La terreur est intrinsèque au léninisme

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« La légitimité de la terreur de masse n’est en tout cas nullement reliée par Lénine Iui-même à une sorte de mauvaise rencontre, à des circonstances exceptionnelles, mais il l’inscrit comme un mot d’ordre dans la logique même de la lutte des classes et de l’épuration. On peut sans doute comprendre, à partir de là, pourquoi des partis ou mouvements communistes placés dans des circonstances historiques et sociales très différentes ont, eux aussi, recouru au « terrorisme de masse » qui marque tout le court XXe siècle, qu’on pourrait faire commencer avec le Dimanche rouge de janvier 1905 et se terminer avec le massacre de la place Tienanmen. Le discours et l’appareil léninistes portaient en eux la terreur de masse et le système concentrationnaire, comme les nuées portent l’orage. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

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Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

Le dimanche rouge de janvier 1905 c'est la terreur du régime tsariste qui tire sur la foule pacifique venue demander du pain et la démocratie.

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Le dimanche rouge de janvier 1905 c'est la terreur du régime tsariste qui tire sur la foule pacifique venue demander du pain et la démocratie.
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Tous les pays capitalistes ont pratiqué la terreur : répressions d'opposants par des dictatures militaires, guerres coloniales par les démocraties occidentales
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« Lénine n'est plus lu. Fabuler à son propos, paraît sans risque (...) Or des textes concernant la question de la violence il y en a grande quantité (...) on y voit un Lénine foncièrement étranger au culte de la violence dont on le prétend adepte (... ) ces textes démentent tous les thèses et les comportements qu'ils lui imputent (...) Ils font du recours prolétarien hélas souvent inévitable en période révolutionnaire à la violence, voire à la terreur la seule réponse possible à la primordiale violence terroriste des classes possédantes et des forces contre-révolutionnaires - violence ordinaire incessante, violence extraordinaire féroce dès les premiers temps de la révolution (...) violence déchaînée de la contre-révolution militairement organisée et internationalement financée. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.31-33, La violence : une passion bolchevique ?, Éditions sociales, Paris, 2017.
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« A lire Werth I on apprend, par exemple, que la fusillade des manifestants pacifiques du Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg en janvier 1905 fit plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés (p. 38) la répression de 1906 à Moscou "un millier de tués parmi les insurgés", mille autres furent condamnés à mort, le nombre des incarcérés et déportés "dépassa 40.000"(p. 50 et 56), qu'en 1912 une simple grève dans des mines d'or motiva une fusillade qui "fit 270 morts et autant de blessés" (p.70) ... Mais la prise en considération globale de ces très nombreuses violences n'est nulle part effectuée, et aucun texte d'inspiration impériale ou nobiliaire qui en défendent le principe n'est évoqué. De ce côté pas d' "idéologie terroriste"... »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un Choix de textes de Lénine( à propos de Nicolas Werth. Histoire de l'Union Soviétique de l'Empire russe à la Communauté des Etats Indépendants), p.32 (note 23), La violence : une passion bolchevique ?, Éditions sociales Les parallèles / 1917 + 100, Paris, 2017.

Fin novembre 1918 Lénine appelle à l'établissement de relations de bon voisinage avec les mencheviks et les forces petites-bourgeoises.

