage fasciste, que l'ancien parti d'extrême droite [italien], le MSI, est devenu, au terme d'un long processus de transformation, un parti de droite conservateur. »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

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Références

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