La nuit homicide du 16 au 17 juillet 1918 s'est limitée à l'exécution de l'ex-tsar Nicolas II Romanov

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Présentation de l'argument [ modifier ]

Aucune preuve n'existe quant à ce massacre, les corps de la famille impériale n'ayant jamais étét retrouvés par les nouveaux occupants. Et les archives montrent toutes que que seul le tsar fut exécuté. Sverdlov annonça que Nicolas Romanov avait été fusillé suite à un complot destiné à le libérer et que "la femme et le fils avaient été mis en lieu sûr". Cette déclaration renvoie aux exécutions solitaires de Louis XVI et de Charles Ier, antérieures aux Terreurs des révolutions française et britannique : soit les représentants officiels de la tyrannie et non leurs familles. Lénine n'éprouvait pour les deux révolutions que réticences du fait de leur caractère bourgeois qui entraîna dans les deux cas des restaurations. Marina Grey, fille du général Denikine, reproduit un document prouvant que la tsarine et ses cinq enfants avaient survécu en juillet 1918 à la mort du tsar et étaient en vie en septembre 1918. En affirmant que Lénine - sans documents à l'appui - avait agi à l'insu de ses camarades Stephane Courtois consolide involontairement les assertions de Marc Ferro et de Marina Grey sur le caractère calomnieux de l'accusation : on a toujours affirmé que c'était Sverdlov qui avait commandité le massacre et dissimulé le forfait. A suivre Stephane Courtois les deux hommes étaient en concurrence l'un Sverdlov, pour faire exécuter le seul tsar et l'autre -à son insu, Lénine, pour faire assassiner toute la famille. Mais aucune pièce documentaire n'est produite en ce sens. Les Bolcheviks étaient au contraire tous désireux de protéger pour le compte de l'Allemagne impériale, et contre la volonté des SR de gauche de protéger la famille.

Citations [ modifier ]

« Alors que la mort de Charles Ier ou de Louis XVI ont été de grands évènements historiques, celle de Nicolas II constitue même l'exemple d'un fait divers, d'un non-évènement(...) (...) L'essentiel, expliquait Lénine, était de détruire les propriétaires terriens, les koulaks. La mort de Nicolas II ne méritait ni explication, ni mention, ni justification. Lénine y faisait allusion comme une information sur quelque chose qui lui était étranger. Mais c'était si peu important que cela ne méritait pas qu'on s'y attardât. Voilà qui ne l'empêchait pas d'ailleurs, de négocier avec les Allemands le sort de l'impératrice et de ses filles. Mais ces négociations secrètes, condamnées la veille encore, demeuraient soigneusement cachées sous la chappe d'une théorie de l'Histoire qui était censée ignorer les individus et ne connaître que les classes et modes de production...C'est ainsi qu'une telle négociation, pareille exécution purent devenir de non-évènements, disparaître de l'Histoire. »
Marc Ferro, Nicolas II, p.344-345, Evènement ou fait divers Une mort énigmatique, Payot, Paris, 1990.
« Le 27 septembre 1918 alors que depuis une semaine les milieux diplomatiques britanniques accréditaient, "officiellement", la thèse d'un massacre collectif de la famille impériale, la marquise de Milford Halven, la propre soeur de la tsarine, recevait un télégramme qui l'infirmait. Ce télégramme envoyé de Stokholm par la Crown Princess of Swerden était ainsi conçu : "Ernie now telegraphs that has heard from two trustworth sources that Alix and all the Children are alive". (Ernie vient de télégraphier qu'il a appris de deux sources dignes de foi qu'Alix et tous les enfants sont vivants"). Ernie était le grand-duc Ernst Ludwig, le chef de la maison Hesse-Darmstad, le frère de la marquise et de la tsarine. »
Marina Grey, Enquête sur le massacre des Romanov,, p.153, chapitre 11, Perrin, Paris, 1987.
« Moscou, Le président Sverdlov annonce avoir reçu par fil direct le câble l'informant de l'exécution de l'ex-tsar Nicolas Romanov. Récemment, le danger d'une appproche des troupes tchécoslovaques devint une sérieuse menace pour Ekaterinbourg, capitale de l'Oural rouge. Au même moment, un nouveau complot de contre-révolutionnaires fut découvert ; il visait à arracher le tsar des mains de ceux qui le détenaient, le soviet de région. Aussi son présidium décida de l'exécuter. La femme et le fils de Nicolas furent envoyés en lieu sûr, et les documents concernant ce complot ont été adressés à Moscou par courrier spécial. Il avait été récemment proposé d'organiser le procès du tsar pour tous les crimes qu'il avait commis. Mais les circonstances empêchèrent la cour de se réunir. Après que le Praesidium eut discuté des raisons qui avaient amené le soviet de l'Oural à fusiller Romanov, le comité central exécutif a jugé que le Soviet régional de l'Oural avait agi comme il fallait. »
Marc Ferro, « d'après Ouralski Rabotchi, rubrique télégrammes, 23 juillet 1918 », La vérité sur la tragédie des Romanov, p.22, chap. 1 ; les données d'une énigme, Tallandier, Paris, 2012.
«  The File on the the Tsar ( le dossier Romanov ), l'ouvrage de deux journalistes de la BBC, Anthony Summers et Tom Mangold, inconnus au bataillon des historiens brevetés, ouvrit en 1976 une piste pleine de promesses pour répondre aux questions posées. Après une quête et enquête de plusieurs années, les deux hommes découvrirent à Harvard l'existence du dossier complet de l'instruction concernant la fin des Romanov, celui-là même d'où le juge Sokolov chargé d'enquêter pour les Blancs avait tiré son ouvrage : ils constatèrent que dans son enquête publiée en 1924, Sokolov avait systématiquement éliminé toutes les pièces qui pouvaient témoigner de la survie des filles du tsar et de l'impératrice. »
Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.117-118, chapitre 6, Morts ou rescapés ?, Tallandier, Paris,, 2012.
« Il est apparu que les bolcheviks voulaient éviter que des SR de gauche assassinent l'impératrice et ses filles et qu'en connivence avec les Allemands des plans s'élaboraient pour les sauver. »
Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.117, chapitre 6, Morts ou rescapés ?, Tallandier, Paris, 2012.