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Fin novembre 1918 Lénine appelle à l'établissement de relations de bon voisinage avec les mencheviks et les forces petites-bourgeoises.
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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« Que la violence armée et la terreur ne soient pas inhérentes au "projet politique léniniste", comme l'assure Nicolas Werth, il en est une autre preuve encore et dont il ne dit rien non plus : c'est le caractère transitoire (...) Caractère d'emblée posé en principe par Lénine, et qui commence déjà à devenir vérité pratique fin novembre 1918 (...) Le rapport des forces est en train de changer : un "revirement" en faveur du pouvoir bolchevique s'amorce "au sein des masses démocratiques sans parti, mencheviks, socialistes-révolutionnaires", que choque l'intervention militaire des puissances capitalistes associées dans l'Entente (t. 28, 198) (...) Voilà qui change les choses  : "la tactique que nous avons suivie durant six mois" doit être modifiée en son fond (223) (...) Les mencheviks viennent d'appeler à la lutte "contre l'impérialisme mondial, qui a aujourd'hui à sa tête les capitalistes anglo-américains" : nous ne devons pas les repousser, mais au contraire les accueillir, leur permettre de travailler en commun avec nous" (202-203). Et Lénine de tenir aux militants ce propos impensable pour Werth et Graziosi : étant donné ce tournant dans l'état d'esprit des masses petites-bourgeoises,"notre mot d'ordre doit être l'entente, l'établissement de relations de bon voisinage" (218). »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine, p.69-70, Une histoire experte en cache-cache, Editions sociales les parallèles 1917 + 100, Paris, 2017.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Bien entendu, vis-à-vis "des propriétaires fonciers et des capitalistes ", nous bolcheviks devons rester "impitoyables, là nous ne pouvons entrer dans aucune voie de conciliation ou d'entente" (218). Mais après votre déclaration contre les capitalistes de l'Entente, nous vous légaliserons volontiers, vous autres, messieurs les menchéviks. Cela sera fait par le comité central de notre parti" (219). Et voici la phrase décisive, qui porte l'estocade à l'antiléninisme primaire : " Si vous croyez que nous ne savons agir que par la violence, vous vous trompez" (217). »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.70-71, Une histoire experte en cache-cache, Editions sociales les parallèles 1917 + 100, Paris, 2017.

En février 1920 Lénine, en personne, souligne le caractère circonstanciel de la Terreur

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En février 1920 Lénine, en personne, souligne le caractère circonstanciel de la Terreur
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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« La Terreur nous a été imposée par le terrorisme de l'Entente, au moment où les hordes des grandes puissances mondiales ont fondu sur nous, sans reculer devant rien. Nous n'aurions pas pu tenir deux jours si nous n'avions répliqué de la manière la plus impitoyable aux tentatives des officiers et des gardes blancs ; cela signifiait la Terreur, mais elle nous était imposée par les méthodes terroristes de l'Entente. Aussitôt après avoir remporté une victoire décisive, avant même la fin de la guerre, dès la prise de Rostov, nous avons renoncé aux exécutions capitales, démontrant que nous suivions comme nous l'avions promis notre propre programme. Nous disons que l'usage de la violence est nécessaire pour écraser les exploiteurs, écraser les propriétaires fonciers et les capitalistes. Quand cela sera fait, nous renoncerons à toutes les mesures d'exception. Nous l'avons démontré dans les faits. Et je pense, je l'espère et j'en ai la conviction que le Comité exécutif central ratifiera à l'unanimité cette mesure du Conseil des Commissaires du Peuple et qu'il fera en sorte que les exécutions capitales deviennent impossibles en Russie. Il va de soi que toute tentative de l'Entente en vue de reprendre les procédés de guerre nous obligera à revenir à la Terreur. »
Lénine, « Rapport d'activité du CECR et du Conseil des Commissaires du Peuple », oeuvres de Lénine, tome 30, p.338, 2 février 1920, Éditions Sociales, Paris, 1964.
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« Cf aussi entre autres le rapport que présente Lénine en février 1920 devant le Comité exécutif central de Russie. "La Terreur nous a été imposée par le terrorisme de l'Entente, au moment où les hordes des grandes puissances mondiales ont fondu sur nous, sans reculer devant rien. Nous n'aurions pas pu tenir deux jours si nous n'avions répliqué de la manière la plus impitoyable aux tentatives des officiers et des gardes blancs ; cela signifiait la Terreur, mais elle nous était imposée par les méthodes terroristes de l'Entente. Aussitôt après avoir remporté une victoire décisive, avant même la fin de la guerre, dès la prise de Rostov, ajoute Lénine, nous avons renoncé aux exécutions capitales, démontrant que nous suivions comme nous l'avions promis notre programme. Et quand les interventionnistes étrangers auront été entièrement chassés nous renoncerons à toutes les mesures d'exception. Aucune mention de semblables déclarations chez Werth, Graziozi, Carrère d'Encausse. 2017. »
Lucien Sève, Octobre 1917 Une lecture très critique de l'historiographie dominante, p.61, Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, 2017.

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Références

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Débat parent