La majorité des femmes choisissent librement de porter le voile islamique

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat La gauche doit-elle défendre le port du voile islamique ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Les femmes doivent être libres de s'habiller comme elles le souhaitent
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
On peut être féministe et voilée
La majorité des femmes choisissent librement de porter le voile islamique
Les femmes doivent pouvoir être libres de porter le voile islamique car elles doivent pouvoir disposer librement de leur corps
Le voile islamique n'est qu'un vêtement comme un autre
On ne peut pas simplement penser en termes de liberté individuelle sur la question du voile
Que des femmes choisissent de se voiler n'est que l'acceptation d'une oppression
Le port du voile islamique n'est pas une question de liberté individuelle mais de libertés collectives
On doit être solidaire des femmes qui se battent pour ne pas porter le voile islamique
Le voile islamique est la marque concrète de l'oppression des hommes sur les femmes
Les défenseurs du voile islamique en France encouragent la répression des femmes non voilées dans les dictatures islamiques
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Présentation de l'argument

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Citations

« Il n’existe aucune enquête quantitative qui aurait interrogé un échantillon représentatif de femmes voilées sur leurs motivations. De nombreuses études qualitatives de chercheurs, portant sur des dizaines ou des centaines de femmes, dessinent néanmoins une réponse bien plus nuancée que ce que laissent sous-entendre les discours politiques : en France, s’il y a bien des cas de femmes sur lesquelles on a exercé des pressions verbales ou physiques très fortes, ils sont tout à fait minoritaires. Nous avons interrogé une quinzaine de chercheurs spécialistes du voile, des femmes musulmanes ou des quartiers populaires, et leur avons demandé si, au cours de leurs recherches ou en dehors, ils avaient rencontré des femmes voilées affichant, de manière explicite ou non, des signes de coercition. Tous nous ont affirmé n’avoir soit jamais rencontré une telle situation, soit l’avoir rencontrée de manière très exceptionnelle. »
« Documentariste et chercheuse en sciences sociales, Agnès De Feo a interviewé près de 150 femmes portant le niqab (dont le port est interdit en France au nom de la loi contre « les pratiques de dissimulation du visage dans l'espace public »), 50 femmes portant le djilbeb (une robe longue de couleur sombre, qui couvre l'intégralité du corps mais pas le visage) et des centaines de femmes voilées : « Toutes les femmes que j’ai rencontrées n’avaient pas été forcées, je n’ai jamais rencontré de ma vie une femme forcée à porter le voile. » »
« Idem pour Emmanuel Jovelin, maître de conférences de sociologie à l'Université catholique de Lille, qui a interrogé « une bonne vingtaine » de porteuses de hijab à Stains, en 2009, et en a rencontré beaucoup d'autres au cours de ses activités : « Je n’ai pas trouvé de femmes qui ont subi des pressions pour porter le voile. Je pense que c’est minoritaire. » Idem aussi pour Claire Donnet, chercheuse associée à l'Université de Strasbourg, qui a observé des rencontres qui réunissaient environ 70 femmes voilées et non-voilées et n’a « jamais observé de pressions ». Idem pour Fatiha Ajbli, sociologue spécialisée dans l'étude des discriminations professionnelles subies par les musulmanes, qui entre son mémoire de DEA (équivalent à l'époque du master 2) et sa thèse, a rencontré des « centaines de femmes musulmanes » de 20 à 40 ans. Idem aussi pour Ouisa Kies, chercheuse rattachée à l'École des hautes études en sciences sociales, qui a suivi une quinzaine de personnes de 2003 à 2014. »

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Sous-arguments

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Objections

Que des femmes choisissent de se voiler n'est que l'acceptation d'une oppression

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Que des femmes choisissent de se voiler n'est que l'acceptation d'une oppression
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« Des femmes, nous dit-on, portent ce voile par choix personnel. Peut-être, mais alors elles acceptent inconsciemment une oppression sociale, car ce qui est bel et bien réel, c’est qu’un grand nombre de femmes et de jeunes filles sont aujourd’hui contraintes, ici et de par le monde, de se voiler. Des maris, des pères, des frères, des petites frappes machistes le leur imposent, dans le but de les priver de liberté, de les réduire au rang de domestiques tout juste nées pour les servir et assouvir leur plaisir, tout juste faites pour être des reproductrices. Et non seulement ils l’imposent, mais ils tiennent à afficher cette oppression devant toute la société en faisant du voile, en quelque sorte, le drapeau bien visible de cette oppression. »
Sophie Gargan, « Une femme voilée sur une liste du NPA », Lutte ouvrière, n°2167, 12 février 2010.
« « Le foulard, quelle que soit la motivation de celle qui le porte a une signification », assène ainsi Galia Trépère. Ingrid Hayes a elle aussi « un problème avec la théorie du libre choix » : « Depuis quand les oppressions, les subordinations ne pèsent-elles plus sur les choix des individus ?», s'étonne-t-elle. »
Louise Fessard, « Le voile déchire un NPA qui veut brasser large », Mediapart, 29 août 2010.
« Il n’est évidemment pas nouveau que des opprimés en arrivent à justifier leur propre oppression, comme il arrive que des prolétaires justifient leur exploitation par le patronat. Il a fallu lutter contre des femmes pour défendre le droit de vote des femmes, et y compris dans le mouvement des années soixante-dix, pour imposer le droit à l’interruption volontaire de grossesse ! Et combien d’instituteurs et d’institutrices ont dû s’opposer pied à pied à des mères pour que leurs filles puissent aller à l’école y apprendre à lire et les arracher à la tutelle des curés ! »
Lutte ouvrière, « Les religions et les femmes », Cercle Léon Trotsky, 04/02/2005.