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Sous-arguments [ modifier ]

En octobre 1921 chez Lénine la nuit du 16 au 17 juillet 1918, se limite comme en novembre 1918, avec les mêmes réserves, à la mort solitaire du tsar

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En octobre 1921 chez Lénine la nuit du 16 au 17 juillet 1918, se limite comme en novembre 1918, avec les mêmes réserves, à la mort solitaire du tsar
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
En septembre ou octobre 1918 Le journal de la Tcheka, archivé par Nicolas Werth, évoque exclusivement "la mort du tyran sanguinaire Nicolas II"
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On peut relever que le critère familial dans la répression n'apparait pas dans l'analyse de Lénine ; ni que l'exécution de Koltchak davantage que l'exil à l'étranger des contre-révolutionnaires de Wrangel et de Denikine ne lui paraisse préférable. En octobre 1921 la guerre civile russe est presque gagnée et il n'y aurait plus rien à perdre de sa part à reconnaître le massacre familial présumé qui est pourtant dans tous les esprits à l'étranger. Seul le retour du capitalisme lui paraît dangereux.
« L'expérience de toutes les révolutions qui ont éclaté jusqu'ici en Europe confirme que la révolution subira une défaite, si la paysannerie ne triomphe pas de l'emprise des koulaks. Toutes les révolutions européennes n'ont abouti à rien, précisément parce que la campagne n'a pas su venir à bout de ses ennemis. Les ouvriers des villes ont renversé les monarques (en Angleterre et en France on a exécuté les rois il y a déjà quelques centaines d'années et nous étions seuls en retard avec notre tsar) et pourtant après un certain temps, l'Ancien Régime était restauré (...) »
Lénine, Oeuvres de Lénine : tome 28 juillet 1918-mars 1919, p.176, 8 novembre 1918, Editons Sociales, Paris, 8 novembre 1918.
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« Maintenant il n’y a plus de grands propriétaires déclarés. Les Wrangel, les Koltchak et les Denikine sont, pour une part, partis rejoindre Nicolas Romanov, et pour une autre part se sont tapis en lieu sûr à l’étranger. Le peuple ne voit pas d’ennemi manifeste, comme auparavant le grand propriétaire foncier et le capitaliste (...) Comment le peuple peut-il prendre conscience du fait que, à la place de Koltchak, de Wrangel et de Dénikine se trouve ici même, parmi nous l'ennemi qui a fait avorter toutes les révolutions antérieures ? Car si les capitalistes prennent le dessus sur nous, cela signifie le retour au passé, comme le confirme l'expérience de toutes les révolutions antérieures ? La tâche de notre parti est de faire pénétrer dans la conscience cette vérité que l'ennemi, parmi nous, c'est le capitalisme anarchique et l'échange anarchique des marchandises. »
Lénine, Oeuvres de Lénine tome 33 aout 1921 - mars 1923, p.60-61, La nouvelle politique économique et les taches des services d'éducation politique (La lutte sera encore plus cruelle) 17 octobre 1921, Éditions sociales, Paris, 1963.

