La politique de collectivisation agricole violente de Staline tournait le dos aux choix de Lénine clamés avec insistance en 1919

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher

Présentation de l'argument

[ + Ajouter un résumé ]

Citations [ modifier ]

« A l'évidence Staline a construit sa vision des campagnes socialistes à partir de Lénine et plus généralement du socialisme marxiste. Du point de vue des crimes contre l'humanité, ce qu'il faut expliquer, ce n'est pas cette vision, mais l'emploi massif de la violence entre 1930 et 1934 dans le but d'imposer à la paysannerie un changement radical des méthodes de production, donc de mode de vie, en très peu de temps. Quant à l'usage de la violence dans ce but, la position de Lénine est claire : il y est opposé. Il n'a pas de mots assez durs pour dénoncer ce "bezobrazie", ce scandale et cette absurdité. Et c'est en 1919, au plus fort de la guerre civile, qu'il le fait avec le plus d'insistance. Bien qu'il soit déçu par les expériences socialistes dans les campagnes, il exclut de recourir à la violence pour atteindre cet objectif. Tous les bolcheviks antistaliniens de 1932 voyaient parfaitement qu'il existait, sur ce plan, une discontinuité radicale entre Lénine et Staline. Dans un document clandestin diffusé à l'époque, ils opposent l'agression stalinienne contre la paysannerie aux méthodes de Lénine, qui voulait convaincre les paysans en leur montrant "d'authentiques exemples des authentiques avantages des fermes collectives organisées d'une manière authentiquement volontaire". Ils ironisent sur le fait que les deux méthodes se ressemblent à peu près autant que l'invasion japonaise de la Mandchourie ressemble à l'autodétermination nationale. »
Lars T Lih, Lénine. Une biographie, p.221-222, épilogue, Les Prairies Ordinaires, Paris, 2015 (2011).
« Le sommet représenté dans les villes par les capitalistes, n'existe pas ici. User de la violence serait compromettre toute l'affaire. Ce qu'il faut c'est un travail d'éducation persévérant. Au paysan qui, chez nous comme dans le monde entier, est un esprit pratique et réaliste, nous devons fournir des exemples concrets pour lui prouver que la "commune" est mieux que tout (...). Il n'y a rien de plus stupide que l'idée même de la violence exercée à l'égard des rapports économiques du paysan moyen. Il ne s'agit point d'exproprier le paysan moyen, mais de tenir compte des conditions particulières de la vie paysanne, d'apprendre des paysans comment passer à un ordre des choses meilleur, et ne s'aviser jamais de commander ! Voilà la règle que nous nous sommes assignée (applaudissements de tout le congrès.) »
Lénine, « VIII ème congrès du PCR  : rapport sur le travail à la campagne », oeuvres de Lénine tome 29, mars-aout 1919, p.211 et 212, 23 mars 1919, Editions sociales, Paris, 1962.

[ ± Ajouter ou retirer une citation ]

Sous-arguments

[ ± Ajouter ou retirer un sous-argument ]

Objections

[ ± Ajouter ou retirer une objection ]

Références

[ ± Ajouter ou retirer une référence ]

Débat parent