Il faut amener les femmes à prendre conscience de leur oppression

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Il faut amener les femmes à prendre conscience de l'oppression que constitue le voile islamique
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« Quelles que soient les raisons pour lesquelles elles portent le voile, cela ne change rien à ce qui devrait être l'attitude de tous les révolutionnaires sur ce problème. Leur devoir n'est pas de défendre le droit des opprimés à lécher la main qui les tient en laisse, mais d'essayer de les amener à prendre conscience de cette oppression. »
Lutte ouvrière, « Quand une partie de l'extrême gauche fait la cour aux islamistes », Lutte de classe, n°84, novembre 2004.

Le port du voile n'est pas une question de liberté individuelle mais de libertés collectives

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Le port du voile islamique n'est pas une question de liberté individuelle mais de libertés collectives
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« Mais de quelle liberté parlaient donc les quatre à cinq mille jeunes femmes rassemblées à Paris à l’appel du Parti des musulmans de France ? Si l’on en croit l’énergie qu’elles affichaient, la plupart avaient effectivement décidé d’être là pour revendiquer le droit de se voiler. Qu’elles aient librement choisi de se voiler, ça les regarde mais tant pis pour elles, serait-on tenté de dire. Ces militantes d’organisations islamistes revendiquent les chaînes qui les asserviront demain si elles se maintiennent dans leur choix. Mais elles ne le réclament pas que pour elles. Elles militent pour la servitude de milliers de femmes qui, elles, n’ont pas choisi, à qui on ne demande pas leur avis et qui doivent se battre pour le donner. »
Lutte ouvrière, « Contre l'oppression des femmes, donc contre le port du voile à l'école », Lutte ouvrière, n°1851, 22 janvier 2004.
« Lila et Alma Lévy affirment porter le voile de leur plein gré, que c’est leur choix. Elles soutiennent qu’il ne serait qu’un simple vêtement destiné à préserver leur pudeur, en cachant leurs cheveux, leur cou et leurs oreilles. Certes, ce n’est pas leur père, avocat du MRAP et qui se dit « juif sans dieu », qui le leur impose. Demain, si elles le décident, elles jetteront leur voile à la poubelle. Si bon leur chante, elles embrasseront n’importe quelle autre croyance voire aucune, elles épouseront le garçon de leur choix ou vivront en union libre. Mais ce n’est pas de leur choix personnel dont il est question ! Il est question des libertés de centaines de milliers de jeunes filles d’origine musulmane qui ne jouissent pas de cet environnement culturel et social et de la liberté qui va avec et qui, demain, s’il devient possible d’assister aux cours avec un voile sur la tête, se verront contraintes de le porter par des hommes de leur famille ou de leur cité. »
Sophie Gargan, « Pour les droits et la liberté des femmes, contre le voile à l’école », Lutte ouvrière, n°1838, 24 octobre 2003.
« Contre cette oppression, des dizaines de milliers de femmes se battent, ici comme dans tous les pays où sévit cette pratique, dans un combat dont nous devons avant tout être solidaires. »
Sophie Gargan, « Une femme voilée sur une liste du NPA », Lutte ouvrière, n°2167, 12 février 2010.

Derrière la défense de la liberté des femmes à se voiler se cache un profond mépris à l'égard des populations démunies

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Derrière la défense de la liberté des femmes à se voiler se cache un profond mépris à l'égard des populations démunies
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« Derrière une prétendue tolérance qu’il faudrait avoir vis-à-vis des pressions exercées par les religieux, derrière une prétendue liberté individuelle qui devrait faire tout accepter, y compris des idées et des comportements rétrogrades, il y a un profond mépris à l’égard des populations pauvres et démunies qui doivent rester sous la tutelle de forces réactionnaires. Ces idées, ces comportements ont été exprimés sans fard par un archevêque anglais, Rowan Williams, qui affirmait que pour maintenir la cohésion sociale il fallait laisser agir les religieux, quitte, disait-il, à permettre « l’adoption de certaines parties de la charia ». Cette politique visant à renforcer le poids des autorités religieuses fut aussi celle de Sarkozy lorsqu’il fut ministre de l’Intérieur et des Cultes. »
Maud Nathan, « Voile, niqab et burqa : symboles d’oppression des femmes », Lutte ouvrière, n°2134, 27 juin 2009.
« Une partie de l’extrême gauche, dans la foulée de la mouvance islamiste et du PIR, se débarrasse donc du féminisme d’un revers de la main en introduisant la notion, relativement nouvelle, de « féminisme blanc ». Les femmes qui interviennent dans les meetings que nous avons mentionnés se disent toutes féministes, mais d’un féminisme islamo-compatible, qui consiste à dire : « Je suis une femme, donc je fais ce que je veux, et si j’ai envie de me cacher derrière un voile cela ne regarde que moi. » C’est une nouvelle variante du relativisme culturel, qui affirme depuis bien longtemps déjà que, européens et impérialistes que nous sommes, nous n’aurions pas à juger des pratiques « culturelles » des autres pays, en particulier ceux qui ont été colonisés. Nous nous sommes déjà exprimés sur le paternalisme que sous-tend cette pseudo-théorie, lorsqu’elle est défendue par des militants de gauche ou d’extrême gauche européens : le port du voile, par exemple, leur serait insupportable, à eux. Mais ils l’estiment assez bon pour des femmes musulmanes. Pourquoi ? Parce qu’ils les estiment moins évoluées qu’eux ? Non, le fait d’exciser les femmes ou de les inciter ou les forcer à vivre toute leur vie cachées aux yeux des hommes, dans une forme d’apartheid sexuel permanent, n’est pas une « pratique culturelle » au même titre qu’une danse folklorique. C’est une attaque sauvage contre la moitié de l’humanité. »
Lutte ouvrière, « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie » », Lutte de classe, n°181, février 2017.

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Références

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