La militarisation du travail a été catastrophique dans la région du Donbass

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
La militarisation du travail a été catastrophique dans la région du Donbass
Trotski a théorisé la militarisation du travail
La militarisation du travail est une préfiguration sous Lénine du travail forcé instauré par Staline
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Citations

« Une des priorités du régime, au printemps 1921, était de faire redémarrer la production industrielle qui était tombée à un dixième de ce qu’elle avait été en 1913. Loin de relâcher la pression sur les ouvriers, les bolcheviks maintinrent, voire renforcèrent, la militarisation du travail mise en place au cours des années précédentes. La politique menée, en 1921, après l’adoption de la NEP, dans la grande région industrielle et minière du Donbass qui produisait plus de 80 % du charbon et de l’acier du pays, apparaît, à bien des égards, révélatrice des méthodes dictatoriales employées par les bolcheviks pour « remettre les ouvriers au travail ». À la fin de 1920, Piatakov, l’un des principaux dirigeants et proche de Trotski, avait été nommé à la tête de la Direction centrale de l’industrie charbonnière. En un an, il parvint à quintupler la production de charbon, au prix d’une politique d’exploitation et de répression sans précédent de la classe ouvrière, qui reposait sur la militarisation du travail des cent vingt mille mineurs dépendant de ses services. Piatakov imposa une discipline rigoureuse : toute absence était assimilée à un « acte de sabotage » et sanctionnée par une peine de camp, voire par la peine de mort – dix-huit mineurs furent exécutés en 1921 pour « parasitisme aggravé ». Il procéda à une augmentation des horaires de travail (et notamment le travail le dimanche) et généralisa le « chantage à la carte de rationnement » pour obtenir des ouvriers une augmentation de la productivité. Toutes ces mesures furent prises à un moment où les ouvriers recevaient, en guise de tout paiement, entre le tiers et la moitié du pain nécessaire à leur survie et où ils devaient, à la fin de leur journée de travail, prêter leur unique paire de chaussures aux camarades qui prenaient la relève. Comme le reconnaissait la Direction de l’industrie charbonnière, parmi les nombreuses raisons du fort absentéisme ouvrier figuraient, outre les épidémies, la « faim permanente » et « l’absence quasi totale de vêtements, de pantalons et de chaussures ». Pour réduire le nombre de bouches à nourrir alors que la famine menaçait, Piatakov ordonna, le 24 juin 1921, l’expulsion des villes minières de toutes les personnes qui ne travaillaient pas dans les mines et qui représentaient, par conséquent, un « poids mort ». Les cartes de rationnement furent retirées aux membres des familles des mineurs. Les normes de rationnement furent strictement alignées sur les performances individuelles de chaque mineur, et fut introduite une forme primitive de salaire aux pièces. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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