Tchitchérine reçut et protégea une fille du tsar avec des arguments proches

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Tchitchérine reçut et protégea une fille du tsar avec des arguments proches
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Dans les années 1980 Marc Ferro, convaincu de la survie de la famille du tsar, a mis la main sur le testament de la troisième fille du tsar Marie N. Romanov, (après Olga et Tatiana, devant Anastasia) non pas décédée en 1918 à Ekaterinbourg mais à Rome en 1970. Le testament lui fut présenté par son petit-fils putatif Alexis Durazzo (violent antibolchevique et apriori peu désireux de populariser l'idée d'un sauvetage bolchevik des Romanov). Il y est indiqué que la tsarine et ses quatre filles se trouvaient à Perm de juilet à octobre 1918. Marie, séparée de ses soeurs et de sa mère, rencontra à Moscou Tchitchérine commissaire aux affaires étrangères qui, grâce à ses origines aristocratiques et à son lien de parenté avec la tsarine, lui donna de faux papiers ; en même temps qu'il négociait avec les chancelleries occidentales la libération des Romanov.
« Le 6 octobre les soeurs furent conduites à pied à la gare de Perm. Les bocheviks accédèrent au désir de l'impératrice qui souhaitait garder avec elle Tatiana. Olga dit alors à Marie en anglais "Qu'importe à présent, rien de pire ne pourrait nous arriver. Que la volonté de Dieu soit faite. Elle monta dans le convoi et Marie dans un autre (...) Elle (Marie) arriva à Moscou le 18 octobre (...) Bientôt Tchitcherine se présenta, courtois, lui baisant la main et lui expliquant que les ambassades étrangères s'occupaient de son départ et de celui de sa famille. Elle partirait pour Kiev. Nous autre communistes, ajouta-t-il, avons abattu la tyrannie de votre famille, mais nous savons respecter la vie humaine. Il dit aussi qu'on la remettrait au gouvernement ukrainien, naturellement des fantoches, mais qu' à Kiev se trouve le représentant de votre famille allemande et il vous faut y aller. Quelque temps plus tard, le général Skoporadski envoya un train spécial où l'on fit monter Marie. On lui donna un passeport au nom de comtesse Czapska, du nom de Czapski, le comte polonais cousin germain de Tchitcherine. »
Marc Ferro, la vérité sur la tragédie des Romanov (d'après Alexis Durazzo Moi, Alexis arrière petit-fils du tsar 1982 ), p.148-149, chapitre 7 le premier échage est-ouest dans l'histoire, Tallandier, Paris, 2012.
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« « Au centre de ces pourparlers : Georgy Tchitchérine. D'origine noble, comme Dzerzinski (le fondateur de la Tcheka), il était le cousin de la comtesse polonaise Alexandrine Huttten Czapski. Or celle-ci était, par son second mariage, l'épouse morganitique du grand duc Louis IV de Hesse, père de la tsarine. La comtesse était ainsi la belle-mère d'Alexandra. Mais qui savait que Tchitchérine, négociateur et ministre soviétique, était un cousin éloigné de la tsarine ? Il ne s'en vantait pas. » »
Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.141, chapitre 7, Tallandier, Paris, 2012.

Une première accusation de massacre dans la prison d'Ekaterinbourg

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Une première accusation de massacre dans la prison d'Ekaterinbourg
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« Juste après l'armistice, à la tribune de la Chambre des députés, à Paris, le ministre des affaires étrangères, Stephen Pichon, donnait la première relation publique de l'assassinat des Romanov ; il la tenait du prince L'vov en personne, le premier président du Gouvernement provisoire en mars 1917.

"Le prince L'vov était dans une cellule voisine de celle des membres de la famille impériale. Les bolcheviks les ont réunis et les ayant fait asseoir, ils les ont pendant toute la nuit, lardés de coups de baîonnettes, pour les achever l'un après l'autre le lendemain à coups de révolver, si bien que, dans cette pièce, m'a dit le Prince L'vov, c'était une véritable mare de sang... "

Ce discours public eut évidemment un écho considérable : le récit d'un ministre s'appuyant sur le témoignage du premier chef du gouvernement provisoire. En vérité - on ne devait apprendre cela que beaucoup plus tard -, le prince L'vov n'avait jamais résidé à la Maison d'Ipatiev où la famille impériale avait été incarcérée. Il n'y était même jamais entré et celle-ci ne comprenait pas de cellules, puisque c'était une demeure bourgeoise. Stephen Pichon avait mal compris, le prince L'vov avait certes été dans une cellule de prison, mais à 4 km de la maison Ipatiev ; et il n'avait pas été le témoin des évènements qu'il relatait. »
Marc Ferro, Nicolas II, p.296, Chapitre IV Evènement ou fait divers ? Une mort énigmatique., Payot, Paris, 1990.
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« Il n'a rigoureusement rien vu et c'est un militaire français en mission dans la région (Joseph Lasies) qui a fait valoir que le Prince L'vov n'avait rien pu voir. Mais celui-ci n'en a jamais démordu pendant deux ans ; ayant résidé dans la même ville, il ne pouvait pas se déjuger de ce qu'il avait simplement entendu et répété. »
Marc Ferro, « La deuxième mort de Nicolas II », Les tabous de l'histoire, p.70, chapitre 3, Nil Edition (Pocket), Paris, 2003.

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Objections

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Références

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