La production reste structurée autour de sites ou « écosystèmes » industriels à forte concentration ouvrière

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« L’industrie est plus grande que ses usines. Si nous appelons notre classement « Les 50 premières usines de France », c’est un peu abusif. Quand on se penche sur notre palmarès, on se rend compte que les plus gros sites industriels français sont aussi des centres de R & D et d’ingénierie. C’est le cas pour le premier d’entre eux, Airbus Toulouse, où une bonne partie des 13 217 salariés est en fait des ingénieurs œuvrant à l’ingénierie des futurs avions. Mais aussi de Renault à Guyancourt (ex-technocentre) qui se classe 4ème ou de PSA à Vélizy-Villacoublay, 12ème. La place de ces sites démontre bien que pour être un industriel aujourd’hui qui compte, l’enjeu ne se situe pas seulement dans les usines et les lignes d’assemblage mais aussi et surtout dans les centres de développement et de conception. L’industrie ce n’est plus que des usines ! »
Thibaut de Jaegher, « 50 premières usines de France : cinq leçons sur l’industrie », L’Usine nouvelle, n°2, 17/07/2013.
« Mises à part les industries qui ont été véritablement massacrées (ex : l’industrie minière du nord-est de la France), il serait tout à fait erroné d’opposer les concentrations « traditionnelles » et les nouveaux « écosystèmes » : la majorité des 50 plus grands sites industriels français sont structurés autour d’une industrie ancienne, automobile, aéronautique, armement, métallurgie, l’équipement, les transports (moteurs, etc.). Airbus est « installé » à Toulouse parce que l’usine Latécoère – aujourd’hui groupe international – y est née en 1917, nationalisée en 1936 ; PSA Sochaux, avec son usine-mère née en 1912, reste le cœur de l’industrie du Doubs aujourd’hui, pareil pour Michelin à Clermont-Ferrand, où plus de 10 000 ouvriers sont encore employés. L’enjeu est surtout de voir que ces écosystèmes, nouveaux « systèmes productifs » (systèmes d’interactions entre dynamiques industrielles, économiques, territoriales et sociales polarisées par un ou plusieurs centres stratégiques) se restructurent autour d’une concentration primaire (celle du secteur stratégique), qu’elle soit en déclin ou en essor, en combinant des traits anciens et nouveaux : combinant l’ensemble des caractéristiques rappelées plus haut sur les transformations conjointes de la production, de l’emploi et des statuts des travailleurs. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.
« La réalité est que le capital ne peut pas éviter la persistance de concentrations importantes de type plus classique. Qu’il ait dégraissé autant que possible les concentrations traditionnelles (automobile : PSA, Michelin) ou s’efforce d’éviter de reconstruire des usines-forteresses (Airbus) dans les écosystèmes en essor, les usines stratégiques des systèmes productifs régionaux restent de potentiels lieux de sédition de la classe ouvrière. […] Il faut donc arrêter d’extrapoler sur une fragmentation qui serait absolue et totale : il existe non seulement dans ces sites des dynamiques de reconcentration au regard desquelles une implantation militante de site (à l’image du « syndicalisme de site ») est à effectuer ; mais il existe encore, au sein même de leurs usines stratégiques, de fortes concentrations ouvrières de type plus classique. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

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